Trois jours avant son mariage, Frieda et son futur mari légitiment Suzanne, lui donnant un nouveau nom de famille. Leur mariage est célébré le 26 août 1933* dans le 16ème.
Leur mariage
Honoré François Martin G. est né le 10 novembre 1891* à Servon dans la Manche. Il a 31 ans. Et au moment de son mariage, son père, qui porte le même prénom, est cultivateur à Céaux et sa mère, Victorine Lesénachal est décédée trois ans plus tôt, soit le 2 février 1930* à Céaux. Le petit village de Céaux est situé à 7 kilomètres de Servon, plus proche de la Manche. Actuellement, il comprend plus de 400 habitants.
Les témoins de leur mariage sont :
François Eugène Auguste Rimbert qui se déclare receveur buraliste à Granville. Il est né le 8 novembre 1896 à Lolif dans La Manche, situé à une vingtaine de kilomètres de Servon. Par décret du 28 juillet 1933, il est fait Chevalier de la Légion d’honneur sur rapport du Ministère de la guerre alors qu’il était titulaire de la Médaille Militaire. Ex-soldat au 109è Régiment d’artillerie lourde, il sera promu à la qualité d’Officier par décret du 22 octobre 1947. Il est décédé en 1975. Il s’est marié avec Victorine Agathe Honorine Eugénie Gauchet, née le 5 février 1895 à Servon et décédée le 17 octobre 1978 au Kremlin-Bicêtre. Les archives numérisées de l’état civil s’arrêtent en 1892. Un courrier est envoyé demandant l’acte de naissance espérant prouver que c’est une sœur d’Honoré.
Victorine Lesénéchal, épouse Rimbert à Almenêches dans l’Orne
Petite précision
A sa naissance, son père Honoré était cultivateur dans une ferme du village de Servon. Il faudrait faire des recherches notariales pour savoir s’il en était propriétaire.
Honoré et Frieda habitent au 16 avenue Marois dans le 16ème arrondissement.
Le recensement de 1936 les trouve au 55 rue Cl. Terrasse toujours dans le 16ème avec Suzanne.
Lors des élections municipales de 1935 et 1936, la fiche d’électeur d’Honoré témoigne de ce déménagement dont on ne connaît pas la date exacte.
Pour information, aux élections de 1935, dans le quartier d’Auteuil, il y a un ballottage favorable à la droite sur les deux secteurs du quartier Auteuil, la diversité des candidats de droite étant la base de ce résultat. Politicomania
Avant d’être aide-comptable aux usines Renault à Billancourt, Honoré a eu une carrière de soldat. Voir chronique.
Honoré est décédé le 11 juillet 1960*. Il est enterré au cimetière de pantin.
Les recherches n’avancent pas ! Mon intuition est que Jacob n’était pas de religion juive et que son secret se trouve en Pologne.
Alors, je décide d’avoir recours à un généalogiste professionnel, le spécialiste français de la généalogie polonaise. Philippe Christol est l’expert des recherches en Pologne et Tchécoslovaquie et aussi de la présence de ces immigrants en France. Il anime le site Généapologne, une page Facebook du même nom ici. Il a signé plusieurs livres dont le dernier est Migrants et réfugiés de 1789 à 1900. Voici ici le résultat de son travail.
Le contexte
Il y a plusieurs recensements sur Lodz mais le plus intéressant est celui de 1916-1921.
Lodz est une ville-champignon au XIXe siècle, passant de quelques milliers à un million d’habitants et dont la quasi-totalité vient d’ailleurs.
A Lodz, « Les Polonais sont dès lors majoritaires (51 %) et la population juive plus importante que l’allemande (36 % contre 12 %). » Wikipédia
À la recherche de Jakob
Or cette cote étant en russe, la lisibilité est très difficile, comme le montre le document suivant:
Dans la table décennale des enregistrements, reproduit ci-après:
Aucun acte de naissance n’est retrouvé au nom de Jacob K., ou approchant, à la date donnée de sa naissance ! On ne retrouve rien soit au bon nom, soit au bon prénom, même si on recherche bien avant, et bien après.
De plus, les cartes d’enregistrement de 1916 à 1921 à Lodz, ne révèle aucune famille et aucun homme de ce nom.
Sur aucun fond d’archives, on ne retrouve de Jacob K. !
