Carte Identité d’étranger

Le décret de 1917 institue un papier indispensable à tous étrangers en France, la CI étranger. Celle-ci leur sert de sauf-conduit. Elle est gratuite et comporte deux couleurs selon l’affectation du travail, de couleur verte pour l’industrie et jaune marron pour l’agriculture.

Tout étranger de plus de quinze ans et séjournant plus de quinze jours en France, a l’obligation de posséder cette carte, délivrée par les préfets, et de la faire viser à chaque changement de résidence. Archives départementales du Pas-de-Calais

À partir de 1920, elle est de couleur blanche et comporte la mention agriculture ou industrie. Mais, à partir de 1922, pour désengorger les commissariats et les postes frontières, seul un sauf-conduit est nécessaire. Par contre, la carte d’identité devient payante et est envoyée à la préfecture du lieu d’accueil. Et, l’ouvrier dispose de 8 jours pour la récupérer.

Déclaration de résidence (en exécution de la loi du 8 août 1893) de Sébastien Aniorte dans la commune de Saint-Étienne en 1923 © Archives départementales de la Loire série M, dossier 1084.

En 1924, un nouveau décret modifie les conditions d’obtention de la CI d’étranger. Ce sont les mairies qui dorénavant sont habilitées à les gérer. Les difficultés sont alors nombreuses. Le manque d’interprètes, les problèmes à gérer, etc. font que les demandes sont moins bien remplies, lorsqu’elles le sont.

Les démarches

À son arrivée à la frontière, l’étranger obtient un sauf-conduit pour se rendre à sa destination.

L’étranger a 48 h à partir de son arrivée pour faire une demande de carte d’identité à la mairie de sa destination ou au commissariat. Il faut 4 photos d’identité, justifier de son identité avec son passeport, le contrat de travail et le mandat pour payer le document.

La demande est reportée sur une fiche blanche destinée au dossier central et sur une fiche jaune destinée à la préfecture. Un numéro de carte est affecté et reporté sur cette fiche.

La CI

Son renouvellement doit se faire tous les deux ans, à partir de 1924 avec changement de photo. En attendant le changement qui doit se faire au premier trimestre de la seconde année, le possesseur doit rendre son ancienne carte et reçoit un récépissé.

Sa nouvelle CI comporte un nouveau numéro et est changée à expiration ou si changement de travail.

Sources

Généalanille

Histoire Immigration

Famille K

Famille S

FILIATION

Immigration économique polonaise

Dans l’histoire de l’actuelle Pologne, il y a eu trois vagues vers la France. Pas question ici de remonter au XVIIIè siècle où les liens ont été étroits. Cf, Place Stanislas à Nancy. Ici, sera évoquée l’immigration économique qui a poussé nombreux habitants de l’actuelle Pologne à s’exiler.

A partir de 1870, la première vague ouvrira des routes vers l’Allemagne, les État-Unis, le Brésil et plus tard vers la France. Devant le nombre de migrants qui s’installent à Chicago, dite deuxième ville polonaise après Varsovie, les frontières se ferment. Par exemple, Marie Curie est arrivée à Paris à la fin du XIXe siècle fuyant la russification de l’actuel territoire de Pologne.

Les conditions économiques obligent beaucoup de jeunes gens à voyager dans l’empire prussien à la recherche de travail rémunéré. certains donnent leur force de travail dans la Ruhr dans le secteur minier. On les appellent les Wesphaliens. Ils seront appréciés plus tard en France pour leur savoir-faire.

La première guerre mondiale laisse exsangue l’agriculture française et les premiers immigrés débarquent pour reconstruire tout ce pan économique. Mais, l’industrie a aussi besoin de bras…

D’un pays à l’autre

Le 3 septembre 1919, est signée à Varsovie une convention d’immigration entre la France et le tout jeune État polonais, né des décombres des empires et notamment de la Prusse et de la Russie. Elle prévoit le recrutement massif de travailleurs polonais, notamment dans les régions industrielles minières.

L’année suivante (3 juillet 1921), le projet de loi « portant approbation de la convention relative à l’assistance et à la prévoyance sociales conclue entre la France et La Pologne » est adopté par la Chambre qui établit directement des bureaux de recrutement en Pologne.

Ici, certificat de résidence de Pologne que le demandeur complétait par un extrait dcasier judiciaire.

Au départ, dans le Nord et l’Est de la France, cette Immigration est prise en charge par le ministère des Régions libérées. En 1921, le ministère passe la main au Comité des houillères de France.

La convention permet à l’industrie de « faire son marché » et d’organiser l’essor de sa productivité.

Au départ de Pologne

La Société Générale d’Immigration organisait le recrutement directement en Pologne dans des bureaux spéciaux, chargés de « trier » les demandeurs. Le prêtre de la paroisse délivrait un certificat de moralité. Une visite médicale permettait d’évaluer leur état de santé.

De plus, la France veillait à la Le centre le plus important était celui de Myslowise. Un contrat de 4 pages est remis à chaque postulant, traduit dans les deux langues.

Le trajet

En général, le trajet se fait en train sur deux ou trois jours.

Différents trajets d’immigration

A partir de 1923, la SGI ouvre l’autre trajet, en bateau vers Le havre et Dunkerque.

Toul, le plus grand centre d’accueil d’étrangers

Le centre dit de Toul est une zone sanitaire de transit pour des milliers de Polonais. En fait, les migrants arrivaient en gare de Toul et devaient rallier des baraquements de l’armée réquisitionnée pour leur accueil.

En 1931, on estime la population polonaise en France à 500 000 individus, hommes, femmes et enfants pour une population active de plus de 250 000 personnes, parmi eux presque tous connaissent une période de transit dans le dépôt de Toul. Par ailleurs, les archives du centre ont brûlé en 1939. Il ne reste donc rien, à part les documents privés.

De la gare, où des trains entiers déversaient les foules, uniquement des hommes au début, il fallait faire plusieurs kilomètres à pied pour rejoindre les baraquements. Alors, commençaient les vérification d’usage (Sureté générale, Hygiène et santé et évaluation de la possible main d’œuvre) qui pouvait durer trois jours. Après par convoi, les migrants étaient évacués vers les régions de France où ils étaient affectés.

Alors, chaque arrivant dispose d’un numéro et d’une affectation.

Ici sont photographiées la catégorie T de l’immigration, celles des bonnes de ferme.

La fermeture des mines allemandes va obliger les ouvriers à émigrer vers la France. Il leur sera fourni un sauf-conduit spécial.

Expulsion dès 1930/1932

Seulement, la crise économique mondiale, commencée aux États-Unis en 1929, commence a arriver en France dès le début des années 30.Le travail se raréfie. Les premiers qui seront renvoyés seront les hommes célibataires. Comme on a organisé leur venue, on organisera leur départ. Suivront après les couples et même les familles. Ceux qui sont restés, sont souvent ceux qui ont réussis à fonder une famille en France.

