Klank Jacob

L’itinéraire d’un « juif polonais » en France

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À Lodz en Pologne.

Seulement, bien que la date de naissance apparaisse sur au moins quatre documents officiels (deux actes de naissance, une fiche de travail et des articles de journaux après enquête de gendarmerie), aucun acte de naissance n’a été retrouvé à Lodz. Pire, aucun adulte susceptible d’être l’un de ses parents n’est enregistré à Lodz. Trois personnes avec un nom de famille identique sont déclarées célibataires.

Autre particularité, sur le site Polskie Towarzystwo Genealogiczne , association de généalogie polonaise qui fait autorité, aucun homme avec ce nom et prénom n’est enregistré dans toute la Pologne avec cette date de naissance !

Sur le site de référence JewishGen , quatorze personnes portent ce nom, sans qu’il y ait correspondance complète. Et, ainsi de suite …

D’autres part, le Cercle de généalogie juive , précise la multitude d’écriture d’un même patronyme et l’imprécision des dates (en Pologne, cohabitent les dates du calendrier julien (calendrier orthodoxe, officiel en Russie et ses protectorats jusqu’en 1918).

Ce qui semblait un élément fiable est peut-être celui le plus variable !

Jacob dépose une demande de carte d’identité à Saint-Chamond, dans l’arrondissement de Saint-Etienne dans le département de La Loire. Il obtient un récépissé. Sa demande est déposée à la fois au commissariat et à la Mairie. Il habite à Saint Chamond dans les baraquements.

Jacob demande un sauf-conduit pour se rendre à Decazeville dans l’Aveyron. L’adresse est illisible.

Jacob a obtenu un sauf-conduit pour se rendre à Moliens dans l’Oise.

Jacob a obtenu un sauf-conduit pour se rendre rue Letord dans le 18ème arrondissement de Paris.

En gare de Sarreguemines, à 6 h 22, à la descente d’un train venant de Sarrebrück, Jacob est arrêté avec deux hommes de nationalité russe.

Ils disent venir de Hambourg. Au commissariat, les hommes se déclarent Steward et disent s’être embarqués au Havre sur un bateau américain.

Rien de suspect n’est constaté sur eux et dans leurs affaires. Ils ont été refoulés en Allemagne. Seulement, on leur confisque leurs papiers, ce qui n’était plus nécessaire depuis novembre 1920.

Jacob entre au services des Acièries de Lorraine et en sort trois jours plus tard. Il est probable que la fiche ne fut actualisée à chaque contrat. Néanmoins, elle signale de nombreux contrats à durée limitée.

L’adresse aposée le signale à Longlaville au 964 rue du Luxembourg, dans les barraquements pour employés des mines. Ce n’est certainement pas son adresse d’arrivée, puisque à sa sortie définitive de ce travail il sera recensé à la même adresse en 1931.

(Attention, le dernier chiffre de l’année est assez illisible, mais ce n’est pas 6)

Jacob est déclaré être dans cette commune à cette date. Il a loué une chambre, ou un appartement, au 41 rue de la Source à Nancy en Meurthe et Moselle. Il est déclaré machiniste. Le nom du (ou des) propiétaires n’est psindique. Dans cette colonne, on reconnaÎt Mont-Saint-Martin en Meurthe et Moselle.

Passeport de Frieda Dick obtenu le 26 mars 1926

Passage de frontière à Delle – France – 2 avril 1926

2ème passage de frontière à Delle – France – 30 octobre 1926

Décembre 1926 : Frieda est enceinte

Frieda habite au 41 rue de la Source à Nancy dès le 29 mai 1927

Sur sa fiche de travail, Jacob est déclaré travailler chez Romagne (Romagné, actuellement entreprise de maçonnerie) à Mont-Saint-Martin jusqu’en janvier 1929.

Jacob rentre à l’Aciérie à Longlaville et il en sort le 10 janvier 1028. Le nom de l’entreprise n’est pas lisible.

André Dick naît à cette date*, déclarée par une cuisinière, Hélène Marie Schoumert.

Frida a donc accouché dans l’actuelle Maison Hospitalière Saint Charles au 56 rue des quatre églises à Nancy. Frieda est déclarée cuisinière, en résidence au 41 rue de la Source à Nancy, mais domiciliée à Boécourt en Suisse.

Le 14 septembre 1927, Frieda le reconnaît.

Le 21 septembre 1927, Jacob le reconnaît à sont pour à Mont- Saint- Martin en Meurthe-et-Moselle. Il est dit qu’il habite rue de la gare à Mont-Sant-Martin.

Jacob est réengagé aux Acieries, même nom que l’entreprise précédente. Il en sortira le 13 juin 1932 licenciée.

Suzanne naît à Longlaville* à 6 h. C’est Jacob qui fait la déclaration à la Mairie de Longlaville. Il est déclaré machiniste et Frieda, sans profession. Ils sont déclarés être domiciliés à Longlaville, sans que l’adresse exact soit mentionnée.

A 17 h*, le petit André décède. L’enfant a échappé à la surveillance de son père, entrain de faire la sièste dans un champ. L’enfant jouait sur les rails et s’est fait écrasé.

Plusieurs journaux relateront l’accident horrible avec la desciption des blessures (L’Est Républicain). Douze heures après l’accident, il décédera à l’hôpital de Mont-Saint-Martin. La déclaration de décès est faite par un économe, certainement des usines de la Chiers, responsable de l’accident. Jacob a 30 ans, Frieda 24 ans.

Prolongation du passeport de Frieda – Paris

(Du 19 octobre 1929 jusqu’au 18 janvier 1930)

16 octobre 1930 naît Honoré André à Paris

Jacob est recensé dans un baraquement des ouvriers à Longlaville au 197.

Recensement 1931 :

Domicile de Frieda – 16 Bd Carnot à Paris,

avec Honoré G. Suzanne et son petit frère

Décès du petit frère de Suzanne – 25 mai 1932

Jacob est licencié de l’entreprise qui l’a engagé précedemment.

Jacob est signalé machiniste à Mont-Saint-Martin

Un article de journal le signale, sans papier, à Esnouveaux dans la haute Marne, employé dans une ferme.

Mariage de Frieda – 26 août 1933 – Paris

Légitimation de Suzanne par le mariage

Plus de trace de Jacob

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Légende

*Acte état civil archivé

Source

Guide de généalogie en Pologne

Polskie Towarzystwo Genealogiczne : Association de généalogie polonaise

Jewish Gen Organisation à but non lucratif fondée en 1987 en tant que ressource électronique internationale pour la généalogie juive.

Cercle de généalogie juive Première association française de généalogie juive.

Famille Klank

FILIATION

Julie, ma grand-mère maternelle

Une photo, sans nom, avec juste le nom du photographe et la ville, Nancy. Sans certitude, je l’attribue à Julie, ma grand-mère.

genealogiefamille.com - Famille CHAMPENOISE  -

Ma tante la décrivait comme une femme pieuse, aimante et douce. Ma mère me disait qu’elle avait très peu de souvenirs. Mais, elle ne parlait pas beaucoup de cette enfance qui fut marquée pour elle par une santé très fragile et des séjours en préventorium entre une prise en charge en orphelinat de religieuses. Alors, faute de photos, mettons des mots pour faire revivre une grand-mère que j’aurais tellement aimé connaître.

genealogiefamille - Julie Depont -
Cheminon au XIXè siècle – La commune était deux fois plus peuplée qu’actuellement

Julie et Francis sont mes grands-parents maternels. Mais, comment racontait leur histoire lorsqu’il n’y a pas de photos, pas ou très peu de souvenirs. En effet, ma mère est devenue orpheline à 9 ans. Placée en orphelinat chez les religieuses de La Sagesse, certainement sous la protection de Soeur Marie-Anne de Jésus, appelée de son nom civil Marie-Eugénie Le Couédic, grand-tante paternelle de ma mère, elle n’en avait gardé aucun souvenir.

Alors, pour découvrir son cheminement, partons à la recherche d’archives pour les faire correspondre aux quelques souvenirs récoltés dans la famille.