Jacok (ou Jakob, façon polonaise) étant né en 1899 on peut supposer que sa famille est arrivée dans les décennies 1880/1890. Cette côte n’est pas idéale mais elle peut donner des hypothèses d’origine. La recherche s’est poursuivie sur deux autres recensements celui de 1903-1921 par différentes maisons et celui de 1872-1874 des personnes « de passage ».
Plusieurs fiches comportent des orthographes approchantes :
ou encore
Et le dernier
Aucune fiche qui correspond à son nom et prénom !
À la recherche de ses parents
Dans les recensements vers 1880, il y en a 4 occurrences. C’est la correspondante de Philippe Christol, traductrice professionnelle russe-polonais-français résidant à Varsovie, qui a finalement effectué un gros travail de déchiffrage, présenté ci-dessous:
Au numéro 7, Klank Heinrich ou Henrik, âgé de 35 ans, est déclaré vivant seul et citoyen prussien, arrivé de Prusse le 23 avril 1874. Son passeport est émis en Prusse dont le district est administré par Warendorf (Ville allemande située en Rhénanie-du-Nord-Westphalie) le 17 février 1874 au numéro 75 pour une durée d’un an. Le permis de séjour n° 494est accordé pour un an à partir du 23 avril 1874, les mentions complémentaires sont illisibles.
Au numéro 51, Klank Franciszek est âgé de 16 ans, vivant seul. Il est venu de Prusse le 4/16 mai 1872 du district de Wittenberg (ville de Saxe-Anhalt, patrie de Martin Luther) et son passeport porte le numéro 39 et est valable un an. Son permis de séjour n°1409 est émis le 4 mars 1872
Au numéro 51, Klank Rozalia, âgée de 57 ans et sa profession est déclarée être au service de sa famille. Son passeport est prussien mais l’origine du district est illisible. Son passeport lui a été attribué en 1871 et son permis de séjour pour un an.
Klank Wilheim est déclaré vivant seul, âgé de 22 ans et de profession mécanicien, originaire de la Principauté de Reuss- Greiz (un des vingt-cinq États de l’Empire allemand ayant existé jusqu’en 1918). Son passeport a été fait le 10 janvier 1973 et son permis de séjour pour un an en 1973.
100% des paroisses catholiques ont été relevées avec revérification des paroisses protestantes, mais Jakob ne figure pas dans les index.
Très probablement il est né « région de Lodz » (difficile d’y croire) ou pire, ses parents y ayant migré (c’était une ville champignon) il peut y avoir grandi mais être né ailleurs, auquel cas cet ailleurs peut être n’importe où. …
4 Klank figurent dans un recensement des années 1870 à Lodz à l’époque sous domination russe (« royaume de Pologne/Pays de la Vistule »). Par contre, ces 4 personnages viennent de Prusse, c’est à dire d’Allemagne, donc on peut y voir une indication sur l’origine. S’il s’agit des régions de Prusse récupérées par la Pologne après 1920/1945 cela devrait figurer sur Geneteka ce qui n’est pas le cas:
Nous ne sommes pas plus avancés. Jakob continue d’être une énigme ! D’où vient-il avant 1920 ? Qui sont ses parents ? Où est-il après 1932 ?
Il faut continuer à chercher en France des documents soit aux archives départementales ou aux archives municipales en fonction de lieux divers.
Se peut-il qu’après la saisie de sa demande de CI, il ait circulé sans papiers ?
Le refoulement frappe les étrangers en situation administrative irrégulière, qu’ils aient pénétré en France clandestinement et n’aient pas régularisé leur position ou qu’ils exercent un emploi salarié sans posséder de contrat d’embauchage dûment visé ni de carte d’identité de « travailleur ». La carte d’identité vaut permis de séjour ; en cas de refus de la délivrer ou en cas de retrait, l’immigré doit quitter le territoire, théoriquement dans les huit jours, en fait dans un laps de temps plus long, car les autorités lui accordent des délais. Il part avec sa famille puisqu’aucun de ses membres n’est en règle. Le nombre de Polonais refoulés, un peu supérieur à celui des expulsés, ne s’accroît cependant pas en 1927 par rapport aux années antérieures. Tenant compte des protestations récentes, la loi de finances du 26 mars 1927 a réduit la taxe perçue pour l’obtention de la carte d’identité à 20 F pour les « travailleurs » et à 100 F pour les autres étrangers. La police ne trouve que peu de salariés en infraction à cet égard.
Les recherches en France ne semblant plus donner de précisions, il faut aller chercher les informations en Pologne. En écrivant à l’Ambassade de Paris, ils m’indiquent que les archives de Lodz sont en ligne.
