Honoré François Martin Gauchet

Honoré François Martin Gauchet est né le 10 novembre 1891*. Ses parents, Aubert et Victoire, sont cultivateurs domestiques au village des Parchet, rattaché à la commune de Servon dans la Manche.

Cadastre napoléonien

C’est à deux pas du Mont-Saint-Michel et actuellement, il n’y a plus que 208 habitants, comptés en 2020 ! Lorsqu’Honoré est né, ils étaient beaucoup plus nombreux : 508 :).

L’église fut donnée à l’abbaye du Mont-Saint-Michel, en 1239. Mais, sur la carte postale, le Grand manoir est mis en avant ! Depuis peu aux monuments historiques, cette maison accueillait les prêtres réfractaires et même les nobles après la Révolution.

Sa fratrie

Pour en revenir à la famille d’Honoré, il avait deux sœurs:

  • Marie Victoire Pauline, née un an plus tard, soit le 8 décembre 1892* toujours à Servon. Elle est décédée à l’âge de 79 ans, pas trop loin, à Avranches, le 9 février 1972*. Elle se serait mariée deux fois, sans que je n’aie retrouvé encore les actes officiels.
  • Victorine Agathe Honorine Eugénie, née le 5 février 1895*, toujours à Servon. Elle est décédée au Kremlin Bicêtre dans le Val de Marne le 17 octobre 1978*. Elle s’est mariée avec François Rimbert. Pour l’instant, aucun acte officiel retrouvé. Victorine était témoin au mariage d’Honoré et de Frieda en 1933.
  • François Engène Auguste Rimbert est né à Lotif dans la Manche le 8 novembre 1896. Il fut fait Officier de la Légion d’Honneur. Il décéda au Kremlin Bicêtre le 10 novembre 1975. Au moment de sa mort, il habitait à Bourg- La-Reine au 46 avenue Hoffmann. Il était receveur buraliste à Almenèches (Orne). Après ses blessures de guerre (plusieurs trépanations), il est irritable et excentrique. (Dossier Légion d’honneur)

Ses parents

Le père d’Honoré, Aubert Honoré, est né à Macey dans la Manche. Il est baptisé le 20 mai 1864. Il se marie avec Victoire Lesenechal le 20 octobre 1890 à Servon. Il est déclaré cultivateur domestique à Céaux à 5 km de Servon. A noter que sur l’acte de baptême, c’est bien Aubert Honoré qui est noté et non Honoré Aubert !

Je n’ai pas encore retrouvé l’acte de décès du père d’Honoré. Sa mère est décédée à Céaux, le 2 décembre 1930.

Est-ce que Frida l’a connue ou était-elle déjà morte lorsqu’elle a rencontré Honoré ? Si on laissait aller l’imagination, on pourrait penser qu’en fréquentant, un même lieu qu’Honoré, est-ce l’église ou est-ce ailleurs, Frida aurait compris la tristesse d’Honoré et l’aurait consolé. Mais, ce n’est que de la fiction !

En tout cas, un article du journal d’Avrancche du 24 septembre 1910 m’a alertée:

En sachant qu’Honoré fut incorporé comme jeune soldat au 1er régiment d’Infanterie coloniale à compter du 9 octobre 1913, on peut imaginer qu’un événement l’a incité à louer la ferme familiale.

Est-ce le décès de son père ?

Insigne du Régiment Infanterie Coloniale

Carrière militaire

Pourquoi Honoré s’est retrouvé dans La Coloniale ? La volonté de faire carrière, peut-être, et/ou celle de changer de conditions, de voir du pays…difficile de le savoir précisément.

Mais, l’ancien nom de ce régiment était le régiment de la Manche basé dès 1900 à Cherbourg. (Wikimanche) . Cela explique le choix de son arme.

Uniforme du Régiment d’Infanterie Coloniale

Fringuant, Honoré devait l’être. Lui qui quelques années plus tard, sera bedonnant mais posant son bras replié à l’arrière avec son pantalon clair, ses bretelles et chemise blanche, droit, derrière « ses » femmes, sur une plage alors qu’elles, sa femme et sa fille, sont en maillots de bain !