Naissance

Julie Louise Dépont est née le 5 décembre 1898* à Cheminon dans La Marne. Sa mère Marie-Eugénie, de son nom de jeune fille Briolat, est seule à sa naissance. Son père, Paul Jean-Baptiste, est déclaré absent de son domicile. C’est donc une sage-femme qui fait la déclaration. Les deux frères maternels, fendeurs de bois, Julien Alexandre Briolat, 32 ans, et Louis-Ferdinant Briolat, 30 ans, sont les témoins officiels de cet acte.

genealogiefamille - Julie Depont -
Cheminon et son abbaye au XIXè siècle – Agriculture et viticulture (Champagne) sont les ressources du village.

Le fendeur de bois était un artisan spécialisé dans le travail du bois. Ces hommes robustes, dont les mains étaient callousées par le contact répété avec la hache, étaient les artisans de la transformation du bois, une ressource indispensable pour leur vie quotidienne. Son savoir-faire était transmis de génération en génération.
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Julie Depont
Fendeur du XVIIIè siècle

Ce n’est pas la première enfant de Marie-Eugénie. Une fille, Marie-Thérèse, était née un an et demi plutôt, soit le 20 avril 1897, toujours à Cheminon. Et, Paul Jean-Baptiste, le père, 26 ans, manœuvrier, étaient accompagnés des deux frères de Marie-Eugénie, pour déclarer lui-même l’enfant.

Que s’est-il passé pour que Marie-Eugénie se retrouve seule avec ses enfants ? Et, Paul Jean-Baptiste est-il le père de Julie ?

En tout cas, Marie-Eugénie et ses filles habitent au 107 rue Haute, sur la grande rue qui traverse entièrement le village.

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Julie Depont
Rue Haute – 1910 – 1914

Son enfance

Le recensement de 1901 retrouve Julie et sa sœur Marie-Thérèse habitant toujours avec leur mère rue Haute. Aucune trace de Paul Jean-Baptiste. On ne sait même pas quand et où, il est mort.

Une de mes cousines raconte qu’à la suite de la découverte de sa maladie des jambes (attestée par sa fiche militaire de 1894, l’empêchant de faire l’armée), Paul Jean-Baptiste ne pouvait plus travailler, lui qui était déclaré manouvrier, domestique de culture. Alors, Marie-Eugènie, femme réputée « méchante », l’aurait chassé de sa maison !

En tout cas, au recensement de 1911, les femmes ont déménagé. Elles habitent au numéro 4 du quartier de La Forge à Sermaize-les-Bains en compagnie de Lallement Auguste, chef de famille, Marie-Eugènie est déclarée pudiquement « son amie ». De plus, Auguste, frère de Marie-Thérèse et de Julie, est né en 1903.

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Julie Depont
La raffinerie de juste avant qu’elle ne ferme dans les années 90

Avec l’ouverture du canal et de la ligne de chemins de fer Strasbourg-Paris vers 1850, la première sucrerie de Champagne s’installe à Sermaizes-les-Bains. De mi-septembre à mi-janvier, 500 ouvriers y travaillaient. Mais seulement, 80 le reste de l’année.

Marie-Thérèse, âgée de 14 ans, est déclarée déjà travaillée à la Raffinerie comme son « beau-père ». Heureusement, Julie, ma grand-mère, âgée de 12 ans, ne travaille pas encore. Néanmoins, sur la page du registre, est mentionnée une autre personne : Dépont Férige Louis, né en 1907, fils. Des recherches sont en cours !

Son mariage

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 Julie Dépont
Avenue de la gare

Francis et Julie se marient au début du printemps de 1920, le 29 avril précisément, à Chalons sur Marne, devenu depuis 1997, Chalons-en-Champagne.

Le père de Francis, Yves Le Maguet, est déclaré receveur buraliste à Sixt en Ile et Vilaine. Il était donc préposé de la régie, chargé de recevoir les déclarations des redevables et de percevoir les droits. Marie Eugénie, de son nom de jeune fille Le Couédic, est aussi signalée. Seulement, ils n’ont pas fait le voyage pour assister au mariage de leur fils.

Un juge de paix a confié au notaire l’attestation de l’absence de Paul, le père de Julie. Marie Eugénie, sa mère, est déclarée présente et consentante.

hôtel d'Angleterre, 1 rue Prieur de la Marne.
Place de la République – Chalons en Champagne

Leurs deux témoins ont leur importance. Le second est le « beau-père » de Julie, Auguste Lallement. Le premier s’appelle Lallement aussi, mais Victor Jules Alexandre. Il est déclaré hôtelier à Chalon.

Et, voilà, le lien qui relie, en plus de leur amour, Francis et Julie. Francis exerce la profession de cuisinier et Julie, d’employée d’hôtel. Ils doivent travailler tous les deux à l’hôtel d’Angleterre situé, tout près de la cathédrale. Car, au recensement de 1931, Victor est bien déclaré Hôtelier Patron de l’hôtel d’Angleterre, 1 rue Prieur de la Marne.

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 Julie Dépont

En poussant les recherches, au recensement de 1911, Victor est déclaré chef hôtelier patron avec sa femme au 16 rue de Vitry à Sermaize-Les-Bains. Y sont déclarés vivant à la même adresse un apprenti, une bonne et un cocher. Il semble qu’il soit arrivé à Sermaize en 1907, comme le confirme sa fiche militaire. Pour rappel, Julie a 12 ans en 1911. Au moment d’entrée dans la vie active, on peut penser que Julie a fait ses premières armes dans cet hôtel. Seulement, à Chalons, Julie n’est ni bonne, ni cuisinière, mais employée d’hôtel…Que fait une employée d’hôtel ?

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 Julie Dépont
L’hôtel avant sa rénovation, car table réputée actuellement

Pour la petite histoire, lors de la seconde guerre mondiale, Victor, en tant que lieutenant d’infanterie, s’illustrera pour sa bravoure et son sang-froid et recevra la Croix de guerre. Il est décédé dans son Grand hôtel d’Angleterre en 1965. Sa fiche militaire précise aussi qu’il a reçu une formation de cuisinier pâtissier.

Hyacinthe, leur seul fils

Mon oncle porte les prénoms de personnes d’importance pour le jeune couple : Hyacinthe comme le frère aîné de Francis et Auguste, comme le beau-père de Julie. Il est né le 15 août 1921 à Lille. Francis est toujours cuisinier et Julie, employée d’hôtel. Ils habitent au 13 rue Masséna. Mon cousin m’a confié que son père avait failli naître à Alger. Car, Francis et Julie semblaient être employés sur un grand bateau de croisière, peut-être Le Normandie.

Seulement, le Normandie fut mis en service en 1933 à Saint-Nazaire. Donc, les souvenirs de famille ne sont pas tout à fait justes. Il ne s’agit pas d’un transatlantique, puisqu’on parle de l’Algérie. Alors, peut-être un bateau de croisière en Méditerranée. Malgré la liste importante de paquebots que propose Wikipédia , difficile d’identifier celui qui aurait pu accueillir le jeune couple, même en se limitant à ceux commençant par N.

Maintenant, peut-être qu’il s’agissait de la liaison entre Marseille et le Maghreb. En 1912, fut créée la liaison Marseille – Alger par la Compagnie générale transatlantique à bord du paquebot Lamoricière.

Moins prestigieux que Le Normandie, mais quand même ! C’est vrai que la rumeur familiale a toujours reconnu à Francis qu’il était un grand cuisinier. Car, lorsque la famille habitera Paris, ma tante racontait qu’elle se rappelait le visiter dans ses cuisines d’un grand restaurant !

Geneviève, ma tante,

À la naissance de Geneviève, le 29 mars 1927* à Sermaize, Julie a arrêté de travailler. Ils sont domiciliés à Cheminon au lieu-dit la Villa des platanes. C’est la sage-femme qui déclare l’enfant car Francis est absent. Geneviève ne portera que deux prénoms, Françoise, qu’elle reprendra avec son nom de religieuse, Soeur Françoise de Saint-Vit.

