Servon, petit village de la Manche

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Nous sommes passés dans le petit village de Servon dans la Manche en région Normandie un samedi pluvieux sur le chemin de retour vers notre domicile. Ses 263 habitants étaient calfeutrés chez eux. La Mairie était fermée, l’église aussi. Aucun commerce. L’école primaire a dû être transférée depuis longtemps dans le village voisin de Tanis. Donc, juste une exploration des quelques maisons entourant le centre du village.

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Pour rappel, Servon est le village natal d’Honoré Gauchet, mari de Frieda, l’endroit où il est né et d’où il est parti courir le monde son habit de militaire sur le dos.

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Église Saint-Martin

Au centre, domine l’église Saint-Martin, avec son clocher en dôme, construite entre les 14e et 18e siècle, classée au patrimoine historique religieux, avec son calvaire.

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Son chœur charpenté avec ses dix-huit personnages qui représentent la Jérusalem céleste.
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Un des six vitraux de Gabriel Loire, Maître-verrier
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Face à cette église toute simple mais particulièrement bien conservée, la foi d’Honoré semble compréhensible.

Le cimetière et son calvaire

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Inscrit aussi au patrimoine religieux, le calvaire invite le visiteur à découvrir le village.

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Impossible de se promener dans le cimetière, c’était fermé !

Seulement, sur le monument aux morts, deux noms attirent l’attention : Lesenechal et Guérendel. En effet, la mère d’Honoré était née Lesénéchal. Guérendel est le nom de l’arrière-grand-mère d’Honoré.

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Seconde guerre mondiale

« Tôt, dans la matinée du 1er août, le Major General Robert Grow, qui commande la 6th US Armored Division, reçoit la visite du General Patton ; ce dernier lui annonce : « prenez Brest… Pour samedi soir » ; près de trois cents kilomètres à parcourir en cinq jours !« 

Puis, quelques jours plus tard,

« Une centaine d’Allemands sont capturés. La Route Nationale 176 est encombrée d’épaves, pendant quelques jours les habitants de Servon et Tanis, goûtant à la liberté retrouvée, verront passer les blindés américains contournant l’obstacle. »

Sources : Breakout and Pursuit par Martin Blumenson, Combat History of The 6th Armored Division, Combat Command B 6th AD History

La Mairie

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La mairie n’est ouverte que deux matinées par semaine. Sur le côté se trouve l’entrée d’une bibliothèque municipale.

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Les manoirs de Servon

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Vue du cimetière

À côté de l’église se trouve le manoir dit grand manoir, qui comporte une vaste cour carrée encadrée de bâtiments sur trois côtés, un colombier et un puits dans la cour. Résidence du receveur des domaines, actuellement, c’est un gîte de groupe.

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Un autre endroit est labellisé Produits fermiers et accueil à la ferme, c’est l’endroit dit Petit manoir de Servon.

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Un peu plus

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Pour aller plus loin :

Honoré François Martin Gauchet

Carrière militaire d’Honoré

Famille d’Honoré Gauchet

Et encore :

Facebook de Servon

Gîte du Grand Manoir

Le petit Manoir

FAMILLE SUISSE

FILIATION

Les « secrets » de Frieda

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Nous étions venus voir Frieda dans son deux-pièces du 16ème arrondissement qui me rappelait étrangement l’appartement où nous avions vécu avec mes parents. Au moment de prendre le café, me semble-t-il, Frieda, que j’appelais comme tout le monde Grand-Mémère, me confia qu’elle avait eu un fils.

La fin de l’été s’annonçait à Herserange. Seulement, il faisait encore bien chaud, ce 5 septembre 1929. Fatiguée par les tétées de la nuit, Frieda avait préféré rester chez eux, au frais. Lui, Jacob, était parti avec André, son petit bout de deux ans. On venait de fêter son anniversaire. Ça devenait agréable maintenant qu’il parlait bien. Mieux que ses deux parents réunis, de ça, Jacob en était fier ! Curieux de tout, André en était même fatigant ! Il n’était plus tout seul depuis que sa petite sœur, Suzanne, les avait rejoints, il y a quatre mois. Elle, elle portait son nom. C’était une Klank ! Pour André, ça n’avait pas été possible, car il l’avait reconnu après Frieda. Difficile de s’y retrouver dans les méandres d’une administration qu’on ne connaît pas. Heureusement, il pouvait compter sur la communauté polonaise, nombreuse dans la région. En tout cas, père et fils profitaient de la douceur de cette fin d’après-midi.

