Immigration économique polonaise

Dans l’histoire de l’actuelle Pologne, il y a eu trois vagues vers la France. Pas question ici de remonter au XVIIIè siècle où les liens ont été étroits. Cf, Place Stanislas à Nancy. Ici, sera évoquée l’immigration économique qui a poussé nombreux habitants de l’actuelle Pologne à s’exiler.

A partir de 1870, la première vague ouvrira des routes vers l’Allemagne, les État-Unis, le Brésil et plus tard vers la France. Devant le nombre de migrants qui s’installent à Chicago, dite deuxième ville polonaise après Varsovie, les frontières se ferment. Par exemple, Marie Curie est arrivée à Paris à la fin du XIXe siècle fuyant la russification de l’actuel territoire de Pologne.

Les conditions économiques obligent beaucoup de jeunes gens à voyager dans l’empire prussien à la recherche de travail rémunéré. certains donnent leur force de travail dans la Ruhr dans le secteur minier. On les appellent les Wesphaliens. Ils seront appréciés plus tard en France pour leur savoir-faire.

La première guerre mondiale laisse exsangue l’agriculture française et les premiers immigrés débarquent pour reconstruire tout ce pan économique. Mais, l’industrie a aussi besoin de bras…

D’un pays à l’autre

Le 3 septembre 1919, est signée à Varsovie une convention d’immigration entre la France et le tout jeune État polonais, né des décombres des empires et notamment de la Prusse et de la Russie. Elle prévoit le recrutement massif de travailleurs polonais, notamment dans les régions industrielles minières.

L’année suivante (3 juillet 1921), le projet de loi « portant approbation de la convention relative à l’assistance et à la prévoyance sociales conclue entre la France et La Pologne » est adopté par la Chambre qui établit directement des bureaux de recrutement en Pologne.

Ici, certificat de résidence de Pologne que le demandeur complétait par un extrait dcasier judiciaire.

Au départ, dans le Nord et l’Est de la France, cette Immigration est prise en charge par le ministère des Régions libérées. En 1921, le ministère passe la main au Comité des houillères de France.

La convention permet à l’industrie de « faire son marché » et d’organiser l’essor de sa productivité.

Au départ de Pologne

La Société Générale d’Immigration organisait le recrutement directement en Pologne dans des bureaux spéciaux, chargés de « trier » les demandeurs. Le prêtre de la paroisse délivrait un certificat de moralité. Une visite médicale permettait d’évaluer leur état de santé.

De plus, la France veillait à la Le centre le plus important était celui de Myslowise. Un contrat de 4 pages est remis à chaque postulant, traduit dans les deux langues.

Le trajet

En général, le trajet se fait en train sur deux ou trois jours.

Différents trajets d’immigration

A partir de 1923, la SGI ouvre l’autre trajet, en bateau vers Le havre et Dunkerque.

Toul, le plus grand centre d’accueil d’étrangers

Le centre dit de Toul est une zone sanitaire de transit pour des milliers de Polonais. En fait, les migrants arrivaient en gare de Toul et devaient rallier des baraquements de l’armée réquisitionnée pour leur accueil.

En 1931, on estime la population polonaise en France à 500 000 individus, hommes, femmes et enfants pour une population active de plus de 250 000 personnes, parmi eux presque tous connaissent une période de transit dans le dépôt de Toul. Par ailleurs, les archives du centre ont brûlé en 1939. Il ne reste donc rien, à part les documents privés.

De la gare, où des trains entiers déversaient les foules, uniquement des hommes au début, il fallait faire plusieurs kilomètres à pied pour rejoindre les baraquements. Alors, commençaient les vérification d’usage (Sureté générale, Hygiène et santé et évaluation de la possible main d’œuvre) qui pouvait durer trois jours. Après par convoi, les migrants étaient évacués vers les régions de France où ils étaient affectés.

Alors, chaque arrivant dispose d’un numéro et d’une affectation.

Ici sont photographiées la catégorie T de l’immigration, celles des bonnes de ferme.

La fermeture des mines allemandes va obliger les ouvriers à émigrer vers la France. Il leur sera fourni un sauf-conduit spécial.

Expulsion dès 1930/1932

Seulement, la crise économique mondiale, commencée aux États-Unis en 1929, commence a arriver en France dès le début des années 30.Le travail se raréfie. Les premiers qui seront renvoyés seront les hommes célibataires. Comme on a organisé leur venue, on organisera leur départ. Suivront après les couples et même les familles. Ceux qui sont restés, sont souvent ceux qui ont réussis à fonder une famille en France.

Tout était prétexte à expulsion: une dénonciation, une accusation sans fondement, une délation, etc. Le Front Polpulaire mettra fin à ces retours forcés.

6 130 000 expulsés selon les autorités françaises

Sources

Polonia

France Pologne généalogie

Exposition Polonia au Musée de l’Immigration du 2 mars au 28 août 2011

Famille K

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