Famille d’Honoré Gauchet

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En rapportant des faits, des lieux, des présences de témoins, etc., la généalogie tisse des liens qui viennent justifier ce que le présent a gardé du passé. Seulement, quelque fois, elle se heurte à l’histoire familiale en proposant une vision plus floue et différente de l’ancien rapporté. L’histoire de la famille d’Honoré peut en être une illustration. Mais, la véritable histoire du divorce de mon père peut aussi le démontrer.

Les Parents

Honoré Aubert et Victoire Marie-Louise Lesénéchal sont cultivateurs domestiques à Céaux. Honoré Aubert a été baptisé deux jours après sa naissance à l’église Saint-Sulpice à Macey dans la Manche, soit le 20 mai 1864*. Victoire est née le 11 février 1866*. Honoré et Victoire se sont mariés en 1890 à Servon toujours dans La Manche.

Céaux est une commune, située dans la baie du Mont Saint-Michel, à côté de Servon et compte en 1891, 505 habitants (aujourd’hui, un peu plus que 400).

Honoré, l’aîné

Honoré François Aubert naît le 10 novembre 1891 au village Les Parchets faisant partie de la commune de Servon. Aujourd’hui, deux, trois bâtiments d’une ferme isolée !

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Les Parchets sont le petit hameau à gauche de Servon

Il est certain qu’Honoré, très vite, n’a pas eu envie de continuer le métier de ses parents. La ferme ne l’intéresse pas, il s’engage certainement à Cherbourg. Et dès 1915, soit à l’âge de 26 ans, il est déjà caporal.

Marie Victoire Pauline

La première fille du couple est née le 8 décembre 1892* toujours aux Parchets. La famille la surnomme La bijoutière, sans avoir retrouvé des éléments concernant l’explication de cette appellation !

Sur son acte de naissance, il est noté qu’elle s’est mariée avec Albert Gauchet le 7 avril 1915. Mais il s’agit d’une erreur de report de l’état civil. Car, Albert Gauchet est retrouvé au recensement de 1911 à Montreuil sur Seine, actuellement en Seine-Saint-Denis, noté Gaucher, au 128 rue de Paris. Seulement, il est noté vivant avec Victoire née en 1866 (?) avec trois enfants : Emile né en 1894, Gabriel en 1901 et André en 1904. Albert était noté charretier chez Morel à Montreuil. Marie Victoire ne peut être mère à 2 ans !

Toujours sur son acte de naissance, est noté son mariage avec Jean-Baptiste Picot le 26 mai 1919 à Avranches. L’acte de mariage est en attente de réception.

Comment une fille de cultivateur domestique peut-elle devenir bijoutière ? Son mari, Jean-Baptiste est le dernier enfant du couple Jean Edouard Auguste et Estelle Marie Sophie Lebrun. Il est né le 16 mars 1886* à Mondrepuis.

À la réception de leur acte de mariage*, 26 mai 1919, je constate que Jean-Baptiste est bien horloger Bijoutier à Nanterre au 4 Place Martroy. Il a 33 ans. Sa première témoin, qui est la tante paternelle, assiste au mariage. Elle se prénomme Justine et réside à Dieppe. Elle est veuve d’un certain « Hoyers » (le nom est difficile à lire) et a 77 ans à ce moment-là. Le frère de Jean-Baptiste, René, est son second témoin et se déclare employé de commerce âgé de 35 ans domicilié à Lyon.

Par contre, Marie Victoire, bijoutière, est déclarée vivante au 4 rue du lot d’Etain à Avranches. Les deux parents Gauchet sont déclarés cultivateurs à Céaux. Par contre, la grand-mère est déjà veuve. Leurs témoins sont un quincaillier et un cultivateur.

Un contrat de mariage a été déposé chez Maître Barillet, notaire à Avranches. Les recherches se poursuivent 🙂

Le père de Jean-Baptiste est déclaré contremaître dans les filatures.

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Jean Édouard Picot

Un généalogiste amateur déclare dans son arbre à la fiche de jean Edouard : « Edouard Picot, lorsqu’il arriva dans le Nord, fut d’abord contremaître dans une filature. Il reprit par la suite des filatures à Roubaix, Fourmies (où eurent lieu les tristes évènements de 1891) et à Anor. Le ministre Eugène Motte, maire de Roubaix, le propulsa au poste de directeur général du groupe Motte. C’est avec le groupe Motte qu’il partit en Russie pour implanter des filatures. Édouard est décédé en 1916, à l’âge de 62 ans et a été inhumé à Fourmies. C’est le fils aîné, Gaston Léon Edouard, qui semble avoir repris les affaires du père. Il se dit négociant en laine, représentant et rentier. Des recherches succinctes ne permettent pas de justifier ces aspects. Elles se poursuivent !

On ne sait exactement quand leur mère est décédée. Mais, aux décès des parents, les enfants ont dû se partager un sacré héritage, qui a permis à chacun de continuer à faire partie de la grande bourgeoisie. Alors, on comprend pourquoi Marie Victoire Pauline était surnommée la bijoutière. Au propre ou au figuré, ses bijoux ne devaient pas être factices !

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Gaston Picot – Négociant en laine, Représentant, Rentier

Marie Victoire Pauline est décédée à Avranches le 9 février 1972. Elle n’a pas eu d’enfant. On ne connaît pas la date du décès de son mari.

Victorine Agathe Honorine Eugénie

La dernière sœur d’Honoré est née le 5 février 1895 à Servon. On connaît peu de choses de sa jeunesse. Elle s’est mariée avec Rimbert François Eugène Auguste, le 17 septembre 1924 à Savigné-l’évèque dans la Sarthe. François sera témoin au mariage d’Honoré et Frida en août 1933.

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Fiche militaire de Rimbert François Eugéne Auguste

Né le 8 novembre 1896* à Lotif dans la Manche, François Eugéne Auguste est devenu Maréchal mécanicien pendant les quatre ans de la première guerre mondiale. Seulement, blessé à plusieurs reprises avec des suites importantes, comme plusieurs trépanations dues à des éclats de bombe d’avion, il a gardé un « caractère irritable et excentrique ».

De plus, il a une invalidité de 100 %. Néanmoins, dès 1930, il est devenu fonctionnaire des contributions indirectes en sa qualité de Receveur buraliste à Granville. En 1947, il habite Granville sur la Place du Maréchal Foch. En novembre 1933, il reçoit enfin la décoration de Chevalier de la Légion d’honneur. En 1947, après une enquête qui le qualifie de « bonne conduite et moralité », il est promu à l’ordre des officiers de La Légion d’honneur.

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Lettre signée de Rimbert François Eugéne Auguste

L’histoire familiale raconte que le couple comptait deux enfants, dont l’un, Roger, était un des jeunes amoureux de Suzanne. Seulement, il y a aucune trace dans les différents sites généalogiques. Alors, il faut revenir aux archives !

