Les « secrets » de Frieda

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Nous étions venus voir Frieda dans son deux-pièces du 16ème arrondissement qui me rappelait étrangement l’appartement où nous avions vécu avec mes parents. Au moment de prendre le café, me semble-t-il, Frieda, que j’appelais comme tout le monde Grand-Mémère, me confia qu’elle avait eu un fils.

La fin de l’été s’annonçait à Herserange. Seulement, il faisait encore bien chaud, ce 5 septembre 1929. Fatiguée par les tétées de la nuit, Frieda avait préféré rester chez eux, au frais. Lui, Jacob, était parti avec André, son petit bout de deux ans. On venait de fêter son anniversaire. Ça devenait agréable maintenant qu’il parlait bien. Mieux que ses deux parents réunis, de ça, Jacob en était fier ! Curieux de tout, André en était même fatigant ! Il n’était plus tout seul depuis que sa petite sœur, Suzanne, les avait rejoints, il y a quatre mois. Elle, elle portait son nom. C’était une Klank ! Pour André, ça n’avait pas été possible, car il l’avait reconnu après Frieda. Difficile de s’y retrouver dans les méandres d’une administration qu’on ne connaît pas. Heureusement, il pouvait compter sur la communauté polonaise, nombreuse dans la région. En tout cas, père et fils profitaient de la douceur de cette fin d’après-midi.

Au milieu de leur promenade, ils se sont allongés et rapidement assoupis. André a-t-il échappé à la vigilance de son père ? Avait-il un sommeil trop profond, vu le vin du repas ou la fatigue des jours passés ? Impossible de savoir ! Seulement, la culpabilité des parents est palpable. Elle de lui avoir confié, malgré tout, l’enfant. Lui, d’être responsable de sa mort.

Toujours est-il que l’enfant descend le champ et s’approche des rails, en contrebas…

Le machiniste dira qu’il n’a pu l’éviter.

Plus de cinquante ans plus tard, dans cet appartement parisien, son premier petit-fils, allait du fauteuil à la cuisine. Je me rappelle l’avoir regardé, mon enfant, figée. J’étais tétanisée. Qu’ai-je pu dire à Frida ? Peut-être un  » comment avez-vous fait ». Aucune réponse n’était attendue et je n’ai plus osé lui en reparler.

Seulement, ce moment-là, je ne l’ai jamais oublié. Il m’obsède encore. Je songe souvent à Frieda, Grand Mémère pour les autres. Je souhaite qu’elle m’aide à donner vie à ses jeunes années...

Ce jeune couple a réussi à construire une famille loin de leurs propres attaches familiales.
Lui, Jacob, a tout quitté, il y a neuf ans, en 1920, peut-être un peu plus, pour se réinventer dans un pays qu’il ne connaissait pas. Était-ce le manque de travail, était-ce autre chose qu’il l’avait poussé à partir ? Qu’importe. Satisfait du chemin parcouru et des efforts fournis, il contemplait sa famille, heureux, le sentiment que le bonheur existait à cet instant précis. Pourquoi n’avoir pas envisagé le mariage ? Certes, ils étaient un couple installé, mais ça ne pouvait assurer l’avenir. Était-il déjà marié, pas divorcé ? Ou alors, s’agissait-il d’autres choses ! Une histoire de religion…

Elle, Frieda était partie peut-être avec lui de Suisse, ou avant de le connaître. En tout cas, sa tête était remplie de rêves et d’envies. Elle avait vingt et un an ! Il lui était permis de faire ce qu’elle voulait, enfin, loin des responsabilités. Elle avait envoyé promener sa sœur, ses frères et puis sa mère, aussi, jurant qu’elle ne reviendrait plus !

Par conséquent, au village, sa réputation avait été faite : une fille pas trop convenable ! La liberté des femmes était inacceptable ! Mais, aujourd’hui, elle était femme et deux enfants l’occupaient. Tellement heureuse ! Elle s’en fichait un peu de ne pas être mariée même si elle le lui demandait quelquefois. Alors, lui, il promettait !
Les promesses sont faites pour jamais n’être tenues !

Suzanne savait, au plus profond d’elle-même, ce qui s’était passé lorsqu’elle avait quatre mois. Elle avait vu son univers s’écrouler, sans explication. Comment expliquer à un bébé ce qui se passe ? Pourtant, si elle avait su, elle aurait pu, plus tard, essayer de comprendre. Car, Suzanne n’a plus senti la présence de son père, plus entendu sa voix, son accent particulier, ses mots étranges, murmurés à son oreille, l’odeur de son corps, mélange de fumée et de cambouis. Rien du jour au lendemain, ou si peu !
Les bras rassurants de sa mère sont aussi oubliés.

La froideur l’a envahi, d’un coup. Placée dans une pouponnière, Suzanne a dû vivre un moment de dépression. De plus, aucun homme n’est venu séparer ce lien tellement particulier qui unissait Suzanne à sa mère. Amour et haine mêlés, attraction, répulsion, ces deux femmes n’ont eu de cesse de se déchirer, ne pouvant plus se dire leur amour réciproque.

Ni le mari de sa mère ni son propre mari n’ont expliqué à Suzanne qu’elle n’était pas responsable et que la souffrance de sa mère avait créé le rejet. Aucun homme, ni même aucune femme, ne les a réunis pour expliquer à l’une ce que ressentait l’autre, et vice-versa.

Elles se sont murées dans leurs premiers ressentis, intransigeantes, blessantes mais continuellement en souffrance, toutes les deux.

Difficile pour Robert de parler des relations parentales ! Honoré a cru qu’en la considérant comme sa fille, son immense amour suffirait à combler la froideur de sa femme. Seulement, on ne remplace pas le manque sans un minimum de mots.

Ce rejet, Suzanne en souffrira toute sa vie, sans pouvoir le comprendre. Elle ne pouvait réentendre l’indicible phrase, inacceptable pour un enfant, qui n’a cessé de la faire souffrir « j’aurais préféré que ce soit toi qui meures plutôt qu’André ! »

Cette phrase exprimait le traumatisme vécu par une mère. Ses mots n’étaient pas à prendre aux pieds de la lettre. Seulement, comment faire lorsqu’aucun tiers ne vient dénouer les tensions. Alors, la souffrance se cristallise de part et d’autre, cadenassant à jamais leurs sentiments affectueux réciproques !

Est-ce que le chemin fut long de Longlaville à Paris ? Aucune idée ! En tout cas, elle débarque dans le quartier Bel-Air du 12ème arrondissement. Ketty, l’amie de son village suisse qu’elle a retrouvé par hasard à Paris, habitait-elle tout près ? Ce prénom, diminutif de Catherine, vient du grec et signifie « pur ».

En tout cas, Frieda devient domestique et commence à découvrir l’univers Parisien, ses immeubles haussmanniens et le chic des appartements cossus. Elle travaille son accent et apprend les bonnes manières. De fille de ferme à serveuse, elle sait qu’elle peut apprendre rapidement. Alors, pas de souci, elle devrait s’en sortir chez les bourgeois. Et, l’avenir prouvera combien elle avait raison !

Frieda n’a probablement pas trouvé cette nouvelle très agréable, quatre mois après la mort de son aîné. Seulement, difficile d’imaginer cette jeune femme occupée à trouver stabilité, être capable de courir les bals du samedi soirs, d’avoir une aventure d’un soir et, surtout, de garder l’enfant ! Car, les faiseuses d’ange étaient connues dans son milieu, même pour une nouvelle parisienne. Et, Honoré Gauchet, vu sa droiture, n’aurait pas mis un mois à reconnaître l’enfant s’il avait été le père !

Il est plus probable que Frieda est retrouvée Jacob, certainement peu de temps après leur séparation.

Mais, une nouvelle grossesse lui donnait la possibilité d’effacer la terreur des mois précédents. Faire comme si, cela n’avait jamais existé.

Frieda prend les choses en mains. Il lui faut un mari, un vrai, respectable, responsable, et surtout fiable financièrement. Finies les angoisses des journées sans travail, les fins de mois sans argent. Il lui faut un rentier qui ne soit pas trop dans ses pattes, tant pis s’il ne lui plaît pas autant que Jacob.

Suffit les bêtises !

Alors, peut-être avec Ketty, elle élabore un stratagème à suivre à la lettre. Avant que son ventre ne la trahisse, il faut qu’elle embobine un homme qui coche toutes ses attentes. Elle a vingt-cinq ans, sa jeunesse est son atout et elle sait parler aux hommes ! Trois ans de vie amoureuse lui ont appris bien des choses pour satisfaire un homme !

Aidée certainement par Ketty, la »pur », Frieda devient assidue à l’église. Chaque dimanche, elle se fait remarquer par son assiduité mais aussi sa foi aussi intense que démonstrative. Est-ce l’église de Notre-Dame de Saint-Mandé où elle va ? Qu’importe. C’est une course contre la montre pour trouver un mari pour elle et un père pour son enfant !

Honoré Gauchet est l’heureux élu ! Il approche de la quarantaine, un peu petit, trop trapu, déjà ventru. Lui, ce n’est pas le prince charmant !

Est-ce que Suzanne s’est rendu compte des efforts qu’avait consentis sa mère, en tant que femme, pour passer de Jacob à Honoré ? Non, car on imagine mal ses parents amants !

Seulement, Honoré était droit, respectueux, attentif et surtout sa rente de l’armée lui assurait une assise confortable qu’il voulait bien partager avec femme et enfant puisque depuis deux ans, il était démobilisé. Pour Frieda, ce fut, certainement, plus le père qu’elle n’avait jamais eu qu’un amant. D’ailleurs, après celui-ci, elle n’aura pas d’autres enfants !

Lorsqu’Honoré André naît le 16 octobre 1930 à vingt et une heures à l’hôpital Trousseau, Frieda n’a plus qu’à convaincre Honoré de le reconnaître. Il le fera un mois plus tard.

Il y a un an et un mois, la disparition d’André a provoqué un bouleversement dans sa vie. Frieda a su rebondir. Elle reprend sa fille, encouragée par Honoré.

Ce nouvel enfant porte en second prénom celui de l’enfant mort. La seule photo qu’on ait de lui le présente chétif avec ses oreilles décollées, sa frimousse triste. Le poids de l’enfant mort semble lourd à porter. D’ailleurs, il décédera avant sa seconde année !

Quand est-ce que Frieda a réalisé qu’Honoré André ne remplacerait pas André, que ses efforts étaient vains ? On dit qu’il faut lâcher la main des mourants pour qu’il trouve la paix. À quel moment, Frieda a lâché la main d’Honoré André ?

Il est aisé de comprendre l’état psychique de Frieda après ce nouveau décès. Le rayonnement de Suzanne papillonnant du haut de ses trois ans, devait lui être insupportable ! Et, pourtant, Frieda a élevé Suzanne avec suffisamment d’amour pour qu’elle puisse à son tour être mère, plusieurs fois !

Frieda a certainement perdu beaucoup de sa légèreté, de sa joie de vivre, apprenant à cacher sa fragilité derrière son ton bravache, affirmant, trop fort, trop haut, qu »après moi les mouches« , cachant son amour derrière son argent, incapable de laisser parler son cœur sans craindre qu’il ne se fende !