Pour connaître le parcours militaire d’Honoré, voir l’article Carrière militaire d’Honoré

Retour à la vie civile

Il a 37 ans, a vécu une vie de caserne et de guerre sans femme et enfants déclarés. Il a connu les atrocités de la guerre de 14, les missions de police au Liban, l’étouffement de la rébellion marocaine dans la guerre du RIF. Il a voyagé à travers le monde et s’est fait des amitiés indéfectibles. Comment envisage-t-il son retour à la vie civile. Certes, il doit aussi être fatigué de vivre une vie de troupe mais, il n’a connu que ça. Pris en charge du matin au soir, est-il capable de revenir à une vie de rituel, de respect des convenances bourgeoises, de rentrer dans le rang de ne plus ressentir l’adrénaline de la peur et devenir un mari et un père attentionné, sans problème !

En juillet 1929, Honoré obtient sa pension.

De retour à la vie civile, Honoré trouve l’emploi d’aide comptable aux usines Renault de Billancourt. Il sera fier d’obtenir la médaille d’honneur du travail en argent pour trente années d’emploi.

En tout cas, Honoré est un homme aimant l’ordre, respectant les règles avec une autorité qui, au fil des années, est devenue naturelle. Habitué à commander et à faire appliquer les ordres des autres, il sait se faire respecter. De plus, toute la famille reconnaît sa gentillesse.

Direction Paris

Mais, Honoré avait du charme. Imaginons-le dans son costume sombre avec toutes ses médailles, lorsqu’il s’apprêtait à partir pour une commémoration, un dîner d’anciens, etc…Quelle allure !

Mais n’oublions pas qu’il avait roulé sa bosse ! Il avait dû en rencontrer des femmes qui s’étaient épanchées sur son épaule, qui avaient tenté de l’accrocher. Il avait dû en fréquenter, de celles qui ne font pas de manière. Mais, il était soucieux de respectabilité. Pas question de se laisser alpaguer par la première venue. Mais, c’est Frieda qui y est arrivée.

Celui que Suzanne considérait comme son père décède !

Ce 11 juillet 1960*, les températures sur Paris étaient assez fraîches pour la saison. De plus, un vent fort sévissait sur la France. Mais, dans la famille, on ne s’en souvient plus ! Car, à 5 heures, Honoré est décédé dans son appartement au 55 rue Claude Terrasse. C’est Claude Chichou, 39 ans, employé, qui vient faire la déclaration le lendemain. À noter, que sur l’acte de décès, Dik s’écrit encore en supprimant le « c » !

Honoré est enterré au cimetière intercommunal de Pantin le 13 juillet.

Cette chronique reprend les feuillets trouvés dans les affaires de famille, rendant compte des états de service d’Honoré qu’il avait constitué pour faire valoir ses droits de pension.

  • Actes d’état civil archivés

Famille D

FILIATION

Daniel Elysée J, cheminot

Daniel Elysée naît le 16 janvier 1884*, au même endroit que ses autres sœurs, c’est-à-dire à Désaignes. Il est le 3ème de la famille formée par Frédérick Juston, âgé de 26 ans, cultivateur, aux Guyons dans la commune de Désaignes et de Mariette Eulalie dite aussi Lalie Desjammes, âgée de 23 ans, ménagère. Il y aura 6 enfants dans la famille dont ma grand-mère, Eulalie Elisa.

Daniel Elysée

Son second prénom est Élisée qui lui vient de son oncle, employé de banque, qui sera témoin à son mariage. Et, il donnera son prénom à mon père. Ainsi va la filiation chez les J !

Le régiment Royal devient le 23e régiment d’infanterie de ligne ci-devant Royal.

Son service militaire se déroule en seconde classe du 14 novembre 1895 au 17 septembre 1898 au 23ème régiment d’Infanterie basé à Privas. Par contre, pendant la première guerre mondiale, il est considéré « comme appelé sous les drapeaux mais maintenu dans son emploi du temps de paix au titre des sections de chemin de fer de campagne du 2 août 1914 au 5 février 1919 ».