Au milieu de leur promenade, ils se sont allongés et rapidement assoupis. André a-t-il échappé à la vigilance de son père ? Avait-il un sommeil trop profond, vu le vin du repas ou la fatigue des jours passés ? Impossible de savoir ! Seulement, la culpabilité des parents est palpable. Elle de lui avoir confié, malgré tout, l’enfant. Lui, d’être responsable de sa mort.

Toujours est-il que l’enfant descend le champ et s’approche des rails, en contrebas…

Le machiniste dira qu’il n’a pu l’éviter.

Plus de cinquante ans plus tard, dans cet appartement parisien, son premier petit-fils, allait du fauteuil à la cuisine. Je me rappelle l’avoir regardé, mon enfant, figée. J’étais tétanisée. Qu’ai-je pu dire à Frida ? Peut-être un  » comment avez-vous fait ». Aucune réponse n’était attendue et je n’ai plus osé lui en reparler.

Seulement, ce moment-là, je ne l’ai jamais oublié. Il m’obsède encore. Je songe souvent à Frieda, Grand Mémère pour les autres. Je souhaite qu’elle m’aide à donner vie à ses jeunes années...

Ce jeune couple a réussi à construire une famille loin de leurs propres attaches familiales.
Lui, Jacob, a tout quitté, il y a neuf ans, en 1920, peut-être un peu plus, pour se réinventer dans un pays qu’il ne connaissait pas. Était-ce le manque de travail, était-ce autre chose qu’il l’avait poussé à partir ? Qu’importe. Satisfait du chemin parcouru et des efforts fournis, il contemplait sa famille, heureux, le sentiment que le bonheur existait à cet instant précis. Pourquoi n’avoir pas envisagé le mariage ? Certes, ils étaient un couple installé, mais ça ne pouvait assurer l’avenir. Était-il déjà marié, pas divorcé ? Ou alors, s’agissait-il d’autres choses ! Une histoire de religion…

Elle, Frieda était partie peut-être avec lui de Suisse, ou avant de le connaître. En tout cas, sa tête était remplie de rêves et d’envies. Elle avait vingt et un an ! Il lui était permis de faire ce qu’elle voulait, enfin, loin des responsabilités. Elle avait envoyé promener sa sœur, ses frères et puis sa mère, aussi, jurant qu’elle ne reviendrait plus !

Par conséquent, au village, sa réputation avait été faite : une fille pas trop convenable ! La liberté des femmes était inacceptable ! Mais, aujourd’hui, elle était femme et deux enfants l’occupaient. Tellement heureuse ! Elle s’en fichait un peu de ne pas être mariée même si elle le lui demandait quelquefois. Alors, lui, il promettait !
Les promesses sont faites pour jamais n’être tenues !

Suzanne savait, au plus profond d’elle-même, ce qui s’était passé lorsqu’elle avait quatre mois. Elle avait vu son univers s’écrouler, sans explication. Comment expliquer à un bébé ce qui se passe ? Pourtant, si elle avait su, elle aurait pu, plus tard, essayer de comprendre. Car, Suzanne n’a plus senti la présence de son père, plus entendu sa voix, son accent particulier, ses mots étranges, murmurés à son oreille, l’odeur de son corps, mélange de fumée et de cambouis. Rien du jour au lendemain, ou si peu !
Les bras rassurants de sa mère sont aussi oubliés.

La froideur l’a envahi, d’un coup. Placée dans une pouponnière, Suzanne a dû vivre un moment de dépression. De plus, aucun homme n’est venu séparer ce lien tellement particulier qui unissait Suzanne à sa mère. Amour et haine mêlés, attraction, répulsion, ces deux femmes n’ont eu de cesse de se déchirer, ne pouvant plus se dire leur amour réciproque.

