Dans les archives familiales, certains détails révèlent bien plus qu’il n’y paraît. En 1888, une de mes ancêtres, vivant à Pontivy dans le Morbihan, apportait une dot de 1 800 francs lors de son mariage. Que signifiait cette somme à l’époque ? Était-ce beaucoup ? Suffisant ? Que permettait-elle réellement ?
Une dot modeste, mais solide pour une famille bretonne
À la fin du XIXe siècle, Pontivy était une ville administrative et commerciale entourée d’un monde profondément rural, fait de petites exploitations agricoles et d’artisanat local. Dans ce contexte, 1 800 francs représentaient une somme sérieuse mais modeste, probablement le fruit de plusieurs années d’économies.
C’était l’équivalent d’un an de salaire d’un ouvrier qualifié, ou plusieurs mois de revenu pour un petit artisan ou fonctionnaire. Ce n’était pas une grande fortune, mais ce n’était pas négligeable non plus.
Ce que cette somme permettait à Pontivy en 1888
Dans le Morbihan de l’époque, on pouvait acheter :
Plusieurs hectares de terre agricole (jusqu’à 5 selon la qualité du sol).
Une ou deux vaches laitières, essentielles dans une économie paysanne.
Le mobilier complet d’un foyer (lit, table, vaisselle, armoire).
Un trousseau de linge et vêtements pour la mariée.
Éventuellement, un petit fonds de commerce ou de matériel artisanal, si le couple exerçait un métier manuel.
À Pontivy, chef-lieu de sous-préfecture, cette dot aurait donc suffi à lancer modestement un couple dans la vie active — que ce soit en milieu rural ou dans un petit atelier ou commerce urbain.
Une dot à la mesure d’un foyer modeste
Une dot de cette taille indique que la famille n’était ni riche ni indigente : plutôt issue de la petite paysannerie, de l’artisanat ou du petit commerce local. Elle montre une volonté claire de donner à la mariée les moyens d’une installation stable, sans faste, mais avec une base solide.
C’est bien différent des dots bourgeoises (souvent de 10 000 francs et plus) qui servaient à asseoir un statut social. Ici, il s’agissait avant tout de pragmatisme : donner un coup de pouce au jeune ménage pour s’installer et vivre dignement.
Source
Le contrat de mariage entre Jean-François LE MAGUET et Marie-Hélène JOUAN est établi le 15 février 1888 devant notaire.
🧭 En généalogie, chaque dot raconte une stratégie familiale
Les mentions de dot dans les actes de mariage ou notariés sont bien plus que des chiffres : ce sont des reflets économiques et sociaux précieux. Dans un lieu comme Pontivy en 1888, cela permet de comprendre :
le niveau de vie de la famille,
leur réseau local (rural ou urbain),
et les ambitions ou prudences familiales vis-à-vis du mariage.
💡 Conseil généalogique : Si vous trouvez la trace d’une dot dans les registres, cherchez aussi les actes notariés ou inventaires après décès : ils éclairent les possessions réelles et les choix économiques de vos ancêtres.
Léon Salem, né le 17 avril 1883 à Salonique, alors dans l’Empire ottoman, est le point de départ de cette recherche. Fils de Jacob et Nehama Esther, il a mené une vie marquée par les bouleversements du XXe siècle, qui l’ont finalement conduit de Salonique à Paris. Bien qu’il ait exercé la profession de «commissaire en marchandises», il est plus largement connu sous son nom de scène, Lionel Salem, une identité qu’il a adoptée pour sa carrière d’acteur en France à partir des années 1920. Son parcours s’est achevé lors de la Shoah, avec sa déportation et son décès à Auschwitz le 3 octobre 1942.Son nom figure sur le Mur des Noms du Mémorial de la Shoah à Paris, ce qui ancre sa biographie personnelle dans un contexte historique de grande importance.
Le fait qu’il ait fait carrière en France en tant qu’acteur et qu’il ait travaillé dans le commerce international suggère un parcours éducatif qui a valorisé l’enseignement de type occidental et la maîtrise de la langue française. Une telle éducation aurait été cruciale pour sa transition réussie d’une ville portuaire ottomane en Macédoine à un centre culturel européen. Sa biographie souligne un lien profond entre son histoire personnelle et les forces géopolitiques et culturelles de son temps.