Il se mariera avec Clémentine Pons à Lamastre le 9 mars 1900* au Fiol. Une petite fille naîtra un an plus tard : Magdeleine Adilie le 12 novembre1901 à Valence.

Car, Daniel Elysée est employé de La Compagnie des chemins de fer Paris Lyon Méditerranée-PLM. Sa fiche aux Archives nationales du Monde du Travail (ANMT) renseigne sur ses différentes affectations.

Sa carrière de cheminot

Au départ, Daniel Elysée est connu comme cultivateur chez ses parents à Lamastre. Le développement industriel transforme les emplois. Il rentre dans l’entreprise des Chemins de fer le 1er avril 1901 comme journalier à 3,30 par jour. Au 1er juin 1903, il devient Poseur à 90 francs par mois. Son salaire, dont on suit la progression, augmente jusqu’au 1er janvier 1928 et atteint 475 F. /Mois augmenté d’un complément pour pose qui atteint 427, 50. Car, depuis 1919, Daniel Elysée est chef cantonnier.

Au 1er février 1929, il est mis à sa retraite à sa demande. Sa pension est de 5617 F. Qui se décomposent ainsi :

Pension 4680 F.

Bonification de 937 F.

Une feuille latérale détaille les punitions et gratifications attribuées au cours de sa carrière.

Cet homme était consciencieux et impliqué dans son travail. Ses états de service démontrent qu’il était un professionnel responsable !

Clémentine est garde-barrière

Garde-barrière est devenu une profession à part entière après la loi du 15 juillet 1845 instituant la nécessité de sécurité au croisement du rail et des routes. Mais l’amplitude horaire du travail, les conditions d’habitat plus que précaires, aucune vacance, en faisaient un emploi réservé aux femmes lorsqu’il était rémunéré ! En 1996, la loi imposera un personnel permanent dans une baraque attenante pour l’entretien aussi.

« A partir de 1910, et après un mouvement de grève conséquent, les gardes-barrières sont gratifiées d’une indemnité mensuelle de 10 à 75 francs, selon leur classe, selon si elles sont mariées, veuves, divorcées ou célibataires avec ou non des enfants à charge. » Le travail des femmes autrefois Roger Colombier

Clémentine est entrée au 1er janvier 1905 dans l’entreprise. Sa fiche de travail témoigne de son parcours sur la ligne Paris -Antibes. En 1925, elle est mise en disponibilité en raison de la mutation de son mari. Sa mise à la retraite est effective en 1929.

Ses domiciles

En 1902*, au moment de la naissance de leur fille Magdeleine Adilie, ils habitent à Valence, précisément à la Maison Roux, 67 rue de l’Ecole normale.

En 1911*, on retrouve le couple et leur fille à Saint-Rambert-d’Albon dans la Drome.

A la retraite, en 1936*, ils sont avenue de la République à Granges-les-Valence au numéro 44 sur la rive droite de Valence.

Vers 1953, Daniel décède à Guilherand-Granges en Ardèche.

A ce jour, je n’ai pas encore trouvé la date et le lieu de décès de Clémentine.

Formulaire de recherche de La Compagnie des chemins de fer Paris Lyon Méditerranée (PLM)

Le travail des femmes autrefois Roger Colombier

*Acte état civil archivé

Filiation A /J

Filiation

La jeunesse de Robert

Comme l’indique son acte de naissance, Robert est né le 9 décembre 1924* au 11 rue Le Brun dans le 11ᵉ arrondissement à 7 h du matin. C’est la sage-femme qui fait la déclaration. Berthe reconnaîtra l’enfant le 20 janvier 1925 à la mairie de son domicile, le quatorzième arrondissement, soit plus d’un mois et demi plus tard.