Elle a emporté avec elle, dans la tombe, le ressentiment de n’avoir jamais reçu la reconnaissance des sacrifices qu’elle avait consentis.

Sa fille ne lui a jamais offert, ce qu’elle attendait depuis si longtemps, une conversation de femme à femme. Que celle qui avait eu cinq garçons lui dise combien cela avait dû être dur de ne pas en voir grandir ! Qu’elle la remerciait de lui avoir apporté la sécurité en oubliant sa vie de femme ! Qu’elle lui parle de l’homme qu’elle avait à la fois tant aimé et tant haï ! Qu’elle comprenait et lui pardonnait de n’avoir pas su l’aimer, elle, comme elle le souhaitait !

La vie n’est pas une fiction. Mais, ici, c’est possible !

Frieda aurait pu enfin, dans les bras de sa fille, pleurer les deux garçons qu’elle avait perdus. Elle lui aurait dit que lorsqu’elle regardait son visage, elle reconnaissait des expressions de Jacob, ce qui lui suscitait des sentiments d’amour et de haine mêlés, qu’elle ne pouvait contenir ! Elle se serait excusée de l’avoir si mal aimée. Elle lui aurait aussi raconté son village en Suisse. Elle lui aurait dit que son deuxième petit-fils ressemblait à Honoré André. Sa fille lui aurait alors dit qu’elle avait compris pourquoi elle avait voulu élever un de ses enfants.

Tant d’autres choses, encore !

Peut-être alors sa sœur, Marthe, serait venue à son enterrement, permettant aux familles, enfin, de se retrouver !

Le secret de Frieda est de l’indicible : la honte de n’avoir su protéger son enfant. Et, à la jeune mère que j’étais, devant cet arrière-petit-fils, elle me mettait en garde : Faites attention, ma petite fille, à votre premier fils !

Sur la tête de mon enfant venait percuter l’histoire dramatique d’André. Évidemment, je n’ai eu de cesse de faire attention à cette filiation dramatique pour qu’elle ne se reproduise pas.

Mais, le secret de Frieda fut encore entretenu par son mari. Honoré n’a pas levé la honte de sa femme. Il n’a pas révélé le secret à Suzanne.

Il aurait pût dire à Suzanne : ta mère a vécu quelque chose de très dramatique qui entraîne tout son ressenti envers toi. Ne t’inquiète pas je suis là, je vais tout faire pour vous réconcilier ». Pour Suzanne, deuxième génération, le secret était innommable.

Seulement la répétition avec Honoré André a renforcé la honte de Frieda à être incapable d’élever un garçon au-delà de ses deux ans. Et, elle a obligé davantage à faire silence autour de cette deuxième mort dramatique, car la culpabilité était certainement trop importante de n’avoir pas su protéger aussi son deuxième fils.

Lorsque mon second fils est né, la mère que j’étais a pris de l’assurance et a certainement été moins touchée par le secret de filiation. En tout cas, pas de la même manière !

Néanmoins, j’ai attendu que mes enfants aient dépassé tous les deux, les deux ans, fatidiques, en 1996, pour faire une première salve de recherche généalogique sur cette branche.

Mais, cette histoire de famille révèle un autre secret que deux adultes ont ensemble mis en œuvre. Celui de ne pas révéler à Suzanne qu’Honoré n’était pas son père. De quelle honte, ont-ils voulu se cacher et la protéger ?

Je n’ai pas encore confirmation de ce que Frieda disait à propos de cet homme. Sauf que mon conjoint lui rappelait fortement cet homme. Elle disait que « C’était un chenapan, comme le père de mes garçons ».

Pour la troisième génération, celle des enfants de Suzanne, le secret était devenu impensable. Mais, il se révèle, disent les psychogénéalogistes, dans le corps physique ou psychique d’un membre de cette génération. Les non-dits cachés sont ressortis par des symptômes soit physiques ou psychiques. Ils forment ainsi des images fantasmagoriques, toujours selon les spécialistes.

Trois fantômes rôdaient autour de Suzanne, ceux de ses deux frères mais aussi celui de son père géniteur. Mais, la confirmation des secrets de famille peut libérer les chaînes qui entravent.

Peut-être…

Légende

*Actes d’état civil archivés.

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FAMILLE SUISSE

FILIATION

Faire-part

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Plan de la ville de Salonique-1917

La famille est souvent fascinante. Elle peut avoir pour terrain de jeux, le monde entier comme celle-ci avec l’exil qu’elle porte en bandoulière. Mais, elle sait se retrouver autour d’événements marquants de la vie.

À partir d’un faire-part, j’ai essayé de remonter la famille de Léon Salem. En effet, en 1919, Léon Salem demande à la Sureté nationale de pouvoir quitter le territoire français pour gérer les affaires familiales après le décès de son père à Salonique. Il veut y rester un mois.

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Le voyage

Difficile d’imaginer que le voyage fut simple, en pleine première guerre mondiale ! Bien sûr, c’était la dernière année puisqu’on peut supposer que Léon a voyagé au cours du premier trimestre 1919.

Pendant la Première Guerre mondiale, Thessalonique était un important centre stratégique. Pendant une grande partie de la guerre, la ville fut utilisée comme base militaire par les Alliés, notamment par les forces françaises, britanniques, italiennes et serbes.

Néanmoins, il semble difficile d’envisager qu’il ait pu rallier Théssalonique uniquement par le train. Il existait probablement des restrictions de déplacement et des contrôles plus stricts aux frontières. Les voyages entre les pays étaient probablement soumis à des autorisations spéciales, et les civils devaient, peut-être, obtenir des permis pour traverser certaines zones.

Il est plus probable qu’il ait pris des trains reliant Paris à des ports maritimes, suivis d’une traversée maritime jusqu’à Thessalonique. Évidemment, Marseille est la ville auquel on se réfère, avec son quartier du Panier qui abritait de nombreux juifs sépharades, port d’entrée des exils méditerranéens. Seulement la traversée de Marseille à Thessalonique a probablement impliqué une combinaison de moyens de transport, tels que des trains et des navires. En définitive, un voyage qui a pu durer, peut-être, toute une semaine, au mieux.

Faire-part

En même temps que sa demande à la Sureté nationale, il produit la copie du faire-part familial, traduite. Le fait que Léon n’ait pas pu assister à l’enterrement ouvre de nouvelles pistes de recherche généalogique, d’après le faire-part.

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La veuve

Esther a 62 ans* lorsque son mari, Jacob, décède à 73 ans. Elle habite à l’angle du numéro 3 de la rue Philopomenos du 66 rue du Roi Georges. Aucun moyen de situer cette habitation sur une carte actuelle. La ville a été détruite lors de la Seconde guerre mondiale.

Ester décède le 14 décembre 1930. Elle habitait alors au 10 rue de Saulnier à Paris 9. Son fils Léon dit Lionel habite alors au 55 rue des Petites Ecuries – Paris 10 ème – Quartier Porte de Saint-Denis.

Pour les enfants Victoria et Salomon, on en reparle plus loin !

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Couple juif de Salonique à la fin du XIXè siècle

Mr et Mme Acher Jacob Salem et leurs enfants

Acher est le premier fils de la famille, frère de Léon, né à Salonique. Il a 48 ans au décès de son père. Il s’est marié à 23 ans avec Fortunée Levi (ou levy). Elle avait alors 20 ans et, elle aussi, est née à Salonique.

Apparemment, ils ont quatre enfants : Jacques, l’aîné, âgé de 24 ans, certainement marié avec Corine Roditi, Esther, âgée de 23 ans, Mickaël, âgé de 14 ans et Adolphe Albert, âgé de 10 ans.

Acher décède en 1947 à Lancaster, en Pennsylvanie, aux Etats-Unis, à l’âge de 77 ans. Sa femme est décédée, avant lui, en 1936, à Manchester, dans le New Hamphire, aussi à l’âge de 63ans.

Mr et Mme David Jacob Salem et leurs enfants de Beyrouth

Pour l’instant, je n’ai pu établir le lien de parenté avec la famille de Léon. Néanmoins, les éléments généalogiques ne manquent pas.

Au journal Officiel du 2 mai 1938, il est naturalisé français, commerçant né le 3 février 1877 à Salonique. Avec sa femme Bina Cardova, née le 15 juin 1888 à Yanboli en Bulgarie. Ils ont deux filles : Guéola née le 4 juin 1919 à Jaffa en Palestine et Esther née le 10 mai 1922 au Caire en Egypte. Ils demeurent à Saint-Maur-des-Fossés. Néanmoins, ses enfants n’étaient pas encore nées à l’enterrement du père de Léon.

Dans les Archives Commerciales de la France, on apprend dans le numéro du 19 novembre 1934 que David Jacob et sa femme ont vendu leur fonds de commerce de Mercerie – Nouveautés. Ils habitent à Alfortville.

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David Jacob aura deux autres fils qui décéderont aussi rapidement.

Mr et Mme Elie Jacob Salem et leurs enfants de Manchester

Mr et Mme Léon Jacob Salem et leurs enfants

Ici, est-ce Léon Mais il n’a pas d’enfant ! Erreur de traduction, peut-être ?

Mme Veuve Ricoula de Abram Sabetay (ou Sabelay) et ses enfants de Paris

C’est la sœur aînée de Léon. Mais son genre ne lui permet pas d’être citée devant ses frères ! Elle a 60 ans à la mort de son père. Elle aussi est née à Salonique et apparemment elle vit à Paris. Elle décède à Auschwitz- Birkenau vers 1941, soit avant son frère !

Pour l’instant rien de plus.

Mme Fakima de Moïse Dassa

C’est la petite sœur de Léon. Rien de plus pour l’instant

Mr et Mme Samuel Frances et leurs enfants

C’est la famille de la troisième sœur de Léon. Seulement, elle se situe dans l’ordre de la fratrie des filles au milieu. Est-ce parce qu’elle n’est pas veuve qu’elle n’est pas citée avant ?

Elle s’appelle Flor, est née à Salonique et a 38 ans à la mort de son père. Elle s’est mariée avec Samuel Frances et a eu 5 enfants. L’aîné Sam est décédé en 1976 à Manchester en Angleterre.

Rien de plus pour l’instant.

La famille Salem

Jacob, le père de Léon, avait un frère, Haïm, né 10 ans avant lui. Il est décédé en 1904 à Salonique. Il s’était marié et avait une fille Victoria, certainement recueille par la famille de Léon, comme l’une de leur fille. (Cf plus haut)

Le père de Jacob, grand-père de Léon, Asher, né en 1820 à Salonique avait peut-être d’autres frères, les grands-oncles de Léon. Pour l’instant, rien de plus.

La famille Mallah

Cette famille est celle de la sœur de Jacob, Estra, tante de Léon, née 10 ans après son frère. Elle se marie avec un bijoutier, Jacob Mallah. Ils passeront toute leur vie Salonique. Elle mourra en 1935, avant l’arrivée des nazis en 1941. Ils ont eu sept enfants. Des recherches sont en cours. Deux fils, Léon et Mario, sont décédés à Auschwich- Birkenau.