Et ils m’indiquent aussi Geneteka, un site de généalogie comme le Geneanet en France qui possède à la fois un espace Facebook et un site ici.
Seulement, la base de recherche ne trouve aucun Klank naît à Lodz en 1899.
Les archives de Lodz restent complexes à déchiffrer.
Même si on trouve de l’aide dans les différents forums, le déchiffrement du polonais, en plus ancien, est impossible !
Même en faisant appel à des groupes Facebook et des généalogistes amateurs, je n’avance pas !
Lors de ma visite aux Archives Nationales, je me suis penchée sur le fond de la Sureté nationale qui renseignait sur la communauté polonais dans ces deux régions.
Le canton de Briey est situé dans le département de Meurthe-et-Moselle, plus au sud que celui de Longwy- Longlaville. Ici, il s’agit de surveiller activement un journal polonais pourtant tiré à très peu d’exemplaires.
Il s’agissait aussi de surveiller si la propagande communiste n’augmentait pas.
Évidemment, les polonais qui se déclarent communistes, font l’objet d’une surveillance renforcée et même ils sont ici nommément identifiés.
L’expulsion des polonais
Ils sont venus en masse à partir de la signature de la Convention entre la France et la Pologne en 1919 (Voir Immigration économique polonaise). Mais deux points vont infléchir ce mouvement:
En mai 1926, le maréchal Piƚsudski revient au pouvoir, inaugurant l’ère de la « Sanacja » ( « l’assainissement moral »). Au nombre des réformes à accomplir, figure le resserrement des liens entre la mère-patrie et ses fils à l’étranger : lente mutation destinée à s’accélérer après 1930, elle s’ébauche aussitôt.
« Simultanément, les Polonais de France affrontent une première crise économique. Eux qui aspirent à retourner dans leur pays lorsqu’ils pourront y trouver à coup sûr un travail salarié ou lorsque leurs économies leur permettront de s’établir à leur compte, redoutent d’y être contraints sans cela. Or, pendant la crise de 1926-1927, ils essuient reproches et menaces de rapatriement. Les immigrés s’accrochent, comme un moindre mal, à un pays qui semble ne plus vouloir d’eux. Tout le drame de la décennie suivante se trouve en puissance dans l’atmosphère malsaine de 1927″.
L’effort d’après-guerre ayant été fourni, la France songe à l’expulsion la main d’œuvre étrangère dont elle a moins besoin. le mouvement intensifiera jusqu’aux années 1932/1933, lorsque les conséquences de la crise économique deviendront importantes.
« Le salaire conventionnel du mineur qualifié passe ainsi de 39,51 F (niveau atteint en novembre 1926) à 36,91 F dans le Nord et le Pas-de-Calais. Pour la France entière, le salaire moyen de l’ensemble du personnel, fond et jour, tombe de 32,88 F à 31,08 F, soit une diminution de 1,80 F.A la fin de 1927, il ne sera plus que de 30,69 F.«
Pourtant, la convention prévoyait les mêmes droits aux ouvriers polonais que ceux donnés aux français (chômage, aide, etc). Mais, certaines municipalités refusent d’appliquer la loi. De plus, la barrière de la langue n’aide pas.
Le décret du 28 décembre 1926 précise que, pour avoir droit aux subventions du fond de chômage, il faut fournir un certificat portant la mention : « congédié pour manque de travail » ; des employeurs négligent de le remettre aux salariés qu’ils renvoient et les Polonais, comme bien d’autres immigrés qui ignorent la langue française et les usages administratifs, n’en mesurent pas l’importance ou bien n’osent pas le réclamer. Ajoutons à cela la mobilité particulière des étrangers récemment arrivés en France. Tous ne possèdent pas l’ancienneté de six mois de résidence dans la commune lorsqu’ils perdent leur emploi.
Pourtant la Lorraine reste un territoire presque protégé comme le centre de la France.