Tout était prétexte à expulsion: une dénonciation, une accusation sans fondement, une délation, etc. Le Front Polpulaire mettra fin à ces retours forcés.

6 130 000 expulsés selon les autorités françaises

Sources

Polonia

France Pologne généalogie

Exposition Polonia au Musée de l’Immigration du 2 mars au 28 août 2011

Famille K

FILIATION

Marie Eugénie, religieuse

Marie Eugénie est une grand-tante que je n’ai pas connue. Pourtant devenue religieuse des Filles de la sagesse le lien est très fort !

Parfum d’enfance

Lorsque je raconte mes vacances chez ma tante Geneviève, dans ses différents couvents, après le décès de mon père, ce sont pour moi des moments de joie et de soulagement. Pourtant, je vois dans les yeux de mes interlocuteurs de la compassion, au mieux, de la raillerie, au pire.

Marie-Louise Trichet fondatrice

Comment être heureuse dans un couvent en étant petite fille ? D’abord, ils ne connaissent pas les magnifiques bâtisses meublées avec de l’ancien, que je n’avais jamais connu au préalable. Ça sentait l’encaustique. Le silence était immense. Et pourtant mes journées étaient peuplées de rêves où j’étais une princesse en son château. J’imaginais des histoires extraordinaires loin de la tristesse dépressive de ma mère.

Souvent le matin, je rejoignais ma tante dans sa petite classe. Première orthophoniste de sa congrégation, elle maniait dans l’année magnétophones et micros pour ces jeunes élèves sourdes et muettes. Je ne me rappelle plus qu’elle m’ait fait travailler. Et, pourtant, adulte, ma peur et ma tristesse d’enfant sont réapparues d’un coup lorsqu’elle s’est mis en tête de corriger mes fautes pour une lettre officielle. Je suis redevenue quelques instants, l’enfant chagrine, morte de honte, lui présentant son travail.

Mais l’après-midi, j’étais récompensée par la liberté dont je jouissais. Je pouvais rejoindre, par exemple, la sœur qui s’occupait de la buanderie, en face de la chapelle. J’y passais de longues heures à la regarder plier le linge, à le repasser. Je l’aidais à tirer les draps pour les faire sécher au soleil. Les jours de temps maussades, la chaleur dégagée par le fer était bienvenue.

Après je pouvais rejoindre une autre sœur dans son immense potager, où au milieu de ses rangées parfaitement alignées, s’épanouissaient fleurs, fruits et légumes. Je passais de longs moments aussi à l’accueil à parler de tout et de rien avec la sœur qui en était chargée à ce moment-là. Je me rappelle mon ravissement lorsqu’autorisée à appuyer sur le bouton, la lourde porte s’ouvrait.

Il m’arrivait de passer voir la sœur de la cuisine. Dans son immense antre qui devait servir plus de trois cents repas dans l’année, la tranquillité du lieu avait vraiment des airs de vacances pour elle qui préparait les confitures et les conserves pour l’hiver.

Les jours où les sœurs avaient un invité, une des sœurs, toujours la même, m’accordait le privilège d’avoir une boisson. Mon plus grand plaisir était de choisir entre un Fanta orange ou un Fanta citron ! Plus tard, je l’ai retrouvée petite femme chétive incroyablement vive encore pour ses plus de 85 ans et d’un coup, je suis redevenue la petite fille aux cheveux courts qui l’appelait « Tata Fanta! ».

@vagabondageautourdesoi

Un seul lieu m’était interdit : La communauté où après le dîner, les sœurs se réunissaient pour parler de l’actualité, échanger et prier ensemble. Assises en cercle, elles portaient toutes de longues robes grises avec un tablier blanc et leurs coiffes empesées. L’été, les fenêtres ouvertes, je me glissais dehors à proximité et j’écoutais le chant de ses voix féminines à l’unisson autour de l’amour de leur Christ.

C’était merveilleux ces vacances offertes à l’enfant loin de sa mère qui devait apprendre à vivre seule. J’y ai ressenti le sourire qui éclaire, la gentillesse qui réchauffe et le rire qui éclate…

Certes, j’ai manqué de contacts. Les quelques jeunes filles présentes n’étaient que celles qui ne pouvaient rejoindre leurs familles et en plus, elles étaient sourdes et muettes.

Foi en Dieu

Évidemment, j’ai rêvé de croire en ce Dieu que ces femmes adoraient. Je me souviens, je devais avoir 12 ou 13 ans, un soir de Vendredi Saint à Larnay, près de Poitiers. Au côté de ma tante en prière dans l’église, j’ai pris conscience que je ne croyais pas en ce Dieu. Avant, je faisais semblant avec ferveur. Ce soir-là, au côté de ma tante en prières, devant cet homme supplicié, je me souviens m’être dit que je ne pouvais plus croire à cette histoire rocambolesque. Pourquoi souffrir autant ? Aucune tristesse. Juste une évidence.

J’aimerais toujours revenir dans ces demeures où ma tante était mutée au gré de ses ordinations. Tout au long de ma vie, j’ai cheminé auprès de cette femme qui a su m’apporter beaucoup. Mais, il est encore trop tôt pour en parler …

Mais, dans le choix de cette communauté,

…Ma tante avait suivi l’exemple d’un autre membre de la famille, certainement élargie, qui elle-même était devenue religieuse dans cette congrégation. Ma tante, dans les derniers temps, m’avait montré le cimetière à Saint-Laurent-sur-Sèvres où joyeuse elle savait qu’elle y serait enterrée. Elle était satisfaite aussi d’y rejoindre cette aïeule qu’elle n’avait pas vraiment connue mais qui l’avait si profondément influencée.

La lecture d’un roman me fait repenser à ces moments. Et d’un coup, je demande à Google où trouver les archives des congrégations. Et, là surprise, j’apprends qu’il suffit d’un clic pour y avoir accès.

Sur les traces de ma grand-tante lointaine

En 2021, la congrégation des Filles de la Sagesse a accepté de mettre en ligne ses archives ici accessibles sur le site des archives départementales de la Vendée. Je n’y trouve pas ma tante puisque la mise en ligne s’arrête avant son noviciat. Seulement, je n’ai ni son nom de religieuse, ni son nom réel.

Il me faut chercher dans les papiers que ma tante m’avait donnés bien avant son décès, sachant que sa congrégation prendrait tous ses objets personnels après sa mort. Avec son vœu de pauvreté, ma tante avait accepté de ne rien posséder.