A-t-elle su dès la grossesse qu’elle serait seule à élever cet enfant ? Est-ce qu’elle l’a découvert au moment de la naissance ? La rencontre du père et l’enfant n’auront, en tout cas, pas fait fléchir l’homme dans sa volonté de ne pas assumer sa paternité ! Et, l’histoire familiale retiendra une jeune femme libre et indépendante qui choisit d’en assumer seule la responsabilité.

Mais le hasard revient frapper à la porte des vies.

En effet, Berthe habite au 18 rue Couédic à Paris 75014. Son arrière-petit-fils habitera, des années plus tard, la rue d’à côté, rue Remi Dumoncel dans ce quartier du Petit Montrouge.

Néanmoins, au recensement de 1926, ils ne sont plus à la même adresse, ni en 1931.

L’histoire familiale a retenu que Berthe était culottière chez Balenciaga, qui avait son siège à Paris. Des recherches sont en cours aux Archives nationales du monde du travail à Roubaix.

  • Couturier de la famille royale espagnole, Balenciaga s’installe à Paris à la fin des années 1930 où il s’impose comme le « couturier des couturiers » de la mode parisienne. Il s’installe à Paris en 1937 où il ouvre sa nouvelle maison de couture au 10 avenue George V. Wikipédia

Si la maison parisienne de Balenciaga ouvre en 1937, où travaillait Berthe à la naissance de Robert ?

Est-ce que l’enfant l’a obligée à revenir en Loire-Atlantique ? En tout cas, à Nantes, elle pouvait compter sur sa mère, et surtout ses deux sœurs, Germaine et Marie.

Marie s’est mariée le 12 mai 1922* à Chantonay-sur-Loire. Elle est majeure et habite certainement encore chez ses parents au 22 rue Amiral du Chauffault. Son mari Léon Ferdinand Eriau est quatre ans plus âgé qu’elle. Lui aussi vit dans la même commune. Leur fille Liliane Jeanne Louise Fernande naît six mois plus tôt, le 4 juillet 1924. Sûr que les deux sœurs ont dû se sentir proches de partager cette aventure !

Beaucoup de Blancs encore dans cette jeunesse.

*Acte état civil archivé

Famille J

FILIATION

Jeanne Marie Joliveau

Pierre Joliveau, âgé de 41 ans, déclare le 29 juillet 1861* la naissance de sa fille Jeanne Marie qu’il a eue avec sa femme Jeanne Lecombe, âgée de 28 ans. Pierre est laboureur à la Haie Châpeau.

En 1872, au recensement de Pannecé*, on apprend qu’ils habitent au lieu-dit Caquereau. Ils sont la septième famille du hameau.

Lorsqu’on fait la focale sur un ancêtre, on découvre des choses qu’on ne soupçonnait pas et les recherches rebondissent au fil des trouvailles. Ainsi, ce document nous apprend que Jeanne Marie avait des frères et sœurs. Elle était la seconde d’une fratrie de cinq.

Ses frères et sœur

Sur les différents actes de naissance des enfants, on retrouve Mathurin Foucher, déclaré voisin laboureur habitant le petit bourg, marié avec Louise Joliveau et décédé le 25 septembre 1875, toujours à Pannecé. Aucune signature de Pierre et même de ses amis qui l’accompagnent.

Son frère aîné, Jean, naît le 17 octobre 1857 * et décède le 12 juillet 1888.

Au XIXe siècle, il est commun de donner plusieurs prénoms à l’enfant. En général, le premier est celui du père. Le prénom d’usage est souvent le second prénom que l’on retrouve souvent sur les actes de mariage. Et souvent, le troisième est en rapport avec celui de la mère.

Ici, Jean est le seul prénom offert à cet enfant. Alors que les autres enfants de la fratrie auront plusieurs prénoms.

Son second frère Théophile Marie est né le 28 juillet 1863* toujours dans le même hameau. Sa fiche de conscrit nous renseigne sur sa petite taille (objet de l’éviction de son service militaire) et sur son niveau d’étude. Il sait lire et écrire, mais n’a pas un niveau primaire. On apprend aussi qu’il a habité Cholet. Son décès est aussi mentionné à 37 ans.

