Après la victoire des chrétiens contre le royaume de Grenade, les juifs furent expulsés de l’Espagne en 1492 et du Portugal en 1496. (Décret de l’Alhambra)

Les Juifs de la péninsule émigrent alors (sauf ceux qui se convertissent, devenant alors des « marranes ») vers l’Italie, les Balkans, les pays d’Afrique du Nord, l’ Empire Ottoman.
Expulsion des juifs en Europe (1100 – 1600)

Cette population dispersée mais dotée d’une riche culture espagnole a longtemps conservé sa spécificité culturelle, parlant le judéo–espagnol souvent appelé aussi le Ladino. Par contre, les élites à Salonique parlent le français.
Leurs influences furent importantes car toutes les communautés méditerranéennes ont fini par être désignées comme séfarades.
Séfarad est le mot hébraïque pour désigner la péninsule ibérique et l’Espagne en particulier, Ashkenaz correspond à l’Europe chrétienne (l’Europe de l’Est avec le Yiddish) . Les Juifs séfarades sont donc stricto sensu les juifs d’Espagne et du Portugal.
Avec leur diaspora, les Séfarades sont devenus en général multiculturels, mélangeant les influences arabes, berbères, espagnoles, portugaises, grecques ou turques puis françaises.
Au fil du temps, Salonique devient le centre mondial du judaïsme séfarade, au point d’être surnommée la « Jérusalem des Balkans » et la « madre de Israël ».
Salonique du XVI au XVII siècle
Au XVIIIe siècle, Salonique reste le débouché naturel des Balkans : grains, laines, cotons, soies et tabacs de la région transitent par son port, puis vers Constantinople. La ville est un de ses principaux centres d’approvisionnement, mais aussi vers les autres régions de l’Empire ottoman.
Chaque groupe d’exilés y fonde sa congrégation, le kahal. Salonique compte plus de trente de ces communautés, chacune étant regroupée autour d’une synagogue portant le nom de la région d’origine du groupe (par exemple Arago) qu’un conseil de rabbins vient chapeauter par la suite.
Vue générale de Thessalonique en 1831 – Port fermé et trains à l’arrêt le samedi

Salonique, au début du XXe siècle
Salonique est une des plus grandes et des plus modernes villes de l’Empire ottoman. Entre 1840 et 1912, le volume des échanges commerciaux de la ville est multiplié par vingt, ce qui en fait le second port de l’Empire (derrière Constantinople). C’est donc une ville riche où la scolarisation est importante chez les juifs. Les premières loges maçonniques se créent aussi. La ville irradie dans cette partie de la Méditerranée
En 1908, un mouvement de jeunes-turcs naît à Salonique qui désire réformer le vieil Empire ottoman. Pour étouffer leur révolte, le sultan met en place une nouvelle constitution. Une année après, les mouvements contestataires continuent et ils remplacent le sultan par son frère.
La légende raconte qu’un édit fait par le rabbin permet au jeunes turcs de circuler le samedi. Et on assigne à résidence à Salonique le sultan destitué. Le mouvement choisit de conserver la clandestinité. La communauté juive dans son ensemble est en général favorable à l’Empire ottoman. Le nouveau Sultan est venu remercier la ville et il a pris trois enfants, un juif, un grec et un turc, pour leur offrir une « bonne » éducation dans la capitale, Constantinople.
En 1912/ 1913, c’est la première guerre des Balkans. En 1912, les troupes grecques entrent dans la ville, accompagnées de soldats bulgares. En 1913, les Grecs annexent Salonique qui reprend son nom qui lui vient de la Grèce antique,Thessalonique. Des musulmans partent pour l’Asie mineure. Le rôle des juifs décline. Beaucoup émigrent aux États-Unis, en Angleterre, en France, en Italie, à Alexandrie.
Une deuxième guerre balkanique éclate en 1913. Les Bulgares non antisémites sont défaits. En novembre 1912, La ville de Salonique entre officiellement dans la Grèce.

Carte postale de Salonique vers 1917
Catastrophe à Salonique
En 1917, un incendie détruit complètement la ville. Les maisons souvent construites en bois ont toutes brûlé. Des milliers de documents communautaires disparaissent.
Selon la légende locale, l’incendie s’est déclaré durant un après-midi de Shabbat, pendant la Première Guerre mondiale, lorsque le charbon utilisé par un réfugié de guerre qui faisait cuire des aubergines s’est renversé sur le sol. Un vent féroce a alors attisé les flammes, provoquant un embrasement majeur qui a laissé les deux-tiers de la ville en cendres et a réduit à néant les logements de 70 000 habitants, dont 52 000 juifs.
Extrait de Times of Israël
Trente-deux synagogues, 10 bibliothèques rabbiniques, huit écoles juives, les archives communales et de nombreuses entreprises et organisations caritatives juives, ainsi que des clubs communautaires, ont été détruits.

La tenue des registres d’état civil par la Communauté Juive a continué après l’incorporation de Salonique à la Grèce en novembre 1912 et cela jusqu’en 1982, année de la reconnaissance du mariage civil par la Grèce.
Souvent le frère aîné d’une famille de Salonique partait en occident pour établir un pont et si ça marchait bien, les autres jeunes de la famille suivaient.
Au cours de la seconde guerre mondiale, les nazis ont anéantis plus de 90 % de la population juive de la ville.
La ville s’est toujours appelée Thessalonique pour célébrer la victoire de Théssalie.

Ping : Remonter la généalogie, – Filiation