Ni le mari de sa mère ni son propre mari n’ont expliqué à Suzanne qu’elle n’était pas responsable et que la souffrance de sa mère avait créé le rejet. Aucun homme, ni même aucune femme, ne les a réunis pour expliquer à l’une ce que ressentait l’autre, et vice-versa.

Elles se sont murées dans leurs premiers ressentis, intransigeantes, blessantes mais continuellement en souffrance, toutes les deux.

Difficile pour Robert de parler des relations parentales ! Honoré a cru qu’en la considérant comme sa fille, son immense amour suffirait à combler la froideur de sa femme. Seulement, on ne remplace pas le manque sans un minimum de mots.

Ce rejet, Suzanne en souffrira toute sa vie, sans pouvoir le comprendre. Elle ne pouvait réentendre l’indicible phrase, inacceptable pour un enfant, qui n’a cessé de la faire souffrir « j’aurais préféré que ce soit toi qui meures plutôt qu’André ! »

Cette phrase exprimait le traumatisme vécu par une mère. Ses mots n’étaient pas à prendre aux pieds de la lettre. Seulement, comment faire lorsqu’aucun tiers ne vient dénouer les tensions. Alors, la souffrance se cristallise de part et d’autre, cadenassant à jamais leurs sentiments affectueux réciproques !

Est-ce que le chemin fut long de Longlaville à Paris ? Aucune idée ! En tout cas, elle débarque dans le quartier Bel-Air du 12ème arrondissement. Ketty, l’amie de son village suisse qu’elle a retrouvé par hasard à Paris, habitait-elle tout près ? Ce prénom, diminutif de Catherine, vient du grec et signifie « pur ».

En tout cas, Frieda devient domestique et commence à découvrir l’univers Parisien, ses immeubles haussmanniens et le chic des appartements cossus. Elle travaille son accent et apprend les bonnes manières. De fille de ferme à serveuse, elle sait qu’elle peut apprendre rapidement. Alors, pas de souci, elle devrait s’en sortir chez les bourgeois. Et, l’avenir prouvera combien elle avait raison !

Frieda n’a probablement pas trouvé cette nouvelle très agréable, quatre mois après la mort de son aîné. Seulement, difficile d’imaginer cette jeune femme occupée à trouver stabilité, être capable de courir les bals du samedi soirs, d’avoir une aventure d’un soir et, surtout, de garder l’enfant ! Car, les faiseuses d’ange étaient connues dans son milieu, même pour une nouvelle parisienne. Et, Honoré Gauchet, vu sa droiture, n’aurait pas mis un mois à reconnaître l’enfant s’il avait été le père !

Il est plus probable que Frieda est retrouvée Jacob, certainement peu de temps après leur séparation.

Mais, une nouvelle grossesse lui donnait la possibilité d’effacer la terreur des mois précédents. Faire comme si, cela n’avait jamais existé.

Frieda prend les choses en mains. Il lui faut un mari, un vrai, respectable, responsable, et surtout fiable financièrement. Finies les angoisses des journées sans travail, les fins de mois sans argent. Il lui faut un rentier qui ne soit pas trop dans ses pattes, tant pis s’il ne lui plaît pas autant que Jacob.

Suffit les bêtises !

Alors, peut-être avec Ketty, elle élabore un stratagème à suivre à la lettre. Avant que son ventre ne la trahisse, il faut qu’elle embobine un homme qui coche toutes ses attentes. Elle a vingt-cinq ans, sa jeunesse est son atout et elle sait parler aux hommes ! Trois ans de vie amoureuse lui ont appris bien des choses pour satisfaire un homme !

Aidée certainement par Ketty, la »pur », Frieda devient assidue à l’église. Chaque dimanche, elle se fait remarquer par son assiduité mais aussi sa foi aussi intense que démonstrative. Est-ce l’église de Notre-Dame de Saint-Mandé où elle va ? Qu’importe. C’est une course contre la montre pour trouver un mari pour elle et un père pour son enfant !