Son troisième frère Louis Félix est né le 3 février 1869*. On le retrouve toujours à Pannecé comme serviteur en 1906. Sa fiche de conscrit militaire n’est pas aux AD de Loire Atlantique.

Félicie est déclarée par le recensement de 1872*. Seulement, on ne retrouve aucun document la concernant.

Le mariage de Jeanne Marie

Elle se marie avec Mathurin Juton le 18 novembre 1844 à Riaillé.

Lui est né le 3 avril 1854* à Saint Herblon. Il est le fils aîné d’une fratrie de six. À sa naissance, son père est déclaré cultivateur propriétaire à Sant-Herblon à la ferme Ebau. Mathurin, lui, est déclaré journalier laboureur. Il a 30 ans lorsqu’il se marie avec Jeanne Marie.

Histoire d’un couple exilé

Un an plus tard, Joseph Pierre naît le 21 septembre 1885* à Chantenay sur Loire, commune au sud-ouest qui sera absorbée par la ville de Nantes au début du XXe siècle. Mathurin, son père, est parti de la ferme puisqu’il est déclaré manœuvre. La famille s’installe chemin de Biarmes. Aucun parent n’entoure le père pour sa déclaration. C’est un voisin accompagné d’un cordonnier qui assiste Mathurin.

Pourquoi la jeune famille quitte le petit hameau qui abrite leurs deux familles depuis si longtemps ?

La rumeur familiale semble avoir une explication. Jeanne Marie était employée comme bonne chez le châtelain, ou le puissant, du lieu. Il semblerait qu’elle est subie un viol par le maître, à l’époque, on disait qu’elle « s’était fait sauter par lui « ! On comprend mieux pourquoi le jeune couple s’implante loin et que Mathurin apprend un métier alors qu’il était laboureur !

Le second enfant Augustin Théophile naît deux ans plus tard, le 6 octobre 1887* toujours à Chantonay. Deux entrepreneurs accompagnent le père pour la déclaration.

Un autre enfant, Charles Emmanuel, naît le 26 mars 1889*. La famille vit toujours au même endroit. Un autre cordonnier et un sabotier accompagnent le père. Malheureusement, l’enfant meurt six mois plus tard, le 6 juillet 1889.

Georges naît le 25 mai 1890*. Pour lui, un seul prénom ! Ce sont les mêmes témoins qui accompagnent le père et la famille vit toujours au même endroit. L’enfant décède le 10 mars 1891.

Jeanne Marguerite naît le 7 mars 1892*. C’est un autre sabotier qui accompagne son collègue et le père de l’enfant. L’enfant décède quatre ans plus tard.

Germaine Berthe Marguerite naît le 24 octobre 1894*. Mathurin est camionneur. Et ce sont ses deux amis qui l’accompagnent pour la déclaration. La famille a déménagé au Bd de Chantonay toujours à Chantonay sur Loire.

Berthe Georgette Marie naît le 20 juin 1998*. Ce sont deux nouveaux amis qui accompagnent le père.

Marie Madeleine Jeanne naît le 18 avril 1900*. Lors du recensement de 1901, la famille habite toujours au même endroit. Joseph, quinze ans, est déclaré mousse chez Dauché. Auguste, treize ans, est garçon de laboratoire chez Perthuis et Joly. Mathurin est aussi employé chez Dauché comme camionneur.

Raymond Félix naît le 21 octobre 1902. Il décède un an plus tard. La famille a déménagé au 25 boulevard de la Liberté toujours à Chantonay sur Loire.

Uniquement cinq deviendront adultes.

Et ensuite…

Mathurin décède le 19 mars 1925 à 71 ans et Jeanne Marie, le 22 novembre 1949 à 88 ans.