J’ai aussi retrouvé le contrat passé entre la congrégation et ma tante qui communique sur les règles de vie, ses vœux désobéissance, les dotes qu’elle a versé et auxquelles elle a renoncé, etc.

Mais qui est cette religieuse ?

Je continue à chercher et je trouve d’anciennes notes de 1996, lorsque j’avais commencé l’arbre généalogique. J’y avais écrit Marie-Eugène Le Couédic, religieuse Fille de la Sagesse décédée à Saint-Laurent-sur-Sèvres, à la Maison-mère. C’est donc sur la branche de mon arrière-grand-mère, Marie-Louise Couédic (née le 25 août 1851* à Pontivy et décédée en 1891, je ne sais encore où). Elle est mon arrière-grand-tante.

Marie Eugénie Le Couédic était le second enfant de cette famille qui en comptera 3. Son père était Hyacinthe Le Couédic âgé de 49 ans, aubergiste, à sa naissance et Marie-Anne Harmonie âgée de 38 ans, ménagère. Marie Eugénie est née le 21 novembre 1854* à Pontivy.

Marie-Eugénie est devenue Sœur Marie-Anne de jésus dont le matricule était 5460. Elle est entrée au Noviciat en février 1874, soit à l’âge de 20 ans, et a célébré ses vœux un an plus tard.

Les archives apportent d’autres précisions, comme les différents endroits où cette femme a été mutée.

Néanmoins, la date de son décès est mal écrite. Heureusement, le récapitulatif des archives va lever l’ambiguïté. Sœur Marie-Anne ou Marianne de Jésus, née Marie-Eugénie Le Couédic est décédée lorsque ma tante avant 10 ans. Donc, il est tout à fait plausible que cette tante est demandée à sa communauté et notamment celle de la rue de Vouillé à Paris d’accueillir, ma tante Geneviève, âgée de 9 ans, et sa sœur, ma mère, alors âgée de 8 ans, lors du décès de leur maman, puis un an plus tard de leur père.

Je comprends mieux aussi pourquoi ma tante, dès l’âge de 9 ans, avait su qu’elle voulait être religieuse. C’est certainement, à ce moment-là qu’elle avait fait la connaissance de façon plus approfondie de cette tante qui leur a assuré d’être accueillies dans cet orphelinat géré par les religieuses de la Sagesse où elles ont pu être élevées et instruites.

Aujourd’hui, ma tante repose dans la même terre que cette femme qui l’avait tant inspirée pour consacrer sa vie à Dieu.

La congrégation de la Sagesse – Saint-Laurent-sur-Sèvre

*Acte d’état civil retrouvé et archivé

Archives départementales de Vendée

Congrégations de Vendée

Famille LM

FILIATION

Brève histoire des juifs du Levant

Après la victoire des chrétiens contre le royaume de Grenade, les juifs furent expulsés de l’Espagne en 1492 et du Portugal en 1496. (Décret de l’Alhambra)

Expulsion des juifs de Séville -Tableau de Joaquim Turina Y Areal – XIXè s.

Les Juifs de la péninsule émigrent alors (sauf ceux qui se convertissent, devenant alors des « marranes ») vers l’Italie, les Balkans, les pays d’Afrique du Nord, l’ Empire Ottoman.

Expulsion des juifs en Europe (1100 – 1600)

Expulsion des juifs de 1100 à 1600

Cette population dispersée mais dotée d’une riche culture espagnole a longtemps conservé sa spécificité culturelle, parlant le judéoespagnol souvent appelé aussi le Ladino. Par contre, les élites à Salonique parlent le français.

Leurs influences furent importantes car toutes les communautés méditerranéennes ont fini par être désignées comme séfarades.

Séfarad est le mot hébraïque pour désigner la péninsule ibérique et l’Espagne en particulier, Ashkenaz correspond à l’Europe chrétienne (l’Europe de l’Est avec le Yiddish) . Les Juifs séfarades sont donc stricto sensu les juifs d’Espagne et du Portugal.

Avec leur diaspora, les Séfarades sont devenus en général multiculturels, mélangeant les influences arabes, berbères, espagnoles, portugaises, grecques ou turques puis françaises.

Au fil du temps, Salonique devient le centre mondial du judaïsme séfarade, au point d’être surnommée la « Jérusalem des Balkans » et la « madre de Israël ».

Salonique du XVI au XVII siècle

Au XVIIIe siècle, Salonique reste le débouché naturel des Balkans : grains, laines, cotons, soies et tabacs de la région transitent par son port, puis vers Constantinople. La ville est un de ses principaux centres d’approvisionnement, mais aussi vers les autres régions de l’Empire ottoman.

Chaque groupe d’exilés y fonde sa congrégation, le kahal. Salonique compte plus de trente de ces communautés, chacune étant regroupée autour d’une synagogue portant le nom de la région d’origine du groupe (par exemple Arago) qu’un conseil de rabbins vient chapeauter par la suite.

Vue générale de Thessalonique en 1831 – Port fermé et trains à l’arrêt le samedi

Salonique, au début du XXe siècle

Salonique est une des plus grandes et des plus modernes villes de l’Empire ottoman. Entre 1840 et 1912, le volume des échanges commerciaux de la ville est multiplié par vingt, ce qui en fait le second port de l’Empire (derrière Constantinople). C’est donc une ville riche où la scolarisation est importante chez les juifs. Les premières loges maçonniques se créent aussi. La ville irradie dans cette partie de la Méditerranée

En 1908, un mouvement de jeunes-turcs naît à Salonique qui désire réformer le vieil Empire ottoman. Pour étouffer leur révolte, le sultan met en place une nouvelle constitution. Une année après, les mouvements contestataires continuent et ils remplacent le sultan par son frère.

La légende raconte qu’un édit fait par le rabbin permet au jeunes turcs de circuler le samedi. Et on assigne à résidence à Salonique le sultan destitué. Le mouvement choisit de conserver la clandestinité. La communauté juive dans son ensemble est en général favorable à l’Empire ottoman. Le nouveau Sultan est venu remercier la ville et il a pris trois enfants, un juif, un grec et un turc, pour leur offrir une « bonne » éducation dans la capitale, Constantinople.

En 1912/ 1913, c’est la première guerre des Balkans. En 1912, les troupes grecques entrent dans la ville, accompagnées de soldats bulgares. En 1913, les Grecs annexent Salonique qui reprend son nom qui lui vient de la Grèce antique,Thessalonique. Des musulmans partent pour l’Asie mineure. Le rôle des juifs décline. Beaucoup émigrent aux États-Unis, en Angleterre, en France, en Italie, à Alexandrie.
Une deuxième guerre balkanique éclate en 1913. Les Bulgares non antisémites sont défaits. En novembre 1912, La ville de Salonique entre officiellement dans la Grèce.

