Jeanne Marie Joliveau

Pierre Joliveau, âgé de 41 ans, déclare le 29 juillet 1861* la naissance de sa fille Jeanne Marie qu’il a eue avec sa femme Jeanne Lecombe, âgée de 28 ans. Pierre est laboureur à la Haie Châpeau.

En 1872, au recensement de Pannecé*, on apprend qu’ils habitent au lieu-dit Caquereau. Ils sont la septième famille du hameau.

Lorsqu’on fait la focale sur un ancêtre, on découvre des choses qu’on ne soupçonnait pas et les recherches rebondissent au fil des trouvailles. Ainsi, ce document nous apprend que Jeanne Marie avait des frères et sœurs. Elle était la seconde d’une fratrie de cinq.

Ses frères et sœur

Sur les différents actes de naissance des enfants, on retrouve Mathurin Foucher, déclaré voisin laboureur habitant le petit bourg, marié avec Louise Joliveau et décédé le 25 septembre 1875, toujours à Pannecé. Aucune signature de Pierre et même de ses amis qui l’accompagnent.

Son frère aîné, Jean, naît le 17 octobre 1857 * et décède le 12 juillet 1888.

Au XIXe siècle, il est commun de donner plusieurs prénoms à l’enfant. En général, le premier est celui du père. Le prénom d’usage est souvent le second prénom que l’on retrouve souvent sur les actes de mariage. Et souvent, le troisième est en rapport avec celui de la mère.

Ici, Jean est le seul prénom offert à cet enfant. Alors que les autres enfants de la fratrie auront plusieurs prénoms.

Son second frère Théophile Marie est né le 28 juillet 1863* toujours dans le même hameau. Sa fiche de conscrit nous renseigne sur sa petite taille (objet de l’éviction de son service militaire) et sur son niveau d’étude. Il sait lire et écrire, mais n’a pas un niveau primaire. On apprend aussi qu’il a habité Cholet. Son décès est aussi mentionné à 37 ans.

Son troisième frère Louis Félix est né le 3 février 1869*. On le retrouve toujours à Pannecé comme serviteur en 1906. Sa fiche de conscrit militaire n’est pas aux AD de Loire Atlantique.

Félicie est déclarée par le recensement de 1872*. Seulement, on ne retrouve aucun document la concernant.

Le mariage de Jeanne Marie

Elle se marie avec Mathurin Juton le 18 novembre 1844 à Riaillé.

Lui est né le 3 avril 1854* à Saint Herblon. Il est le fils aîné d’une fratrie de six. À sa naissance, son père est déclaré cultivateur propriétaire à Sant-Herblon à la ferme Ebau. Mathurin, lui, est déclaré journalier laboureur. Il a 30 ans lorsqu’il se marie avec Jeanne Marie.

Histoire d’un couple exilé

Un an plus tard, Joseph Pierre naît le 21 septembre 1885* à Chantenay sur Loire, commune au sud-ouest qui sera absorbée par la ville de Nantes au début du XXe siècle. Mathurin, son père, est parti de la ferme puisqu’il est déclaré manœuvre. La famille s’installe chemin de Biarmes. Aucun parent n’entoure le père pour sa déclaration. C’est un voisin accompagné d’un cordonnier qui assiste Mathurin.

Pourquoi la jeune famille quitte le petit hameau qui abrite leurs deux familles depuis si longtemps ?

La rumeur familiale semble avoir une explication. Jeanne Marie était employée comme bonne chez le châtelain, ou le puissant, du lieu. Il semblerait qu’elle est subie un viol par le maître, à l’époque, on disait qu’elle « s’était fait sauter par lui « ! On comprend mieux pourquoi le jeune couple s’implante loin et que Mathurin apprend un métier alors qu’il était laboureur !

Le second enfant Augustin Théophile naît deux ans plus tard, le 6 octobre 1887* toujours à Chantonay. Deux entrepreneurs accompagnent le père pour la déclaration.

Un autre enfant, Charles Emmanuel, naît le 26 mars 1889*. La famille vit toujours au même endroit. Un autre cordonnier et un sabotier accompagnent le père. Malheureusement, l’enfant meurt six mois plus tard, le 6 juillet 1889.

