Servon, petit village de la Manche

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Nous sommes passés dans le petit village de Servon dans la Manche en région Normandie un samedi pluvieux sur le chemin de retour vers notre domicile. Ses 263 habitants étaient calfeutrés chez eux. La mairie était fermée, l’église aussi. Aucun commerce. L’école primaire a dû être transférée depuis longtemps dans le village voisin de Tanis. Ainsi, juste une exploration des quelques maisons entourant le centre du village.

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Pour rappel, Servon est le village natal d’Honoré Gauchet, mari de Frieda, l’endroit où il est né et d’où il est parti courir le monde son habit de militaire sur le dos.

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Église Saint-Martin

Au centre, domine l’église Saint-Martin, avec son clocher en dôme, construite entre les 14e et 18e siècle, classée au patrimoine historique religieux, avec son calvaire.

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Son chœur charpenté avec ses dix-huit personnages qui représentent la Jérusalem céleste.
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Un des six vitraux de Gabriel Loire, Maître-verrier
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Face à cette église toute simple mais particulièrement bien conservée, la foi d’Honoré semble compréhensible.

Le cimetière et son calvaire

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Inscrit aussi au patrimoine religieux, le calvaire invite le visiteur à découvrir le village.

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Impossible de se promener dans le cimetière, c’était fermé !

Seulement, sur le monument aux morts, deux noms attirent l’attention : Lesenechal et Guérendel. En effet, la mère d’Honoré était née Lesénéchal. Guérendel est le nom de l’arrière-grand-mère d’Honoré.

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Seconde Guerre mondiale

« Tôt, dans la matinée du 1ᵉʳ août, le Major General Robert Grow, qui commande la 6th US Armored Division, reçoit la visite du général Patton ; ce dernier lui annonce : « Prenez Brest… Pour samedi soir » ; près de trois cents kilomètres à parcourir en cinq jours !« 

Puis, quelques jours plus tard,

« Une centaine d’Allemands sont capturés. La route Nationale 176 est encombrée d’épaves, Pendant quelques jours les habitants de Servon et Tanis, goûtant à la liberté retrouvée, verront passer les blindés américains contournant l’obstacle.« 

Sources : Breakout and Pursuit par Martin Blumenson, Combat History of The 6th Armored Division, Combat Command B 6th AD History

La Mairie

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La mairie n’est ouverte que deux matinées par semaine. Sur le côté se trouve l’entrée d’une bibliothèque municipale.

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Les manoirs de Servon

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Vue du cimetière

À côté de l’église se trouve le manoir dit Grand Manoir, qui comporte une vaste cour carrée encadrée de bâtiments sur trois côtés, un colombier et un puits dans la cour. Résidence du receveur des domaines, actuellement, c’est un gîte de groupe.

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Un autre endroit est labellisé Produits fermiers et accueil à la ferme, c’est l’endroit dit Petit manoir de Servon.

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Un peu plus

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Pour aller plus loin :

Honoré François Martin Gauchet

Carrière militaire d’Honoré

Famille d’Honoré Gauchet

Et encore :

Facebook de Servon

Gîte du Grand Manoir

Le Petit Manoir

FAMILLE SUISSE

FILIATION

Honoré François Martin Gauchet

Honoré François Martin Gauchet est né le 10 novembre 1891*. Ses parents, Aubert et Victoire, sont cultivateurs domestiques au village des Parchet, rattaché à la commune de Servon dans la Manche.

Cadastre napoléonien

C’est à deux pas du Mont-Saint-Michel et actuellement, il n’y a plus que 208 habitants, comptés en 2020 ! Lorsqu’Honoré est né, ils étaient beaucoup plus nombreux : 508 :).

L’église fut donnée à l’abbaye du Mont-Saint-Michel, en 1239. Mais, sur la carte postale, le Grand manoir est mis en avant ! Depuis peu aux monuments historiques, cette maison accueillait les prêtres réfractaires et même les nobles après la Révolution.

Sa fratrie

Pour en revenir à la famille d’Honoré, il avait deux sœurs:

  • Marie Victoire Pauline, née un an plus tard, soit le 8 décembre 1892* toujours à Servon. Elle est décédée à l’âge de 79 ans, pas trop loin, à Avranches, le 9 février 1972*. Elle se serait mariée deux fois, sans que je n’aie retrouvé encore les actes officiels.
  • Victorine Agathe Honorine Eugénie, née le 5 février 1895*, toujours à Servon. Elle est décédée au Kremlin Bicêtre dans le Val de Marne le 17 octobre 1978*. Elle s’est mariée avec François Rimbert. Pour l’instant, aucun acte officiel retrouvé. Victorine était témoin au mariage d’Honoré et de Frieda en 1933.
  • François Engène Auguste Rimbert est né à Lotif dans la Manche le 8 novembre 1896. Il fut fait Officier de la Légion d’Honneur. Il décéda au Kremlin Bicêtre le 10 novembre 1975. Au moment de sa mort, il habitait à Bourg- La-Reine au 46 avenue Hoffmann. Il était receveur buraliste à Almenèches (Orne). Après ses blessures de guerre (plusieurs trépanations), il est irritable et excentrique. (Dossier Légion d’honneur)

Ses parents

Le père d’Honoré, Aubert Honoré, est né à Macey dans la Manche. Il est baptisé le 20 mai 1864. Il se marie avec Victoire Lesenechal le 20 octobre 1890 à Servon. Il est déclaré cultivateur domestique à Céaux à 5 km de Servon. A noter que sur l’acte de baptême, c’est bien Aubert Honoré qui est noté et non Honoré Aubert !