Au recensement de 1931, François et Victorine habitent à Almenêches dans l’Orne au 31 sur la place du Marché. Il est déjà receveur buraliste et sa femme est dite « débutante » et ils n’ont pas d’enfant. En 1936, ils n’y sont plus !

On les retrouve en 1947 à Granville à la Place du Maréchal Foch. Et, pour l’instant, je n’ai pas encore trouvé d’enfants au couple !

Source

IGN – Remonter le temps

Base de données Léonore pour les médaillés de la Légion d’honneur

Pour aller plus loin

Carrière militaire d’Honoré

Légende

*signifie que les actes d’état civil sont disponibles

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À la Une

Carrière militaire d’Honoré

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Pourquoi Honoré s’est retrouvé dans La Coloniale ?

La volonté de faire carrière, peut-être, et/ou celle de changer de conditions, de voir du pays…difficile de le savoir précisément.

Mais, l’ancien nom de ce régiment était le régiment de la Manche basé dès 1900 à Cherbourg. (Wikimanche) . Cela explique le choix de son arme.

En tout cas, Honoré s’y plaît ! Car dès octobre 1915, il devient caporal et même caporal fourrier en janvier 1916.

Insigne du 1er régiment d’infanterie de la Coloniale

Gallica conserve le récit du Lieutenant Colonel Barbassat du 1er Régiment d’Infanterie Coloniale de 1914 à 1919 qui signale qu’à la mobilisation « L’esprit de la Troupe était merveilleusement enjoué ; nos soldats venaient de traverser la ville au milieu des acclamations de la foule qui leur jetait des fleurs et entonnait avec eux La Marseillaise« . De quoi partir la fleur à fusil…

Seulement plus tard, il ajoute : »L’ennemi est trop supérieur en nombre. Nos unités sont écharpées à mesure qu’elles se présentent. » Le reste est connu !

En sa qualité de caporal fourrier, Honoré s’occupe de la « Fourre », qui désigne un local de rangement pour « divers matériels collectifs utilisés généralement pour la vie en campagne ou pour des activités spéciales » dixit Wikipédia. Il pourvoit au logement des soldats et se charge de répartir les vivres entre les escouades, par exemple. Est-ce à cette occasion qu’il développe des aptitudes comptables ? Car, le personnel de la spécialité de fourrier est l’équivalent d’un comptable civil. Certainement !

Pour rappel, Guillaume Apolinaire était aussi fourrier mais au grade de brigadier.

Puis, Honoré rentre au dépôt du 1er RI le 27 avril 1918.

Honoré a échappé à la mort mais certainement pas aux cauchemars. Nombreux seront les soldats qui garderont le traumatisme des violences subies et surtout celles commises par soi-même ou par les compagnons.

Pourtant, pas question pour lui de revenir vivre à Servon et reprendre le métier des champs. Il reste donc dans l’armée et lorsque le régiment est envoyé à Beyrouth, Honoré y débarque le 30 avril 1919 certainement après une quinzaine de jours de voyage en bateau.

Beyrouth, place de l’église et caserne. Liban – 1920

« Le jeudi nous aperçûmes les côtes de l’île de Chypre et, le vendredi matin, nous entrâmes dans le beau port de Beyrouth. Là, des barques de toutes les directions vinrent chargées de denrées de toutes sortes, oranges, raisins, cigarettes, etc. qui ne sont pas chers:
–    Oranges: 8 pour 1 franc.
–    Cigarettes : 3 paquets pour 1 franc.
Par contre, le pain est cher et c’est du pain de riz.
Nous logeons dans des marabouts au-dessus de la ville où nous apercevons quelques montagnes de la cime du Liban, dont quelques-unes sont couvertes de neige. C’est curieux car il fait très chaud » .
Témoignages par correspondance

Car l’expansion coloniale de la France s’est faite au lendemain de la Grande guerre par, notamment, le partage de l’Orient arabe avec l’Empire britannique. La France récupère la Syrie et le Liban le 28 avril 1920 qu’elle gère comme un protectorat de 1925 à 1930.

Uniforme du régiment colonial

Fringuant, Honoré devait l’être. Lui qui quelques années plus tard, sera bedonnant mais posant son bras replié à l’arrière avec son pantalon clair, ses bretelles et chemise blanche, droit, derrière « ses » femmes, sur une plage alors qu’elles, sa femme et sa fille, sont en maillots de bain !

Beyrouth, le 1er juin 1920
«Mon cher commandant,
Cette image ne va pas vous convaincre sur le luxe des chemins de fer syriens – ici on se contente de peu. Je suis heureux de vous annoncer le succès de nos troupes en Cilicie, 1500 prisonniers, des canons et de nombreux matériels sont tombés entre nos mains. J’ignore à quelle date la guerre va cesser au Levant. Nous avons toujours besoin d’avions et de beaucoup de matériel. Vous ne nous oublierez pas. Mes hommages à Madame Bruncher et à vous mes sentiments les plus respectueux.
Max B.».
Note historique: la campagne de Cilicie dura de mai 1920 à octobre 1921 et opposa l’Armée du Levant alliée à la Légion arménienne aux forces turques de la Grande assemblée nationale de Turquie.
Témoignages par correspondance

Nommé Sergent Major le 16 août 1919, il signe son réengagement quatre jours plus tard. Après Beyrouth, on l’envoie au Maroc et entre-temps, il passe au 2ème RI.

C’est en décembre 1921 qu’il passe au 2ème régiment des Tirailleurs Sénégalais.

Les pertes effroyables subies lors de la première guerre mondiale (1 355 000 morts et 3 595 000 blessés) font que tout réengagé est le bienvenu. Alors lorsqu’Honoré se réengage, il le fait pour 4 ans 1 mois et 17 jours.

Lors de la Guerre du Rif (1924-1927), le 24e, en tout ou partie, participe avec d’autres formations coloniales ou métropolitaines, aux opérations de pacification du Maroc (Afrique française du Nord), avant de retourner définitivement dans sa garnison d’origine. Il s’illustre à Bab-Taza, M’sila, El Hadar, et Fès el Bali, décrochant une nouvelle inscription au drapeau « Maroc 1925 ». Les inscriptions étant limitées à huit, cette neuvième inscription viendra compléter celle déjà existante « Maroc 1908-1913 ».Wikipédia

Au total, la guerre du Rif a coûté la vie à plus de dix-neuf mille soldats espagnols, presque autant de Berbères et environ douze mille Français. Après Verdun, Pétain s’illustre en imposant par la force la présence coloniale aux troupes d’Abd el-Krim en quelques mois.

Insigne des tirailleurs sénégalais

Par décision ministérielle du 30 juin 1924, Honoré devient adjudant. Il aide son officier à commander une compagnie notamment dans l’application des règles militaires. Honoré continue sa progression de carrière et passe adjudant-chef le 31 juillet 1926 puis entre au 24ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais.