Georges naît le 25 mai 1890*. Pour lui, un seul prénom ! Ce sont les mêmes témoins qui accompagnent le père et la famille vit toujours au même endroit. L’enfant décède le 10 mars 1891.

Jeanne Marguerite naît le 7 mars 1892*. C’est un autre sabotier qui accompagne son collègue et le père de l’enfant. L’enfant décède quatre ans plus tard.

Germaine Berthe Marguerite naît le 24 octobre 1894*. Mathurin est camionneur. Et ce sont ses deux amis qui l’accompagnent pour la déclaration. La famille a déménagé au Bd de Chantonay toujours à Chantonay sur Loire.

Berthe Georgette Marie naît le 20 juin 1998*. Ce sont deux nouveaux amis qui accompagnent le père.

Marie Madeleine Jeanne naît le 18 avril 1900*. Lors du recensement de 1901, la famille habite toujours au même endroit. Joseph, quinze ans, est déclaré mousse chez Dauché. Auguste, treize ans, est garçon de laboratoire chez Perthuis et Joly. Mathurin est aussi employé chez Dauché comme camionneur.

Raymond Félix naît le 21 octobre 1902. Il décède un an plus tard. La famille a déménagé au 25 boulevard de la Liberté toujours à Chantonay sur Loire.

Uniquement cinq deviendront adultes.

Et ensuite…

Mathurin décède le 19 mars 1925 à 71 ans et Jeanne Marie, le 22 novembre 1949 à 88 ans.

Et encore quelques photos

Mathurin et Jeanne Marie

*Acte état civil archivé

Famille J

FILIATION

Alliance Israélite Française

Depuis peu les archives de Salonique confisquées par l’Allemagne Nazie puis récupérés par la Russie ont été rendues à la ville. De nombreux documents sont donc accessibles. Du coup, l’importance de l’Alliance Israélite Universelle apparaît prépondérante pour le rayonnement de la culture francophone.

Fondée à Paris en 1860 par des juifs riches qui veulent éduquer les populations juives en Orient, elle s’implante à Thessalonique au début du XXè siècle pour ouvrir son premier établissement français en 1860.

Du Maroc à la Turquie, de la Palestine à la Bulgarie, des générations de jeunes garçons, et pour la première fois de jeunes filles, acquièrent un savoir qui leur permet de sortir de leur condition de dominés en terre d’islam. France archives

Son siège parisien se trouve au 27 avenue de Ségur à Paris et sa bibliothèque est accessible au 6 bis rue Michel-Ange dans le 16è à Paris.

Salonique

La première école de garçons est créée en 1873 et celle des filles en 1875.

L’élite de la ville est éduquée dans ces écoles. Les hommes les fréquentent au début, lorsque les femmes continuent à parler la langue judéo-espagnole (qui s’écrit avec des lettres hébraïques), mais de plus en plus de filles fréquentent les écoles primaires.

Beaucoup de livres et de journaux s’écrivent avec des lettres latines. La langue française devient la langue du commerce.

On abandonne les prénoms hébraïques pour les prénoms occidentaux. De nombreuses familles de la communauté entretiennent des liens étroits avec l’Alliance Israélite Universelle.

Lien avec la famille Salem.

Un certain Emmanuel Salem s’occupe de créer le comptoir de Salonique.

Je ne sais absolument pas s’il faut le rapprocher de la famille qui nous occupe. En tout cas, on retrouve cet Emmanuel dans le document suivant sur les membres actifs

On retrouve aussi dans les archives un certain Daniel S, avocat, qui a beaucoup milité pour rechercher des donateurs. Dans les listes, j’ai retrouvé une donation d’un certain Jacok Aster Salem qui pourrait être le père de Léon.

Ces structures permettent le développement de la langue française, comme le démontre le niveau possédait par Léon Salem.

Histoire des juifs de Salonique

France archives

Bulletin des anciens élèves

Famille S

FILIATION

Jean-Pierre, soldat de Napoléon

Infanterie en 1805

Les soldats qui ont servi sous Napoléon sont en cours d’indexation. En cherchant sur toutes les branches familiales, et pour l’instant, j’ai trouvé une seule fiche, celle de Jean-Pierre Crouzet, dont la date de naissance n’est pas sûre. Sur mon arbre, j’ai noté le 15 novembre 1786 et sur sa fiche militaire le 31 mars 1789. Sur le lieu, il y a accord : à Désaignes en Ardèche.