Honoré Gauchet est l’heureux élu ! Il approche de la quarantaine, un peu petit, trop trapu, déjà ventru. Lui, ce n’est pas le prince charmant !

Est-ce que Suzanne s’est rendu compte des efforts qu’avait consentis sa mère, en tant que femme, pour passer de Jacob à Honoré ? Non, car on imagine mal ses parents amants !

Seulement, Honoré était droit, respectueux, attentif et surtout sa rente de l’armée lui assurait une assise confortable qu’il voulait bien partager avec femme et enfant puisque depuis deux ans, il était démobilisé. Pour Frieda, ce fut, certainement, plus le père qu’elle n’avait jamais eu qu’un amant. D’ailleurs, après celui-ci, elle n’aura pas d’autres enfants !

Lorsqu’Honoré André naît le 16 octobre 1930 à vingt et une heures à l’hôpital Trousseau, Frieda n’a plus qu’à convaincre Honoré de le reconnaître. Il le fera un mois plus tard.

Il y a un an et un mois, la disparition d’André a provoqué un bouleversement dans sa vie. Frieda a su rebondir. Elle reprend sa fille, encouragée par Honoré.

Ce nouvel enfant porte en second prénom celui de l’enfant mort. La seule photo qu’on ait de lui le présente chétif avec ses oreilles décollées, sa frimousse triste. Le poids de l’enfant mort semble lourd à porter. D’ailleurs, il décédera avant sa seconde année !

Quand est-ce que Frieda a réalisé qu’Honoré André ne remplacerait pas André, que ses efforts étaient vains ? On dit qu’il faut lâcher la main des mourants pour qu’il trouve la paix. À quel moment, Frieda a lâché la main d’Honoré André ?

Il est aisé de comprendre l’état psychique de Frieda après ce nouveau décès. Le rayonnement de Suzanne papillonnant du haut de ses trois ans, devait lui être insupportable ! Et, pourtant, Frieda a élevé Suzanne avec suffisamment d’amour pour qu’elle puisse à son tour être mère, plusieurs fois !

Frieda a certainement perdu beaucoup de sa légèreté, de sa joie de vivre, apprenant à cacher sa fragilité derrière son ton bravache, affirmant, trop fort, trop haut, qu »après moi les mouches« , cachant son amour derrière son argent, incapable de laisser parler son cœur sans craindre qu’il ne se fende !

Elle a emporté avec elle, dans la tombe, le ressentiment de n’avoir jamais reçu la reconnaissance des sacrifices qu’elle avait consentis.

Sa fille ne lui a jamais offert, ce qu’elle attendait depuis si longtemps, une conversation de femme à femme. Que celle qui avait eu cinq garçons lui dise combien cela avait dû être dur de ne pas en voir grandir ! Qu’elle la remerciait de lui avoir apporté la sécurité en oubliant sa vie de femme ! Qu’elle lui parle de l’homme qu’elle avait à la fois tant aimé et tant haï ! Qu’elle comprenait et lui pardonnait de n’avoir pas su l’aimer, elle, comme elle le souhaitait !

La vie n’est pas une fiction. Mais, ici, c’est possible !

Frieda aurait pu enfin, dans les bras de sa fille, pleurer les deux garçons qu’elle avait perdus. Elle lui aurait dit que lorsqu’elle regardait son visage, elle reconnaissait des expressions de Jacob, ce qui lui suscitait des sentiments d’amour et de haine mêlés, qu’elle ne pouvait contenir ! Elle se serait excusée de l’avoir si mal aimée. Elle lui aurait aussi raconté son village en Suisse. Elle lui aurait dit que son deuxième petit-fils ressemblait à Honoré André. Sa fille lui aurait alors dit qu’elle avait compris pourquoi elle avait voulu élever un de ses enfants.

Tant d’autres choses, encore !

Peut-être alors sa sœur, Marthe, serait venue à son enterrement, permettant aux familles, enfin, de se retrouver !

Le secret de Frieda est de l’indicible : la honte de n’avoir su protéger son enfant. Et, à la jeune mère que j’étais, devant cet arrière-petit-fils, elle me mettait en garde : Faites attention, ma petite fille, à votre premier fils !