Vers 1915-1916

À partir de 1926, les régiments des tirailleurs sénégalais sont incorporés. « C’est ainsi que Perpignan récupère un régiment colonial, le 24e régiment de tirailleurs sénégalais, régiment qui malgré sa nouvelle appellation et sa composition, hérite des traditions et du drapeau aux huit inscriptions de son prédécesseur. La plus grande partie de l’effectif hommes de troupe est désormais constituée par des soldats Africains, communément appelés « Tirailleurs sénégalais » ou soldats indigènes, tous originaires des diverses colonies de l’Afrique Occidentale Française (AOF). Les soldats « européens », en petit nombre, tiennent les emplois de spécialistes (transmissions, servant d’engins, secrétaires) et sont destinés, en principe, aux pelotons d’élèves gradés, caporaux et sergents. »Wikipédia

Honoré demande sa mise à la retraite au 3 août 1928 en étant admis dans le corps des sous-officiers.

Il a 37 ans, a vécu une vie de caserne et de guerre sans femme et enfants déclarés. Comment envisage-t-il son retour à la vie civile. Certes, il doit aussi être fatigué de vivre une vie de troupe mais, il n’a connu que ça. Pris en charge du matin au soir, est-il capable de revenir à une vie de routine de respect des convenances bourgeoises, de rentrer dans le rang de ne plus ressentir l’adrénaline de la peur et devenir un mari et un père attentionné, sans problème !

Citations

Ceci est extrait de son dossier de combattant :

Ordre du régiment d’Infanterie coloniale – N° 694

« Très bon sous-officier énergique et brave, au front depuis le 14 septembre 1914, a combattu avec entrain et dévouement en Argonne et champagne.

S’est signalé par son calme au feu et son allant continue à se montrer bon gradé. »

Maroc – Ordre général N° 25 de la 2ème DMM -Ordre de la brigade :

« Au cours de l’attaque du 18 septembre 1925 sur Bab Caza CR 639, a assuré sous un feu violent les liaisons avec les compagnies puis avec le commandant de la position. A fait preuve de calme et de sang-froid. « 

Décorations obtenues

Croix de guerre 1914-1918 Française pour conduite exceptionnelle au cours de la Première Guerre mondiale.
Médaille commémorative de Syrie-Cilicie décernée pour appartenance à l’armée du Levant (entre le 11 novembre 1918 et le 20 octobre 1921)
Médaille interalliée 1914-1918 décernée pour participation à la Grande guerre
Médaille coloniale avec agrafe « Maroc » décernée pour services militaires dans les colonies, résultant de la participation à des opérations de guerre, dans une colonie ou un pays de protectorat.
Médaille coloniale avec agrafe « Maroc » décernée pour services militaires dans les colonies, résultant de la participation à des opérations de guerre, dans une colonie ou un pays de protectorat.

Blessure

Aucune

Pension militaire proportionnelle

En juillet 1929, Honoré obtient sa pension.

De retour à la vie civile, Honoré trouve l’emploi d’aide comptable aux usines Renault de Billancourt. Il sera fier d’obtenir la médaille d’honneur du travail en argent pour trente années d’emploi.

Source

Gallica – Récit du Lieutenant Colonel Barbassat

Wikimanche

Beyrouth des années 20. Des correspondances témoignent

24ème Régiment d’infanterie coloniale – Wikipédia

24e régiment de tirailleurs sénégalais – Wikipédia

Archive Météo

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Recherches en Suisse

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Petit guide

Les recherches en Suisse sont complexes. En effet, ce pays comporte quatre régions culturelles et linguistiques et possède donc quatre langues nationales : l’allemand, le français, l’italien et le romanche. Deux religions y sont prépondérantes pour les registres paroissiaux. De plus, une vague d’émigration au XIXè siècle, assez importante, a envoyé les femmes dans les villes, devenues souvent des femmes de ménage.

La bourgeoisie, qu’est-ce que c’est ?

Chaque Suisse a un lieu d’origine (bourgeoisie)
Il faut savoir que la clef de toute recherche généalogique en Suisse est le système de la commune d’origine. Sur le passeport helvétique, on ne mentionne pas le lieu de naissance, mais la commune d’origine. Chaque citoyen suisse est bourgeois d’au moins une commune, même s’il n’y a jamais mis les pieds, et l’indication de son lieu de bourgeoisie fait partie de son identité (droit du sang). La connaissance du lieu de bourgeoisie est indispensable pour la poursuite d’une recherche généalogique en Suisse.
CGAEB Jura

Du coup, chaque commune tient un registre des familles (Familienregister). C’est dans ce document que tous les actes d’état civil sont concentrés. Heureusement, le lieu d’origine de notre famille était connu.

Après avoir résolu ce point, un autre problème apparaît : la traduction des actes paroissiaux. La langue latine est utilisée pour l’ensemble des registres jusqu’au XIXè siècle. Sans connaissance approfondie, il faut bien reconnaître que c’est inaccessible !

Néanmoins, on peut s’y essayer !

Les cantons

26 cantons

En Suisse, les archives des cantons ressemblent à nos archives départementales, en plus autonomes. 9 cantons sur 26 ont mis en ligne leurs archives. Le site CGAEB met en ligne les liens nécessaires. Heureusement pour notre famille, les archives de Berne sont dorénavant en ligne.

Particularités de l’état civil suisse

Couverture du recueil de Grossaffolte

Avant 1876, les registres paroissiaux tenus par les Églises catholiques et protestantes sont les seules à relever les actes civils des habitants. Les registres catholiques sont écrits en latin et ceux protestants, en dialecte du lieu. À partir de 1876, ce sont des officiers d’état civil qui s’en chargent.

Un exemple

Mais, la généalogie en Suisse n’est pas d’accès aussi aisée qu’en France. Lorsqu’elles sont accessibles, il faut obtenir un formulaire précis, le remettre à l’autorité de surveillance et attendre une disponibilité, etc. là où en France c’est totalement gratuit, en Suisse faire des recherches coûtent assez cher.

Exemple d’écriture spécifique (la Kurrentschrift)

Sources

CGAEB – Cercle généalogique de l’ancien Evêché de Bâle

CGAEB – Cercle généalogique de l’ancien Evêché de Bâle

Archives en ligne du canton de Berne

Pour aller plus loin

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Portrait d’un enfant oublié

Ou le garçon à côté de Suzanne…

Longtemps la famille s’est interrogée sur l’enfant photographié à côté de Suzanne. Elle, elle est bien reconnaissable du haut de sa première année, avec ses pommettes bien joufflues !

L’autre enfant ne lui ressemble pas. Autant les yeux de Suzanne sont petits et en amandes, autant ceux de ce garçon sont ronds et bien ouverts. De plus, une des oreilles semble décollée.