La famille Levy

Certainement, celle de Fortunée, la belle famille du frère de Léon.

La famille Nahama

ou Nehama, celle d’Esther la veuve

La famille Confortes

Rien de plus pour l’instant.

Légende

  • Acte d’état civil

Source

Archives nationales – Pierrefite

  • Sûreté générale – Police Nationale
  • Surveillance des étrangers

Cercle de Généalogie juive

Généanet

Filae

Famille de Salonique

FILIATION

Elie Daniel, mon père

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Il me fallait fouiller les archives pour en apprendre davantage sur cet homme que je n’avais côtoyé que six ans, à un âge où il était difficile de saisir sa personnalité. Je devais éviter les portraits idylliques dressés par ma mère et l’image beaucoup plus sombre de mon demi-frère pour lui donner une réelle existence à travers les faits, alors qu’il n’est plus là pour me raconter son histoire.

genealogiefamille.com Elie Daniel mon père
Page du carnet rouge que mon père conservait précieusement avec des adresses d’un côté et des commentaires de l’autre. Je sais d’où me vient ma passion pour la généalogie !

Ses prénoms

Premier garçon d’une famille qui comptait déjà trois filles et qui totalisera neuf enfants, Elie Daniel est né le 13 septembre 1907 à Lamastre en Ardèche.

Son premier prénom fait référence à son père Elie Jean-Pierre. Chez les protestants, à l’inverse des catholiques, on constate un recours beaucoup plus marqué aux prénoms de l’Ancien Testament. Seulement, la majorité des Huguenots optent comme les catholiques pour des prénoms issus du Nouveau testament. Ce triple prénom Elie Jean-Pierre témoigne de ce souci double.

Pour son deuxième prénom, il y a deux possibilités : soit il vient de son oncle Daniel Agier, témoin au mariage de ses parents, soit de son oncle du côté de sa mère, Daniel Elysee Juston qui a fait sa carrière dans l’ancienne SNCF. 

En fait, ce double choix est assez conventionnel, il s’agit en somme de relier l’enfant avec ses ancêtres proches.

Seulement, mon père se faisait appeler Marcel. D’ailleurs sur sa tombe, Élie est oublié au profit de ce prénom dont je ne sais d’où il vient.

Peut-être, s’agit-il ainsi d’exprimer une blessure familiale. (voir Grand-mère Eulalie Elisa) En 1905, un article dans le journal de Tournon témoigne qu’Eulalie, ma grand-mère, n’est plus redevable des dettes de son mari.

Le grand-père de mon père était tonnelier, marchand de vin. Sa famille était cultivateur à Desaignes, le village d’origine de la famille Agier. Élie Jean-Pierre a repris le commerce familial et devient négociant en vins. Seulement, la rumeur familiale le décrivait buveur et joueur invétéré, responsable d’avoir mis sa famille dans la misère !

En 1901, Élie Jean-Pierre a 31 ans lorsqu’il épouse Eulalie Elisa, plus jeune de 9 ans. Quatre ans plus tard, elle se déclare, avec l’assistance juridique, ne plus rembourser les dettes de son mari. Pourtant, leur dernière enfant naît en 1917. Élie Jean-Pierre est déclaré alors jardinier et Eulalie Elisa, couturière.

La famille a certainement vécu de grosses difficultés financières. Il est donc plausible que mon père rejette son prénom et en choisisse un autre.

Sa jeunesse

Pourtant, cette explication n’est pas bonne. En effet, en 1911, le recensement trouve la famille habitant le quartier Chalamet à Lamastre. Mon père est appelé Marcel, alors qu’il n’a que quatre ans.

genealogiefamille.com - Recensement 1911 -

Lamastre n’est encore en réalité qu’un gros village dont pratiquement tous les habitants, commerçants, artisans, ou maraîchers vivent essentiellement des marchés et disposent de deux pièces seulement pour se loger. Blog Lamastre

Dix ans plus tard, la famille a une autre allure et habite un autre endroit dans Lamastre. Tous les enfants sont nés, mais le mari est absent. D’ailleurs, je n’ai toujours pas trouvé la date de son décès !

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En 1931, mon père a 24 ans et il habite encore avec sa mère. Les sœurs aînées se sont mariées et il reste comme en charge de sa famille. Apparemment, les jeunes travaillent comme tisseurs. Et, mon père a repris le prénom Marcel !

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Le 22 novembre 1921, les Etablissements Gaston Verdier de Meaux absorbent l’usine de la Vivaraise en liquidation judiciaire. Rapidement agrandie, elle comptera bientôt 30 à 40 ouvriers bonnetiers fort bien rémunérés et 120 à 140 ouvrières. L’usine fabrique alors des bas de soie ou de rayonne de très haute qualité (Bas Guy, bas Dior). Blog Lamastre – Histoire d’une ville

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La décennie 30 et la fin de la seconde guerre mondiale

Toute cette partie a fait l’objet d’un article sous le titre Un divorce.

De bonnetier à Annemasse en 1934 lors de son mariage, mon père devient ajusteur à Dassault Aviation à Argenteuil en 1946. Je suis toujours à la recherche de son dossier de travail auprès de l’usine d’Argenteuil.

Dès 1938, sa fiche d’électeur prouve que mon père est déjà à Boulogne. Je ne sais ce qui a motivé ce déménagement. En tout cas, il est toujours bonnetier.

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La période de la guerre reste assez peu renseignée. Son frère Paul, de trois ans son cadet, est fait prisonnier en octobre 1940. Était-il communiste ?

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Communiste déclaré, la rumeur familiale dit qu’il aurait échappé au STO de 43 à 44 en se cachant.

Où ? Comment ? Avec l’aide de qui ?

Les recensements de 1931 et de 1936 ne trouvent pas le jeune couple à Annemasse. Sont-ils déjà à Boulogne Billancourt. Est-il venu tout seul ? Odette est-elle restée auprès de ses parents en Haute-Savoie. Les recherches seraient trop longues de chercher à l’aveugle dans les registres de Boulogne. En tout cas, personne au 181 avenue du Général Gallièni comme en 1938.

La durée de ce mariage m’est apparue toujours comme très longue ! Presque vingt ans ! En y réfléchissant, je pense que dès l’arrestation de son frère, mon père a compris que cela pouvait grandement être difficile pour lui. Et, il s’est caché, certainement seul, attendant des jours meilleurs.

Le retour du Service Historique des Armées de ses états de services dans les F.F.I. apporte quelques précisions.

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Son service militaire est fait dans l’Artillerie dès mai 1929 pendant un an au R.A.M de Nice. Il fait deux semaines d’exercices en 1936. Puis, il est de nouveau mobilisé le 26 août 1939.

Déclaré résistant en 1942, il appartient au groupe Suresnes Puteaux sous un commandant dont le nom est illisible. Dans les F.F.I, il a le grade de sergent et a participé à la Bataille de Neuilly, puis à l’occupation d’usines et au campement militaire d’Issy-Les-Moulinaux. C’est en 1946 qu’il est « démobilisé ». Lorsqu’en 1951, le service des armées lui renverra un dossier à remplir pour percevoir une indemnité, mon père sera tellement absorbé par son divorce qu’il oubliera de renvoyer a temps son dossier de prise en charge.

La fin des années 40 jusqu’à son remariage

On le retrouve avec sa femme habitant au 92 route de la Reine à Boulogne Billancourt, dans le même appartement où j’ai vécu.

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Sur le même pallier, habite le frère de ma mère, sa femme et sa fille. Mon oncle, Hyacinthe, travaille chez Renault. Ils semblent bien complices sur cette photo que je suppose prise sur la route de la Reine. Mon père est l’aîné de vingt de plus qu’Hyacinthe, mais tous deux ont les mêmes engagements politiques. À cette époque, ma mère (22 ans) commence sa vie professionnelle comme monitrice dans une institution des religieuses des Filles de La Sagesse en Vendée. Ma tante Genneviève est déjà entrée au Noviciat, et devient religieuse en février 1947.

Le divorce de mon père devient effectif en 1953. Néanmoins, il envoie son fils chez sa sœur Hélène à Vernoux-en-Vivarais en Ardèche où Bernard grandit tout en chaleur et espièglerie.

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Ma mère avait l’habitude de venir garder les enfants de son frère lorsqu’ils sortaient ou étaient invités. Lorsqu’un jour, mon oncle a réuni ses enfants pour leur annoncer le mariage de ma mère, les enfants savaient que c’était avec le voisin de palier. Mon oncle en a beaucoup voulu à mon père de ne pas l’avoir mis dans la confidence !

Une page se tourne …

Mon père était conscient qu’il lui fallait refonder une famille pour pouvoir reprendre son fils avec lui. Bernard n’avait certainement pas compris qu’il pourrait débarquer, à Boulogne, chez son père marié avec une nouvelle femme à l’âge de 9 ans. Ses copains de l’école, ses cousines si gentilles, son petit village, il a dû le quitter, certainement du jour au lendemain. « Ce fut dur » a toujours dit ma mère, mais elle était contente d’y être arrivée, à apprivoiser ce grand garçon.

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Le 19 mars 1955 *

Il est temps qu’ils se marient car j’étais déjà présente, même si invisible sur la photo !

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Le jour de mon baptême

Puis, viennent ma naissance et même mon baptême. La vie défile simplement.

Puis, viennent ma naissance et même mon baptême. La vie défile simplement.

Les années noires

Puis, viennent ma naissance et même mon baptême. La vie défile simplement.

Et puis, le matin « du 14 novembre 1958, dans la cour de l’usine Avions Marcel Dassault à Argenteuil, à 7 h 50 à 10 mètres de l’entrée, je fus renversé par une automobile (403 Peugeot) propriétaire Monsieur T conduisant lui-même avec une personne à son bord. En exécutant une marche arrière, je fus projeté à terre (côté face) la jambe droite était engagée par la roue droite arrière. Il marque un temps d’arrêt, j’ai voulu crier mais il a repris sa marche arrière et la voiture me passe sur le côté gauche.

Monsieur B. A. fut le premier camarade auprès de moi. Avec d’autres camarades, ils m’ont transporté à la conciergerie de l’usine où une ambulance arrive et me transporta à l’hôpital d’Argenteuil où je fus admis à 8 h 30. »

C’est la première page du cahier de mon père qui décrit jour après jour, heure après heure, son accident, ses séjours à l’hôpital, ses démarches, ses soins, ses inquiétudes et sa greffe à la jambe, qui ont duré deux ans !

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À quel moment, mon père est entré en dépression ? Certainement, au moment où tout fut fini au niveau des soins physiques. Devenu invalide à 80%, mon père n’a plus jamais travaillé. Cette diminution a complètement altéré son humeur devenant paranoïaque. Puis, petit à petit, tout est revenu plus normal !

Au cours de vacances

Nos premières vacances furent pour l’Ardèche, bien que je n’en conserve aucun souvenir. Seulement, un accident de voiture à Tassin-La-Demi-Lune nous a obligés à coucher à l’hôtel, attendre la réparation. Un imprévu dont je me souviens parfaitement !

De nouveau avec La Dauphine, la famille est arrivée au Guillevinec. Mes parents avaient loué un petit deux-pièces au-dessus d’un bar, dans le centre. Il faisait beau, nous étions au mois d’août.