Carte postale de Salonique vers 1917

Catastrophe à Salonique

En 1917, un incendie détruit complètement la ville. Les maisons souvent construites en bois ont toutes brûlé. Des milliers de documents communautaires disparaissent.

Selon la légende locale, l’incendie s’est déclaré durant un après-midi de Shabbat, pendant la Première Guerre mondiale, lorsque le charbon utilisé par un réfugié de guerre qui faisait cuire des aubergines s’est renversé sur le sol. Un vent féroce a alors attisé les flammes, provoquant un embrasement majeur qui a laissé les deux-tiers de la ville en cendres et a réduit à néant les logements de 70 000 habitants, dont 52 000 juifs.

Extrait de Times of Israël

Trente-deux synagogues, 10 bibliothèques rabbiniques, huit écoles juives, les archives communales et de nombreuses entreprises et organisations caritatives juives, ainsi que des clubs communautaires, ont été détruits.

La tenue des registres d’état civil par la Communauté Juive a continué après l’incorporation de Salonique à la Grèce en novembre 1912 et cela jusqu’en 1982, année de la reconnaissance du mariage civil par la Grèce.

Souvent le frère aîné d’une famille de Salonique partait en occident pour établir un pont et si ça marchait bien, les autres jeunes de la famille suivaient.

Au cours de la seconde guerre mondiale, les nazis ont anéantis plus de 90 % de la population juive de la ville.

La ville s’est toujours appelée Thessalonique pour célébrer la victoire de Théssalie.

Famille S

FILIATION

Je vous présente Léon S.

« Quand dans ma famille, on disait espagnols, cela voulait dire judéo-espagnols. » Alain de Tolédo, spécialiste de Salonique

« (…) ils disent descendre de juifs séfarades qui ont fui l’Inquisition espagnole (…) » A l’ombre de l’histoire des autres – Camille Lefebvre

Cette photo était dans les archives de Robert et Suzanne. Véronique l’a retrouvée, là, prête à être regardée et admirée.

Aux questions des enfants, on répond comme pour s’excuser : « Tu le sauras quand tu seras plus grand », ou encore : « Je te dirai peut-être cela un jour… » C’est pourquoi le chemin des secrets, comme celui de l’enfer, est pavé de bonnes intentions… Pourtant les secrets que les parents gardent, soi-disant pour protéger leurs enfants, créent à ces derniers des difficultés bien plus graves que celles contre lesquelles on voulait les protéger !

Serge Tisseron – Les secrets de famille

Ici quelques éléments de sa vie qui ne sont pas dans sa fiche Wikipédia

Léon S. est né à Salonique le 17 avril 1883.

(Pour référence, en 1881, Mustafa Kémal- le futur Atatürk- est né à Salonique).

Son père s’appelait Jacob Ascer S. et il était né en 1850 toujours à Salonique et meurt en 1918, toujours dans la même ville.

Sa mère s’appelait Nathana ou Nahama Esther. Elle est née en 1856 à Salonique, aussi.

Une femme juive

Les archives des migrants établies dans le cadre du recensement ottoman de 1905 se trouve maintenant au Musée Juif de Salonique, uniquement disponible en consultation sur place. Donc, impossible de retrouver les ascendants de cette famille sans un voyage à Thessalonique ! De plus, les archives de la ville ont été pillées par les nazis. Les russes les ont volés. Depuis peu, certaines archives ont été restituées à la ville et deviennent au fil du temps en accès libre.

On retrouve dans les cercles de généalogie de nombreux Salem. C’est une grande famille qui a de nombreuses ramifications à Salonique. Un chirurgien dentiste, un avocat et de nombreux autres parfaitement inconnus. En france aussi, de nombreux Salem ont choisi de vivre, mais aussi en Angleterre en Amérique latine, aux États Unis, etc. Sans connaître les ascendants directs des parents de Léon, difficile de trouver des précisions.

Émigration

Tout d’abord, Léon S. choisit d’émigrer en Angleterre. Il a 24 ans. Il arrive en France le 24 décembre 1911 ou 1912. Il vient de Manchester et est déclaré représentant de commerce principalement en parfumerie.

Pour expliquer cette émigration: plusieurs pistes : Est-ce que la famille avait vu baisser son influence à Salonique ? Ou était-il missionné par sa famille pour agrandir l’entreprise familiale. Nous ne le saurons pas. Pour l’instant, rien ne permet d’identifier les raisons de son émigration.

La France

Sa carte d’étranger porte le numéro 995379 et a été délivré à Paris le 1er octobre 1918. Sa femme est encore en demande de CI le 6 juin 1917. Sa profession est commissaire en marchandise et gagne à peu près 24 000 francs /mois. Voir le document ci-dessous.

En 1918, Léon S. demande l’autorisation de quitter la France pour un séjour à Manchester afin de retrouver sa famille. En tant qu’étranger, il en fait la demande officielle au Ministère de l’Intérieur qui diligente une enquête de moralité auprès de la Préfecture de Police de Paris. Les extraits suivants viennent du dossier retrouvé sur le site Cercle de Généalogie Juive.

Éléments du rapport d’enquête 1918

Vécu dans la capitale

A son arrivée à Paris, en 1912, Léon S. vit seul au 80 rue de Rambuteau jusqu’en 1914.

Le couple habite au 120 rue de Turenne pendant 18 mois puis s’est installé au 55 rue des Petites Écuries que Léon semble avoir garder après son divorce.

Son loyer au 55 rue des Petites Écuries est de 1500 francs ce qui équivaut à 3476 euros aujourd’hui. On peut imaginer que sa femme a retrouvé sa famille à Manchester. Les recherches en Angleterre ne sont pas faciles. Donc, pour l’instant aucune suite concernant sa première femme, Mathilde Louise Bodart, née le 18 janvier 1892 à Liège en Belgique.
Est-ce que l’habitation de Léon S lui servait de local commercial.
Rien ne le sous-entend. Mais, pour son commerce, il avait besoin d’entrepôt (s).
Son revenu annuel de 2400 anciens francs équivaudrait à 58 668 euros soit plus de 4800 euros par mois. Voir Calculateur

L’activité de négoce est une entreprise familiale. Le guide SAM recense les activités de toute la famille S.

A noter que le guide SAM était une sorte d' »annuaire pour l’expansion économique française pour le Levant ».

Un exemple : Lévy S

Juste en dessous de Léon S, est inscrit un certain Lévy S. commerçant lui aussi.
Il a fait l’objet d’une enquête de la Sureté aussi et son dossier est archivé au Cercle de Généalogie Juive.

Son dossier de surveillance en 1917 du Ministère de l’Intérieur démontre des activités commerciales de Rio de Janeiro à Paris en passant par Salonique et New-York.