D’où vient-il ? Est-ce un cousin ou un enfant d’ami (e) ? Pourtant, cette photo, habituellement, se pratique pour une fratrie. Il ne pouvait s’agir d’André, décédé accidentellement le 5 septembre 1929. (voir Frieda D. amoureuse ) à l’âge de deux ans.

Le mystère est resté entier, jusqu’au moment où une généalogiste (voir À la recherche de la famille) est venue confirmer ce que Frieda a toujours affirmé. Elle avait eu un second garçon en plus de sa fille, Suzanne !

Honoré André

Le 16 octobre 1930, Honoré André naît à l’hôpital Trousseau de sa mère Frieda, domestique, habitant au 16 Boulevard Carnot. C’est une personne qui a assisté à l’accouchement qui fait la déclaration. Il porte le nom de sa mère, Dick.

Déjà un an qu’André est décédé et tant de choses se sont passées pour Frieda. De son couple avec Jacob, il ne reste plus rien. Est-il parti, culpabilisé de s’être endormi et de n’avoir pas suffisamment protégé André ? Est-ce que c’est elle qui ne pouvait plus supporter la présence du père, maintenant que son enfant n’est plus ! Impossible de le savoir ! En tout cas, en 1931, Jacob est encore à Longlaville en Meurthe-et-Moselle, le recensement l’atteste. Alors que Frieda est déjà à Paris dès octobre 1929, date de sa nouvelle demande sur son passeport.

En tout cas, si Honoré André naît en octobre 1930, il a été conçu vers janvier 1930, soit quatre mois après le décès d’André.

Frieda est-elle déjà à Paris ? Que fait-elle ? Où est-elle hébergée, elle qui ne connaît personne dans cette ville ? Il est probable qu’après l’accident d’André, Frieda est appelée à l’aide quelqu’un de confiance. A-t-elle repris contact avec sa mère, Elisabeth Dick, vivant en Suisse ? Peut-être ! En tout cas, si celle-ci lui a recommandé de revenir à Grossalffoltern, Frieda n’a pas voulu.

On peut imaginer qu’en arrivant à Paris, en octobre 1929, Frieda est désespérée d’avoir perdu son enfant, s’est séparée de sa petite Suzanne, ici ou à Nancy, et aussi de son père. Elle cherche udu travail. Elle semble avoir toujours été serveuse ou domestique.

Avec Honoré, se sont-ils connus dans le café où elle travaillait ou à la sortie de l’église comme le dit la rumeur familiale ? En tout cas, ils ont décidé de vivre ensemble, de reprendre la petite Suzanne, et peut-être…Mais, là, c’est une autre histoire !

Toujours est-il que quelqu’un lui avait suggéré de se trouver un homme sérieux qui saurait la protéger et l’aider à élever sa fille. Mais, où trouver un homme bien sous tout rapport ? À l’église, bien sûr ! Rien n’indique dans la famille si Frieda était catholique, mais elle a dû fréquenter un peu activement les services de l’église pour faire la connaissance de son futur mari.

Enfin, un foyer stable !

Honoré François Martin Gauchet a 40 ans en 1931. Il a enterré sa mère l’année précédente. Incorporé à 25 ans dans l’armée, il a demandé sa retraite en 1928. Il a trouvé une place d’aide-comptable aux usines Renauls de Billancourt. En tout cas lorsqu’Honoré André naît, il le reconnaîtra presque un mois après sa naissance.

On peut justement se demander pourquoi cet homme, qui aimait l’ordre et la règle, n’a pas lui-même enregistré la naissance d’Honoré André, comme n’importe quel père !

La recherche d’un homme bien effectuée par Frieda a enfin porté ses fruits ! En fréquentant assidûment l’église, elle, qui avait trouvé un emploi de domestique dans le quartier, a réussi à faire la connaissance de cet homme, bien sous tout rapport. Elle a 25 ans. Fringante et pas timide, l’approche a dû être longue, de dimanches en dimanches. On peut imaginer qu’il a fallu que Frieda apprivoise le vieux garçon pour le convaincre de prendre de femme.

Vers janvier 1930, Frieda a-t-elle fait une mauvaise rencontre ou s’est-elle laissée aller un peu en se laissant séduire par un bel homme. Là encore, impossible de le savoir ! En tout cas, elle se retrouve de nouveau enceinte. Elle ne songe pas à demander de l’aide à une faiseuse d’anges. Alors, il devient urgent de trouver quelqu’un. Il est probable que le rapprochement avec Honoré s’est effectué au moment où Frieda a su qu’elle était enceinte !

En tout cas Honoré André naît*. Il a porté le nom Dick pendant presque un mois comme André, le premier.

En 1931, le recensement indique qu’Honoré habitent au 16 Boulevard Carnot dans le 11ème*, Frieda est « son amie », Suzanne est déclarée fille adoptive et Honoré André est bien nommé fils.

16 rue d’Artois – Paris 11è

Mais, de nouveau…

La joie familiale fut de courte durée. Le 25 mai 1932 à 20h30, Honoré André décède à l’hôpital Trousseau.

Que sait-il passer ? Comment Honoré André est mort ? Comment supporter la mort d’un second enfant, qui plus est presque encore un bébé ? Il aurait eu deux ans, six mois plus tard, l’âge du décès d’André. Cette douleur a dû faire une déflagration énorme et réveiller la souffrance du deuil d’André.

Possible que Frieda est vécue une période dépressive et qu’Honoré a été très présent pour Suzanne.

Pour en savoir plus…

Pour connaître les raisons de ce décès, direction les archives de l’AP-HP.

Elles se situent à l’hôpital Bicètre, un vrai dédale sans bonne signalétique. Il faut arpenter, demander, mais comme personne ne connaît, on tourne et retourne autour, sans vraiment les trouver. Avec patience, on découvre un pavillon agréable.

En retrouvant le certificat de décès de l’hôpital Trousseau, on apprend qu’Honoré André est entré à l’hôpital le 14 avril 1932* pour un « Broncho-Eczéma ». Il y est décédé dans la soirée du 25 mai.

Utile pour les recherches généalogiques

  • Si un de vos ancêtres est personnel de santé (médecin, dentiste, infirmière, etc) de 1922 à 1975, les Archives nationales conservent leurs dossiers sous les cotes 19810033/1-19810033/214

Le contenu est détaillé ici ou encore dans la salle des inventaires virtuelle aux Archives nationales.

Légende

*Actes d’état civil archivés.

FAMILLE SUISSE

FILIATION

A la recherche de la famille suisse

Les recherches en Suisse sont complexes. En effet, ce pays comporte quatre régions culturelles et linguistiques et possède donc quatre langues nationales : l’allemand, le français, l’italien et le romanche. Deux religions y sont prépondérantes pour les registres paroissiaux. De plus, une vague d’émigration au XIXè siècle, assez importante, a envoyé les femmes dans les villes, devenues souvent des femmes de ménage.