Élie Daniel est décédé le 9 août 1962* au Guilevinec.

Il y a peu de temps, j’ai accepté d’y revenir, retrouvant l’endroit précis, même s’il n’y avait plus de café!

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Pour aller plus loin

Grand-mère Eulalie Élisa

Un divorce

Sources

Blog Lamastre – Histoire d’une ville

Légende

*signifie que les actes d’état civil sont disponibles

Aide à la recherche généalogique

Archives départementales de l’Ardèche

Service Historique des Armées – Archives militaires de Vincennes

Famille Ardéchoise

FILIATION

Un divorce dans les années 50 !

genealogiefamille.com - Famille Agier
Mon père et Odette

L’histoire familiale avait gardé du couple que former mon père, Elie avec Odette Maréchal, ce qu’évidemment, il en avait rapporté. « Sa femme était incapable de s’occuper de son enfant. Aussi, elle ne devait pas en avoir la garde ! »

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En date du 18 septembre 1935

Seulement, l’image d’un père, trop auréolée d’une mort précoce, est endommagée par la lecture des papiers de son divorce. C’est peut-être, en plus du temps, une des raisons pour trouver beaucoup de personnes retraitées en généalogie amateur. Car, accepter de remettre en question les certitudes, héritées des discours de nos parents, plus ou moins éloignés, est une des règles à suivre en généalogie. Il n’y a que l’épreuve des faits rapportés par les archives qui attestent l’histoire. Les souvenirs familiaux permettent de jeter les bases de l’exploration que les archives vont confirmer, infirmer ou juste légèrement décaler.

Le mariage

Né le 13 septembre 1907* à Lamastre, Elie Daniel se marie avec Odette Maréchal le 9 juin 1934 à Annemasse dans le département de Haute-Savoie. Il est domicilié route de Bonneville et se déclare bonnetier. Ni le recensement de 1931 et celui de 1936 ne les trouvent à cette adresse.

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Grenoble 21 juin 1936

La fiche d’électeur de mon père note son domicile, pour les élections de 1938, au 181 rue du Général Galliéni à Boulogne-Billancourt. Ni au recensement de 1936 et celui de 1946 ne les identifie à cette adresse. Par contre, mon père est toujours bonnetier !

Odette Yvonne est née le 27 février 1915 à Nangy, au sud-est d’Annemasse. Son père et sa mère travaillent dans la ferme familiale tenue par son grand-père.

Bernard nait le 15 février 1947 à Paris 15ème. La réception prochaine de son acte de naissance devrait préciser l’adresse des parents.

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Bernard

Le divorce

La conciliation en date du 7 septembre 1951 détermine qu’à la demande d’Elie, Odette est obligée de quitter le domicile « pour faire cesser le trouble » et que la garde est confiée à mon père.

Mon père demande le divorce le 26 septembre 1951. Bernard a 4 ans.

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Bernard – 1er mai 1952

Lors du jugement, il habite déjà au 92 route de Reine à Boulogne Billancourt dans les Hauts-de-Seine. Odette réside à l’hôtel Lutétia, 177rue de Silly, elle aussi, à Boulogne Billancourt.

Puisqu’il demandait le divorce, mon père devait par deux témoins attester ses dires. Charge à Odette de les affaiblir ou de prouver le (les) mensonge (s) pour défendre son point de vue. Élie Daniel reprochait à sa femme de ne pas aimer son enfant et ne pas s’en occuper.

Un premier témoin a déclaré qu’ »Odette embrassait très rarement son enfant et qu’elle ne l’a pas fait lorsque son mari a emmené l’enfant dans l’Ardèche ». Le premier argument a fait souffrir Bernard. Il n’a cessé d’essayer d’inverser l’avis de son père, mais, en vain. Car, à chaque fois, il découvrait que celui qui l’avait privé de la présence de sa mère, avait raison !

Un autre témoin a témoigné avoir observé « Madame Agier en train d’embrasser un certain Jean et de lui faire une scène lorsque celui-ci (le témoin) lui a reproché son comportement ». Alors, là, on tombe dans le sordide ! Franchement, si ce point est un mensonge, on comprend la colère de la dame ! Mais, c’est vrai qu’en 1951, l’adultère était une justification extrêmement valable pour séparer un enfant de sa mère !

L’attitude d’Odette est difficilement compréhensible. Non seulement, elle ne dément pas mais n’apporte aucune justification qui pourrait prouver que mon père exagère, ment, etc… Dans le dossier du divorce, elle est muette et ne s’est même pas présentée au jugement. La honte ? La certitude de ne pouvoir rien en dire ? L’emprise que pouvait exercer son mari sur elle en l’empêchant de s’exprimer ? Que des suppositions !

Un juge avait été nommé. Mais il ne s’engage pas de manière claire et laisse au tribunal le soin de trouver une solution convenable. Il semble qu’à plusieurs reprises, le contact fut établi avec Odette, sauf qu’elle ne s’est pas fait assister. Alors, devant son absence ou son manque de représentation, le tribunal ne peut que juger en faveur de Monsieur Agier dont on souligne que les faits sont comme « une attitude injurieuse pour lui  » !

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Noël 1950

Le grain de sable…

Seulement dans le jugement du 23 février 1953*rendu par défaut, j’apprends l’identité du second témoin. Et, là, celui-ci est certes le « beau-frère » de mon père, habitant dans le même immeuble, mais c’est surtout un marlou, une personne dont ma mère m’a toujours mise en garde. De plus, bien plus tard, et des années après, j’apprendrais que mon père s’était battu avec lui, lui donnant ainsi une « bonne correction ». Du moins, peut-être l’envie de ne plus recommencer. Mais, de quoi ?

Évidemment, ce témoignage n’est absolument par recevable. Le fameux témoin n’est pas garant d’une certaine moralité et, contre de l’argent, a pu complètement l’inventer. Car les mots « fut tellement choqué de l’attitude de cette dernière et lui en fit le reproche » ne correspondent pas du tout à l’attitude générale de la personne.

De plus, et souligné par mon père, il n’y aura pas d’appel possible !

En conclusion

Il aurait été facile à Odette de prouver le faux témoignage. Pourquoi ne l’a-t-elle pas fait ? Qu’a-t-elle raconté à Bernard, lorsqu’il fut en âge de choisir d’aller la voir quand il voulait ?

Odette ne s’est jamais remariée. Peut-être a-t-elle versé globalement une pension alimentaire à mon père. En tout cas, un autre papier atteste d’une somme d ‘argent. Elle n’a pas eu d’autres enfants. Elle s’est consacrée à sa carrière et devint une collaboratrice appréciée. Et, Bernard s’est toujours senti orphelin de cet amour, malgré toute l’attention de ma mère !

Évidemment, la stature du père est écornée. Seulement, arrivée à mon âge, on a appris depuis longtemps que les faits ne sont ni noirs ni blancs et que chacun a sa part de lumière et d’ombre. Mon père ne faisait pas exception…

Mon père et Bernard

Légende

*signifie que les actes d’état civil sont disponibles

Famille ardéchoise

FILIATION

Julie, ma grand-mère maternelle

Une photo, sans nom, avec juste le nom du photographe et la ville, Nancy. Sans certitude, je l’attribue à Julie, ma grand-mère.

genealogiefamille.com - Famille CHAMPENOISE  -

Ma tante la décrivait comme une femme pieuse, aimante et douce. Ma mère me disait qu’elle avait très peu de souvenirs. Mais, elle ne parlait pas beaucoup de cette enfance qui fut marquée pour elle par une santé très fragile et des séjours en préventorium entre une prise en charge en orphelinat de religieuses. Alors, faute de photos, mettons des mots pour faire revivre une grand-mère que j’aurais tellement aimé connaître.

genealogiefamille - Julie Depont -
Cheminon au XIXè siècle – La commune était deux fois plus peuplée qu’actuellement

Julie et Francis sont mes grands-parents maternels. Mais, comment racontait leur histoire lorsqu’il n’y a pas de photos, pas ou très peu de souvenirs. En effet, ma mère est devenue orpheline à 9 ans. Placée en orphelinat chez les religieuses de La Sagesse, certainement sous la protection de Soeur Marie-Anne de Jésus, appelée de son nom civil Marie-Eugénie Le Couédic, grand-tante paternelle de ma mère, elle n’en avait gardé aucun souvenir.

Alors, pour découvrir son cheminement, partons à la recherche d’archives pour les faire correspondre aux quelques souvenirs récoltés dans la famille.

Naissance

Julie Louise Dépont est née le 5 décembre 1898* à Cheminon dans La Marne. Sa mère Marie-Eugénie, de son nom de jeune fille Briolat, est seule à sa naissance. Son père, Paul Jean-Baptiste, est déclaré absent de son domicile. C’est donc une sage-femme qui fait la déclaration. Les deux frères maternels, fendeurs de bois, Julien Alexandre Briolat, 32 ans, et Louis-Ferdinant Briolat, 30 ans, sont les témoins officiels de cet acte.

genealogiefamille - Julie Depont -
Cheminon et son abbaye au XIXè siècle – Agriculture et viticulture (Champagne) sont les ressources du village.

Le fendeur de bois était un artisan spécialisé dans le travail du bois. Ces hommes robustes, dont les mains étaient callousées par le contact répété avec la hache, étaient les artisans de la transformation du bois, une ressource indispensable pour leur vie quotidienne. Son savoir-faire était transmis de génération en génération.
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Julie Depont
Fendeur du XVIIIè siècle

Ce n’est pas la première enfant de Marie-Eugénie. Une fille, Marie-Thérèse, était née un an et demi plutôt, soit le 20 avril 1897, toujours à Cheminon. Et, Paul Jean-Baptiste, le père, 26 ans, manœuvrier, étaient accompagnés des deux frères de Marie-Eugénie, pour déclarer lui-même l’enfant.

Que s’est-il passé pour que Marie-Eugénie se retrouve seule avec ses enfants ? Et, Paul Jean-Baptiste est-il le père de Julie ?

En tout cas, Marie-Eugénie et ses filles habitent au 107 rue Haute, sur la grande rue qui traverse entièrement le village.

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Julie Depont
Rue Haute – 1910 – 1914

Son enfance

Le recensement de 1901 retrouve Julie et sa sœur Marie-Thérèse habitant toujours avec leur mère rue Haute. Aucune trace de Paul Jean-Baptiste. On ne sait même pas quand et où, il est mort.

Une de mes cousines raconte qu’à la suite de la découverte de sa maladie des jambes (attestée par sa fiche militaire de 1894, l’empêchant de faire l’armée), Paul Jean-Baptiste ne pouvait plus travailler, lui qui était déclaré manouvrier, domestique de culture. Alors, Marie-Eugènie, femme réputée « méchante », l’aurait chassé de sa maison !

En tout cas, au recensement de 1911, les femmes ont déménagé. Elles habitent au numéro 4 du quartier de La Forge à Sermaize-les-Bains en compagnie de Lallement Auguste, chef de famille, Marie-Eugènie est déclarée pudiquement « son amie ». De plus, Auguste, frère de Marie-Thérèse et de Julie, est né en 1903.