Et encore quelques photos

Mathurin et Jeanne Marie

*Acte état civil archivé

Famille J

FILIATION

Carte Identité d’étranger

Le décret de 1917 institue un papier indispensable à tous étrangers en France, la CI étranger. Celle-ci leur sert de sauf-conduit. Elle est gratuite et comporte deux couleurs selon l’affectation du travail, de couleur verte pour l’industrie et jaune marron pour l’agriculture.

Tout étranger de plus de quinze ans et séjournant plus de quinze jours en France, a l’obligation de posséder cette carte, délivrée par les préfets, et de la faire viser à chaque changement de résidence. Archives départementales du Pas-de-Calais

À partir de 1920, elle est de couleur blanche et comporte la mention agriculture ou industrie. Mais, à partir de 1922, pour désengorger les commissariats et les postes frontières, seul un sauf-conduit est nécessaire. Par contre, la carte d’identité devient payante et est envoyée à la préfecture du lieu d’accueil. Et, l’ouvrier dispose de 8 jours pour la récupérer.

Déclaration de résidence (en exécution de la loi du 8 août 1893) de Sébastien Aniorte dans la commune de Saint-Étienne en 1923 © Archives départementales de la Loire série M, dossier 1084.

En 1924, un nouveau décret modifie les conditions d’obtention de la CI d’étranger. Ce sont les mairies qui dorénavant sont habilitées à les gérer. Les difficultés sont alors nombreuses. Le manque d’interprètes, les problèmes à gérer, etc. font que les demandes sont moins bien remplies, lorsqu’elles le sont.

Les démarches

À son arrivée à la frontière, l’étranger obtient un sauf-conduit pour se rendre à sa destination.

L’étranger a 48 h à partir de son arrivée pour faire une demande de carte d’identité à la mairie de sa destination ou au commissariat. Il faut 4 photos d’identité, justifier de son identité avec son passeport, le contrat de travail et le mandat pour payer le document.

La demande est reportée sur une fiche blanche destinée au dossier central et sur une fiche jaune destinée à la préfecture. Un numéro de carte est affecté et reporté sur cette fiche.

La CI

Son renouvellement doit se faire tous les deux ans, à partir de 1924 avec changement de photo. En attendant le changement qui doit se faire au premier trimestre de la seconde année, le possesseur doit rendre son ancienne carte et reçoit un récépissé.

Sa nouvelle CI comporte un nouveau numéro et est changée à expiration ou si changement de travail.

Sources

Généalanille

Histoire Immigration

Famille K

Famille S

FILIATION

Brève histoire des juifs du Levant

Après la victoire des chrétiens contre le royaume de Grenade, les juifs furent expulsés de l’Espagne en 1492 et du Portugal en 1496. (Décret de l’Alhambra)

Expulsion des juifs de Séville -Tableau de Joaquim Turina Y Areal – XIXè s.

Les Juifs de la péninsule émigrent alors (sauf ceux qui se convertissent, devenant alors des « marranes ») vers l’Italie, les Balkans, les pays d’Afrique du Nord, l’ Empire Ottoman.

Expulsion des juifs en Europe (1100 – 1600)

Expulsion des juifs de 1100 à 1600

Cette population dispersée mais dotée d’une riche culture espagnole a longtemps conservé sa spécificité culturelle, parlant le judéoespagnol souvent appelé aussi le Ladino. Par contre, les élites à Salonique parlent le français.

Leurs influences furent importantes car toutes les communautés méditerranéennes ont fini par être désignées comme séfarades.

Séfarad est le mot hébraïque pour désigner la péninsule ibérique et l’Espagne en particulier, Ashkenaz correspond à l’Europe chrétienne (l’Europe de l’Est avec le Yiddish) . Les Juifs séfarades sont donc stricto sensu les juifs d’Espagne et du Portugal.

Avec leur diaspora, les Séfarades sont devenus en général multiculturels, mélangeant les influences arabes, berbères, espagnoles, portugaises, grecques ou turques puis françaises.

Au fil du temps, Salonique devient le centre mondial du judaïsme séfarade, au point d’être surnommée la « Jérusalem des Balkans » et la « madre de Israël ».