Acte de naissance de Bendicht D
Grossaffolten

Un guide disponible sur internet permet de trouver le lieu de la bourgeoisie de sa famille. Pour notre famille, le nom est très commun. Heureusement, nous savions d’où elle était originaire.

Acte de naissance d’Elisabeth Leiser

De plus, les données sont sous protection : pour les mariages, impossible d’y avoir accès après 1930 et pour les décès, après 1960.

L’ascendance de la famille

À chaque famille, son blason !

Trop nombreux les Dick à Grosseffolten pour que j’arrive à reconnaître les miens ! 🙂

Famille Dick

De nombreux pasteurs appartenaient à la famille au cours des siècles passés. Dans quelle mesure les armoiries, qui correspondent aux anciennes armoiries de la Hongrie, font référence aux liens connus entre le lycée de Berne et l’Église réformée de Transdanubie n’est pas claire.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la République de Berne a accordé des bourses à quatre étudiants en théologie trans-danubien (hongrois occidental) du lycée.
Bibliothèque de la bourgeoisie

Seulement, la famille est originaire de Grossaffolten. Trop nombreux les Dick à Grosseffolten pour que j’arrive à reconnaître les miens !

Étymologie

Dick : Nom assez courant en Alsace-Lorraine. Dans la plupart des cas, il s’agit d’un sobriquet appliqué à une personne volumineuse (allemand dick = épais, gros). Parfois, cependant, on peut avoir affaire à un toponyme désignant un lieu où la végétation est épaisse, un fourré (Bahlow, Deutsches Namenlexikon). À envisager aussi une forme courte de Dietrich.

Étymologie fournie par Jean Tosti Généanet

Famille Leiser

Blason famille Leiser
Généalogie ascendante

Pour être complet, il reste à préciser que Elisbeth Dick, mère de Frieda, était fille unique.

Pour le grand-père de Frieda, Bendict, il appartenait à une fratrie de 9 (avec 4 filles dont certaines se sont mariées. Par contre, un seul de ses frères semble s’être marié).

Du côté de la grand-mère de Frieda, Elisabeth Leiser, 2 sœurs et 4 frères, avec trois des enfants décédés jeunes. Elisabeth était la benjamine.

Les deux grands-parents sont catholiques.

Archives en ligne du canton de Berne

Répertoire des noms des familles suisse

Pour retrouver les blasons des familles dans le canton de Berne, voici le site Bibliothèque de la Bourgeoisie de Berne

Archives cantonales

Archives de Genève

Archives du Canton de Valais

Archives du Canton de Vaud

Commune municipale de Boécourt – Facebook

Chroniques Jurassiennes

Bourgeoisie de Boécourt – Séprais

CGAEB – Cercle généalogique de l’ancien Evêché de Bâle

Archives en ligne du canton de Berne

Répertoire des noms des familles suisses

Cette chronique doit beaucoup aux travaux de Savoie Actes Généalogie. Remerciements sincères à Blandine Coutaz-Repland pour son travail de recherche au sein de l’Office de l’état civil du Seeland à Berne. C’est à partir de la consultation des registres d’état civil et des registres des familles de Grossalffoltern que les transcriptions ont été possibles, car les photos sont interdites.

Actes Savoie Généalogie

1322 Rte de Boisinges, 74250 Viuz-en-Sallaz

Facebook

Instagram @savoieactes.genealogie Twitter

Madame Frieda

Frieda D. amoureuse

Honoré et ses médailles

  • Actes d’état civil archivés.

Famille D

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Frieda, sœur aînée

Autant dire que cette partie de la vie de Frieda était parfaitement inconnue de ses descendants. Car, elle n’a jamais parlé de ce temps où elle vivait en Suisse. Jamais on ne l’a entendue regretter ses montagnes, son village ou même le chocolat. Je ne sais même plus si elle aimait le fromage !

Frieda conservait une façon particulière de parler mais sans que cela choque vraiment. On imaginait un patois ou un accent un peu « rural », mais pas l’accent traînant suisse. En fait, elle était de cette partie du Jura très proche de la France.

D’ailleurs, elle parlait rarement du passé. Les rares fois où elle s’est laissé aller à des confidences, elle le faisait de cette voix sans émotion. Pas de pleurs, elles étaient sèches depuis trop longtemps. Pas de compassion, personne n’avait dû en avoir au moment où elle en avait eu le plus besoin. Et surtout pas question de baisser les bras ! Ça c’est sûr. Si elle se l’était autorisée, elle n’aurait pas fait le chemin qu’elle a parcouru.

Alors revenons à ce petit village de Boécourt

Comme le dit Wikipédia, à Boécourt (ancien nom allemand : Bietsingen), on parle Français mais aussi allemand. La famille de Frieda n’est pas du tout originaire de ce petit village qui comptait en 1920, 640 habitants. (Chroniques jurassiennes). Originaire de Grossaffolten, ce petit bourg est surnommé le village aux cigognes où le plus ancien producteur suisse de produits agricoles s’est converti vers 1929 en une usine de fertilisants prospère. Situé à plus de 70 km de Boécourt, le bourg de Grossaffolten compte à peu près 3000 habitants à 15 km de la capitale du canton Berne.

Chercher du travail

Sa mère, Elisabeth, est née à Gossalffolten le 21 décembre 1879*. Son père, Bendicht, est ouvrier agricole. Il s’est marié le 30 août 1873 à La Neueville (CH- Be) avec une fille du pays, Elisabeth Leiser, originaire du même village.

Les vieilles forges Bassecourt

Le 10 juillet 1903, Elisabeth, la mère de Frieda, décide d’offrir ses services à Boécourt, beaucoup plus petit que son bourg natal. Ici tout le monde se connaît et la venue d’une « étrangère » est rare depuis la fermeture du site minier et sidérurgique au 19è siècle. La balade de Seprais, véritable musée d’art contemporain en plein air, n’est pas encore installée (1993).

Puits de mine à Boécourt (Combe rière Savre)

Par contre, comme le village est l’une des plus anciennes paroisses du Jura, les quatre entrées de Boécourt possèdent une croix du Jura pour accueillir les promeneurs.

Une des croix du Jura à l’entrée de Boécourt

Peu de temps avant son arrivée de violents orages avaient éclaté dans la région (3 juillet 1903), mais maintenant le soleil est là et une nouvelle vie commence pour Elisabeth. Elle a 23 ans et son avenir semble s’ouvrir devant elle.

Lorsqu’Elisabeth est repartie de Boécourt, le 11 mars 1906, pour se réinstaller à Gossaffolten, elle n’était pas seule. Un bébé l’accompagnait. Frieda avait un peu moins de six mois. Dans quel état était-elle, obligée de revenir chez ses parents, avec en plus ce petit être qui portait l’infamie d’une naissance sans père ?