Alliance Israélite Universelle (AIU)
L’Alliance Israélite Universelle a été fondée en 1860 et est rapidement devenue une force majeure pour la modernisation et la promotion de la culture juive en Méditerranée et dans les Balkans. Les historiens reconnaissent que son réseau d’écoles, qui s’est considérablement développé entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, a servi de vecteur d’émancipation et d’intégration culturelle pour les communautés juives de la diaspora, y compris celle de Salonique.
Le français était la langue d’enseignement, et les écoles de l’AIU sont devenues des bastions de l’influence française. Le parcours de vie de Léon Salem — sa maîtrise du français, sa carrière en France et son rôle en tant qu’acteur — s’accorde logiquement avec le profil d’un ancien élève de l’AIU. La recherche doit donc être centrée sur la découverte d’un document qui viendrait confirmer cette hypothèse.
La « course à l’éducation » dans l’Empire ottoman
Comprendre le contexte éducatif de Salonique à la fin du XIXe siècle est essentiel pour cette recherche. Le système des millets de l’Empire ottoman confiait l’éducation à chaque groupe religieux, ce qui a encouragé une forte concurrence entre les institutions. Cette dynamique a donné lieu à une véritable «course à l’éducation» entre les puissances européennes, qui cherchaient à étendre leur influence culturelle et politique via la création d’écoles. Les institutions françaises, italiennes, grecques et bulgares se sont livrées une compétition acharnée pour attirer les étudiants et modeler la prochaine génération.
Autres institutions françaises et grecques
Le paysage éducatif salonicien offrait d’autres options. Les Frères des Écoles Chrétiennes, une congrégation religieuse française, ont ouvert une école à Salonique en 1888. Cette date est particulièrement pertinente, car Léon aurait eu 5 ans, l’âge parfait pour commencer sa scolarité. Les archives des Frères sont disponibles à leur siège à Rome, ainsi que dans les archives de leur district au Québec. Bien que la probabilité d’y trouver une trace de la scolarité d’un enfant d’une famille juive éminente soit peut-être moindre que dans les archives de l’AIU ou des institutions italiennes, cette piste ne doit pas être écartée. Des écoles grecques existaient également à l’époque, et leurs archives, qui se trouvent notamment à l’Université Aristote de Thessalonique, pourraient contenir des informations pertinentes sur le système éducatif de la ville à l’époque.
Cercle de Généalogie Juive (CGJ)
Le CGJ, en collaboration et avec l’accord de l’AIU, a entrepris un vaste travail d’indexation de ses archives historiques couvrant la période de 1860 à 1940. Ce partenariat a permis de transformer une vaste collection de documents d’archives en une ressource généalogique et historique précieuse, accessible à tous.
Salem Leon, a-t-il vraiment étudié à l’Alliance Israélite Universelle ?
En janvier 1910, l’école Moïse ALLATINI enregistre un paiement de 0,50 de M. Salem de Constantinople de 0,50 et même un paiement de Nehama Jacob, le grand-père de Léon. Toujours la même année, un document atteste du départ d’un certain Emmanuel Salem, qui semble être entrer au comité de gestion le 22 janvier 1897.
Aucune liste des élèves présents n’est disponible. Seulement, un faiceau d’indices semble prouver que Léon Salem a nien fait ses études à l’AUI et même à l’école Allatini.
Cette école de garçons est inaugurée le 26 décembre 1888 et était l’école de l’Alliance Israélite Universelle de Salonique. Elle se trouvait sur la rue de Vardar, et a ensuite été déplacée sur la rue de P. P. Germanos. L’édifice a été endommagé lors du grand incendie de 1917.
Qui était Moïse ALLATINI ?
Moïse Allatini (1809-1882) était un entrepreneur juif originaire de Salonique. Il est surtout connu pour les raisons suivantes :
Industriel prospère : Il a fait fortune dans l’industrie de la minoterie en fondant la société familiale Allatini, qui est devenue la plus grande du genre dans les Balkans au début du 20ème siècle. Il est parfois surnommé le « Rothschild de Salonique » en raison de sa réussite financière et de son influence.