Ici, l’enquêteur montre sa complète ignorance …car Lévy Salem était bien devenu portugais. Mais le doute et même la suspicion vont continuer à s’exprimer …pour conclure ainsi l’enquête :

Et, voici l’ultime décision :

Il y a deux dossiers réalisés sur Lévy Salem. Celui de 1918 produira entre autres en annexe les papiers certifiés de sa naturalisation et même il écrira au Ministre (reproduit dans le dossier) puis invoquera sa santé… Mais, rien ne changera la décision de 1917. Lévy S ne pourra plus faire son négoce à l’international, puisqu’il ne peut plus sortir de France. S’il avait de la famille dans ces différents endroits, il est condamné à ne plus les voir.

Pour rappel

Avec l’entrée en guerre en 1914, les processus de surveillance s’intensifient. Les mouvements de la population sont étroitement surveillés par peur de « l’espion ». Le 2 août, un décret, destiné en premier lieu aux ressortissants des pays ennemis, mais qui va rapidement se généraliser, impose de nouvelles mesures d’identification en prescrivant à tous les étrangers séjournant en France de se faire connaître des autorités.
Le décret du 2 avril 1917 instaure la création d’une carte d’identité pour les étrangers sous l’égide d’un service central de la carte d’identité des étrangers, installé auprès de la direction de la Sûreté générale du ministère de l’Intérieur. Tout étranger de plus de quinze ans et séjournant plus de quinze jours en France a l’obligation de posséder cette carte, délivrée par les préfets, et de la faire viser à chaque changement de résidence.
Cette nouvelle mesure, qui concerne un peu plus d’un million et demi de personnes définies comme « étrangères », montre la volonté des autorités politiques de contrôler leur présence et leurs déplacements sur le territoire et de réguler le marché du travail. Les cartes, par un système de couleurs, distinguent les différents secteurs d’activité, industrie, agriculture ou artisanat. En 1924, la création de la Société générale d’immigration généralise l’enregistrement des travailleurs immigrés.

Extrait de Archives départementales du Pas de Calais

Léon S sollicite de nouveau le ministère en 1919

Cette lettre prouve son degré d’instruction. Je ne pense pas qu’il ait recopié un texte élaboré par un autre. Il y a une habitude à écrire dans cette graphie. Il parle et écrit parfaitement le français. Il a donc reçu une instruction de qualité. L’Alliance Israélite Française avait implanté des écoles à Salonique depuis la fin du XIXè s. Voir l’article AIU

Léon S. joint aussi le faire-part. A noter qu’à chaque fois, leur retour en France est soumis à leur bonne conduite sur place. Il a 35 ans à la mort de son père.

Dans celui-ci, on apprend le nom de son père et l’adresse de la famille. Ce sont des éléments qui peuvent avoir leur utilité dans des recherches futures, mais que je peux les utiliser pour l’instant. Le centre ville de Thessalonique est encore peu Googolisée.

Léon S. obtient son autorisation :

Léon S, de nouveau libre

Léon S divorce le 1er janvier 1922 (?). Sa procédure est bien enregistrée au Tribunal de la Seine. Il est probable que sa femme rejoigne sa famille en Angleterre, à Manchester, précisément où sa famille a émigré depuis la Belgique.

Robert nait en décembre 1924. Il a donc été conçu en avril de la même année. Cette année-là, Léon S. a 41 ans et se voit déjà grand acteur. D’ailleurs, il se fait appeler Lionel. Car, cette année-là, il joue dans deux films :

Il jouait un marinier dans La fille de l’eau de Jean Renoir et le secrétaire de théâtre dans l’heureuse mort de Serge Nadejdine. Il commence à, enfin, accéder à son rêve. Il est probable qu’il en avait envie depuis longtemps. Ou autre possibilité, à la faveur de rencontres, on lui a trouvé « une belle gueule » et on l’encourage à entrer dans le circuit. Sauf qu’il gagnait très bien sa vie et qu’il n’avait plus vingt ans! Non, je penche pour un rêve de jeunesse auquel il peut enfin croire le mettre en pratique. Il est probable aussi, comme la femme de Van Gogh, n’a pas du tout apprécié ce virage utopique. Le divorce n’a fait qu’officialiser leur désaccord.

Où se sont-ils rencontrés ? Est-ce en Angleterre, lorsque Berthe y travaillait ? Ou est-ce à Paris ? En tout cas, elle couturière de qualité et lui négociant en tissus, bonneterie et autres fanfreluches, leur rencontre semble possible. Mais, là, pour l’instant, nous ne pouvons en savoir plus. Je dois encore retrouver où vivait Berthe à Paris. Mais où chercher ? Car le recensement de 1926 pourrait nous aider …

Pour revenir à la photo, rien nous renseigne (aucun signe à l’arrière) sur l’époque où elle a été prise mais aussi sur le moment où Léon l’a donné à Berthe. Car, rien ne dit que la photo fut donnée à la naissance de Robert…

Liliane a raconté que Berthe avait rencontré Léon une nouvelle fois après la naissance de Robert. Quand ? Nous ne le saurons jamais ! Berthe, âgée à la naissance de son fils de 26 ans, lui demandait de reconnaître l’enfant. Léon avait refusé. Certes pour un acteur commençant une carrière prometteuse, la présence d’un enfant pouvait l’encombrer. A postériori, Léon, par son attitude, a sauvé Robert !

Entre son divorce et son premier film, deux ans où il a abandonné son négoce et commençait à fréquenter les lieux de cultures parisiens, etc… pour arriver en 1926 à sa consécration :

D’autres articles souligneront sa percée dans le monde du cinéma. Et sa fiche d’acteur est à consulter ici

Les jours sombres arrivent…

18 films plus tard dans des petits rôles, et 2 annoncés, la loi du 3 octobre 1940 « portant statut des Juifs » vient interrompre sa carrière. A 57 ans, il n’a plus le droit de travailler.

Franc-Maçon, membre de la Grande loge de France, il apparaît dans la liste des dignitaires publiée en août 1941 au Journal officiel par la présidence du Conseil du Maréchal Pétain. Il habite au no 23 rue Jansen et se déclare traducteur.

JO du 19 août 1941

Le 4 octobre 1940, la loi sur « les ressortissants étrangers de race juive » entre en vigueur. Peut-être a-t-il cherché à s’enfuir, à émigrer ailleurs. Ou, alors, il a cru que l’innommable ne se produirait pas….

En Octobre 1941, la création de la Police aux questions juives (PQJ) est créé dans les 2 zones. Même en Zone dite libre, l’étau se resserre.