A l’inverse, en Lorraine du fer, la population polonaise enfle, et singulièrement la population adulte masculine. En Meurthe-et-Moselle de janvier 1926 à juin 1927, les Polonais connaissent un accroissement de 43 % (de 12 723 à 18 177) et les hommes âgés de plus de quinze ans, de 58 % (7 176 à 11 318)33. Les Polonais passent ainsi de 13 % à 19 % des étrangers du département, toujours derrière les Italiens. Néanmoins l’écart se resserre entre eux car l’effectif italien se tasse. Il s’opère une redistribution. Les établissements miniers du plateau de Briey renvoient des Italiens et prennent à leur place des Polonais, moins exigeants, pour des tâches difficiles et mal payées. Les nouveaux arrivés sont des hommes seuls, déjà en France et sans emploi. Certains viennent du Pas-de-Calais : la crise favorise de façon temporaire un déplacement géographique inverse de celui observé antérieurement. En 1925, les Italiens représentaient 51 % des mineurs de fer du département et les Polonais, 12 % ; en 1927, respectivement 36 % et 30 %.
Les cellules communistes assurent le soutien d’ouvriers polonais, car le climat politique de l’époque encourageait plus tôt l’embauche d’ouvriers français.
La surveillance s’intensifie aussi dans le canton de Longwy, proche de Longlaville. Cette association au seul but de continuer à faire vivre la culture du pays d’origine fait pourtant l’objet d’une surveillance.
Certains polonais, plus conservateurs, préfèrent rester en lien avec l’administration d’origine et s’organiser avec cet appui pour augmenter leurs droits.
Le journal polonais Narodowiec fondé en 1909 consacre en avril 1929 un article sur l’assistance médicale nécessaire aux ouvriers mineurs. Il est reproduit ci -dessous :
Antisémitisme
La période était propice à la surveillance de groupes religieux « sensibles ». La Sureté a dilégenté une enquête concernant l’embauche d’ouvriers de confession juive. Voici son résultat :
Xénophobie
L’étranger reste étrange. Et les ouvriers polonais ne font pas exception. Le ton de cette note le témoigne.
Pour conclure,
Une note optimiste, ce tract qui invite tous, hommes et femmes, français ou non, à participer à un bal.
Tous enchaînent la danse de l’oubli. Des corps radieux dans des cordages de misère. Leur dimanche ne sera qu’une poignée d’heures, une petite suée de gaité sous les aisselles et sur le front.
Le premier recensement disponible est celui de 1911*. La famille habite dans le quartier Chalamet à Lamastre dans la troisième maison. Élie est déclaré être jardinier, une reconversion depuis 1905, et sa femme ménagère. Ils ont déjà quatre enfants : Hélène (c’est Éline) en 1902, Odette en 1905, Amélie en 1906 et mon père Marcel (ainsi déclaré) en 1907.
En 1921, la famille habite encore à Lamastre au 178 rue Olivier de Serres mais, Eulalie Élisa est seule. Son mari, Élie est décédé le 17 juillet 1920 (pas d’acte de décès Uniquement disponible sur le lieu des archives). Eulalie Élisa se dit ménagère, sa fille aînée Éline est domestique. Tous les enfants sont présents : Odette, Amélie, Élie, mon père, Paul, Hélène et Lucie.
Au recensement de 1931, la famille a déménagé au 204 rue Olivier de Serres*. Eulalie Élisa ne travaille plus, elle a 52 ans. Hélène est déclarée tisseuse, Lucie, Marcel, Odette et Paul y sont recensés aussi.
En 1936, nouveau déménagement au 203 de la même rue*. Eulalie Élisa y habite avec Paul (chauffeur chez Mantegue), la jeune Hélène (bonne chez Mazabrard) et Lucie (tisseuse chez Fauris).
Mazabrard Jean Pierre Élie était instituteur à Lamastre dès 1935 avec sa femme Berthe Ponton. Le couple eut trois enfants. Mariés au Temple, on peut penser qu’ils ont connu la famille Agier au Temple. Syndicaliste engagé ce fut une figure de l’engagement social. Hélène y fait des ménages sans qu’on sache pendant combien de temps.
À la fin du XIXè siècle, les industries sont prospères à Lamastre : Le climat se prête à l’élevage des vers à soie. La force de l’eau est utilisée. De nombreux moulinages et filatures s’y développent. Victor Reyne, qui donnera son nom à un quartier de Lamastre, développe ses activités dans ce domaine. En 1925 une centaine d’ouvrières sont employées. Les soies Reyne sont très prisées sur le marché de Lyon.
En 1921, Les établissements Gaston Verdier de Meaux comptent 30 à 40 ouvriers bonnetiers fort bien rémunérés et 120 à 140 ouvrières. À son arrivée à paris, mon père est dit bonnetier. Il a certainement travaillé dans ce domaine.
Usine Reyne
Moulinage et filature à Lamastre
Les recensements de 1946 à 1975 sont consultables en salle de lecture.