Les souvenirs de la famille stipulent que Francis aurait essayé de monter sa propre affaire, certainement avec la somme héritée de son côté, complété de celle de sa sœur, Caroline. Seulement, il n’a pas réussi, vraiment. Aucune autre précision, pour l’instant.

La rue de la villa des platanes, qui a bénéficié d’un revêtement dans les années 2000, représentait pour ma tante un endroit de grande inquiétude, où la vie y avait dû être difficile. Ma mère ne conservait, paradoxalement, aucun souvenir !

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 Julie Dépont
Rue de la Villa des Platanes – Sermaizes- Les-Bains

Françoise, ma mère

Le couple était ensemble à la naissance de ma mère, toujours à Sermaize, rue de la villa des platanes, le 22 avril 1928*. Leur domicile indiquait pourtant être quai des Bons Enfants à Epinal. Dans l’attente de savoir où habitait la famille de Marie Eugénie et Auguste, sa mère et son beau-père, (recensements non numérisés), j’émets l’hypothèse qu’ils habitaient rue de la villa des platanes. Ainsi, Julie, pour ses deux derniers accouchements, s’est rapprochée de sa mère, qui décédera un an plus tard, à Cheminon.

Le prénom est certainement une façon d’inscrire ma mère dans l’ascendance Dépont, puisque son prénom reprend celui du grand-père de Julie, né aussi un 22 avril. D’ailleurs, ma mère porte comme deuxième prénom celui de la demi-sœur de Julie, Reine.

Son décès

À Paris, Francis et Julie vivent au 22 boulevard de la Gare dans le treizième arrondissement de Paris. Julie était concierge.

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Julie Dépont
22 Bd de la gare- Paris 13ème

Mais, la maladie, cancer du sein, va la rattraper. Elle décède le 20 février 1935* à l’hôpital Broussé de Villejuif.

genealogiefamille.com - Famille CHAMPENOISE  -

Légende

*Acte état civil archivé

Famille champenoise

Filiation

Salem Léon

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Brève biographie

Naissance – Salonique, Nomós Thessaloníkis, Macédoine, GRÈCE

De Jacob et Nehama Esther

Étude à l’Alliance israélite française de Salonique.

Arrivée en France – Venant de Manchester, âgé de 28 ans.

Commissaire en marchandises, principalement de luxe et en parfumerie.

Vie avec sa future femme au 80 rue Rambutteau à Paris 1er jusqu’en 1914

Recensement par la Préfecture de police. Domicile au 19 rue Notre-Dame de Nazareth à Paris 3ème.

Domicile au 120 rue de Turenne à Paris 3ème.

La Préfecture de police de Paris lui refuse un voyage à Clermont-Ferrand de 8 jours, à but commercial.

Léon est porteur d’une carte d’identité n° 995379 émise ce jour. Il exerce la profession de commissaire en marchandise et gagne 24 000 Francs/an.

Domicile au 55 rue des Petites Ecuries – Paris 10ème – Loyer annuel 4400 Frs

Mariage avec Marie Louise BOBART- Née à Liège – Paris Xe, Seine, France. Sa femme possède d’un récépissé de demande de carte d‘identité délivré le 6 juin 1917. Elle est déclarée s’occuper des soins du ménage.

Accord de la Préfecture de police pour que Léon et sa femme puissent se rendre à Manchester (Angleterre) rencontrer des membres de la famille réfugiée. Léon et sa femme habitent alors au 55 rue des Petites Ecuries. Les parents de sa femme habitent au 27, Zellington street – Bradford à Manchester.

Le père de Léon est enterré à Salonique. Léon obtient l’autorisation de s’y rendre pour y assister. Il y restera un mois. Autorisation accordée par la Préfecture de police.

Divorce prononcé à la Mairie du 10e arrondissement – Tribunal de la Seine – en défaveur du mari.

(Date à vérifier ou 1932)

Publicité parue dans Le Guide SAM : pour l’expansion économique française pour le Levant sur l’entreprise de Léon.

La fille de l’eau de Jean Renoir. Lionel joue un marinier.

L’heureuse mort de Serge Nadejdine où il joue le secrétaire de théâtre.

L’abbé Constantin de Julien Duvivier

Madame Saint-Gêne de Léonce Perret

Recensement de 1926 : Léon vit seul au 55 rue des Petites Ecuries – Paris 10 ème – Quartier Porte de Saint-Denis –

Travail dans l’art cinématographique. Néanmoins, il occupe le poste de chef de publicité à la maison Tourisme – Industrie au 6 boulevard d’Aurelle de Paladines à Neuilly-sur-Seine.

Diplôme d’honneur pour service rendu à la mutualité par la Socièté Nationale d’Encouragement à la Mutualité.

La flamme de René Hervil où il joue l’ami d’Hugues Sedley

L’Agonie de Jérusalem de Julien Duviver où il joue Jésus.

Article paru dans L’Information financière, économique et politique du 14 juin 1926 sur L’Agonie de Jérusalem de Julien Duvivier et éloge de l’interprétation de Léon.

Simone d’Emile-Bernard Donation où il joue le notaire.

Titi 1er roi des gosses de René Leprince où il joue le roi Ivan VII

Article dans Paris Midi sur L’Agonie de Jérusalem de Julien Duvivier et éloge de l’interprétation de Léon.

Article dans L’Intransigeant sur la composition des acteurs dont Léon en Jésus.

Article dans Le Républicain de Belfort sur L’Agonie de Jérusalem de Julien Duvivier et éloge de l’interprétation de Léon.

Article dans Le Guide Sam : pour l’expansion économique française dans le Levant sur les juifs orientaux dont Léon Salem. Article repris dans L’Est Républicain paru le 17 mars 1927.

Article dans Le Guide Sam : pour l’expansion économique française dans le Levant recensant les noms et adresses des Salem, dont Léon. Article repris par L’Univers Israélite paru le 7 janvier 1927.

Vente du fonds de commerce de Lingerie, Tissus et Confections situé aux 94 Bd des Batignoles, certainement, à des membres de la famille Salem (Lévy, Jacques et Albert). Léon se fait appeler Grottas. Source Le Courrier. Journal quotidien, Feuille officielle d’annonces légales et judiciaires du 22 mai 1927.

Le Martyre de Sainte-Maxence d’Emile-Bernard Donatien où il joue Hugues Valens

Le P’tit Parigot de Réné Le Somptier en 6 épisodes où il joue Napoléon III

Gros…sur le cœur de Pierre Weill

Article paru dans Mémorial de La Loire et de La Haute-Loire sur le film l’Agonie de Jérusalem de Julien Duvivier avec éloge de l’interprétation de Léon.

Chacun porte sa croix de Jean Choux où il joue Jésus

La vie miraculeuse de Thérèse Martin de Julien Duvivier où il joue Louis Martin

Article de Jean-Charles Reynaud intitulé Lionel Salem, paru dans le Guide Sam de l’année.

L’âge d’or de Luis Bunuel où il joue le Duc de Blangis

Montparnasse de George Burton

Article paru dans Le Petit Dauphinois, le grand quotidien des Alpes françaises présentant le film de Julien Duvivier, L’Agonie de Jérusalem.

Licenciement : faillite de l’entreprise Tourisme Industrie.

Inscription à la mairie du 10ème arrondissement au service du chômage.

Radiation des listes du chômage par la commission paritaire locale à partir d’un signalement pour versement d’allocations indues.

Carte d’Identité n° 327503 délivrée par la Préfecture de Police.

Décès de sa mère au 10 rue Saulnier à Paris 9ème à l’âge de 84 ans.