Salonique du XVI au XVII siècle

Au XVIIIe siècle, Salonique reste le débouché naturel des Balkans : grains, laines, cotons, soies et tabacs de la région transitent par son port, puis vers Constantinople. La ville est un de ses principaux centres d’approvisionnement, mais aussi vers les autres régions de l’Empire ottoman.

Chaque groupe d’exilés y fonde sa congrégation, le kahal. Salonique compte plus de trente de ces communautés, chacune étant regroupée autour d’une synagogue portant le nom de la région d’origine du groupe (par exemple Arago) qu’un conseil de rabbins vient chapeauter par la suite.

Vue générale de Thessalonique en 1831 – Port fermé et trains à l’arrêt le samedi

Salonique, au début du XXe siècle

Salonique est une des plus grandes et des plus modernes villes de l’Empire ottoman. Entre 1840 et 1912, le volume des échanges commerciaux de la ville est multiplié par vingt, ce qui en fait le second port de l’Empire (derrière Constantinople). C’est donc une ville riche où la scolarisation est importante chez les juifs. Les premières loges maçonniques se créent aussi. La ville irradie dans cette partie de la Méditerranée

En 1908, un mouvement de jeunes-turcs naît à Salonique qui désire réformer le vieil Empire ottoman. Pour étouffer leur révolte, le sultan met en place une nouvelle constitution. Une année après, les mouvements contestataires continuent et ils remplacent le sultan par son frère.

La légende raconte qu’un édit fait par le rabbin permet au jeunes turcs de circuler le samedi. Et on assigne à résidence à Salonique le sultan destitué. Le mouvement choisit de conserver la clandestinité. La communauté juive dans son ensemble est en général favorable à l’Empire ottoman. Le nouveau Sultan est venu remercier la ville et il a pris trois enfants, un juif, un grec et un turc, pour leur offrir une « bonne » éducation dans la capitale, Constantinople.

En 1912/ 1913, c’est la première guerre des Balkans. En 1912, les troupes grecques entrent dans la ville, accompagnées de soldats bulgares. En 1913, les Grecs annexent Salonique qui reprend son nom qui lui vient de la Grèce antique,Thessalonique. Des musulmans partent pour l’Asie mineure. Le rôle des juifs décline. Beaucoup émigrent aux États-Unis, en Angleterre, en France, en Italie, à Alexandrie.
Une deuxième guerre balkanique éclate en 1913. Les Bulgares non antisémites sont défaits. En novembre 1912, La ville de Salonique entre officiellement dans la Grèce.

Carte postale de Salonique vers 1917

Catastrophe à Salonique

En 1917, un incendie détruit complètement la ville. Les maisons souvent construites en bois ont toutes brûlé. Des milliers de documents communautaires disparaissent.

Selon la légende locale, l’incendie s’est déclaré durant un après-midi de Shabbat, pendant la Première Guerre mondiale, lorsque le charbon utilisé par un réfugié de guerre qui faisait cuire des aubergines s’est renversé sur le sol. Un vent féroce a alors attisé les flammes, provoquant un embrasement majeur qui a laissé les deux-tiers de la ville en cendres et a réduit à néant les logements de 70 000 habitants, dont 52 000 juifs.

Extrait de Times of Israël

Trente-deux synagogues, 10 bibliothèques rabbiniques, huit écoles juives, les archives communales et de nombreuses entreprises et organisations caritatives juives, ainsi que des clubs communautaires, ont été détruits.

La tenue des registres d’état civil par la Communauté Juive a continué après l’incorporation de Salonique à la Grèce en novembre 1912 et cela jusqu’en 1982, année de la reconnaissance du mariage civil par la Grèce.

Souvent le frère aîné d’une famille de Salonique partait en occident pour établir un pont et si ça marchait bien, les autres jeunes de la famille suivaient.

Au cours de la seconde guerre mondiale, les nazis ont anéantis plus de 90 % de la population juive de la ville.

La ville s’est toujours appelée Thessalonique pour célébrer la victoire de Théssalie.

Famille S

FILIATION