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Julie Depont
La raffinerie de juste avant qu’elle ne ferme dans les années 90

Avec l’ouverture du canal et de la ligne de chemins de fer Strasbourg-Paris vers 1850, la première sucrerie de Champagne s’installe à Sermaizes-les-Bains. De mi-septembre à mi-janvier, 500 ouvriers y travaillaient. Mais seulement, 80 le reste de l’année.

Marie-Thérèse, âgée de 14 ans, est déclarée déjà travaillée à la Raffinerie comme son « beau-père ». Heureusement, Julie, ma grand-mère, âgée de 12 ans, ne travaille pas encore. Néanmoins, sur la page du registre, est mentionnée une autre personne : Dépont Férige Louis, né en 1907, fils. Des recherches sont en cours !

Son mariage

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 Julie Dépont
Avenue de la gare

Francis et Julie se marient au début du printemps de 1920, le 29 avril précisément, à Chalons sur Marne, devenu depuis 1997, Chalons-en-Champagne.

Le père de Francis, Yves Le Maguet, est déclaré receveur buraliste à Sixt en Ile et Vilaine. Il était donc préposé de la régie, chargé de recevoir les déclarations des redevables et de percevoir les droits. Marie Eugénie, de son nom de jeune fille Le Couédic, est aussi signalée. Seulement, ils n’ont pas fait le voyage pour assister au mariage de leur fils.

Un juge de paix a confié au notaire l’attestation de l’absence de Paul, le père de Julie. Marie Eugénie, sa mère, est déclarée présente et consentante.

hôtel d'Angleterre, 1 rue Prieur de la Marne.
Place de la République – Chalons en Champagne

Leurs deux témoins ont leur importance. Le second est le « beau-père » de Julie, Auguste Lallement. Le premier s’appelle Lallement aussi, mais Victor Jules Alexandre. Il est déclaré hôtelier à Chalon.

Et, voilà, le lien qui relie, en plus de leur amour, Francis et Julie. Francis exerce la profession de cuisinier et Julie, d’employée d’hôtel. Ils doivent travailler tous les deux à l’hôtel d’Angleterre situé, tout près de la cathédrale. Car, au recensement de 1931, Victor est bien déclaré Hôtelier Patron de l’hôtel d’Angleterre, 1 rue Prieur de la Marne.

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 Julie Dépont

En poussant les recherches, au recensement de 1911, Victor est déclaré chef hôtelier patron avec sa femme au 16 rue de Vitry à Sermaize-Les-Bains. Y sont déclarés vivant à la même adresse un apprenti, une bonne et un cocher. Il semble qu’il soit arrivé à Sermaize en 1907, comme le confirme sa fiche militaire. Pour rappel, Julie a 12 ans en 1911. Au moment d’entrée dans la vie active, on peut penser que Julie a fait ses premières armes dans cet hôtel. Seulement, à Chalons, Julie n’est ni bonne, ni cuisinière, mais employée d’hôtel…Que fait une employée d’hôtel ?

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 Julie Dépont
L’hôtel avant sa rénovation, car table réputée actuellement

Pour la petite histoire, lors de la seconde guerre mondiale, Victor, en tant que lieutenant d’infanterie, s’illustrera pour sa bravoure et son sang-froid et recevra la Croix de guerre. Il est décédé dans son Grand hôtel d’Angleterre en 1965. Sa fiche militaire précise aussi qu’il a reçu une formation de cuisinier pâtissier.

Hyacinthe, leur seul fils

Mon oncle porte les prénoms de personnes d’importance pour le jeune couple : Hyacinthe comme le frère aîné de Francis et Auguste, comme le beau-père de Julie. Il est né le 15 août 1921 à Lille. Francis est toujours cuisinier et Julie, employée d’hôtel. Ils habitent au 13 rue Masséna. Mon cousin m’a confié que son père avait failli naître à Alger. Car, Francis et Julie semblaient être employés sur un grand bateau de croisière, peut-être Le Normandie.

Seulement, le Normandie fut mis en service en 1933 à Saint-Nazaire. Donc, les souvenirs de famille ne sont pas tout à fait justes. Il ne s’agit pas d’un transatlantique, puisqu’on parle de l’Algérie. Alors, peut-être un bateau de croisière en Méditerranée. Malgré la liste importante de paquebots que propose Wikipédia , difficile d’identifier celui qui aurait pu accueillir le jeune couple, même en se limitant à ceux commençant par N.

Maintenant, peut-être qu’il s’agissait de la liaison entre Marseille et le Maghreb. En 1912, fut créée la liaison Marseille – Alger par la Compagnie générale transatlantique à bord du paquebot Lamoricière.

Moins prestigieux que Le Normandie, mais quand même ! C’est vrai que la rumeur familiale a toujours reconnu à Francis qu’il était un grand cuisinier. Car, lorsque la famille habitera Paris, ma tante racontait qu’elle se rappelait le visiter dans ses cuisines d’un grand restaurant !

Geneviève, ma tante,

À la naissance de Geneviève, le 29 mars 1927* à Sermaize, Julie a arrêté de travailler. Ils sont domiciliés à Cheminon au lieu-dit la Villa des platanes. C’est la sage-femme qui déclare l’enfant car Francis est absent. Geneviève ne portera que deux prénoms, Françoise, qu’elle reprendra avec son nom de religieuse, Soeur Françoise de Saint-Vit.

Les souvenirs de la famille stipulent que Francis aurait essayé de monter sa propre affaire, certainement avec la somme héritée de son côté, complété de celle de sa sœur, Caroline. Seulement, il n’a pas réussi, vraiment. Aucune autre précision, pour l’instant.

La rue de la villa des platanes, qui a bénéficié d’un revêtement dans les années 2000, représentait pour ma tante un endroit de grande inquiétude, où la vie y avait dû être difficile. Ma mère ne conservait, paradoxalement, aucun souvenir !

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 Julie Dépont
Rue de la Villa des Platanes – Sermaizes- Les-Bains

Françoise, ma mère

Le couple était ensemble à la naissance de ma mère, toujours à Sermaize, rue de la villa des platanes, le 22 avril 1928*. Leur domicile indiquait pourtant être quai des Bons Enfants à Epinal. Dans l’attente de savoir où habitait la famille de Marie Eugénie et Auguste, sa mère et son beau-père, (recensements non numérisés), j’émets l’hypothèse qu’ils habitaient rue de la villa des platanes. Ainsi, Julie, pour ses deux derniers accouchements, s’est rapprochée de sa mère, qui décédera un an plus tard, à Cheminon.

Le prénom est certainement une façon d’inscrire ma mère dans l’ascendance Dépont, puisque son prénom reprend celui du grand-père de Julie, né aussi un 22 avril. D’ailleurs, ma mère porte comme deuxième prénom celui de la demi-sœur de Julie, Reine.

Son décès

À Paris, Francis et Julie vivent au 22 boulevard de la Gare dans le treizième arrondissement de Paris. Julie était concierge.

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Julie Dépont
22 Bd de la gare- Paris 13ème

Mais, la maladie, cancer du sein, va la rattraper. Elle décède le 20 février 1935* à l’hôpital Broussé de Villejuif.

genealogiefamille.com - Famille CHAMPENOISE  -

Légende

*Acte état civil archivé

Famille champenoise

Filiation

Salem Léon

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Brève biographie

Naissance – Salonique, Nomós Thessaloníkis, Macédoine, GRÈCE

De Jacob et Nehama Esther

Étude à l’Alliance israélite française de Salonique.

Arrivée en France – Venant de Manchester, âgé de 28 ans.

Commissaire en marchandises, principalement de luxe et en parfumerie.

Vie avec sa future femme au 80 rue Rambutteau à Paris 1er jusqu’en 1914

Recensement par la Préfecture de police. Domicile au 19 rue Notre-Dame de Nazareth à Paris 3ème.

Domicile au 120 rue de Turenne à Paris 3ème.

La Préfecture de police de Paris lui refuse un voyage à Clermont-Ferrand de 8 jours, à but commercial.

Léon est porteur d’une carte d’identité n° 995379 émise ce jour. Il exerce la profession de commissaire en marchandise et gagne 24 000 Francs/an.

Domicile au 55 rue des Petites Ecuries – Paris 10ème – Loyer annuel 4400 Frs

Mariage avec Marie Louise BOBART- Née à Liège – Paris Xe, Seine, France. Sa femme possède d’un récépissé de demande de carte d‘identité délivré le 6 juin 1917. Elle est déclarée s’occuper des soins du ménage.

Accord de la Préfecture de police pour que Léon et sa femme puissent se rendre à Manchester (Angleterre) rencontrer des membres de la famille réfugiée. Léon et sa femme habitent alors au 55 rue des Petites Ecuries. Les parents de sa femme habitent au 27, Zellington street – Bradford à Manchester.

Le père de Léon est enterré à Salonique. Léon obtient l’autorisation de s’y rendre pour y assister. Il y restera un mois. Autorisation accordée par la Préfecture de police.

Divorce prononcé à la Mairie du 10e arrondissement – Tribunal de la Seine – en défaveur du mari.

(Date à vérifier ou 1932)

Publicité parue dans Le Guide SAM : pour l’expansion économique française pour le Levant sur l’entreprise de Léon.

La fille de l’eau de Jean Renoir. Lionel joue un marinier.

L’heureuse mort de Serge Nadejdine où il joue le secrétaire de théâtre.

L’abbé Constantin de Julien Duvivier

Madame Saint-Gêne de Léonce Perret

Recensement de 1926 : Léon vit seul au 55 rue des Petites Ecuries – Paris 10 ème – Quartier Porte de Saint-Denis –

Travail dans l’art cinématographique. Néanmoins, il occupe le poste de chef de publicité à la maison Tourisme – Industrie au 6 boulevard d’Aurelle de Paladines à Neuilly-sur-Seine.

Diplôme d’honneur pour service rendu à la mutualité par la Socièté Nationale d’Encouragement à la Mutualité.

La flamme de René Hervil où il joue l’ami d’Hugues Sedley

L’Agonie de Jérusalem de Julien Duviver où il joue Jésus.

Article paru dans L’Information financière, économique et politique du 14 juin 1926 sur L’Agonie de Jérusalem de Julien Duvivier et éloge de l’interprétation de Léon.

Simone d’Emile-Bernard Donation où il joue le notaire.

Titi 1er roi des gosses de René Leprince où il joue le roi Ivan VII

Article dans Paris Midi sur L’Agonie de Jérusalem de Julien Duvivier et éloge de l’interprétation de Léon.

Article dans L’Intransigeant sur la composition des acteurs dont Léon en Jésus.

Article dans Le Républicain de Belfort sur L’Agonie de Jérusalem de Julien Duvivier et éloge de l’interprétation de Léon.

Article dans Le Guide Sam : pour l’expansion économique française dans le Levant sur les juifs orientaux dont Léon Salem. Article repris dans L’Est Républicain paru le 17 mars 1927.

Article dans Le Guide Sam : pour l’expansion économique française dans le Levant recensant les noms et adresses des Salem, dont Léon. Article repris par L’Univers Israélite paru le 7 janvier 1927.