Recensement : domicile toujours au 55 rue des petites écuries. Il se fait appeler Lionel, artiste de cinéma. Erreur ou volonté de rajeunissement sa date de naissance est fausse (1889). Il vit avec Schneider Sarah qui est identifiée comme parente. Pourtant, la même année, Sarah vit avec ses parents, Isaac et Dora émigré russe, son frère Benjamin (né en 1909 à Paris) et sa sœur Marion (née en 1913 à Paris) au 55 rue des Poissonniers à Paris 18ème, quartier Clignancourt. Sarah, alors âgée de 21 ans, travaille comme dactylo, le nom de son employeur est illisible. Marion est employée à « Bourse publicité ». Leur vie commune devait être récente.

Refus de séjour au titre de renouvellement tardif de carte d’identité et non paiement des indemnités encourues.

Demande de refoulement. Après démarches de la Ligue des Droits de l’Homme auprès du Ministre de l’Intérieur autorise en date du 00 mars dernier à résider en France jusqu’au 31 mai 1933.

Annulation de la demande de refoulement par production d’un certificat de travail visé favorablement par le Service de Main-d’œuvre étrangère.

Carte d’identité avec la profession de secrétaire traducteur « chez M. Le Perrin, Député de la Nièvre, pour un salaire de 1000 francs mensuels ». Source la Sureté national.

Sauf-conduit, aller et retour, d’une durée de 3 mois, obtenu pour l’Italie.

Golgotha de Julien Duvivier

Un article de L’intransigeant du 11 janvier signale que Lionel Salem est pressenti pour jouer dans le film Jésus de Nazareth en deux versions (italienne et française). Film qui ne sera pas réalisé.

Recensement *: Même domicile – Son prénom, toujours Lionel, avec la bonne année de naissance. Maria Lacour, née en 1904 en Saône-et-Loire, vit avec lui, comme « amie ». Elle est chef de service commercial. Au recensement de 1931, Maria habite au 30 rue de la Croix de Nivert Paris 15ème Quartier Grenelle. Elle travaille comme comptable aux Galeries Lafayettes. Elle est dénommée « amie » des sœurs Pauvert qui vivent avec elle;

Il y a Joséphine née le 06 avril 1887* à Nantes, infirmière ex-modiste, et Clémence née le 29 mai 1888* à Nantes, alors couturière chez Weil à Paris.

Au recensement de 1906, à Nantes, Anna Marie Victorine Brisseau épouse Pauvert, née en 1851, vit avec sa famille au 39 rue du Bel-Air, à Nantes, avec ses enfants Germaine, Marie, Josephe (dite Joséphine), toutes deux modistes, Clémence, tailleuse, et Joseph, né en 1892, tapissier.

Maria a eu un fils de « père confidentiel », Pierre, né entre 1930 et 1932, sans autre précision. Pierre est décédé entre 2005 et 2007. Il n’a ni le nom Salem ni celui de Latour. Le « mariage » de Maria est toujours dit confidentiel.

Thérèse Martin de Maurice de Canonge

L’enfer des anges de Christian-Jacques où il joue le Rouquin.

Lois portant statut des juifs

Publication au Journal Officiel de la liste des dignitaires et des officiers de la Franc-Maçonnerie au Journal officiel. Léon est membre de la Grande Loge de France (loge Thebah).

Domicile au 23 rue Jansen dans le 19ème. Il se dit traducteur.

Port obligatoire de l’étoile jaune en France

Le convoi 38 l’emmène à Auschwitz où il sera gazé à son arrivée.

Décembre 1988

Reconnu par Arrêté portant mention « Mort en déportation » au Journal Officiel

Mémorial de la Shoah

Mur des noms à Paris, Dalle n°94 – Colonne n°32- rangée 1

Légende

XXXXXXXXX : Film avec Léon comme acteur.

XXXXXXXXX : Recensement officiel

XXXXXXXXX : Informations provenant des différents dossiers retrouvés aux Archives nationales.

  • Acte d’état civil

Source

Archives nationales – Pierrefite

  • Sûreté générale – Police Nationale
  • Surveillance des étrangers

Cercle de Généalogie juive

Généanet

Filae

Famille de Salonique

FILIATION

5. Jacob, encore, mais pas fin !

Si on considère que Frieda, lors des rares fois où elle racontait son passé, ne mentait pas, alors, il faut considérer que Jacob était certainement juif, comme elle l’affirmait.

En effet, Frieda prétendait avoir eu deux garçons morts et une fille. André est né en 1927 et est mort en 1929. Honoré André était né en 1930 et il est décédé en 1832. Frieda soutenait aussi que Jacob était juif. Pourquoi mentirait-elle sur ce dernier point ?

Alors, il fallait poursuivre cette piste. De nouveau, je fais appel à Philippe Christol, généalogiste professionnel spécialiste de l’immigration polonaise. Et, je lui demande de vérifier dans la communauté juive de Lodz.

La réponse est encore décevante. Aucun Klank n’est enregistré dans la communauté juive de la ville de Lodz.

Conclusion

Seulement, il semble qu’on ait avancé : Certainement, Jacob est né dans la province de Lodz. Il faut continuer à chercher des éléments en France qui pourrait amener des nouveautés.

Famille K

FILIATION

À la Une

Carrière militaire d’Honoré

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Pourquoi Honoré s’est retrouvé dans La Coloniale ?

La volonté de faire carrière, peut-être, et/ou celle de changer de conditions, de voir du pays…difficile de le savoir précisément.

Mais, l’ancien nom de ce régiment était le régiment de la Manche basé dès 1900 à Cherbourg. (Wikimanche) . Cela explique le choix de son arme.

En tout cas, Honoré s’y plaît ! Car dès octobre 1915, il devient caporal et même caporal fourrier en janvier 1916.

Insigne du 1er régiment d’infanterie de la Coloniale

Gallica conserve le récit du Lieutenant Colonel Barbassat du 1er Régiment d’Infanterie Coloniale de 1914 à 1919 qui signale qu’à la mobilisation « L’esprit de la Troupe était merveilleusement enjoué ; nos soldats venaient de traverser la ville au milieu des acclamations de la foule qui leur jetait des fleurs et entonnait avec eux La Marseillaise« . De quoi partir la fleur à fusil…

Seulement plus tard, il ajoute : »L’ennemi est trop supérieur en nombre. Nos unités sont écharpées à mesure qu’elles se présentent. » Le reste est connu !

En sa qualité de caporal fourrier, Honoré s’occupe de la « Fourre », qui désigne un local de rangement pour « divers matériels collectifs utilisés généralement pour la vie en campagne ou pour des activités spéciales » dixit Wikipédia. Il pourvoit au logement des soldats et se charge de répartir les vivres entre les escouades, par exemple. Est-ce à cette occasion qu’il développe des aptitudes comptables ? Car, le personnel de la spécialité de fourrier est l’équivalent d’un comptable civil. Certainement !

Pour rappel, Guillaume Apolinaire était aussi fourrier mais au grade de brigadier.

Puis, Honoré rentre au dépôt du 1er RI le 27 avril 1918.

Honoré a échappé à la mort mais certainement pas aux cauchemars. Nombreux seront les soldats qui garderont le traumatisme des violences subies et surtout celles commises par soi-même ou par les compagnons.

Pourtant, pas question pour lui de revenir vivre à Servon et reprendre le métier des champs. Il reste donc dans l’armée et lorsque le régiment est envoyé à Beyrouth, Honoré y débarque le 30 avril 1919 certainement après une quinzaine de jours de voyage en bateau.

Beyrouth, place de l’église et caserne. Liban – 1920

« Le jeudi nous aperçûmes les côtes de l’île de Chypre et, le vendredi matin, nous entrâmes dans le beau port de Beyrouth. Là, des barques de toutes les directions vinrent chargées de denrées de toutes sortes, oranges, raisins, cigarettes, etc. qui ne sont pas chers:
–    Oranges: 8 pour 1 franc.
–    Cigarettes : 3 paquets pour 1 franc.
Par contre, le pain est cher et c’est du pain de riz.
Nous logeons dans des marabouts au-dessus de la ville où nous apercevons quelques montagnes de la cime du Liban, dont quelques-unes sont couvertes de neige. C’est curieux car il fait très chaud » .
Témoignages par correspondance

Car l’expansion coloniale de la France s’est faite au lendemain de la Grande guerre par, notamment, le partage de l’Orient arabe avec l’Empire britannique. La France récupère la Syrie et le Liban le 28 avril 1920 qu’elle gère comme un protectorat de 1925 à 1930.