Fondateur d’écoles : Il a également joué un rôle clé dans la création de la première école de l’Alliance Israélite Universelle à Salonique, qui a porté son nom.
Famille influente : Les descendants de la famille Allatini ont eu une influence notable dans les domaines des affaires, des arts et de la politique en Europe, avec des liens de parenté avec des familles comme les Dassault et les Bloch.
G uillaume est né le dimanche 8 mai 1815 à Plumeliau, canton de Pontivy. Son père, âgé de 27 ans, est cultivateur. Françoise Jegouzo, sa mère, est à peu près du même âge. Un des témoins est le père de Françoise.
Pluméliau est une ancienne commune du Morbihan; En 1806, il y a 3086 habitants. Le régime politique est la Restauration qui rassure les personnes appartenant à la Chouannerie. C’est donc une période calme lorsque Guillaume naît. Il sera l’aîné d’une fratrie de trois garçons.
À la chapelle de La Trinité, située à Bieuzy, fusionnée à Pluméliau depuis 2019, il y a une petite statue en bois (chêne?) représentant Saint-Guillaume, datant de la première moitié du 17è siècle.
À noter que ses parents, JP Le Maguet et Françoise Jégouzo, ont érigé une croix sur le chemin de Bodéhan en 1845, qui existe encore.
En 1840, les statistiques de Pluméliau font état de 2637 hectares de terres labourables, 325 hectares de bois, 13 de châtaigneraies, 124 de vergers et jardins, 9 hectares d´étangs et 5 de marais et 2867 de landes. Les chiffres évoluent au cours du temps vers davantage de terres cultivées et de pâtures, mais en 1963, il reste encore 1886 hectares de lande … La production est principalement céréalière, seigle, avoine et blé noir, ainsi que du chanvre, sans oublier une forte production cidricole, d’où le nombre de « granges », dénommées « caves » qui abritent le pressoir. Les prairies proches des rivières du Blavet et de l’Evel favorisent l´élevage des bovins dont le produit s´écoule dans les foires. Le cochon est plutôt réservé à l´usage domestique, jusqu´à ce qu´il devienne au 20e siècle la principale activité de Pluméliau. Le 18e siècle est représenté par 60 fermes ou maisons (12, 2 %). Site patrimoine.bzh
Ce blog est né de la question qui occupent tous généalogistes amateurs :
Comment faire partager sa passion pour, par exemple, Elisabeth Isabeau R. ?
Elle est née le 8 octobre 1691, 264 années avant moi, qui a passé toute sa vie à Désaignes en Ardèche. Elle s’est marié avec Jean-Jacques, le laboureur qui travaillait à la ferme, le 28 mai 1711. Elle a eu 6 enfants (dont deux filles).
Elle habitait avec ses parents au lieu dit Chantepoule. Sûrement qu’il devait y avoir des poules autour !
La date de son décès n’est pas connue…pas encore.
Comment retrouver et utiliser mes recherches ?
Impossible de chercher dans les fichiers de mon ordi ! Même moi je m’y perd …
…Dans mes cahiers
Dans mes porte-vues
Dans ma documentation (Attention, liste non exhaustive ! )
Dans les abonnements aux différentes archives visitées
Alors, l’idée de ce blog est né ! Fallait-il le rendre privé …
Précautions complétement inutiles lorsque je mettrais à jour les ascendants à plus de dix générations d’un grand-père d’une des branches sur laquelle j’ai travaillé. 🙂
Maintenant quelques précisions,
Un principe est à retenir en généalogie : ça évolue tout le temps ! De plus, on peut un jour dire le contraire de ce qu’on avait affirmé, un document venant renverser l’intuition qu’on avait émise.
En voici, d’autres :
La généalogie s’arrête quand on arrête de s’y pencher !
Rien n’est assuré pour l’éternité.
Des documents entassés dans un coin aux archives sont lus chaque jour et viennent compléter la connaissance d’une situation.
Etc…
Ce blog est une version non payante de WordPress, là où vagabondageautourdesoi.com sévit. Donc, il y aura des pubs, des photos qui mettront du temps à charger, des document limités, etc…
Aussi, compréhension 🙂
Excuses demandées aussi pour les fautes, les erreurs de syntaxe, la lourdeur du style, etc…