Vente du fonds de commerce de Lingerie, Tissus et Confections situé aux 94 Bd des Batignoles, certainement, à des membres de la famille Salem (Lévy, Jacques et Albert). Léon se fait appeler Grottas. Source Le Courrier. Journal quotidien, Feuille officielle d’annonces légales et judiciaires du 22 mai 1927.

Le Martyre de Sainte-Maxence d’Emile-Bernard Donatien où il joue Hugues Valens

Le P’tit Parigot de Réné Le Somptier en 6 épisodes où il joue Napoléon III

Gros…sur le cœur de Pierre Weill

Article paru dans Mémorial de La Loire et de La Haute-Loire sur le film l’Agonie de Jérusalem de Julien Duvivier avec éloge de l’interprétation de Léon.

Chacun porte sa croix de Jean Choux où il joue Jésus

La vie miraculeuse de Thérèse Martin de Julien Duvivier où il joue Louis Martin

Article de Jean-Charles Reynaud intitulé Lionel Salem, paru dans le Guide Sam de l’année.

L’âge d’or de Luis Bunuel où il joue le Duc de Blangis

Montparnasse de George Burton

Article paru dans Le Petit Dauphinois, le grand quotidien des Alpes françaises présentant le film de Julien Duvivier, L’Agonie de Jérusalem.

Licenciement : faillite de l’entreprise Tourisme Industrie.

Inscription à la mairie du 10ème arrondissement au service du chômage.

Radiation des listes du chômage par la commission paritaire locale à partir d’un signalement pour versement d’allocations indues.

Carte d’Identité n° 327503 délivrée par la Préfecture de Police.

Décès de sa mère au 10 rue Saulnier à Paris 9ème à l’âge de 84 ans.

Recensement : domicile toujours au 55 rue des petites écuries. Il se fait appeler Lionel, artiste de cinéma. Erreur ou volonté de rajeunissement sa date de naissance est fausse (1889). Il vit avec Schneider Sarah qui est identifiée comme parente. Pourtant, la même année, Sarah vit avec ses parents, Isaac et Dora émigré russe, son frère Benjamin (né en 1909 à Paris) et sa sœur Marion (née en 1913 à Paris) au 55 rue des Poissonniers à Paris 18ème, quartier Clignancourt. Sarah, alors âgée de 21 ans, travaille comme dactylo, le nom de son employeur est illisible. Marion est employée à « Bourse publicité ». Leur vie commune devait être récente.

Refus de séjour au titre de renouvellement tardif de carte d’identité et non paiement des indemnités encourues.

Demande de refoulement. Après démarches de la Ligue des Droits de l’Homme auprès du Ministre de l’Intérieur autorise en date du 00 mars dernier à résider en France jusqu’au 31 mai 1933.

Annulation de la demande de refoulement par production d’un certificat de travail visé favorablement par le Service de Main-d’œuvre étrangère.

Carte d’identité avec la profession de secrétaire traducteur « chez M. Le Perrin, Député de la Nièvre, pour un salaire de 1000 francs mensuels ». Source la Sureté national.

Sauf-conduit, aller et retour, d’une durée de 3 mois, obtenu pour l’Italie.

Golgotha de Julien Duvivier

Un article de L’intransigeant du 11 janvier signale que Lionel Salem est pressenti pour jouer dans le film Jésus de Nazareth en deux versions (italienne et française). Film qui ne sera pas réalisé.

Recensement *: Même domicile – Son prénom, toujours Lionel, avec la bonne année de naissance. Maria Lacour, née en 1904 en Saône-et-Loire, vit avec lui, comme « amie ». Elle est chef de service commercial. Au recensement de 1931, Maria habite au 30 rue de la Croix de Nivert Paris 15ème Quartier Grenelle. Elle travaille comme comptable aux Galeries Lafayettes. Elle est dénommée « amie » des sœurs Pauvert qui vivent avec elle;

Il y a Joséphine née le 06 avril 1887* à Nantes, infirmière ex-modiste, et Clémence née le 29 mai 1888* à Nantes, alors couturière chez Weil à Paris.

Au recensement de 1906, à Nantes, Anna Marie Victorine Brisseau épouse Pauvert, née en 1851, vit avec sa famille au 39 rue du Bel-Air, à Nantes, avec ses enfants Germaine, Marie, Josephe (dite Joséphine), toutes deux modistes, Clémence, tailleuse, et Joseph, né en 1892, tapissier.

Maria a eu un fils de « père confidentiel », Pierre, né entre 1930 et 1932, sans autre précision. Pierre est décédé entre 2005 et 2007. Il n’a ni le nom Salem ni celui de Latour. Le « mariage » de Maria est toujours dit confidentiel.

Thérèse Martin de Maurice de Canonge

L’enfer des anges de Christian-Jacques où il joue le Rouquin.

Lois portant statut des juifs

Publication au Journal Officiel de la liste des dignitaires et des officiers de la Franc-Maçonnerie au Journal officiel. Léon est membre de la Grande Loge de France (loge Thebah).

Domicile au 23 rue Jansen dans le 19ème. Il se dit traducteur.

Port obligatoire de l’étoile jaune en France

Le convoi 38 l’emmène à Auschwitz où il sera gazé à son arrivée.

Décembre 1988

Reconnu par Arrêté portant mention « Mort en déportation » au Journal Officiel

Mémorial de la Shoah

Mur des noms à Paris, Dalle n°94 – Colonne n°32- rangée 1

Légende

XXXXXXXXX : Film avec Léon comme acteur.

XXXXXXXXX : Recensement officiel

XXXXXXXXX : Informations provenant des différents dossiers retrouvés aux Archives nationales.

  • Acte d’état civil

Source

Archives nationales – Pierrefite

  • Sûreté générale – Police Nationale
  • Surveillance des étrangers

Cercle de Généalogie juive

Généanet

Filae

Famille de Salonique

FILIATION

À la Une

Carrière militaire d’Honoré

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Pourquoi Honoré s’est retrouvé dans La Coloniale ?

La volonté de faire carrière, peut-être, et/ou celle de changer de conditions, de voir du pays…difficile de le savoir précisément.

Mais, l’ancien nom de ce régiment était le régiment de la Manche basé dès 1900 à Cherbourg. (Wikimanche) . Cela explique le choix de son arme.

En tout cas, Honoré s’y plaît ! Car dès octobre 1915, il devient caporal et même caporal fourrier en janvier 1916.

Insigne du 1er régiment d’infanterie de la Coloniale

Gallica conserve le récit du Lieutenant Colonel Barbassat du 1er Régiment d’Infanterie Coloniale de 1914 à 1919 qui signale qu’à la mobilisation « L’esprit de la Troupe était merveilleusement enjoué ; nos soldats venaient de traverser la ville au milieu des acclamations de la foule qui leur jetait des fleurs et entonnait avec eux La Marseillaise« . De quoi partir la fleur à fusil…

Seulement plus tard, il ajoute : »L’ennemi est trop supérieur en nombre. Nos unités sont écharpées à mesure qu’elles se présentent. » Le reste est connu !

En sa qualité de caporal fourrier, Honoré s’occupe de la « Fourre », qui désigne un local de rangement pour « divers matériels collectifs utilisés généralement pour la vie en campagne ou pour des activités spéciales » dixit Wikipédia. Il pourvoit au logement des soldats et se charge de répartir les vivres entre les escouades, par exemple. Est-ce à cette occasion qu’il développe des aptitudes comptables ? Car, le personnel de la spécialité de fourrier est l’équivalent d’un comptable civil. Certainement !

Pour rappel, Guillaume Apolinaire était aussi fourrier mais au grade de brigadier.

Puis, Honoré rentre au dépôt du 1er RI le 27 avril 1918.

Honoré a échappé à la mort mais certainement pas aux cauchemars. Nombreux seront les soldats qui garderont le traumatisme des violences subies et surtout celles commises par soi-même ou par les compagnons.

Pourtant, pas question pour lui de revenir vivre à Servon et reprendre le métier des champs. Il reste donc dans l’armée et lorsque le régiment est envoyé à Beyrouth, Honoré y débarque le 30 avril 1919 certainement après une quinzaine de jours de voyage en bateau.

Beyrouth, place de l’église et caserne. Liban – 1920

« Le jeudi nous aperçûmes les côtes de l’île de Chypre et, le vendredi matin, nous entrâmes dans le beau port de Beyrouth. Là, des barques de toutes les directions vinrent chargées de denrées de toutes sortes, oranges, raisins, cigarettes, etc. qui ne sont pas chers:
–    Oranges: 8 pour 1 franc.
–    Cigarettes : 3 paquets pour 1 franc.
Par contre, le pain est cher et c’est du pain de riz.
Nous logeons dans des marabouts au-dessus de la ville où nous apercevons quelques montagnes de la cime du Liban, dont quelques-unes sont couvertes de neige. C’est curieux car il fait très chaud » .
Témoignages par correspondance

Car l’expansion coloniale de la France s’est faite au lendemain de la Grande guerre par, notamment, le partage de l’Orient arabe avec l’Empire britannique. La France récupère la Syrie et le Liban le 28 avril 1920 qu’elle gère comme un protectorat de 1925 à 1930.

Uniforme du régiment colonial

Fringuant, Honoré devait l’être. Lui qui quelques années plus tard, sera bedonnant mais posant son bras replié à l’arrière avec son pantalon clair, ses bretelles et chemise blanche, droit, derrière « ses » femmes, sur une plage alors qu’elles, sa femme et sa fille, sont en maillots de bain !

Beyrouth, le 1er juin 1920
«Mon cher commandant,
Cette image ne va pas vous convaincre sur le luxe des chemins de fer syriens – ici on se contente de peu. Je suis heureux de vous annoncer le succès de nos troupes en Cilicie, 1500 prisonniers, des canons et de nombreux matériels sont tombés entre nos mains. J’ignore à quelle date la guerre va cesser au Levant. Nous avons toujours besoin d’avions et de beaucoup de matériel. Vous ne nous oublierez pas. Mes hommages à Madame Bruncher et à vous mes sentiments les plus respectueux.
Max B.».
Note historique: la campagne de Cilicie dura de mai 1920 à octobre 1921 et opposa l’Armée du Levant alliée à la Légion arménienne aux forces turques de la Grande assemblée nationale de Turquie.
Témoignages par correspondance

Nommé Sergent Major le 16 août 1919, il signe son réengagement quatre jours plus tard. Après Beyrouth, on l’envoie au Maroc et entre-temps, il passe au 2ème RI.

C’est en décembre 1921 qu’il passe au 2ème régiment des Tirailleurs Sénégalais.

Les pertes effroyables subies lors de la première guerre mondiale (1 355 000 morts et 3 595 000 blessés) font que tout réengagé est le bienvenu. Alors lorsqu’Honoré se réengage, il le fait pour 4 ans 1 mois et 17 jours.