Uniforme du régiment colonial

Fringuant, Honoré devait l’être. Lui qui quelques années plus tard, sera bedonnant mais posant son bras replié à l’arrière avec son pantalon clair, ses bretelles et chemise blanche, droit, derrière « ses » femmes, sur une plage alors qu’elles, sa femme et sa fille, sont en maillots de bain !

Beyrouth, le 1er juin 1920
«Mon cher commandant,
Cette image ne va pas vous convaincre sur le luxe des chemins de fer syriens – ici on se contente de peu. Je suis heureux de vous annoncer le succès de nos troupes en Cilicie, 1500 prisonniers, des canons et de nombreux matériels sont tombés entre nos mains. J’ignore à quelle date la guerre va cesser au Levant. Nous avons toujours besoin d’avions et de beaucoup de matériel. Vous ne nous oublierez pas. Mes hommages à Madame Bruncher et à vous mes sentiments les plus respectueux.
Max B.».
Note historique: la campagne de Cilicie dura de mai 1920 à octobre 1921 et opposa l’Armée du Levant alliée à la Légion arménienne aux forces turques de la Grande assemblée nationale de Turquie.
Témoignages par correspondance

Nommé Sergent Major le 16 août 1919, il signe son réengagement quatre jours plus tard. Après Beyrouth, on l’envoie au Maroc et entre-temps, il passe au 2ème RI.

C’est en décembre 1921 qu’il passe au 2ème régiment des Tirailleurs Sénégalais.

Les pertes effroyables subies lors de la première guerre mondiale (1 355 000 morts et 3 595 000 blessés) font que tout réengagé est le bienvenu. Alors lorsqu’Honoré se réengage, il le fait pour 4 ans 1 mois et 17 jours.

Lors de la Guerre du Rif (1924-1927), le 24e, en tout ou partie, participe avec d’autres formations coloniales ou métropolitaines, aux opérations de pacification du Maroc (Afrique française du Nord), avant de retourner définitivement dans sa garnison d’origine. Il s’illustre à Bab-Taza, M’sila, El Hadar, et Fès el Bali, décrochant une nouvelle inscription au drapeau « Maroc 1925 ». Les inscriptions étant limitées à huit, cette neuvième inscription viendra compléter celle déjà existante « Maroc 1908-1913 ».Wikipédia

Au total, la guerre du Rif a coûté la vie à plus de dix-neuf mille soldats espagnols, presque autant de Berbères et environ douze mille Français. Après Verdun, Pétain s’illustre en imposant par la force la présence coloniale aux troupes d’Abd el-Krim en quelques mois.

Insigne des tirailleurs sénégalais

Par décision ministérielle du 30 juin 1924, Honoré devient adjudant. Il aide son officier à commander une compagnie notamment dans l’application des règles militaires. Honoré continue sa progression de carrière et passe adjudant-chef le 31 juillet 1926 puis entre au 24ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais.

Vers 1915-1916

À partir de 1926, les régiments des tirailleurs sénégalais sont incorporés. « C’est ainsi que Perpignan récupère un régiment colonial, le 24e régiment de tirailleurs sénégalais, régiment qui malgré sa nouvelle appellation et sa composition, hérite des traditions et du drapeau aux huit inscriptions de son prédécesseur. La plus grande partie de l’effectif hommes de troupe est désormais constituée par des soldats Africains, communément appelés « Tirailleurs sénégalais » ou soldats indigènes, tous originaires des diverses colonies de l’Afrique Occidentale Française (AOF). Les soldats « européens », en petit nombre, tiennent les emplois de spécialistes (transmissions, servant d’engins, secrétaires) et sont destinés, en principe, aux pelotons d’élèves gradés, caporaux et sergents. »Wikipédia

Honoré demande sa mise à la retraite au 3 août 1928 en étant admis dans le corps des sous-officiers.

Il a 37 ans, a vécu une vie de caserne et de guerre sans femme et enfants déclarés. Comment envisage-t-il son retour à la vie civile. Certes, il doit aussi être fatigué de vivre une vie de troupe mais, il n’a connu que ça. Pris en charge du matin au soir, est-il capable de revenir à une vie de routine de respect des convenances bourgeoises, de rentrer dans le rang de ne plus ressentir l’adrénaline de la peur et devenir un mari et un père attentionné, sans problème !

Citations

Ceci est extrait de son dossier de combattant :

Ordre du régiment d’Infanterie coloniale – N° 694

« Très bon sous-officier énergique et brave, au front depuis le 14 septembre 1914, a combattu avec entrain et dévouement en Argonne et champagne.

S’est signalé par son calme au feu et son allant continue à se montrer bon gradé. »

Maroc – Ordre général N° 25 de la 2ème DMM -Ordre de la brigade :

« Au cours de l’attaque du 18 septembre 1925 sur Bab Caza CR 639, a assuré sous un feu violent les liaisons avec les compagnies puis avec le commandant de la position. A fait preuve de calme et de sang-froid. « 

Décorations obtenues

Croix de guerre 1914-1918 Française pour conduite exceptionnelle au cours de la Première Guerre mondiale.
Médaille commémorative de Syrie-Cilicie décernée pour appartenance à l’armée du Levant (entre le 11 novembre 1918 et le 20 octobre 1921)
Médaille interalliée 1914-1918 décernée pour participation à la Grande guerre
Médaille coloniale avec agrafe « Maroc » décernée pour services militaires dans les colonies, résultant de la participation à des opérations de guerre, dans une colonie ou un pays de protectorat.
Médaille coloniale avec agrafe « Maroc » décernée pour services militaires dans les colonies, résultant de la participation à des opérations de guerre, dans une colonie ou un pays de protectorat.

Blessure

Aucune

Pension militaire proportionnelle

En juillet 1929, Honoré obtient sa pension.

De retour à la vie civile, Honoré trouve l’emploi d’aide comptable aux usines Renault de Billancourt. Il sera fier d’obtenir la médaille d’honneur du travail en argent pour trente années d’emploi.

Source

Gallica – Récit du Lieutenant Colonel Barbassat

Wikimanche

Beyrouth des années 20. Des correspondances témoignent

24ème Régiment d’infanterie coloniale – Wikipédia

24e régiment de tirailleurs sénégalais – Wikipédia

Archive Météo

Famille D

FILIATION

Recherches en Suisse

genealogiefamille

Petit guide

Les recherches en Suisse sont complexes. En effet, ce pays comporte quatre régions culturelles et linguistiques et possède donc quatre langues nationales : l’allemand, le français, l’italien et le romanche. Deux religions y sont prépondérantes pour les registres paroissiaux. De plus, une vague d’émigration au XIXè siècle, assez importante, a envoyé les femmes dans les villes, devenues souvent des femmes de ménage.

La bourgeoisie, qu’est-ce que c’est ?

Chaque Suisse a un lieu d’origine (bourgeoisie)
Il faut savoir que la clef de toute recherche généalogique en Suisse est le système de la commune d’origine. Sur le passeport helvétique, on ne mentionne pas le lieu de naissance, mais la commune d’origine. Chaque citoyen suisse est bourgeois d’au moins une commune, même s’il n’y a jamais mis les pieds, et l’indication de son lieu de bourgeoisie fait partie de son identité (droit du sang). La connaissance du lieu de bourgeoisie est indispensable pour la poursuite d’une recherche généalogique en Suisse.
CGAEB Jura

Du coup, chaque commune tient un registre des familles (Familienregister). C’est dans ce document que tous les actes d’état civil sont concentrés. Heureusement, le lieu d’origine de notre famille était connu.

Après avoir résolu ce point, un autre problème apparaît : la traduction des actes paroissiaux. La langue latine est utilisée pour l’ensemble des registres jusqu’au XIXè siècle. Sans connaissance approfondie, il faut bien reconnaître que c’est inaccessible !