Sur la tête de mon enfant venait percuter l’histoire dramatique d’André. Évidemment, je n’ai eu de cesse de faire attention à cette filiation dramatique pour qu’elle ne se reproduise pas.

Mais, le secret de Frieda fut encore entretenu par son mari. Honoré n’a pas levé la honte de sa femme. Il n’a pas révélé le secret à Suzanne.

Il aurait pût dire à Suzanne : ta mère a vécu quelque chose de très dramatique qui entraîne tout son ressenti envers toi. Ne t’inquiète pas je suis là, je vais tout faire pour vous réconcilier ». Pour Suzanne, deuxième génération, le secret était innommable.

Seulement la répétition avec Honoré André a renforcé la honte de Frieda à être incapable d’élever un garçon au-delà de ses deux ans. Et, elle a obligé davantage à faire silence autour de cette deuxième mort dramatique, car la culpabilité était certainement trop importante de n’avoir pas su protéger aussi son deuxième fils.

Lorsque mon second fils est né, la mère que j’étais a pris de l’assurance et a certainement été moins touchée par le secret de filiation. En tout cas, pas de la même manière !

Néanmoins, j’ai attendu que mes enfants aient dépassé tous les deux, les deux ans, fatidiques, en 1996, pour faire une première salve de recherche généalogique sur cette branche.

Mais, cette histoire de famille révèle un autre secret que deux adultes ont ensemble mis en œuvre. Celui de ne pas révéler à Suzanne qu’Honoré n’était pas son père. De quelle honte, ont-ils voulu se cacher et la protéger ?

Je n’ai pas encore confirmation de ce que Frieda disait à propos de cet homme. Sauf que mon conjoint lui rappelait fortement cet homme. Elle disait que « C’était un chenapan, comme le père de mes garçons ».

Pour la troisième génération, celle des enfants de Suzanne, le secret était devenu impensable. Mais, il se révèle, disent les psychogénéalogistes, dans le corps physique ou psychique d’un membre de cette génération. Les non-dits cachés sont ressortis par des symptômes soit physiques ou psychiques. Ils forment ainsi des images fantasmagoriques, toujours selon les spécialistes.

Trois fantômes rôdaient autour de Suzanne, ceux de ses deux frères mais aussi celui de son père géniteur. Mais, la confirmation des secrets de famille peut libérer les chaînes qui entravent.

Peut-être…

Légende

*Actes d’état civil archivés.

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FAMILLE SUISSE

FILIATION

Faire-part

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Plan de la ville de Salonique-1917

La famille est souvent fascinante. Elle peut avoir pour terrain de jeux, le monde entier comme celle-ci avec l’exil qu’elle porte en bandoulière. Mais, elle sait se retrouver autour d’événements marquants de la vie.

À partir d’un faire-part, j’ai essayé de remonter la famille de Léon Salem. En effet, en 1919, Léon Salem demande à la Sureté nationale de pouvoir quitter le territoire français pour gérer les affaires familiales après le décès de son père à Salonique. Il veut y rester un mois.

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Le voyage

Difficile d’imaginer que le voyage fut simple, en pleine première guerre mondiale ! Bien sûr, c’était la dernière année puisqu’on peut supposer que Léon a voyagé au cours du premier trimestre 1919.

Pendant la Première Guerre mondiale, Thessalonique était un important centre stratégique. Pendant une grande partie de la guerre, la ville fut utilisée comme base militaire par les Alliés, notamment par les forces françaises, britanniques, italiennes et serbes.

Néanmoins, il semble difficile d’envisager qu’il ait pu rallier Théssalonique uniquement par le train. Il existait probablement des restrictions de déplacement et des contrôles plus stricts aux frontières. Les voyages entre les pays étaient probablement soumis à des autorisations spéciales, et les civils devaient, peut-être, obtenir des permis pour traverser certaines zones.