Cimetière de Boécourt

À 23 ans, même en 1903, on sait qu’il faut faire attention ! Elisabeth a dû croire aux paroles et aux câlineries du père de Frieda. Et, puis la réalité l’a rattrapée. En tout cas, moins de 3 ans plus tard, elle rentre chez son père et sa mère, accompagnée !

Encore Boécourt

Étang du lavoir – Séprais


Cinq plus tard, Elisabeth revient à Boécourt. Quand, précisément ? On ne le sait pas ! En tout cas, une seconde fille naît le 6 avril 1910*. Elle se prénomme Marthe. Frieda n’a pas encore cinq ans. Ont-elles le même père ou un père différent ? Impossible de le savoir, à moins d’avoir recueilli les confidences d’Elisabeth.

À Boécourt, Marthe se marie le 31 janvier 1936* à 26 ans avec Paul Jule Montavon, originaire du lieu du même nom, proche de quelques kilomètres de Boécourt. Elle aura 8 enfants (3 filles et 4 garçons), 10 petits-enfants et de nombreux arrière-petits-enfants. Elle décède à Délemont, à quelques kilomètres de Boécourt, le 16 mars 1997, quelques années plus tard que Frieda

Montavon est une petite et charmante localité, qui appartenait en propre au Prince-Evêque et qui fut rattachée après la Révolution à la commune de Boécourt.

La vie continue …

Bern Kantonales Frauenspital

Elisabeth, la grand-mère de Frieda, décède le 13 avril 1917*. Cela ne s’est pas passé à Gossalffolten. Était-elle décédée à Boécourt. Peut-être ? Peut-être pas ? Car sa fille, la mère de Frieda, accouche quelques jours plus tard d’un petit garçon, Ernst, le 4 mai 1917* à Berne au Frauenspital (Hôpital des femmes, Centre obstétrique).

Certainement, une période difficile pour la mère de Frieda avec la joie et la tristesse à la fois. Seulement, ce fils n’a toujours pas de père déclaré. Est-ce le même que pour les filles ? Est-il différent ? Évidemment, impossible de le savoir ! Frieda a alors 12 ans et est certainement en capacité de soulager sa mère. Est-ce que le père d’Elisabeth vit avec elle ? Ou est-il resté à Grossaffolten ? On n’en sait rien.

Un autre garçon, Christian, naît le 4 novembre 1919* toujours à Berne au Frauenspital (Hôpital des femmes, Centre obstétrique). Sûre, Elisabeth vit à côté. A la naissance de son second frère, Frieda a 14 ans et devient jeune fille.

Deux ans plus tard, Bendict, le père d’Elisabeth, le grand père de Friedac, décède le 10 novembre 1921* à Grossaffolten.

Et six ans plus tard, Frieda part en France

La « maternité et hôpital des femmes » cantonal ont été ouverts en 1876 et étaient à l’origine principalement destinés aux femmes pauvres. Rattachée à la clinique se trouvait l’école des sages-femmes, qui existait depuis 1781, et un institut de formation pour les « accoucheuses ».
En 1892, l’institution a été rebaptisée Frauenspital. Puisqu’au tournant du siècle prévalait l’idée que l’accouchement à l’hôpital réduisait le risque pour la mère et l’enfant, des extensions importantes sont devenues nécessaires dans le premier quart du XXe siècle.
Burgerbibliothek Bern

Frida D. amoureuse

Madame Frida

Honoré et ses médailles

Cette chronique doit beaucoup aux travaux de Savoie Actes Généalogie. Remerciements sincères à Blandine Coutaz-Repland pour son travail de recherche au sein de l’Office de l’état civil du Seeland à Berne. C’est à partir de la consultation des registres d’état civil et des registres des familles de Grossalffoltern que les transcriptions ont été possibles, car les photos sont interdites.

Actes Savoie Généalogie

1322 Rte de Boisinges, 74250 Viuz-en-Sallaz

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Instagram @savoieactes.genealogie

On ne répétera jamais assez que la généalogie c’est aussi de l’entraide. À la fois pour les différentes indexations selon des projets précis que des bénévoles font en France et dans le monde mais aussi à partir des recherches personnelles partagées sur nos sites pour permettre à chacun d’avance plus rapidement. Je remercie beaucoup Johnny de Géanet. Il se reconnaîtra !

Commune municipale de Boécourt – Facebook

Chroniques Jurassiennes

Bourgeoisie de Boécourt – Séprais

Balade Seprais

  • Actes d’état civil trouvés et archivés.

Famille suisse

FILIATION

Honoré François Martin Gauchet

Honoré François Martin Gauchet est né le 10 novembre 1891*. Ses parents, Aubert et Victoire, sont cultivateurs domestiques au village des Parchet, rattaché à la commune de Servon dans la Manche.

Cadastre napoléonien

C’est à deux pas du Mont-Saint-Michel et actuellement, il n’y a plus que 208 habitants, comptés en 2020 ! Lorsqu’Honoré est né, ils étaient beaucoup plus nombreux : 508 :).

L’église fut donnée à l’abbaye du Mont-Saint-Michel, en 1239. Mais, sur la carte postale, le Grand manoir est mis en avant ! Depuis peu aux monuments historiques, cette maison accueillait les prêtres réfractaires et même les nobles après la Révolution.

Sa fratrie

Pour en revenir à la famille d’Honoré, il avait deux sœurs:

  • Marie Victoire Pauline, née un an plus tard, soit le 8 décembre 1892* toujours à Servon. Elle est décédée à l’âge de 79 ans, pas trop loin, à Avranches, le 9 février 1972*. Elle se serait mariée deux fois, sans que je n’aie retrouvé encore les actes officiels.
  • Victorine Agathe Honorine Eugénie, née le 5 février 1895*, toujours à Servon. Elle est décédée au Kremlin Bicêtre dans le Val de Marne le 17 octobre 1978*. Elle s’est mariée avec François Rimbert. Pour l’instant, aucun acte officiel retrouvé. Victorine était témoin au mariage d’Honoré et de Frieda en 1933.
  • François Engène Auguste Rimbert est né à Lotif dans la Manche le 8 novembre 1896. Il fut fait Officier de la Légion d’Honneur. Il décéda au Kremlin Bicêtre le 10 novembre 1975. Au moment de sa mort, il habitait à Bourg- La-Reine au 46 avenue Hoffmann. Il était receveur buraliste à Almenèches (Orne). Après ses blessures de guerre (plusieurs trépanations), il est irritable et excentrique. (Dossier Légion d’honneur)

Ses parents

Le père d’Honoré, Aubert Honoré, est né à Macey dans la Manche. Il est baptisé le 20 mai 1864. Il se marie avec Victoire Lesenechal le 20 octobre 1890 à Servon. Il est déclaré cultivateur domestique à Céaux à 5 km de Servon. A noter que sur l’acte de baptême, c’est bien Aubert Honoré qui est noté et non Honoré Aubert !