Napoléon et le début de l’État civil moderne

Il faut savoir que les actes d’États civils avant le décret du 20 septembre 1792 étaient établis par les paroisses. Il est probable que ma famille ait été de confession protestante et la tenue de leurs registres s’est faite de façon systématique à partir de l’Édit de Tolérance de 1787. De plus, ils sont écrits en vieux français et nécessitent une attention soutenue pour les déchiffrer.

Registres paroissiaux protestants.

Le Temple est inauguré au début du XIXè siècle, en remplacement de celui construit au Moyen -Age.

Sa taille donne la mesure de l’importance de la communauté protestante de Désaignes au début du XIXe siècle.

Lorsque on appartient à un groupement de généalogistes amateurs qui mettent en commun leurs recherches, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, il est possible de croiser les découvertes de chacun.

Au delà d’une date de naissance plutôt improbable, donc, le nom du père et de la mère sont des indices sûrs. Et, le père de Jean-Pierre s’appelle Jacques et sa mère, Anne Perrier, comme sur la fiche matricule.

Soldat Crouzet

Jean-Pierre a tout juste 20 ans lorsqu’il est enrôlé. L’armée napoléonienne comptait plus de 700 000 hommes. Son matricule est 844 717. Il y reste trois ans. Et, on le mentionne « rester en arrière sur le front russe ».

Le 83e régiment d’infanterie (83e RI) est un régiment d’infanterie de l’Armée de terre française, à double héritage, créé sous la Révolution . Wikipédia

« Nous fûmes rangés en bataille et, après un mouvement en avant, quel fut mon étonnement d’apercevoir, à une demi-portée de canon, des colonnes ennemies d’Autrichiens, eux aussi rangés en bataille. Un calme sinistre régnait dans les rangs, bientôt interrompu par un torrent de feu qui nous enveloppa de toutes parts, et cette belle armée de 300 000 hommes disparut dans la fumée. Le feu était engagé sur toute la ligne ; on n’entendait plus que les cris des blessés et les gémissements des mourants ; des files entières étaient emportées par les boulets  »Jean-Baptiste Godin – A la bataille de Wagram

Retour au pays

Première forteresse d’après un dessin de la fin du XVIIIè siècle

Dès le 24 mai 1812 à Désaignes, il épouse Marianne RIALHAC, née le 28 octobre 1793 dans le village. A 30 ans lorsque sa fille nait, il est cultivateur à Désaignes.

Ils auront deux enfants : une fille qui porte le prénom de sa mère, née le 12 juillet 1913 et un garçon né en 1816 qui portera le prénom du père. Le prénom Marianne montre symboliquement un véritable attachement aux années révolutionnaires, devenant un symbole révolutionnaire. Pourtant, Napoléon n’est plus consul, mais empereur depuis son sacre en 1804.

Lors du mariage de sa fille avec Jean-Pierre Ladreyt Agier, Jean-Pierre, son père, est toujours déclaré vivre à Désaignes comme cultivateur aux Reboullets.

Mais, il décède à l’âge de 72/74 ans, le 29 septembre 1861.

Mémoire des hommes

Famille Agier

FILIATION

Caroline, institutrice ?

Caroline Désirée Jeanne Marie, la sœur de mon grand-père maternel, est née le 11 octobre 1886 * toujours à Pontivy. C’est son oncle Jean-François Le Maguet, buraliste receveur, le frère aîné de son père, qui est témoin de sa déclaration de naissance.

À la naissance de Caroline, Yves Marie est âgé de 31 ans et se déclare marchand. Sa femme Marie-Louise est âgée de 29 ans, se déclare marchande et ils habitent à Pontivy, toujours au 11 rue neu..ine, lecture incompréhensible. Je ne sais quel commerce ils animent !

Pour l’instant, les recensements de la ville de Pontivy ne sont pas numérisés.

Elle a deux frères aînés Yves Marie, au même prénom que son père, âgé de 3 ans et Eugène a 2 ans à sa naissance. Et son plus jeune frère, mon grand-père, Francis Jules, naîtra quatre ans plus tard.