Il est plus probable qu’il ait pris des trains reliant Paris à des ports maritimes, suivis d’une traversée maritime jusqu’à Thessalonique. Évidemment, Marseille est la ville auquel on se réfère, avec son quartier du Panier qui abritait de nombreux juifs sépharades, port d’entrée des exils méditerranéens. Seulement la traversée de Marseille à Thessalonique a probablement impliqué une combinaison de moyens de transport, tels que des trains et des navires. En définitive, un voyage qui a pu durer, peut-être, toute une semaine, au mieux.

Faire-part

En même temps que sa demande à la Sureté nationale, il produit la copie du faire-part familial, traduite. Le fait que Léon n’ait pas pu assister à l’enterrement ouvre de nouvelles pistes de recherche généalogique, d’après le faire-part.

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La veuve

Esther a 62 ans* lorsque son mari, Jacob, décède à 73 ans. Elle habite à l’angle du numéro 3 de la rue Philopomenos du 66 rue du Roi Georges. Aucun moyen de situer cette habitation sur une carte actuelle. La ville a été détruite lors de la Seconde guerre mondiale.

Ester décède le 14 décembre 1930. Elle habitait alors au 10 rue de Saulnier à Paris 9. Son fils Léon dit Lionel habite alors au 55 rue des Petites Ecuries – Paris 10 ème – Quartier Porte de Saint-Denis.

Pour les enfants Victoria et Salomon, on en reparle plus loin !

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Couple juif de Salonique à la fin du XIXè siècle

Mr et Mme Acher Jacob Salem et leurs enfants

Acher est le premier fils de la famille, frère de Léon, né à Salonique. Il a 48 ans au décès de son père. Il s’est marié à 23 ans avec Fortunée Levi (ou levy). Elle avait alors 20 ans et, elle aussi, est née à Salonique.

Apparemment, ils ont quatre enfants : Jacques, l’aîné, âgé de 24 ans, certainement marié avec Corine Roditi, Esther, âgée de 23 ans, Mickaël, âgé de 14 ans et Adolphe Albert, âgé de 10 ans.

Acher décède en 1947 à Lancaster, en Pennsylvanie, aux Etats-Unis, à l’âge de 77 ans. Sa femme est décédée, avant lui, en 1936, à Manchester, dans le New Hamphire, aussi à l’âge de 63ans.

Mr et Mme David Jacob Salem et leurs enfants de Beyrouth

Pour l’instant, je n’ai pu établir le lien de parenté avec la famille de Léon. Néanmoins, les éléments généalogiques ne manquent pas.

Au journal Officiel du 2 mai 1938, il est naturalisé français, commerçant né le 3 février 1877 à Salonique. Avec sa femme Bina Cardova, née le 15 juin 1888 à Yanboli en Bulgarie. Ils ont deux filles : Guéola née le 4 juin 1919 à Jaffa en Palestine et Esther née le 10 mai 1922 au Caire en Egypte. Ils demeurent à Saint-Maur-des-Fossés. Néanmoins, ses enfants n’étaient pas encore nées à l’enterrement du père de Léon.

Dans les Archives Commerciales de la France, on apprend dans le numéro du 19 novembre 1934 que David Jacob et sa femme ont vendu leur fonds de commerce de Mercerie – Nouveautés. Ils habitent à Alfortville.

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David Jacob aura deux autres fils qui décéderont aussi rapidement.

Mr et Mme Elie Jacob Salem et leurs enfants de Manchester

Mr et Mme Léon Jacob Salem et leurs enfants

Ici, est-ce Léon Mais il n’a pas d’enfant ! Erreur de traduction, peut-être ?

Mme Veuve Ricoula de Abram Sabetay (ou Sabelay) et ses enfants de Paris

C’est la sœur aînée de Léon. Mais son genre ne lui permet pas d’être citée devant ses frères ! Elle a 60 ans à la mort de son père. Elle aussi est née à Salonique et apparemment elle vit à Paris. Elle décède à Auschwitz- Birkenau vers 1941, soit avant son frère !

Pour l’instant rien de plus.