Je n’ai pas encore retrouvé l’acte de décès du père d’Honoré. Sa mère est décédée à Céaux, le 2 décembre 1930.

Est-ce que Frida l’a connue ou était-elle déjà morte lorsqu’elle a rencontré Honoré ? Si on laissait aller l’imagination, on pourrait penser qu’en fréquentant, un même lieu qu’Honoré, est-ce l’église ou est-ce ailleurs, Frida aurait compris la tristesse d’Honoré et l’aurait consolé. Mais, ce n’est que de la fiction !

En tout cas, un article du journal d’Avrancche du 24 septembre 1910 m’a alertée:

En sachant qu’Honoré fut incorporé comme jeune soldat au 1er régiment d’Infanterie coloniale à compter du 9 octobre 1913, on peut imaginer qu’un événement l’a incité à louer la ferme familiale.

Est-ce le décès de son père ?

Insigne du Régiment Infanterie Coloniale

Carrière militaire

Pourquoi Honoré s’est retrouvé dans La Coloniale ? La volonté de faire carrière, peut-être, et/ou celle de changer de conditions, de voir du pays…difficile de le savoir précisément.

Mais, l’ancien nom de ce régiment était le régiment de la Manche basé dès 1900 à Cherbourg. (Wikimanche) . Cela explique le choix de son arme.

Uniforme du Régiment d’Infanterie Coloniale

Fringuant, Honoré devait l’être. Lui qui quelques années plus tard, sera bedonnant mais posant son bras replié à l’arrière avec son pantalon clair, ses bretelles et chemise blanche, droit, derrière « ses » femmes, sur une plage alors qu’elles, sa femme et sa fille, sont en maillots de bain !

Pour connaître le parcours militaire d’Honoré, voir l’article Carrière militaire d’Honoré

Retour à la vie civile

Il a 37 ans, a vécu une vie de caserne et de guerre sans femme et enfants déclarés. Il a connu les atrocités de la guerre de 14, les missions de police au Liban, l’étouffement de la rébellion marocaine dans la guerre du RIF. Il a voyagé à travers le monde et s’est fait des amitiés indéfectibles. Comment envisage-t-il son retour à la vie civile. Certes, il doit aussi être fatigué de vivre une vie de troupe mais, il n’a connu que ça. Pris en charge du matin au soir, est-il capable de revenir à une vie de rituel, de respect des convenances bourgeoises, de rentrer dans le rang de ne plus ressentir l’adrénaline de la peur et devenir un mari et un père attentionné, sans problème !

En juillet 1929, Honoré obtient sa pension.

De retour à la vie civile, Honoré trouve l’emploi d’aide comptable aux usines Renault de Billancourt. Il sera fier d’obtenir la médaille d’honneur du travail en argent pour trente années d’emploi.

En tout cas, Honoré est un homme aimant l’ordre, respectant les règles avec une autorité qui, au fil des années, est devenue naturelle. Habitué à commander et à faire appliquer les ordres des autres, il sait se faire respecter. De plus, toute la famille reconnaît sa gentillesse.

Direction Paris

Mais, Honoré avait du charme. Imaginons-le dans son costume sombre avec toutes ses médailles, lorsqu’il s’apprêtait à partir pour une commémoration, un dîner d’anciens, etc…Quelle allure !

Mais n’oublions pas qu’il avait roulé sa bosse ! Il avait dû en rencontrer des femmes qui s’étaient épanchées sur son épaule, qui avaient tenté de l’accrocher. Il avait dû en fréquenter, de celles qui ne font pas de manière. Mais, il était soucieux de respectabilité. Pas question de se laisser alpaguer par la première venue. Mais, c’est Frieda qui y est arrivée.

Celui que Suzanne considérait comme son père décède !

Ce 11 juillet 1960*, les températures sur Paris étaient assez fraîches pour la saison. De plus, un vent fort sévissait sur la France. Mais, dans la famille, on ne s’en souvient plus ! Car, à 5 heures, Honoré est décédé dans son appartement au 55 rue Claude Terrasse. C’est Claude Chichou, 39 ans, employé, qui vient faire la déclaration le lendemain. À noter, que sur l’acte de décès, Dik s’écrit encore en supprimant le « c » !

Honoré est enterré au cimetière intercommunal de Pantin le 13 juillet.

Cette chronique reprend les feuillets trouvés dans les affaires de famille, rendant compte des états de service d’Honoré qu’il avait constitué pour faire valoir ses droits de pension.

  • Actes d’état civil archivés

Famille D

FILIATION