Néanmoins, on peut s’y essayer !

Les cantons

26 cantons

En Suisse, les archives des cantons ressemblent à nos archives départementales, en plus autonomes. 9 cantons sur 26 ont mis en ligne leurs archives. Le site CGAEB met en ligne les liens nécessaires. Heureusement pour notre famille, les archives de Berne sont dorénavant en ligne.

Particularités de l’état civil suisse

Couverture du recueil de Grossaffolte

Avant 1876, les registres paroissiaux tenus par les Églises catholiques et protestantes sont les seules à relever les actes civils des habitants. Les registres catholiques sont écrits en latin et ceux protestants, en dialecte du lieu. À partir de 1876, ce sont des officiers d’état civil qui s’en chargent.

Un exemple

Mais, la généalogie en Suisse n’est pas d’accès aussi aisée qu’en France. Lorsqu’elles sont accessibles, il faut obtenir un formulaire précis, le remettre à l’autorité de surveillance et attendre une disponibilité, etc. là où en France c’est totalement gratuit, en Suisse faire des recherches coûtent assez cher.

Exemple d’écriture spécifique (la Kurrentschrift)

Sources

CGAEB – Cercle généalogique de l’ancien Evêché de Bâle

CGAEB – Cercle généalogique de l’ancien Evêché de Bâle

Archives en ligne du canton de Berne

Pour aller plus loin

Famille D

FILIATION

Portrait d’un enfant oublié

Ou le garçon à côté de Suzanne…

Longtemps la famille s’est interrogée sur l’enfant photographié à côté de Suzanne. Elle, elle est bien reconnaissable du haut de sa première année, avec ses pommettes bien joufflues !

L’autre enfant ne lui ressemble pas. Autant les yeux de Suzanne sont petits et en amandes, autant ceux de ce garçon sont ronds et bien ouverts. De plus, une des oreilles semble décollée.

D’où vient-il ? Est-ce un cousin ou un enfant d’ami (e) ? Pourtant, cette photo, habituellement, se pratique pour une fratrie. Il ne pouvait s’agir d’André, décédé accidentellement le 5 septembre 1929. (voir Frieda D. amoureuse ) à l’âge de deux ans.

Le mystère est resté entier, jusqu’au moment où une généalogiste (voir À la recherche de la famille) est venue confirmer ce que Frieda a toujours affirmé. Elle avait eu un second garçon en plus de sa fille, Suzanne !

Honoré André

Le 16 octobre 1930, Honoré André naît à l’hôpital Trousseau de sa mère Frieda, domestique, habitant au 16 Boulevard Carnot. C’est une personne qui a assisté à l’accouchement qui fait la déclaration. Il porte le nom de sa mère, Dick.

Déjà un an qu’André est décédé et tant de choses se sont passées pour Frieda. De son couple avec Jacob, il ne reste plus rien. Est-il parti, culpabilisé de s’être endormi et de n’avoir pas suffisamment protégé André ? Est-ce que c’est elle qui ne pouvait plus supporter la présence du père, maintenant que son enfant n’est plus ! Impossible de le savoir ! En tout cas, en 1931, Jacob est encore à Longlaville en Meurthe-et-Moselle, le recensement l’atteste. Alors que Frieda est déjà à Paris dès octobre 1929, date de sa nouvelle demande sur son passeport.

En tout cas, si Honoré André naît en octobre 1930, il a été conçu vers janvier 1930, soit quatre mois après le décès d’André.

Frieda est-elle déjà à Paris ? Que fait-elle ? Où est-elle hébergée, elle qui ne connaît personne dans cette ville ? Il est probable qu’après l’accident d’André, Frieda est appelée à l’aide quelqu’un de confiance. A-t-elle repris contact avec sa mère, Elisabeth Dick, vivant en Suisse ? Peut-être ! En tout cas, si celle-ci lui a recommandé de revenir à Grossalffoltern, Frieda n’a pas voulu.

On peut imaginer qu’en arrivant à Paris, en octobre 1929, Frieda est désespérée d’avoir perdu son enfant, s’est séparée de sa petite Suzanne, ici ou à Nancy, et aussi de son père. Elle cherche udu travail. Elle semble avoir toujours été serveuse ou domestique.

Avec Honoré, se sont-ils connus dans le café où elle travaillait ou à la sortie de l’église comme le dit la rumeur familiale ? En tout cas, ils ont décidé de vivre ensemble, de reprendre la petite Suzanne, et peut-être…Mais, là, c’est une autre histoire !

Toujours est-il que quelqu’un lui avait suggéré de se trouver un homme sérieux qui saurait la protéger et l’aider à élever sa fille. Mais, où trouver un homme bien sous tout rapport ? À l’église, bien sûr ! Rien n’indique dans la famille si Frieda était catholique, mais elle a dû fréquenter un peu activement les services de l’église pour faire la connaissance de son futur mari.

Enfin, un foyer stable !

Honoré François Martin Gauchet a 40 ans en 1931. Il a enterré sa mère l’année précédente. Incorporé à 25 ans dans l’armée, il a demandé sa retraite en 1928. Il a trouvé une place d’aide-comptable aux usines Renauls de Billancourt. En tout cas lorsqu’Honoré André naît, il le reconnaîtra presque un mois après sa naissance.

On peut justement se demander pourquoi cet homme, qui aimait l’ordre et la règle, n’a pas lui-même enregistré la naissance d’Honoré André, comme n’importe quel père !

La recherche d’un homme bien effectuée par Frieda a enfin porté ses fruits ! En fréquentant assidûment l’église, elle, qui avait trouvé un emploi de domestique dans le quartier, a réussi à faire la connaissance de cet homme, bien sous tout rapport. Elle a 25 ans. Fringante et pas timide, l’approche a dû être longue, de dimanches en dimanches. On peut imaginer qu’il a fallu que Frieda apprivoise le vieux garçon pour le convaincre de prendre de femme.

Vers janvier 1930, Frieda a-t-elle fait une mauvaise rencontre ou s’est-elle laissée aller un peu en se laissant séduire par un bel homme. Là encore, impossible de le savoir ! En tout cas, elle se retrouve de nouveau enceinte. Elle ne songe pas à demander de l’aide à une faiseuse d’anges. Alors, il devient urgent de trouver quelqu’un. Il est probable que le rapprochement avec Honoré s’est effectué au moment où Frieda a su qu’elle était enceinte !

En tout cas Honoré André naît*. Il a porté le nom Dick pendant presque un mois comme André, le premier.

En 1931, le recensement indique qu’Honoré habitent au 16 Boulevard Carnot dans le 11ème*, Frieda est « son amie », Suzanne est déclarée fille adoptive et Honoré André est bien nommé fils.

16 rue d’Artois – Paris 11è

Mais, de nouveau…

La joie familiale fut de courte durée. Le 25 mai 1932 à 20h30, Honoré André décède à l’hôpital Trousseau.

Que sait-il passer ? Comment Honoré André est mort ? Comment supporter la mort d’un second enfant, qui plus est presque encore un bébé ? Il aurait eu deux ans, six mois plus tard, l’âge du décès d’André. Cette douleur a dû faire une déflagration énorme et réveiller la souffrance du deuil d’André.

Possible que Frieda est vécue une période dépressive et qu’Honoré a été très présent pour Suzanne.

Pour en savoir plus…

Pour connaître les raisons de ce décès, direction les archives de l’AP-HP.

Elles se situent à l’hôpital Bicètre, un vrai dédale sans bonne signalétique. Il faut arpenter, demander, mais comme personne ne connaît, on tourne et retourne autour, sans vraiment les trouver. Avec patience, on découvre un pavillon agréable.

En retrouvant le certificat de décès de l’hôpital Trousseau, on apprend qu’Honoré André est entré à l’hôpital le 14 avril 1932* pour un « Broncho-Eczéma ». Il y est décédé dans la soirée du 25 mai.