Je n’ai pas encore retrouvé l’acte de décès du père d’Honoré. Sa mère est décédée à Céaux, le 2 décembre 1930.

Est-ce que Frida l’a connue ou était-elle déjà morte lorsqu’elle a rencontré Honoré ? Si on laissait aller l’imagination, on pourrait penser qu’en fréquentant, un même lieu qu’Honoré, est-ce l’église ou est-ce ailleurs, Frida aurait compris la tristesse d’Honoré et l’aurait consolé. Mais, ce n’est que de la fiction !

En tout cas, un article du journal d’Avrancche du 24 septembre 1910 m’a alertée:

En sachant qu’Honoré fut incorporé comme jeune soldat au 1er régiment d’Infanterie coloniale à compter du 9 octobre 1913, on peut imaginer qu’un événement l’a incité à louer la ferme familiale.

Est-ce le décès de son père ?

Insigne du Régiment Infanterie Coloniale

Carrière militaire

Pourquoi Honoré s’est retrouvé dans La Coloniale ? La volonté de faire carrière, peut-être, et/ou celle de changer de conditions, de voir du pays…difficile de le savoir précisément.

Mais, l’ancien nom de ce régiment était le régiment de la Manche basé dès 1900 à Cherbourg. (Wikimanche) . Cela explique le choix de son arme.

Uniforme du Régiment d’Infanterie Coloniale

Fringuant, Honoré devait l’être. Lui qui quelques années plus tard, sera bedonnant mais posant son bras replié à l’arrière avec son pantalon clair, ses bretelles et chemise blanche, droit, derrière « ses » femmes, sur une plage alors qu’elles, sa femme et sa fille, sont en maillots de bain !

Pour connaître le parcours militaire d’Honoré, voir l’article Carrière militaire d’Honoré

Retour à la vie civile

Il a 37 ans, a vécu une vie de caserne et de guerre sans femme et enfants déclarés. Il a connu les atrocités de la guerre de 14, les missions de police au Liban, l’étouffement de la rébellion marocaine dans la guerre du RIF. Il a voyagé à travers le monde et s’est fait des amitiés indéfectibles. Comment envisage-t-il son retour à la vie civile. Certes, il doit aussi être fatigué de vivre une vie de troupe mais, il n’a connu que ça. Pris en charge du matin au soir, est-il capable de revenir à une vie de rituel, de respect des convenances bourgeoises, de rentrer dans le rang de ne plus ressentir l’adrénaline de la peur et devenir un mari et un père attentionné, sans problème !

En juillet 1929, Honoré obtient sa pension.

De retour à la vie civile, Honoré trouve l’emploi d’aide comptable aux usines Renault de Billancourt. Il sera fier d’obtenir la médaille d’honneur du travail en argent pour trente années d’emploi.

En tout cas, Honoré est un homme aimant l’ordre, respectant les règles avec une autorité qui, au fil des années, est devenue naturelle. Habitué à commander et à faire appliquer les ordres des autres, il sait se faire respecter. De plus, toute la famille reconnaît sa gentillesse.

Direction Paris

Mais, Honoré avait du charme. Imaginons-le dans son costume sombre avec toutes ses médailles, lorsqu’il s’apprêtait à partir pour une commémoration, un dîner d’anciens, etc…Quelle allure !

Mais n’oublions pas qu’il avait roulé sa bosse ! Il avait dû en rencontrer des femmes qui s’étaient épanchées sur son épaule, qui avaient tenté de l’accrocher. Il avait dû en fréquenter, de celles qui ne font pas de manière. Mais, il était soucieux de respectabilité. Pas question de se laisser alpaguer par la première venue. Mais, c’est Frieda qui y est arrivée.

Celui que Suzanne considérait comme son père décède !

Ce 11 juillet 1960*, les températures sur Paris étaient assez fraîches pour la saison. De plus, un vent fort sévissait sur la France. Mais, dans la famille, on ne s’en souvient plus ! Car, à 5 heures, Honoré est décédé dans son appartement au 55 rue Claude Terrasse. C’est Claude Chichou, 39 ans, employé, qui vient faire la déclaration le lendemain. À noter, que sur l’acte de décès, Dik s’écrit encore en supprimant le « c » !

Honoré est enterré au cimetière intercommunal de Pantin le 13 juillet.

Cette chronique reprend les feuillets trouvés dans les affaires de famille, rendant compte des états de service d’Honoré qu’il avait constitué pour faire valoir ses droits de pension.

  • Actes d’état civil archivés

Famille D

FILIATION

Madame Frieda

Trois jours avant son mariage, Frieda et son futur mari légitiment Suzanne, lui donnant un nouveau nom de famille. Leur mariage est célébré le 26 août 1933* dans le 16ème.

Leur mariage

Honoré François Martin G. est né le 10 novembre 1891* à Servon dans la Manche. Il a 31 ans. Et au moment de son mariage, son père, qui porte le même prénom, est cultivateur à Céaux et sa mère, Victorine Lesénachal est décédée trois ans plus tôt, soit le 2 février 1930* à Céaux. Le petit village de Céaux est situé à 7 kilomètres de Servon, plus proche de la Manche. Actuellement, il comprend plus de 400 habitants.

Les témoins de leur mariage sont :

  • François Eugène Auguste Rimbert qui se déclare receveur buraliste à Granville. Il est né le 8 novembre 1896 à Lolif dans La Manche, situé à une vingtaine de kilomètres de Servon. Par décret du 28 juillet 1933, il est fait Chevalier de la Légion d’honneur sur rapport du Ministère de la guerre alors qu’il était titulaire de la Médaille Militaire. Ex-soldat au 109è Régiment d’artillerie lourde, il sera promu à la qualité d’Officier par décret du 22 octobre 1947. Il est décédé en 1975. Il s’est marié avec Victorine Agathe Honorine Eugénie Gauchet, née le 5 février 1895 à Servon et décédée le 17 octobre 1978 au Kremlin-Bicêtre. Les archives numérisées de l’état civil s’arrêtent en 1892. Un courrier est envoyé demandant l’acte de naissance espérant prouver que c’est une sœur d’Honoré.
  • Victorine Lesénéchal, épouse Rimbert à Almenêches dans l’Orne

Petite précision

A sa naissance, son père Honoré était cultivateur dans une ferme du village de Servon. Il faudrait faire des recherches notariales pour savoir s’il en était propriétaire.

Honoré et Frieda habitent au 16 avenue Marois dans le 16ème arrondissement.

Le recensement de 1936 les trouve au 55 rue Cl. Terrasse toujours dans le 16ème avec Suzanne.

Lors des élections municipales de 1935 et 1936, la fiche d’électeur d’Honoré témoigne de ce déménagement dont on ne connaît pas la date exacte.

