Neuf mariages le 8 février en 1893 à Pluméliau dans le Morbihan, est-ce normal ?

À la fin du XIXᵉ siècle, Pluméliau est une très grande commune rurale (comptant près de 4 600 habitants en 1896), composée d’une multitude de hameaux isolés. En recherchant des informations sur le mariage d’Etienne Le Maguet,fils d’un frère de Guillaume Le Maguet, je trouve neuf mariages le même jour. Ce choix du 8 février 1893 s’explique par un croisement de contraintes religieuses, agricoles et traditionnelles.

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⛪ Le calendrier de l’Église : la dernière limite avant le Carême

En regardant le calendrier ecclésiastique de l’année 1893, le mercredi des Cendres (qui marque le début du Carême, période durant laquelle l’Église interdit formellement les mariages) tombait le 15 février 1893.

Le mercredi précédent, c’est-à-dire le 8 février, correspondait donc à la semaine du Mardi gras. C’était la toute dernière opportunité pour les couples de s’unir avant une interdiction religieuse stricte de 40 jours. Il y avait une véritable course contre la montre.


🗃️ Le choix du mercredi

Le 8 février 1893 était donc un mercredi. Le lundi était réservé au retour du marché, le vendredi était banni par superstition religieuse (jour de la Passion du Christ), et le week-end était exclu pour l’état civil et la messe dominicale. Le mardi et le mercredi étaient donc les deux seuls jours de fête possibles.

 mariage Auffret-Brousseau à Scrignac, en 1912
Mariage Auffret-Brousseau à Scrignac, en 1912


🚜La trêve des travaux de la terre

En février, les travaux des champs sont au plus bas. Les paysans n’étaient occupés ni par les foins, ni par les moissons, ni par les grands labours d’automne. C’était la période idéale pour mobiliser des centaines d’invités (parents, voisins, alliés) qui constituaient les immenses noces plumeloises sans pénaliser l’économie des fermes.


💍L’imbrication des familles : les noces groupées bretonnes

À Pluméliau, comme dans le reste du canton de Vannes, l’isolement géographique favorise l’endogamie. Si on regarde plus précisément les noms de famille sur ces neuf actes, on s’aperçoit que le père de la mariée, Jean-François Le Bellu marie le même jour son fils majeur et sa fille mineure. Il a eu huit enfants avec sa femme, décédée au moment du mariage de sa fille.

Pour une famille de laboureurs-cultivateurs, marier deux enfants le même jour représentait une immense économie logistique et financière, tout en s’assurant que l’ensemble des parents éloignés et des voisins ne se déplacent qu’une seule fois au bourg avant la fermeture religieuse du Carême.

La table des mariées


📝La dure journée de l’officier d’état civil : Jean-François Le Hir

Jean-François Le Hir est né le 17 octobre 1844 à Pluméliau. Il est maire pendant dix ans à partir de 1890. L’enregistrement de neuf mariages implique la lecture publique du Code civil, le recueil des consentements et la rédaction manuscrite minutieuse de 9 actes longs, multipliés par le nombre de signatures des mariés, des parents et des 36 témoins au total. Il a passé sa matinée entière ceint de son écharpe tricolore.

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🌳 Généalogie (aide de IA)

Archives départementales du Morbihan- Etat civil

Mariage. Les Bretons à la noce d’autrefois – Le Télégramme 2023

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 Conseil généalogique  

Ne jamais oublier WIKIPEDIA pour trouver des informations. La page de Pluméliau est extrêmement complète.

Famille bretonne

Famille Le Maguet

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