Utile pour les recherches généalogiques

  • Si un de vos ancêtres est personnel de santé (médecin, dentiste, infirmière, etc) de 1922 à 1975, les Archives nationales conservent leurs dossiers sous les cotes 19810033/1-19810033/214

Le contenu est détaillé ici ou encore dans la salle des inventaires virtuelle aux Archives nationales.

Légende

*Actes d’état civil archivés.

FAMILLE SUISSE

FILIATION

À la Une

Pierre Chauveau dit Brindamour

Le premier qui a croisé la famille Chauveau se fut Mathurin Juton lorsqu’il épousa la belle Marie Chauveau le 27 mai 1805* à Saint-Gédéon en Loire Atlantique. Mais avant déjà, la famille Chauveau s’était associée à la famille Juton avec Janne qui épousa Jean Juton le 8 mai 1759* à Oudon, tout près de Saint-Gédéon, donc en Loire Athlantique.

Mais Jean et Janne ont dû produire un certificat de non-consanguinité ici reproduit

« Le 25 août après la dispense de consanguinité du trois au quatre et de deux bans et d’une autre publication à Couffé auquel fut faite opposition par Jean Belorde, la dite opposition levée par de l officialité de Nantes signifiée..approuvent et a nous apparue par Thomas Juton portant permission de passer outre Jean Juton fils de Thomas et Julienne Jamet a épousé à Couffé Jeanne Rondeau fille de Mathurin et de feue Julienne Jouneau, en présence de Thomas et René Juton, Mathurin et René Rondeau « 

Donc, la famille Chauveau et la famille Juton sont très liées. Le fameux Bridamour est certainement un cousin, peut-être à la mode de Bretagne, mais un cousin quand même !

Brindamour, quel surnom !

Il devait être très mignon pour avoir un tel sobriquet ! Et, surtout sur sa fiche militaire, il est désigné ainsi…On n’imagine pas la fiche du Général de Gaulle où serait écrit « dit Grand Echalat » ! Car c’est par sa fiche militaire reçue aux archives des Invalides le 12 juin 1698 que j’ai fait la connaissance de Pierre.

Extrait de l’acte n° 010312

« Pierre Chauveau, dit Brindamour, agé de 50 ans, natif de Barbesieux [16028] en Xaintonge, Caporal du Sieur Chevalier de Bondeville Regiment de la marine, cy devant Feuquieres, ou il à Servi 20 ans dans la mesme Compagnie, portez par Son Certificat et auparavant dit avoir Servi 9 ans dans Saulx, est estropié des deux cuisses d’un coup de mousquet quil reçeut au Siege de Barcelonne [99134], marié à Paris [75056], Patissier de Sa Vaccation, et est Catôlique

Le mousquet, l’arme des mousquetaires.

Seulement sa fiche ne comporte pas uniquement ses exploits…

L’indélicatesse de Brindamour

Car, malheureusement, un comportement répréhensible est noté sur sa fiche militaire

« Le 7 Janvier 1699. Pierre Chauveau d. Brindamour a dezerté de cet hotel et à emporté la Clef de son armoire, avec les deux Garnitures de Linge de la Maison apres avoir aussi volé le Soir auparavant une Couverture de Son Lit quil avoit mis dans Son Sacq de Cuire et quil avoit caché dans le fumier devant l’Escurie de Monsieur Le Medecin n’ayant pas eu le tems de la faire passer par dessus la Muraille ce quil avoit essayé de faire, et qui prouve cela, et que l’on à trouvé la Corde a moitié rompüe dont un bout paroissoit sur la Muraille et l’autre bout etoit attaché au Sacq dans lequel estoit la Couverture, Laquelle à esté trouvée dans le fumier par le Coché de Monsieur Le Medecin, ce qui a esté cause que ce Soldat a dezerté dans l’apprehension que le Sacq ne le fit decouvrir, de plus on a trouvé aussi dans Son armoire un Rossignol servant à ouvrir les Serrures des Portes, ce qui confirme que ce Soldat est Un Insigne voleur »

Brindamour était un voleur ! De quoi casser complètement son image, à moins que brigand voleur, il en soit plus attirant !

Pour aller plus loin

Siège de Barcelone

La Guerre des faucheurs qui affecte la grande Catalogne de 1640 à 1959, s’inclut directement dans l’opposition entre l’Epagne et la France qui se manifeste lors de la Guerre de Trente ans. Cette dernière se termine par la cession du Roussillon et la moitié de la Cerdagne à la France.

Camp_devant_Barcelone 1697
Nouveau dictionnaire historique des sièges et batailles mémorables. Volum

Sources

Nouveau dictionnaire historique des sièges et batailles mémorables. Volume 1

Utile pour les recherches généalogiques

Base de données Hotel des Invalides

Légende

  • Actes d’état civil archivés.

Famille ligérienne

FILIATION

A la recherche de la famille suisse

Les recherches en Suisse sont complexes. En effet, ce pays comporte quatre régions culturelles et linguistiques et possède donc quatre langues nationales : l’allemand, le français, l’italien et le romanche. Deux religions y sont prépondérantes pour les registres paroissiaux. De plus, une vague d’émigration au XIXè siècle, assez importante, a envoyé les femmes dans les villes, devenues souvent des femmes de ménage.

Acte de naissance de Bendicht D
Grossaffolten

Un guide disponible sur internet permet de trouver le lieu de la bourgeoisie de sa famille. Pour notre famille, le nom est très commun. Heureusement, nous savions d’où elle était originaire.

Acte de naissance d’Elisabeth Leiser

De plus, les données sont sous protection : pour les mariages, impossible d’y avoir accès après 1930 et pour les décès, après 1960.

L’ascendance de la famille

À chaque famille, son blason !

Trop nombreux les Dick à Grosseffolten pour que j’arrive à reconnaître les miens ! 🙂

Famille Dick

De nombreux pasteurs appartenaient à la famille au cours des siècles passés. Dans quelle mesure les armoiries, qui correspondent aux anciennes armoiries de la Hongrie, font référence aux liens connus entre le lycée de Berne et l’Église réformée de Transdanubie n’est pas claire.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la République de Berne a accordé des bourses à quatre étudiants en théologie trans-danubien (hongrois occidental) du lycée.
Bibliothèque de la bourgeoisie

Seulement, la famille est originaire de Grossaffolten. Trop nombreux les Dick à Grosseffolten pour que j’arrive à reconnaître les miens !

Étymologie

Dick : Nom assez courant en Alsace-Lorraine. Dans la plupart des cas, il s’agit d’un sobriquet appliqué à une personne volumineuse (allemand dick = épais, gros). Parfois, cependant, on peut avoir affaire à un toponyme désignant un lieu où la végétation est épaisse, un fourré (Bahlow, Deutsches Namenlexikon). À envisager aussi une forme courte de Dietrich.

Étymologie fournie par Jean Tosti Généanet

Famille Leiser

Blason famille Leiser
Généalogie ascendante

Pour être complet, il reste à préciser que Elisbeth Dick, mère de Frieda, était fille unique.

Pour le grand-père de Frieda, Bendict, il appartenait à une fratrie de 9 (avec 4 filles dont certaines se sont mariées. Par contre, un seul de ses frères semble s’être marié).

Du côté de la grand-mère de Frieda, Elisabeth Leiser, 2 sœurs et 4 frères, avec trois des enfants décédés jeunes. Elisabeth était la benjamine.

Les deux grands-parents sont catholiques.

Archives en ligne du canton de Berne

Répertoire des noms des familles suisse

Pour retrouver les blasons des familles dans le canton de Berne, voici le site Bibliothèque de la Bourgeoisie de Berne

Archives cantonales

Archives de Genève

Archives du Canton de Valais

Archives du Canton de Vaud

Commune municipale de Boécourt – Facebook

Chroniques Jurassiennes

Bourgeoisie de Boécourt – Séprais

CGAEB – Cercle généalogique de l’ancien Evêché de Bâle

Archives en ligne du canton de Berne

Répertoire des noms des familles suisses

Cette chronique doit beaucoup aux travaux de Savoie Actes Généalogie. Remerciements sincères à Blandine Coutaz-Repland pour son travail de recherche au sein de l’Office de l’état civil du Seeland à Berne. C’est à partir de la consultation des registres d’état civil et des registres des familles de Grossalffoltern que les transcriptions ont été possibles, car les photos sont interdites.