Pour information, aux élections de 1935, dans le quartier d’Auteuil, il y a un ballottage favorable à la droite sur les deux secteurs du quartier Auteuil, la diversité des candidats de droite étant la base de ce résultat. Politicomania

Avant d’être aide-comptable aux usines Renault à Billancourt, Honoré a eu une carrière de soldat. Voir chronique.

Honoré est décédé le 11 juillet 1960*. Il est enterré au cimetière de pantin.

*Acte de l’État civil officiel récupéré

Frieda D. amoureuse

Frieda est née le 25 septembre 1905 à Boéourt, canton de Berne en Suisse.

Il semblerait qu’elle ait eu une sœur, Marthe née le 6 avril 1910 toujours à Boécourt, deux frères Ernest né le 4 mai 1917 et Christian né le 4 novembre 1919. Elle est déclarée enfant naturel, comme toute la fratrie. Sa mère s’appelle Élisabeth Dick née le 21 décembre 1879 à Grossaffolten, toujours en Suisse.

Extrait d’acte de naissance établi en octobre 1926, certainement pour demander son passeport.
À noter qu’ici, son nom s’écrit avec 3 lettres. Alors, que sur son passeport, il est écrit avec quatre lettres.
Tout le temps, la confusion perdurera.

Son père s’appellerait Benedict Dick né le 30 mars 1942 et sa mère Elisabeth Leiser née aussi à Grossaffolten.
Mes recherches en ligne ne donnent rien. Il y a beaucoup de Dick à Grossaffolten sans que je sois sûre de trouver Benedict, ni Elisabeth Leiser.

Mais tous ces éléments sont à vérifier…

En mars 1926, elle reçoit son passeport. Elle est majeure. Elle passe la frontière le 2 avril 1926, puis une autre fois le 30 octobre 1926 à Delle.
Vers décembre 1926, elle a constaté qu’elle était enceinte.

Avec un certain K. Jacob (ou Jakob), né le 16 avril 1899 à Lodz en Pologne, elle emménage au 41 rue de la Source à Nancy comme locataire du 19 juin 1926 jusqu’au 27 mai 1927. (Document transmis par les archives de la ville de Nancy)

Puis, ils ont déménagé à Mont-Saint- Martin, sans que je retrouve ni l’adresse ni de document. Pour rappel, les recensements s’établissent tous les 5 ans, soit le prochain en 1931. Et, les archives municipales n’ont rien.

Leur fils André naît le 27 août 1927 au 56 rue des 4 églises à Nancy (adresse actuelle de la Maison Hospitalière Saint Charles).

Pour voir, les relevés des entrées et sorties aux AD de Meurthe et Moselle, il faut les commander à l’avance. Je ne l’ai pas fait.

C’est une cuisinière Hélène Marie Schoumert, âgée de 68 ans, qui fait la déclaration. Frieda le reconnaît quinze jours plus tard. Et Jacob après à Mont-Saint-Martin.

On peut imaginer qu’41 rue de la source, vivait aussi Hélène Marie Schoumert. D’ailleurs, Frieda était déclarée serveuse. La pizzeria, actuellement à côté, on peut imaginer vu la configuration qu’en 1927, c’était aussi un restaurant ou un bar, où Frieda et Marie Hélène devaient travailler. En tout cas, les deux femmes sont suffisamment intimes pour que cela soit la cuisinière qui fasse la déclaration de naissance. La cuisinière était une femme célibataire dite Joséphine décédée à Nancy le 9 juin 1936.

Est-ce que c’est chez elle que Suzanne a été accueillie après la mort d’André. Aucune possibilité de le savoir, puisqu’aucun recensement n’a été effectué en 1929 ou 1930.

Ici l’Hospice Saint Charles- Les religieuses s’occupaient aussi d’enfants mis au dépôt (ou recueillis temporairement) dont les parents étaient incarcérés ou hospitalisés et qui risquaient de se retrouver à l’abandon. Est-ce que c’est ici que Suzanne a été accueillie ??? Seule une recherche aux AD de Meurthe et Moselle nous permettrait de le savoir. Seulement, les archives doivent être commandées quinze jours à l’avance, ce que je n’ai pu faire lorsque nous y sommes allés.
Reconnaissance de André par Jacob K – Ici apparaît sa signature. Il est déclaré domicilier Avenue de la Gare à Mont-Saint-Martin.

Au lieu de lire Klank, on peut lire Klant. Ce nom Klant existe au Pays-bas et un peu en Allemagne. Le nom Klank est très courant en Allemagne et un peu en Pologne. Et, de nombreux Klank ont émigré aux États-Unis à la fin du XIXè siècle, notamment à Chicago. D’autres Klank réussiront à émigrer dans les années sombres de 40. Évidemment, aucun ne correspond à ce K. J

Avenue de la Gare – Mont-Saint-Martin vers 1920

Je n’ai rien trouvé concernant leur résidence. (Les recensements se font tous les 5 ans en France, soit pour la période étudiée, 1926 et 1931)
Suzanne, naît le 18 avril 1929 à Longlaville. Jacob la reconnaît, elle porte son nom. Aux mairies de Longlaville et Mont-Saint-Martin, aucun étranger du nom de Klank n’a été enregistré. Aucune trace non plus de Frida D. Pourtant, tout étranger était obligé de s’enregistrer à son arrivée, puis tous les deux ans. Seulement, ce sont deux toutes petites villes qui doivent à l’époque être envahies de main-d’œuvre étrangère. Les archives transférées aux AD ne sont pas complètement dépouillées non plus. En tout cas, aucun dossier d’étranger ne porte son nom.

Acte de naissance de Suzanne – On reconnaît encore la signature de K.

Cinq mois plus tard, le 5 septembre 1929, André décède après un accident. Suzanne a cinq mois.

Divers articles paraissent dans la presse. Aux AD de Meurthe et Moselle, il y a aucun dossier d’accident de travail concernant cet accident. Rien non plus dans les minutes des tribunaux.

J’ai fait des recherches sur les noms des hommes présents lors de l’accident. Quelques fois l’adversité lie les hommes…Victor Prestat travaille aux usines de Chiers et habite à Lexy à 8 km de Longlaville. Le 8 février 1932, il s’est marié avec Delphine Marschall à Russange. À part l’accident, rien ne le relie après l’accident à Jacob.

Après l’accident

On peut imaginer que le couple s’est séparé.
Frieda a déposé à Paris le 19 octobre 1929 sa demande de prolongation de passeport jusqu’au 18 janvier 1930.
On dit que Suzanne fut déposée pendant un an ou a un an dans une institution. Pas de dossier d’enfant assisté ni à Paris, ni à Nancy.

Le drame contraint Frieda à suivre d’autres chemins. Jacob est resté jusqu’en 1931 à Longlaville où il habite un baraquement pour ouvriers. Mais, cela fera l’objet d’une autre chronique.

  • Acte de l’état civil officiel récupéré

Famille D

FILIATION