Sur le site du mémorial de la Shoah :

3828 septembre 1942Camp de DrancyAuschwitz90418733 meurent dans les chambres à gaz dès leur arrivée. Dans ce convoi on trouve Michel Sima, la mère de Gérard Lebovici, Lionel Salem, Milo Adoner (17 ans)4 et 7 autres membres de sa famille mais aussi 609 Juifs roumains arrêtés lors de la rafle du 24 septembre 1942.

Léon S. décède le 3 octobre 1942 à Auschwitz à l’âge de 59 ans.

Famille S

FILIATION

Tonton Eugène LM

Du plus loin que je me souvienne, Eugène que ma mère appelait Tonton Eugène était un homme petit, rondouillard, plutôt jovial, qui se déplaçait toujours avec une sacoche en cuir duquel il sortait, à un moment ou un autre, deux ou trois saucissons qu’il affirmait être du meilleur choix. Quand il venait au 92 partagé le repas du dimanche, on mettait une bouteille de vin sur la table.

Ma mère avait dû m’expliquer son père, le frère de son père, etc. Cela avait dû me satisfaire, moi qui ne savais ce qu’était un grand-père.

Il avait dégotté une très belle chambre dans une résidence pour personnes âgées dans le 13ème où il avait pu conserver quelques meubles de sa chère Françoise, sa femme. On allait souvent le voir en prenant le bus 62 qui nous déposait juste à côté. C’était une belle bâtisse avec plusieurs ailes. C’est là que j’avais vu pour la première fois l’affiche de Polnareff qui se cachait derrière son chapeau. On devait donc être en 73, nous dit l’oracle Google.

En discutant avec ma tante Geneviève, ma mère affirmait dans un hochement de tête entendu, qu’heureusement, Françoise avait su le contenir et le remettre dans le droit chemin. Évidemment, à l’époque, je n’en avais pas su davantage.

Je ne me rappelle plus si nous avions été à son enterrement. Certainement… Mais le voisinage avec les morts n’était pas de nature à impressionner mon souvenir.

Aucune photo retrouvée. Juste mon souvenir ! Quelle tristesse !

Alors, je suis partie à sa recherche dans les archives pour retrouver un peu de ce petit homme disant avoir connu Buffalo Bill. Je m’étais imaginée que, comme beaucoup de Bretons, Tonton Eugène avait dû aller en Amérique !

Car, il était bien breton, de ce milieu de la Bretagne, sans mer, un peu austère, qu’il nous arrivait de visiter à la faveur de vacances. Il est né le 19 juillet 1884 * à Pontivy dans le Morbihan à l’extrême nord du département, à la limite des Cotes D’Armor.

C’est le second garçon d’une fratrie de quatre de cette famille formée par Yves Marie LM né le 29 avril 1856* à Pluméliau et Marie-Louise Le Couédic née le 31 janvier 1857* à Pontivy. Ils se sont mariés le 16 avril 1882* à Pontivy.

A la naissance d’Eugène, Yves Marie est âgé de 29 ans et se déclare négociant. Sa femme Marie-Louise est âgée de 27 ans et ils habitent à Pontivy.

Pour l’instant, les recensements de la ville de Pontivy ne sont pas numérisés.

Eugène est né le 19 juillet 1884* à Pontivy. Il porte deux autres prénoms François puis Marie comme sa mère. C’est son grand-père Hyacinthe Le Couédic âgé de 76 ans déclaré ancien commerçant, aubergiste marchand propriétaire à Napoléonville qui est témoin de la déclaration de naissance.

Napoléon Bonaparte décide de transformer en 1802 le bourg de Pontivy en sous-préfecture. Louis Napoléon III permet la construction d’une gare pour que le train arrive au cœur de la Bretagne. Du coup Pontivy s’appela Napoléonville un certain temps.

La famille semble avoir tout le temps habité au 11 rue Neulhiac (mal écrit) à chaque fois. Cette rue n’existe plus.

Sa fiche d’affectation est créée le 6 septembre 1921 et va nous apprendre bien des choses….

À 20 ans, Eugène François Marie, de la classe 1904, vit à Cherbourg et se dit Charcutier. Il mesure 1m 57/56, cheveux châtains avec ses yeux bleus. Il sait écrire, lire, compter mais n’a pas de diplôme. Son frère aîné Hyacinthe est engagé dans la marine.

Sa fiche d’affectation nous apprend beaucoup d’autres choses.

Vols et mendicité ayant conduit à des condamnations puis de l’emprisonnement ! Voilà de quoi éclairer la réputation qu’il avait ! Néanmoins dès 1905, il se reprend en main (ou on l’encourage fortement…) et entre dans l’armée jusqu’en 1906 d’où il sortira avec un certificat de bonne conduite. Une tumeur à la cuisse permet de le reformer en 1908.

Le 13 juillet 1911* à Paris 75014, Eugène François Marie se marie avec Françoise Marie Robino née le 19 février 1888 à Moustoir, dans le Morbihan. Elle est plumassière. Ils vivent au 91 rue Pernety dans le 14ème.

Son frère Francis, mon grand-père est l’un de ses témoins. Il est déclaré crémier demeurant au 19 rue Dulong dans le 17ème. Un autre témoin est aussi charcutier au 16 rue Maison Dieu dans le 14èùe. On peut imaginer qu’Eugène devait travailler au même endroit.

Arrive la première guerre mondiale, Eugène est mobilisé en mai 1915 et démobilisé en 1919 après avoir eu plusieurs affectations. On peut imaginer qu’il était au service des cuisines. Néanmoins en 1918, il est évacué avec une balle dans la jambe. Il obtient une médaille commémorative.

En 1929, il habite toujours avec sa femme au 1 bis rue de la Poterne des Peupliers à Paris 13ème. Il faudrait chercher dans le recensement pour suivre l’évolution du couple, notamment pendant la guerre. Mais, je ne l’ai pas encore fait.

Françoise Marie décède au Kremlin-Bicêtre le 29 octobre 1957 *, Ils habitaient au 7 impasse prevost toujours dans le 13ème qui ne semble plus exister. Eugène a 73 ans et est évidemment retraité.

Eugène décède le 27 juin 1978 à Draveil. Je n’ai pas encore son acte de décès. A chercher.

Au vu des recherches, l’oncle Eugène n’a jamais été aux États-Unis. Alors fabulation…

Pourtant, le cirque de Buffalo Bill est venu plusieurs fois à Paris.

Buffalo Bill en 1906.

En 1889, il passe en France par Paris, Lyon et Marseille et rencontre à cette occasion la peintre Rosa Bonheur qui dressera son portrait, nous dit Wikipédia. Eugène est trop jeune.

En 1905 lors d’une tournée qui a lieu dans plus de cent villes françaises, le spectacle connaît un important succès à Paris. Là c’est plus plausible ! On imagine bien Eugène arrivé depuis peu de temps de sa Bretagne trouvait un petit boulot au Cirque de Buffalo Bill.