Mme Fakima de Moïse Dassa

C’est la petite sœur de Léon. Rien de plus pour l’instant

Mr et Mme Samuel Frances et leurs enfants

C’est la famille de la troisième sœur de Léon. Seulement, elle se situe dans l’ordre de la fratrie des filles au milieu. Est-ce parce qu’elle n’est pas veuve qu’elle n’est pas citée avant ?

Elle s’appelle Flor, est née à Salonique et a 38 ans à la mort de son père. Elle s’est mariée avec Samuel Frances et a eu 5 enfants. L’aîné Sam est décédé en 1976 à Manchester en Angleterre.

Rien de plus pour l’instant.

La famille Salem

Jacob, le père de Léon, avait un frère, Haïm, né 10 ans avant lui. Il est décédé en 1904 à Salonique. Il s’était marié et avait une fille Victoria, certainement recueille par la famille de Léon, comme l’une de leur fille. (Cf plus haut)

Le père de Jacob, grand-père de Léon, Asher, né en 1820 à Salonique avait peut-être d’autres frères, les grands-oncles de Léon. Pour l’instant, rien de plus.

La famille Mallah

Cette famille est celle de la sœur de Jacob, Estra, tante de Léon, née 10 ans après son frère. Elle se marie avec un bijoutier, Jacob Mallah. Ils passeront toute leur vie Salonique. Elle mourra en 1935, avant l’arrivée des nazis en 1941. Ils ont eu sept enfants. Des recherches sont en cours. Deux fils, Léon et Mario, sont décédés à Auschwich- Birkenau.

La famille Levy

Certainement, celle de Fortunée, la belle famille du frère de Léon.

La famille Nahama

ou Nehama, celle d’Esther la veuve

La famille Confortes

Rien de plus pour l’instant.

Légende

  • Acte d’état civil

Source

Archives nationales – Pierrefite

  • Sûreté générale – Police Nationale
  • Surveillance des étrangers

Cercle de Généalogie juive

Généanet

Filae

Famille de Salonique

FILIATION

Salem Léon

genealogiefamille

Brève biographie

Naissance – Salonique, Nomós Thessaloníkis, Macédoine, GRÈCE

De Jacob et Nehama Esther

Étude à l’Alliance israélite française de Salonique.

Arrivée en France – Venant de Manchester, âgé de 28 ans.

Commissaire en marchandises, principalement de luxe et en parfumerie.

Vie avec sa future femme au 80 rue Rambutteau à Paris 1er jusqu’en 1914

Recensement par la Préfecture de police. Domicile au 19 rue Notre-Dame de Nazareth à Paris 3ème.

Domicile au 120 rue de Turenne à Paris 3ème.

La Préfecture de police de Paris lui refuse un voyage à Clermont-Ferrand de 8 jours, à but commercial.

Léon est porteur d’une carte d’identité n° 995379 émise ce jour. Il exerce la profession de commissaire en marchandise et gagne 24 000 Francs/an.

Domicile au 55 rue des Petites Ecuries – Paris 10ème – Loyer annuel 4400 Frs

Mariage avec Marie Louise BOBART- Née à Liège – Paris Xe, Seine, France. Sa femme possède d’un récépissé de demande de carte d‘identité délivré le 6 juin 1917. Elle est déclarée s’occuper des soins du ménage.

Accord de la Préfecture de police pour que Léon et sa femme puissent se rendre à Manchester (Angleterre) rencontrer des membres de la famille réfugiée. Léon et sa femme habitent alors au 55 rue des Petites Ecuries. Les parents de sa femme habitent au 27, Zellington street – Bradford à Manchester.

Le père de Léon est enterré à Salonique. Léon obtient l’autorisation de s’y rendre pour y assister. Il y restera un mois. Autorisation accordée par la Préfecture de police.

Divorce prononcé à la Mairie du 10e arrondissement – Tribunal de la Seine – en défaveur du mari.

(Date à vérifier ou 1932)

Publicité parue dans Le Guide SAM : pour l’expansion économique française pour le Levant sur l’entreprise de Léon.

La fille de l’eau de Jean Renoir. Lionel joue un marinier.

L’heureuse mort de Serge Nadejdine où il joue le secrétaire de théâtre.

