
Infanterie en 1805
Les soldats qui ont servi sous Napoléon sont en cours d’indexation. En cherchant sur toutes les branches familiales, et pour l’instant, j’ai trouvé une seule fiche, celle de Jean-Pierre Crouzet, dont la date de naissance n’est pas sûre. Sur mon arbre, j’ai noté le 15 novembre 1786 et sur sa fiche militaire le 31 mars 1789. Sur le lieu, il y a accord : à Désaignes en Ardèche.

Napoléon et le début de l’État civil moderne
Il faut savoir que les actes d’États civils avant le décret du 20 septembre 1792 étaient établis par les paroisses. Il est probable que ma famille ait été de confession protestante et la tenue de leurs registres s’est faite de façon systématique à partir de l’Édit de Tolérance de 1787. De plus, ils sont écrits en vieux français et nécessitent une attention soutenue pour les déchiffrer.

Registres paroissiaux protestants.
Le Temple est inauguré au début du XIXè siècle, en remplacement de celui construit au Moyen -Age.
Sa taille donne la mesure de l’importance de la communauté protestante de Désaignes au début du XIXe siècle.

Lorsque on appartient à un groupement de généalogistes amateurs qui mettent en commun leurs recherches, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, il est possible de croiser les découvertes de chacun.
Au delà d’une date de naissance plutôt improbable, donc, le nom du père et de la mère sont des indices sûrs. Et, le père de Jean-Pierre s’appelle Jacques et sa mère, Anne Perrier, comme sur la fiche matricule.
Soldat Crouzet

Jean-Pierre a tout juste 20 ans lorsqu’il est enrôlé. L’armée napoléonienne comptait plus de 700 000 hommes. Son matricule est 844 717. Il y reste trois ans. Et, on le mentionne « rester en arrière sur le front russe ».
Le 83e régiment d’infanterie (83e RI) est un régiment d’infanterie de l’Armée de terre française, à double héritage, créé sous la Révolution . Wikipédia
« Nous fûmes rangés en bataille et, après un mouvement en avant, quel fut mon étonnement d’apercevoir, à une demi-portée de canon, des colonnes ennemies d’Autrichiens, eux aussi rangés en bataille. Un calme sinistre régnait dans les rangs, bientôt interrompu par un torrent de feu qui nous enveloppa de toutes parts, et cette belle armée de 300 000 hommes disparut dans la fumée. Le feu était engagé sur toute la ligne ; on n’entendait plus que les cris des blessés et les gémissements des mourants ; des files entières étaient emportées par les boulets »Jean-Baptiste Godin – A la bataille de Wagram
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Première forteresse d’après un dessin de la fin du XVIIIè siècle
Dès le 24 mai 1812 à Désaignes, il épouse Marianne RIALHAC, née le 28 octobre 1793 dans le village. A 30 ans lorsque sa fille nait, il est cultivateur à Désaignes.
Ils auront deux enfants : une fille qui porte le prénom de sa mère, née le 12 juillet 1913 et un garçon né en 1816 qui portera le prénom du père. Le prénom Marianne montre symboliquement un véritable attachement aux années révolutionnaires, devenant un symbole révolutionnaire. Pourtant, Napoléon n’est plus consul, mais empereur depuis son sacre en 1804.
Lors du mariage de sa fille avec Jean-Pierre Ladreyt Agier, Jean-Pierre, son père, est toujours déclaré vivre à Désaignes comme cultivateur aux Reboullets.
Mais, il décède à l’âge de 72/74 ans, le 29 septembre 1861.