C’était un spectacle étonnant pour l’époque, destiné à recréer l’atmosphère de l’Ouest américain dans toute son authenticité. Les scènes de la vie des pionniers illustraient des thèmes tels que la chasse au bison, le Pony Express, l’attaque d’une diligence et de la cabane d’un pionnier par les Indiens, la présence de vrais Indiens constituant le clou du spectacle.

Wikipédia

*Acte état civil archivé

Famille Le Maguet

FILIATION

Grand-mère Eulalie Élisa

genealogiefamille.com - Famille Agier
Ma grand-mère paternelle

J’aime son prénom Eulalie. Est-ce qu’on l’appelait Élisa ou Eulalie comme mon père . Lui, il s’appelait Élie comme son propre père, Daniel comme son oncle et qui se faisait appeler Marcel par ses copains. Allez-vous y retrouver ?

Eulalie Élisa, je ne l’ai pas connue ou je ne m’en souviens plus.

Lorsque nait Eulalie Élisa, le 16 août 1878* à Lamastre en Ardèche, c’est son père qui vient faire la déclaration. Frédéric Juston est alors âgé de 32 ans. Il est propriétaire cultivateur au Fiol. C’est un lieu dit où même Google n’a jamais été, à 7 km du centre de Lamastre. Il abrite actuellement un élevage et une entreprise de maçonnerie. Autant dire, qu’en 1878, il devait y avoir juste les bâtiments d’une ferme.

Sa mère Mariette Eulalie Desjames, trente ans, est déclarée habitante avec son mari et de profession ménagère. Ce sont deux amis, habitants de Lamastre, un armurier et un menuisier qui certifient la déclaration.

Eulalie Élisa est la quatrième d’une fratrie de six.

Les listes de recensement avant 1911 n’ont jamais été versées aux Archives départementales, et sont très probablement détruites.

Élie Jean-Pierre A a trente ans lorsqu’il épouse Elisa le 14 juillet 1901* toujours à Lamastre. Lui est déclaré marchand de vins, elle domestique. Au moment du mariage, son père à lui, Jean-Pierre, est déclaré être tonnelier et sa mère, ménagère. Son père à elle est donc cultivateur et sa mère est aussi ménagère.

Donc, deux ans avant la naissance de mon père, la faillite de l’affaire d’Élie Jean-Pierre avec son négoce de vins est enregistrée. Une séparation de biens entre les époux est officialisée. Pourtant, le couple vit toujours ensemble. Mais Eulalie Élisa ne pourra plus rembourser les dettes de son mari.

J’ai deux photos et je ne sais si elles représentent ma grand-mère. En tout cas, je le suppose !

La première est notée prise en 1936. Elle a 58 ans. Veuve depuis 38 ans, elle n’a jamais cherché à se remarier. Ses neufs enfants sont tous élevés.

Sa fille aînée, Éline Élisa est mariée à Léon Henri Bos depuis dix ans. Odette Marie est mariée depuis 4 ans avec Joseph Foristier et vit à Lyon. Amélie-Victorine est mariée depuis avec Noël Favet et vit à Villeurbanne.

Son fils aîné, mon père, s’est marié depuis deux ans et réside à Boulogne-Billancourt. Son autre fils Paul-Henri a 25 ans. Sa dernière, Lucie, a 19 ans.

Il y a de la détermination douce dans son attitude. En tous cas, beaucoup de tendresse pour celui ou celle qui prend la photo. Elle n’a pas l’habitude d’être ainsi mise en avant. Aucune fioriture sur son vêtement, du noir de partout, de la tête aux pieds.

La photo semble être prise plus tard. Les cheveux blancs semblent s’échapper du chapeau. Les sabots montrent l’habitude de la campagne. Seul le tablier recouvre la tenus toujours de veuve.

Ma grand-mère est décédée le 20 avril 1962, quatre mois avant mon père. J’avais 6 ans et demi. Je me rappelle l’inquiétude de mon père prévenu qu’il devait descendre à Vernoux-en-Vivarais chez sa sœur Hélène.

Puis il était revenu un soir très tard. En le voyant entrer dans ce petit appartement du 92 route de la Reine, j’avais senti sa tristesse et son abattement.

Longtemps, j’ai rêvé qu’il revenait ainsi après sa propre mort et qu’il suffirait d’aller ouvrir la porte pour le retrouver.

Une confusion entre les deux événements, une sorte de biais cognitif.

Ici, la photo est prise devant le garage de Louis George Cuzin, le mari de Hélène, sœur de mon père, à Vernoux-en -Vivarais. Au premier plan, mon frère, Bernard, accueilli par Hélène après le divorce de mon père. Derrière lui, ses deux filles, Jeannine et Yvette. Ma grand-mère est derrière. A sa gauche, une de ses filles, soit Éline, Odette ou Amélie. Je ne sais pas !

  • à côté d’une date signifie que j’ai l’acte civil de référence.

Famille Agier

FILIATION

Frieda D. amoureuse

Frieda est née le 25 septembre 1905 à Boéourt, canton de Berne en Suisse.

Il semblerait qu’elle ait eu une sœur, Marthe née le 6 avril 1910 toujours à Boécourt, deux frères Ernest né le 4 mai 1917 et Christian né le 4 novembre 1919. Elle est déclarée enfant naturel, comme toute la fratrie. Sa mère s’appelle Élisabeth Dick née le 21 décembre 1879 à Grossaffolten, toujours en Suisse.

Extrait d’acte de naissance établi en octobre 1926, certainement pour demander son passeport.
À noter qu’ici, son nom s’écrit avec 3 lettres. Alors, que sur son passeport, il est écrit avec quatre lettres.
Tout le temps, la confusion perdurera.

Son père s’appellerait Benedict Dick né le 30 mars 1942 et sa mère Elisabeth Leiser née aussi à Grossaffolten.
Mes recherches en ligne ne donnent rien. Il y a beaucoup de Dick à Grossaffolten sans que je sois sûre de trouver Benedict, ni Elisabeth Leiser.

Mais tous ces éléments sont à vérifier…

En mars 1926, elle reçoit son passeport. Elle est majeure. Elle passe la frontière le 2 avril 1926, puis une autre fois le 30 octobre 1926 à Delle.
Vers décembre 1926, elle a constaté qu’elle était enceinte.

Avec un certain K. Jacob (ou Jakob), né le 16 avril 1899 à Lodz en Pologne, elle emménage au 41 rue de la Source à Nancy comme locataire du 19 juin 1926 jusqu’au 27 mai 1927. (Document transmis par les archives de la ville de Nancy)

Puis, ils ont déménagé à Mont-Saint- Martin, sans que je retrouve ni l’adresse ni de document. Pour rappel, les recensements s’établissent tous les 5 ans, soit le prochain en 1931. Et, les archives municipales n’ont rien.