Lors de la Guerre du Rif (1924-1927), le 24e, en tout ou partie, participe avec d’autres formations coloniales ou métropolitaines, aux opérations de pacification du Maroc (Afrique française du Nord), avant de retourner définitivement dans sa garnison d’origine. Il s’illustre à Bab-Taza, M’sila, El Hadar, et Fès el Bali, décrochant une nouvelle inscription au drapeau « Maroc 1925 ». Les inscriptions étant limitées à huit, cette neuvième inscription viendra compléter celle déjà existante « Maroc 1908-1913 ».Wikipédia

Au total, la guerre du Rif a coûté la vie à plus de dix-neuf mille soldats espagnols, presque autant de Berbères et environ douze mille Français. Après Verdun, Pétain s’illustre en imposant par la force la présence coloniale aux troupes d’Abd el-Krim en quelques mois.

Insigne des tirailleurs sénégalais

Par décision ministérielle du 30 juin 1924, Honoré devient adjudant. Il aide son officier à commander une compagnie notamment dans l’application des règles militaires. Honoré continue sa progression de carrière et passe adjudant-chef le 31 juillet 1926 puis entre au 24ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais.

Vers 1915-1916

À partir de 1926, les régiments des tirailleurs sénégalais sont incorporés. « C’est ainsi que Perpignan récupère un régiment colonial, le 24e régiment de tirailleurs sénégalais, régiment qui malgré sa nouvelle appellation et sa composition, hérite des traditions et du drapeau aux huit inscriptions de son prédécesseur. La plus grande partie de l’effectif hommes de troupe est désormais constituée par des soldats Africains, communément appelés « Tirailleurs sénégalais » ou soldats indigènes, tous originaires des diverses colonies de l’Afrique Occidentale Française (AOF). Les soldats « européens », en petit nombre, tiennent les emplois de spécialistes (transmissions, servant d’engins, secrétaires) et sont destinés, en principe, aux pelotons d’élèves gradés, caporaux et sergents. »Wikipédia

Honoré demande sa mise à la retraite au 3 août 1928 en étant admis dans le corps des sous-officiers.

Il a 37 ans, a vécu une vie de caserne et de guerre sans femme et enfants déclarés. Comment envisage-t-il son retour à la vie civile. Certes, il doit aussi être fatigué de vivre une vie de troupe mais, il n’a connu que ça. Pris en charge du matin au soir, est-il capable de revenir à une vie de routine de respect des convenances bourgeoises, de rentrer dans le rang de ne plus ressentir l’adrénaline de la peur et devenir un mari et un père attentionné, sans problème !

Citations

Ceci est extrait de son dossier de combattant :

Ordre du régiment d’Infanterie coloniale – N° 694

« Très bon sous-officier énergique et brave, au front depuis le 14 septembre 1914, a combattu avec entrain et dévouement en Argonne et champagne.

S’est signalé par son calme au feu et son allant continue à se montrer bon gradé. »

Maroc – Ordre général N° 25 de la 2ème DMM -Ordre de la brigade :

« Au cours de l’attaque du 18 septembre 1925 sur Bab Caza CR 639, a assuré sous un feu violent les liaisons avec les compagnies puis avec le commandant de la position. A fait preuve de calme et de sang-froid. « 

Décorations obtenues

Croix de guerre 1914-1918 Française pour conduite exceptionnelle au cours de la Première Guerre mondiale.
Médaille commémorative de Syrie-Cilicie décernée pour appartenance à l’armée du Levant (entre le 11 novembre 1918 et le 20 octobre 1921)
Médaille interalliée 1914-1918 décernée pour participation à la Grande guerre
Médaille coloniale avec agrafe « Maroc » décernée pour services militaires dans les colonies, résultant de la participation à des opérations de guerre, dans une colonie ou un pays de protectorat.
Médaille coloniale avec agrafe « Maroc » décernée pour services militaires dans les colonies, résultant de la participation à des opérations de guerre, dans une colonie ou un pays de protectorat.

Blessure

Aucune

Pension militaire proportionnelle

En juillet 1929, Honoré obtient sa pension.

De retour à la vie civile, Honoré trouve l’emploi d’aide comptable aux usines Renault de Billancourt. Il sera fier d’obtenir la médaille d’honneur du travail en argent pour trente années d’emploi.

Source

Gallica – Récit du Lieutenant Colonel Barbassat

Wikimanche

Beyrouth des années 20. Des correspondances témoignent

24ème Régiment d’infanterie coloniale – Wikipédia

24e régiment de tirailleurs sénégalais – Wikipédia

Archive Météo

Famille D

FILIATION

Portrait d’un enfant oublié

Ou le garçon à côté de Suzanne…

Longtemps la famille s’est interrogée sur l’enfant photographié à côté de Suzanne. Elle, elle est bien reconnaissable du haut de sa première année, avec ses pommettes bien joufflues !

L’autre enfant ne lui ressemble pas. Autant les yeux de Suzanne sont petits et en amandes, autant ceux de ce garçon sont ronds et bien ouverts. De plus, une des oreilles semble décollée.

D’où vient-il ? Est-ce un cousin ou un enfant d’ami (e) ? Pourtant, cette photo, habituellement, se pratique pour une fratrie. Il ne pouvait s’agir d’André, décédé accidentellement le 5 septembre 1929. (voir Frieda D. amoureuse ) à l’âge de deux ans.

Le mystère est resté entier, jusqu’au moment où une généalogiste (voir À la recherche de la famille) est venue confirmer ce que Frieda a toujours affirmé. Elle avait eu un second garçon en plus de sa fille, Suzanne !

Honoré André

Le 16 octobre 1930, Honoré André naît à l’hôpital Trousseau de sa mère Frieda, domestique, habitant au 16 Boulevard Carnot. C’est une personne qui a assisté à l’accouchement qui fait la déclaration. Il porte le nom de sa mère, Dick.

Déjà un an qu’André est décédé et tant de choses se sont passées pour Frieda. De son couple avec Jacob, il ne reste plus rien. Est-il parti, culpabilisé de s’être endormi et de n’avoir pas suffisamment protégé André ? Est-ce que c’est elle qui ne pouvait plus supporter la présence du père, maintenant que son enfant n’est plus ! Impossible de le savoir ! En tout cas, en 1931, Jacob est encore à Longlaville en Meurthe-et-Moselle, le recensement l’atteste. Alors que Frieda est déjà à Paris dès octobre 1929, date de sa nouvelle demande sur son passeport.

En tout cas, si Honoré André naît en octobre 1930, il a été conçu vers janvier 1930, soit quatre mois après le décès d’André.

Frieda est-elle déjà à Paris ? Que fait-elle ? Où est-elle hébergée, elle qui ne connaît personne dans cette ville ? Il est probable qu’après l’accident d’André, Frieda est appelée à l’aide quelqu’un de confiance. A-t-elle repris contact avec sa mère, Elisabeth Dick, vivant en Suisse ? Peut-être ! En tout cas, si celle-ci lui a recommandé de revenir à Grossalffoltern, Frieda n’a pas voulu.

On peut imaginer qu’en arrivant à Paris, en octobre 1929, Frieda est désespérée d’avoir perdu son enfant, s’est séparée de sa petite Suzanne, ici ou à Nancy, et aussi de son père. Elle cherche udu travail. Elle semble avoir toujours été serveuse ou domestique.

Avec Honoré, se sont-ils connus dans le café où elle travaillait ou à la sortie de l’église comme le dit la rumeur familiale ? En tout cas, ils ont décidé de vivre ensemble, de reprendre la petite Suzanne, et peut-être…Mais, là, c’est une autre histoire !

Toujours est-il que quelqu’un lui avait suggéré de se trouver un homme sérieux qui saurait la protéger et l’aider à élever sa fille. Mais, où trouver un homme bien sous tout rapport ? À l’église, bien sûr ! Rien n’indique dans la famille si Frieda était catholique, mais elle a dû fréquenter un peu activement les services de l’église pour faire la connaissance de son futur mari.

Enfin, un foyer stable !

Honoré François Martin Gauchet a 40 ans en 1931. Il a enterré sa mère l’année précédente. Incorporé à 25 ans dans l’armée, il a demandé sa retraite en 1928. Il a trouvé une place d’aide-comptable aux usines Renauls de Billancourt. En tout cas lorsqu’Honoré André naît, il le reconnaîtra presque un mois après sa naissance.

On peut justement se demander pourquoi cet homme, qui aimait l’ordre et la règle, n’a pas lui-même enregistré la naissance d’Honoré André, comme n’importe quel père !

La recherche d’un homme bien effectuée par Frieda a enfin porté ses fruits ! En fréquentant assidûment l’église, elle, qui avait trouvé un emploi de domestique dans le quartier, a réussi à faire la connaissance de cet homme, bien sous tout rapport. Elle a 25 ans. Fringante et pas timide, l’approche a dû être longue, de dimanches en dimanches. On peut imaginer qu’il a fallu que Frieda apprivoise le vieux garçon pour le convaincre de prendre de femme.

Vers janvier 1930, Frieda a-t-elle fait une mauvaise rencontre ou s’est-elle laissée aller un peu en se laissant séduire par un bel homme. Là encore, impossible de le savoir ! En tout cas, elle se retrouve de nouveau enceinte. Elle ne songe pas à demander de l’aide à une faiseuse d’anges. Alors, il devient urgent de trouver quelqu’un. Il est probable que le rapprochement avec Honoré s’est effectué au moment où Frieda a su qu’elle était enceinte !

En tout cas Honoré André naît*. Il a porté le nom Dick pendant presque un mois comme André, le premier.

En 1931, le recensement indique qu’Honoré habitent au 16 Boulevard Carnot dans le 11ème*, Frieda est « son amie », Suzanne est déclarée fille adoptive et Honoré André est bien nommé fils.

16 rue d’Artois – Paris 11è

Mais, de nouveau…

La joie familiale fut de courte durée. Le 25 mai 1932 à 20h30, Honoré André décède à l’hôpital Trousseau.

Que sait-il passer ? Comment Honoré André est mort ? Comment supporter la mort d’un second enfant, qui plus est presque encore un bébé ? Il aurait eu deux ans, six mois plus tard, l’âge du décès d’André. Cette douleur a dû faire une déflagration énorme et réveiller la souffrance du deuil d’André.

Possible que Frieda est vécue une période dépressive et qu’Honoré a été très présent pour Suzanne.

Pour en savoir plus…

Pour connaître les raisons de ce décès, direction les archives de l’AP-HP.

Elles se situent à l’hôpital Bicètre, un vrai dédale sans bonne signalétique. Il faut arpenter, demander, mais comme personne ne connaît, on tourne et retourne autour, sans vraiment les trouver. Avec patience, on découvre un pavillon agréable.

En retrouvant le certificat de décès de l’hôpital Trousseau, on apprend qu’Honoré André est entré à l’hôpital le 14 avril 1932* pour un « Broncho-Eczéma ». Il y est décédé dans la soirée du 25 mai.

Utile pour les recherches généalogiques

  • Si un de vos ancêtres est personnel de santé (médecin, dentiste, infirmière, etc) de 1922 à 1975, les Archives nationales conservent leurs dossiers sous les cotes 19810033/1-19810033/214

Le contenu est détaillé ici ou encore dans la salle des inventaires virtuelle aux Archives nationales.

Légende

*Actes d’état civil archivés.