Guiscriff

En 1906*, elle habite Guiscriff dans le Morbihan. Elle est référencée comme institutrice. Elle a tout juste 20 ans. Elle habite dans la 39ème maison du village. Il est probable qu’elle y louait une chambre car dans ce logement, était accueilli aussi un maréchal-Ferrant, Lannéval Jean né en 1879 à Gourin, son domestique, Le Bour François né en 1888 toujours à Gourin. Habite aussi la maison le secrétaire de Mairie, Le Goff Jean, né en 1865 dans le village et sa femme Marie, née en 1867 ainsi que leur fille, Marie née en 1893.

Institutrice ?

Le métier d’institutrice est facile à reconstituer. En général, la série T des Archives Départementales contient les dossiers des instituteurs, institutrices y ayant exercé.

Les premières démarches ont consisté à contacter les AD du Morbihan. Mais, il n’existait aucun dossier à son nom. Puisque Guiscriff est proche aussi du Finistère, demande fut aussi faite aux AD de ce département et même des Côtes d’Armor. Mais, là encore aucun dossier à son nom. Pourtant, dans un article dans le journal de Pontivy, on annonce sa titularisation.

Dommage, donc, car pour l’instant, son dossier n’est pas retrouvé !

Son décès

On dit, dans la rumeur de la famille, qu’avec son héritage, mon grand-père Francis- Jules, cuisinier de métier, aurait pu s’acheter un petit restaurant, mais pour l’instant les archives n’ont pas parlé !

*Acte état civil retrouvé

Famille Le Maguet

FILIATION

Madame Frieda

Trois jours avant son mariage, Frieda et son futur mari légitiment Suzanne, lui donnant un nouveau nom de famille. Leur mariage est célébré le 26 août 1933* dans le 16ᵉ.

Leur mariage

Honoré François Martin G. est né le 10 novembre 1891* à Servon dans la Manche. Il a 31 ans. Et au moment de son mariage, son père, qui porte le même prénom, est cultivateur à Céaux et sa mère, Victorine Lesénachal est décédée trois ans plus tôt, soit le 2 février 1930* à Céaux. Le petit village de Céaux est situé à 7 kilomètres de Servon, plus proche de la Manche. Actuellement, il comprend plus de 400 habitants.

Les témoins de leur mariage sont :

  • François Eugène Auguste Rimbert qui se déclare receveur buraliste à Granville. Il est né le 8 novembre 1896 à Lolif dans La Manche, situé à une vingtaine de kilomètres de Servon. Par décret du 28 juillet 1933, il est fait chevalier de la Légion d’honneur sur rapport du ministère de la Guerre alors qu’il était titulaire de la Médaille militaire. Ex-soldat au 109ᵉ Régiment d’artillerie lourde, il sera promu à la qualité d’officier par décret du 22 octobre 1947. Il est décédé en 1975. Il s’est marié avec Victorine Agathe Honorine Eugénie Gauchet, née le 5 février 1895 à Servon et décédée le 17 octobre 1978 au Kremlin-Bicêtre. Les archives numérisées de l’état civil s’arrêtent en 1892. Un courrier est envoyé demandant l’acte de naissance espérant prouver que c’est une sœur d’Honoré.
  • Victorine Lesénéchal, épouse Rimbert à Almenêches dans l’Orne

Petite précision

A sa naissance, son père Honoré était cultivateur dans une ferme du village de Servon. Il faudrait faire des recherches notariales pour savoir s’il en était propriétaire.

Honoré et Frieda habitent au 16 avenue Marois dans le 16ᵉ arrondissement.

Le recensement de 1936 les trouve au 55 rue Cl. Terrasse toujours dans le 16ᵉ avec Suzanne.

Lors des élections municipales de 1935 et 1936, la fiche d’électeur d’Honoré témoigne de ce déménagement dont on ne connaît pas la date exacte.

Pour information, aux élections de 1935, dans le quartier d’Auteuil, il y a un ballottage favorable à la droite sur les deux secteurs du quartier d’Auteuil, la diversité des candidats de droite étant la base de ce résultat. Politicomania

Avant d’être aide-comptable aux usines Renault à Billancourt, Honoré a eu une carrière de soldat. Voir chronique.

Honoré est décédé le 11 juillet 1960*. Il est enterré au cimetière de Pantin.

*Acte de l’État civil officiel récupéré