Leur fils André naît le 27 août 1927 au 56 rue des 4 églises à Nancy (adresse actuelle de la Maison Hospitalière Saint Charles).

Pour voir, les relevés des entrées et sorties aux AD de Meurthe et Moselle, il faut les commander à l’avance. Je ne l’ai pas fait.

C’est une cuisinière Hélène Marie Schoumert, âgée de 68 ans, qui fait la déclaration. Frieda le reconnaît quinze jours plus tard. Et Jacob après à Mont-Saint-Martin.

On peut imaginer qu’41 rue de la source, vivait aussi Hélène Marie Schoumert. D’ailleurs, Frieda était déclarée serveuse. La pizzeria, actuellement à côté, on peut imaginer vu la configuration qu’en 1927, c’était aussi un restaurant ou un bar, où Frieda et Marie Hélène devaient travailler. En tout cas, les deux femmes sont suffisamment intimes pour que cela soit la cuisinière qui fasse la déclaration de naissance. La cuisinière était une femme célibataire dite Joséphine décédée à Nancy le 9 juin 1936.

Est-ce que c’est chez elle que Suzanne a été accueillie après la mort d’André. Aucune possibilité de le savoir, puisqu’aucun recensement n’a été effectué en 1929 ou 1930.

Ici l’Hospice Saint Charles- Les religieuses s’occupaient aussi d’enfants mis au dépôt (ou recueillis temporairement) dont les parents étaient incarcérés ou hospitalisés et qui risquaient de se retrouver à l’abandon. Est-ce que c’est ici que Suzanne a été accueillie ??? Seule une recherche aux AD de Meurthe et Moselle nous permettrait de le savoir. Seulement, les archives doivent être commandées quinze jours à l’avance, ce que je n’ai pu faire lorsque nous y sommes allés.
Reconnaissance de André par Jacob K – Ici apparaît sa signature. Il est déclaré domicilier Avenue de la Gare à Mont-Saint-Martin.

Au lieu de lire Klank, on peut lire Klant. Ce nom Klant existe au Pays-bas et un peu en Allemagne. Le nom Klank est très courant en Allemagne et un peu en Pologne. Et, de nombreux Klank ont émigré aux États-Unis à la fin du XIXè siècle, notamment à Chicago. D’autres Klank réussiront à émigrer dans les années sombres de 40. Évidemment, aucun ne correspond à ce K. J

Avenue de la Gare – Mont-Saint-Martin vers 1920

Je n’ai rien trouvé concernant leur résidence. (Les recensements se font tous les 5 ans en France, soit pour la période étudiée, 1926 et 1931)
Suzanne, naît le 18 avril 1929 à Longlaville. Jacob la reconnaît, elle porte son nom. Aux mairies de Longlaville et Mont-Saint-Martin, aucun étranger du nom de Klank n’a été enregistré. Aucune trace non plus de Frida D. Pourtant, tout étranger était obligé de s’enregistrer à son arrivée, puis tous les deux ans. Seulement, ce sont deux toutes petites villes qui doivent à l’époque être envahies de main-d’œuvre étrangère. Les archives transférées aux AD ne sont pas complètement dépouillées non plus. En tout cas, aucun dossier d’étranger ne porte son nom.

Acte de naissance de Suzanne – On reconnaît encore la signature de K.

Cinq mois plus tard, le 5 septembre 1929, André décède après un accident. Suzanne a cinq mois.

Divers articles paraissent dans la presse. Aux AD de Meurthe et Moselle, il y a aucun dossier d’accident de travail concernant cet accident. Rien non plus dans les minutes des tribunaux.

J’ai fait des recherches sur les noms des hommes présents lors de l’accident. Quelques fois l’adversité lie les hommes…Victor Prestat travaille aux usines de Chiers et habite à Lexy à 8 km de Longlaville. Le 8 février 1932, il s’est marié avec Delphine Marschall à Russange. À part l’accident, rien ne le relie après l’accident à Jacob.

Après l’accident

On peut imaginer que le couple s’est séparé.
Frieda a déposé à Paris le 19 octobre 1929 sa demande de prolongation de passeport jusqu’au 18 janvier 1930.
On dit que Suzanne fut déposée pendant un an ou a un an dans une institution. Pas de dossier d’enfant assisté ni à Paris, ni à Nancy.

Le drame contraint Frieda à suivre d’autres chemins. Jacob est resté jusqu’en 1931 à Longlaville où il habite un baraquement pour ouvriers. Mais, cela fera l’objet d’une autre chronique.

  • Acte de l’état civil officiel récupéré

Famille D

FILIATION

Bonjour tout le monde !

Ce blog est né de la question qui occupent tous généalogistes amateurs :

Comment faire partager sa passion pour, par exemple, Elisabeth Isabeau R. ?

Elle est née le 8 octobre 1691, 264 années avant moi, qui a passé toute sa vie à Désaignes en Ardèche. Elle s’est marié avec Jean-Jacques, le laboureur qui travaillait à la ferme, le 28 mai 1711. Elle a eu 6 enfants (dont deux filles).

Elle habitait avec ses parents au lieu dit Chantepoule. Sûrement qu’il devait y avoir des poules autour !

La date de son décès n’est pas connue…pas encore.

Comment retrouver et utiliser mes recherches ?

Impossible de chercher dans les fichiers de mon ordi ! Même moi je m’y perd …

…Dans mes cahiers

Dans mes porte-vues

Dans ma documentation (Attention, liste non exhaustive ! )

Dans les abonnements aux différentes archives visitées

Alors, l’idée de ce blog est né ! Fallait-il le rendre privé …

Précautions complétement inutiles lorsque je mettrais à jour les ascendants à plus de dix générations d’un grand-père d’une des branches sur laquelle j’ai travaillé. 🙂

Maintenant quelques précisions,

Un principe est à retenir en généalogie : ça évolue tout le temps ! De plus, on peut un jour dire le contraire de ce qu’on avait affirmé, un document venant renverser l’intuition qu’on avait émise.

En voici, d’autres :

La généalogie s’arrête quand on arrête de s’y pencher !

Rien n’est assuré pour l’éternité.

Des documents entassés dans un coin aux archives sont lus chaque jour et viennent compléter la connaissance d’une situation.

Etc…

Ce blog est une version non payante de WordPress, là où vagabondageautourdesoi.com sévit. Donc, il y aura des pubs, des photos qui mettront du temps à charger, des document limités, etc…

Aussi, compréhension 🙂

Excuses demandées aussi pour les fautes, les erreurs de syntaxe, la lourdeur du style, etc…

8 octobre 2022