FAMILLE SUISSE

FILIATION

Honoré François Martin Gauchet

Honoré François Martin Gauchet est né le 10 novembre 1891*. Ses parents, Aubert et Victoire, sont cultivateurs domestiques au village des Parchet, rattaché à la commune de Servon dans la Manche.

Cadastre napoléonien

C’est à deux pas du Mont-Saint-Michel et actuellement, il n’y a plus que 208 habitants, comptés en 2020 ! Lorsqu’Honoré est né, ils étaient beaucoup plus nombreux : 508 :).

L’église fut donnée à l’abbaye du Mont-Saint-Michel, en 1239. Mais, sur la carte postale, le Grand manoir est mis en avant ! Depuis peu aux monuments historiques, cette maison accueillait les prêtres réfractaires et même les nobles après la Révolution.

Sa fratrie

Pour en revenir à la famille d’Honoré, il avait deux sœurs:

  • Marie Victoire Pauline, née un an plus tard, soit le 8 décembre 1892* toujours à Servon. Elle est décédée à l’âge de 79 ans, pas trop loin, à Avranches, le 9 février 1972*. Elle se serait mariée deux fois, sans que je n’aie retrouvé encore les actes officiels.
  • Victorine Agathe Honorine Eugénie, née le 5 février 1895*, toujours à Servon. Elle est décédée au Kremlin Bicêtre dans le Val de Marne le 17 octobre 1978*. Elle s’est mariée avec François Rimbert. Pour l’instant, aucun acte officiel retrouvé. Victorine était témoin au mariage d’Honoré et de Frieda en 1933.
  • François Engène Auguste Rimbert est né à Lotif dans la Manche le 8 novembre 1896. Il fut fait Officier de la Légion d’Honneur. Il décéda au Kremlin Bicêtre le 10 novembre 1975. Au moment de sa mort, il habitait à Bourg- La-Reine au 46 avenue Hoffmann. Il était receveur buraliste à Almenèches (Orne). Après ses blessures de guerre (plusieurs trépanations), il est irritable et excentrique. (Dossier Légion d’honneur)

Ses parents

Le père d’Honoré, Aubert Honoré, est né à Macey dans la Manche. Il est baptisé le 20 mai 1864. Il se marie avec Victoire Lesenechal le 20 octobre 1890 à Servon. Il est déclaré cultivateur domestique à Céaux à 5 km de Servon. A noter que sur l’acte de baptême, c’est bien Aubert Honoré qui est noté et non Honoré Aubert !

Je n’ai pas encore retrouvé l’acte de décès du père d’Honoré. Sa mère est décédée à Céaux, le 2 décembre 1930.

Est-ce que Frida l’a connue ou était-elle déjà morte lorsqu’elle a rencontré Honoré ? Si on laissait aller l’imagination, on pourrait penser qu’en fréquentant, un même lieu qu’Honoré, est-ce l’église ou est-ce ailleurs, Frida aurait compris la tristesse d’Honoré et l’aurait consolé. Mais, ce n’est que de la fiction !

En tout cas, un article du journal d’Avrancche du 24 septembre 1910 m’a alertée:

En sachant qu’Honoré fut incorporé comme jeune soldat au 1er régiment d’Infanterie coloniale à compter du 9 octobre 1913, on peut imaginer qu’un événement l’a incité à louer la ferme familiale.

Est-ce le décès de son père ?

Insigne du Régiment Infanterie Coloniale

Carrière militaire

Pourquoi Honoré s’est retrouvé dans La Coloniale ? La volonté de faire carrière, peut-être, et/ou celle de changer de conditions, de voir du pays…difficile de le savoir précisément.

Mais, l’ancien nom de ce régiment était le régiment de la Manche basé dès 1900 à Cherbourg. (Wikimanche) . Cela explique le choix de son arme.

Uniforme du Régiment d’Infanterie Coloniale

Fringuant, Honoré devait l’être. Lui qui quelques années plus tard, sera bedonnant mais posant son bras replié à l’arrière avec son pantalon clair, ses bretelles et chemise blanche, droit, derrière « ses » femmes, sur une plage alors qu’elles, sa femme et sa fille, sont en maillots de bain !

Pour connaître le parcours militaire d’Honoré, voir l’article Carrière militaire d’Honoré

Retour à la vie civile

Il a 37 ans, a vécu une vie de caserne et de guerre sans femme et enfants déclarés. Il a connu les atrocités de la guerre de 14, les missions de police au Liban, l’étouffement de la rébellion marocaine dans la guerre du RIF. Il a voyagé à travers le monde et s’est fait des amitiés indéfectibles. Comment envisage-t-il son retour à la vie civile. Certes, il doit aussi être fatigué de vivre une vie de troupe mais, il n’a connu que ça. Pris en charge du matin au soir, est-il capable de revenir à une vie de rituel, de respect des convenances bourgeoises, de rentrer dans le rang de ne plus ressentir l’adrénaline de la peur et devenir un mari et un père attentionné, sans problème !

En juillet 1929, Honoré obtient sa pension.

De retour à la vie civile, Honoré trouve l’emploi d’aide comptable aux usines Renault de Billancourt. Il sera fier d’obtenir la médaille d’honneur du travail en argent pour trente années d’emploi.

En tout cas, Honoré est un homme aimant l’ordre, respectant les règles avec une autorité qui, au fil des années, est devenue naturelle. Habitué à commander et à faire appliquer les ordres des autres, il sait se faire respecter. De plus, toute la famille reconnaît sa gentillesse.

Direction Paris

Mais, Honoré avait du charme. Imaginons-le dans son costume sombre avec toutes ses médailles, lorsqu’il s’apprêtait à partir pour une commémoration, un dîner d’anciens, etc…Quelle allure !

Mais n’oublions pas qu’il avait roulé sa bosse ! Il avait dû en rencontrer des femmes qui s’étaient épanchées sur son épaule, qui avaient tenté de l’accrocher. Il avait dû en fréquenter, de celles qui ne font pas de manière. Mais, il était soucieux de respectabilité. Pas question de se laisser alpaguer par la première venue. Mais, c’est Frieda qui y est arrivée.

Celui que Suzanne considérait comme son père décède !

Ce 11 juillet 1960*, les températures sur Paris étaient assez fraîches pour la saison. De plus, un vent fort sévissait sur la France. Mais, dans la famille, on ne s’en souvient plus ! Car, à 5 heures, Honoré est décédé dans son appartement au 55 rue Claude Terrasse. C’est Claude Chichou, 39 ans, employé, qui vient faire la déclaration le lendemain. À noter, que sur l’acte de décès, Dik s’écrit encore en supprimant le « c » !

Honoré est enterré au cimetière intercommunal de Pantin le 13 juillet.

Cette chronique reprend les feuillets trouvés dans les affaires de famille, rendant compte des états de service d’Honoré qu’il avait constitué pour faire valoir ses droits de pension.

  • Actes d’état civil archivés

Famille D

FILIATION

Daniel Elysée J, cheminot

Daniel Elysée naît le 16 janvier 1884*, au même endroit que ses autres sœurs, c’est-à-dire à Désaignes. Il est le 3ème de la famille formée par Frédérick Juston, âgé de 26 ans, cultivateur, aux Guyons dans la commune de Désaignes et de Mariette Eulalie dite aussi Lalie Desjammes, âgée de 23 ans, ménagère. Il y aura 6 enfants dans la famille dont ma grand-mère, Eulalie Elisa.

Daniel Elysée

Son second prénom est Élisée qui lui vient de son oncle, employé de banque, qui sera témoin à son mariage. Et, il donnera son prénom à mon père. Ainsi va la filiation chez les J !

Le régiment Royal devient le 23e régiment d’infanterie de ligne ci-devant Royal.

Son service militaire se déroule en seconde classe du 14 novembre 1895 au 17 septembre 1898 au 23ème régiment d’Infanterie basé à Privas. Par contre, pendant la première guerre mondiale, il est considéré « comme appelé sous les drapeaux mais maintenu dans son emploi du temps de paix au titre des sections de chemin de fer de campagne du 2 août 1914 au 5 février 1919 ».

Il se mariera avec Clémentine Pons à Lamastre le 9 mars 1900* au Fiol. Une petite fille naîtra un an plus tard : Magdeleine Adilie le 12 novembre1901 à Valence.

Car, Daniel Elysée est employé de La Compagnie des chemins de fer Paris Lyon Méditerranée-PLM. Sa fiche aux Archives nationales du Monde du Travail (ANMT) renseigne sur ses différentes affectations.

Sa carrière de cheminot

Au départ, Daniel Elysée est connu comme cultivateur chez ses parents à Lamastre. Le développement industriel transforme les emplois. Il rentre dans l’entreprise des Chemins de fer le 1er avril 1901 comme journalier à 3,30 par jour. Au 1er juin 1903, il devient Poseur à 90 francs par mois. Son salaire, dont on suit la progression, augmente jusqu’au 1er janvier 1928 et atteint 475 F. /Mois augmenté d’un complément pour pose qui atteint 427, 50. Car, depuis 1919, Daniel Elysée est chef cantonnier.

Au 1er février 1929, il est mis à sa retraite à sa demande. Sa pension est de 5617 F. Qui se décomposent ainsi :

Pension 4680 F.

Bonification de 937 F.

Une feuille latérale détaille les punitions et gratifications attribuées au cours de sa carrière.

Cet homme était consciencieux et impliqué dans son travail. Ses états de service démontrent qu’il était un professionnel responsable !

Clémentine est garde-barrière

Garde-barrière est devenu une profession à part entière après la loi du 15 juillet 1845 instituant la nécessité de sécurité au croisement du rail et des routes. Mais l’amplitude horaire du travail, les conditions d’habitat plus que précaires, aucune vacance, en faisaient un emploi réservé aux femmes lorsqu’il était rémunéré ! En 1996, la loi imposera un personnel permanent dans une baraque attenante pour l’entretien aussi.

« A partir de 1910, et après un mouvement de grève conséquent, les gardes-barrières sont gratifiées d’une indemnité mensuelle de 10 à 75 francs, selon leur classe, selon si elles sont mariées, veuves, divorcées ou célibataires avec ou non des enfants à charge. » Le travail des femmes autrefois Roger Colombier

Clémentine est entrée au 1er janvier 1905 dans l’entreprise. Sa fiche de travail témoigne de son parcours sur la ligne Paris -Antibes. En 1925, elle est mise en disponibilité en raison de la mutation de son mari. Sa mise à la retraite est effective en 1929.

Ses domiciles

En 1902*, au moment de la naissance de leur fille Magdeleine Adilie, ils habitent à Valence, précisément à la Maison Roux, 67 rue de l’Ecole normale.

En 1911*, on retrouve le couple et leur fille à Saint-Rambert-d’Albon dans la Drome.

A la retraite, en 1936*, ils sont avenue de la République à Granges-les-Valence au numéro 44 sur la rive droite de Valence.

Vers 1953, Daniel décède à Guilherand-Granges en Ardèche.

A ce jour, je n’ai pas encore trouvé la date et le lieu de décès de Clémentine.

Formulaire de recherche de La Compagnie des chemins de fer Paris Lyon Méditerranée (PLM)

Le travail des femmes autrefois Roger Colombier

*Acte état civil archivé

Filiation A /J

Filiation