Actes Savoie Généalogie

1322 Rte de Boisinges, 74250 Viuz-en-Sallaz

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Madame Frieda

Frieda D. amoureuse

Honoré et ses médailles

  • Actes d’état civil archivés.

Famille D

FILIATION

Frieda, sœur aînée

Autant dire que cette partie de la vie de Frieda était parfaitement inconnue de ses descendants. Car, elle n’a jamais parlé de ce temps où elle vivait en Suisse. Jamais on ne l’a entendue regretter ses montagnes, son village ou même le chocolat. Je ne sais même plus si elle aimait le fromage !

Frieda conservait une façon particulière de parler mais sans que cela choque vraiment. On imaginait un patois ou un accent un peu « rural », mais pas l’accent traînant suisse. En fait, elle était de cette partie du Jura très proche de la France.

D’ailleurs, elle parlait rarement du passé. Les rares fois où elle s’est laissé aller à des confidences, elle le faisait de cette voix sans émotion. Pas de pleurs, elles étaient sèches depuis trop longtemps. Pas de compassion, personne n’avait dû en avoir au moment où elle en avait eu le plus besoin. Et surtout pas question de baisser les bras ! Ça c’est sûr. Si elle se l’était autorisée, elle n’aurait pas fait le chemin qu’elle a parcouru.

Alors revenons à ce petit village de Boécourt

Comme le dit Wikipédia, à Boécourt (ancien nom allemand : Bietsingen), on parle Français mais aussi allemand. La famille de Frieda n’est pas du tout originaire de ce petit village qui comptait en 1920, 640 habitants. (Chroniques jurassiennes). Originaire de Grossaffolten, ce petit bourg est surnommé le village aux cigognes où le plus ancien producteur suisse de produits agricoles s’est converti vers 1929 en une usine de fertilisants prospère. Situé à plus de 70 km de Boécourt, le bourg de Grossaffolten compte à peu près 3000 habitants à 15 km de la capitale du canton Berne.

Chercher du travail

Sa mère, Elisabeth, est née à Gossalffolten le 21 décembre 1879*. Son père, Bendicht, est ouvrier agricole. Il s’est marié le 30 août 1873 à La Neueville (CH- Be) avec une fille du pays, Elisabeth Leiser, originaire du même village.

Les vieilles forges Bassecourt

Le 10 juillet 1903, Elisabeth, la mère de Frieda, décide d’offrir ses services à Boécourt, beaucoup plus petit que son bourg natal. Ici tout le monde se connaît et la venue d’une « étrangère » est rare depuis la fermeture du site minier et sidérurgique au 19è siècle. La balade de Seprais, véritable musée d’art contemporain en plein air, n’est pas encore installée (1993).

Puits de mine à Boécourt (Combe rière Savre)

Par contre, comme le village est l’une des plus anciennes paroisses du Jura, les quatre entrées de Boécourt possèdent une croix du Jura pour accueillir les promeneurs.

Une des croix du Jura à l’entrée de Boécourt

Peu de temps avant son arrivée de violents orages avaient éclaté dans la région (3 juillet 1903), mais maintenant le soleil est là et une nouvelle vie commence pour Elisabeth. Elle a 23 ans et son avenir semble s’ouvrir devant elle.

Lorsqu’Elisabeth est repartie de Boécourt, le 11 mars 1906, pour se réinstaller à Gossaffolten, elle n’était pas seule. Un bébé l’accompagnait. Frieda avait un peu moins de six mois. Dans quel état était-elle, obligée de revenir chez ses parents, avec en plus ce petit être qui portait l’infamie d’une naissance sans père ?

Cimetière de Boécourt

À 23 ans, même en 1903, on sait qu’il faut faire attention ! Elisabeth a dû croire aux paroles et aux câlineries du père de Frieda. Et, puis la réalité l’a rattrapée. En tout cas, moins de 3 ans plus tard, elle rentre chez son père et sa mère, accompagnée !

Encore Boécourt

Étang du lavoir – Séprais


Cinq plus tard, Elisabeth revient à Boécourt. Quand, précisément ? On ne le sait pas ! En tout cas, une seconde fille naît le 6 avril 1910*. Elle se prénomme Marthe. Frieda n’a pas encore cinq ans. Ont-elles le même père ou un père différent ? Impossible de le savoir, à moins d’avoir recueilli les confidences d’Elisabeth.

À Boécourt, Marthe se marie le 31 janvier 1936* à 26 ans avec Paul Jule Montavon, originaire du lieu du même nom, proche de quelques kilomètres de Boécourt. Elle aura 8 enfants (3 filles et 4 garçons), 10 petits-enfants et de nombreux arrière-petits-enfants. Elle décède à Délemont, à quelques kilomètres de Boécourt, le 16 mars 1997, quelques années plus tard que Frieda

Montavon est une petite et charmante localité, qui appartenait en propre au Prince-Evêque et qui fut rattachée après la Révolution à la commune de Boécourt.

La vie continue …

Bern Kantonales Frauenspital

Elisabeth, la grand-mère de Frieda, décède le 13 avril 1917*. Cela ne s’est pas passé à Gossalffolten. Était-elle décédée à Boécourt. Peut-être ? Peut-être pas ? Car sa fille, la mère de Frieda, accouche quelques jours plus tard d’un petit garçon, Ernst, le 4 mai 1917* à Berne au Frauenspital (Hôpital des femmes, Centre obstétrique).

Certainement, une période difficile pour la mère de Frieda avec la joie et la tristesse à la fois. Seulement, ce fils n’a toujours pas de père déclaré. Est-ce le même que pour les filles ? Est-il différent ? Évidemment, impossible de le savoir ! Frieda a alors 12 ans et est certainement en capacité de soulager sa mère. Est-ce que le père d’Elisabeth vit avec elle ? Ou est-il resté à Grossaffolten ? On n’en sait rien.

Un autre garçon, Christian, naît le 4 novembre 1919* toujours à Berne au Frauenspital (Hôpital des femmes, Centre obstétrique). Sûre, Elisabeth vit à côté. A la naissance de son second frère, Frieda a 14 ans et devient jeune fille.

Deux ans plus tard, Bendict, le père d’Elisabeth, le grand père de Friedac, décède le 10 novembre 1921* à Grossaffolten.

Et six ans plus tard, Frieda part en France

La « maternité et hôpital des femmes » cantonal ont été ouverts en 1876 et étaient à l’origine principalement destinés aux femmes pauvres. Rattachée à la clinique se trouvait l’école des sages-femmes, qui existait depuis 1781, et un institut de formation pour les « accoucheuses ».
En 1892, l’institution a été rebaptisée Frauenspital. Puisqu’au tournant du siècle prévalait l’idée que l’accouchement à l’hôpital réduisait le risque pour la mère et l’enfant, des extensions importantes sont devenues nécessaires dans le premier quart du XXe siècle.
Burgerbibliothek Bern

Frida D. amoureuse

Madame Frida

Honoré et ses médailles

Cette chronique doit beaucoup aux travaux de Savoie Actes Généalogie. Remerciements sincères à Blandine Coutaz-Repland pour son travail de recherche au sein de l’Office de l’état civil du Seeland à Berne. C’est à partir de la consultation des registres d’état civil et des registres des familles de Grossalffoltern que les transcriptions ont été possibles, car les photos sont interdites.

Actes Savoie Généalogie

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On ne répétera jamais assez que la généalogie c’est aussi de l’entraide. À la fois pour les différentes indexations selon des projets précis que des bénévoles font en France et dans le monde mais aussi à partir des recherches personnelles partagées sur nos sites pour permettre à chacun d’avance plus rapidement. Je remercie beaucoup Johnny de Géanet. Il se reconnaîtra !

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