L’abbé Constantin de Julien Duvivier

Madame Saint-Gêne de Léonce Perret

Recensement de 1926 : Léon vit seul au 55 rue des Petites Ecuries – Paris 10 ème – Quartier Porte de Saint-Denis –

Travail dans l’art cinématographique. Néanmoins, il occupe le poste de chef de publicité à la maison Tourisme – Industrie au 6 boulevard d’Aurelle de Paladines à Neuilly-sur-Seine.

Diplôme d’honneur pour service rendu à la mutualité par la Socièté Nationale d’Encouragement à la Mutualité.

La flamme de René Hervil où il joue l’ami d’Hugues Sedley

L’Agonie de Jérusalem de Julien Duviver où il joue Jésus.

Article paru dans L’Information financière, économique et politique du 14 juin 1926 sur L’Agonie de Jérusalem de Julien Duvivier et éloge de l’interprétation de Léon.

Simone d’Emile-Bernard Donation où il joue le notaire.

Titi 1er roi des gosses de René Leprince où il joue le roi Ivan VII

Article dans Paris Midi sur L’Agonie de Jérusalem de Julien Duvivier et éloge de l’interprétation de Léon.

Article dans L’Intransigeant sur la composition des acteurs dont Léon en Jésus.

Article dans Le Républicain de Belfort sur L’Agonie de Jérusalem de Julien Duvivier et éloge de l’interprétation de Léon.

Article dans Le Guide Sam : pour l’expansion économique française dans le Levant sur les juifs orientaux dont Léon Salem. Article repris dans L’Est Républicain paru le 17 mars 1927.

Article dans Le Guide Sam : pour l’expansion économique française dans le Levant recensant les noms et adresses des Salem, dont Léon. Article repris par L’Univers Israélite paru le 7 janvier 1927.

Vente du fonds de commerce de Lingerie, Tissus et Confections situé aux 94 Bd des Batignoles, certainement, à des membres de la famille Salem (Lévy, Jacques et Albert). Léon se fait appeler Grottas. Source Le Courrier. Journal quotidien, Feuille officielle d’annonces légales et judiciaires du 22 mai 1927.

Le Martyre de Sainte-Maxence d’Emile-Bernard Donatien où il joue Hugues Valens

Le P’tit Parigot de Réné Le Somptier en 6 épisodes où il joue Napoléon III

Gros…sur le cœur de Pierre Weill

Article paru dans Mémorial de La Loire et de La Haute-Loire sur le film l’Agonie de Jérusalem de Julien Duvivier avec éloge de l’interprétation de Léon.

Chacun porte sa croix de Jean Choux où il joue Jésus

La vie miraculeuse de Thérèse Martin de Julien Duvivier où il joue Louis Martin

Article de Jean-Charles Reynaud intitulé Lionel Salem, paru dans le Guide Sam de l’année.

L’âge d’or de Luis Bunuel où il joue le Duc de Blangis

Montparnasse de George Burton

Article paru dans Le Petit Dauphinois, le grand quotidien des Alpes françaises présentant le film de Julien Duvivier, L’Agonie de Jérusalem.

Licenciement : faillite de l’entreprise Tourisme Industrie.

Inscription à la mairie du 10ème arrondissement au service du chômage.

Radiation des listes du chômage par la commission paritaire locale à partir d’un signalement pour versement d’allocations indues.

Carte d’Identité n° 327503 délivrée par la Préfecture de Police.

Décès de sa mère au 10 rue Saulnier à Paris 9ème à l’âge de 84 ans.

Recensement : domicile toujours au 55 rue des petites écuries. Il se fait appeler Lionel, artiste de cinéma. Erreur ou volonté de rajeunissement sa date de naissance est fausse (1889). Il vit avec Schneider Sarah qui est identifiée comme parente. Pourtant, la même année, Sarah vit avec ses parents, Isaac et Dora émigré russe, son frère Benjamin (né en 1909 à Paris) et sa sœur Marion (née en 1913 à Paris) au 55 rue des Poissonniers à Paris 18ème, quartier Clignancourt. Sarah, alors âgée de 21 ans, travaille comme dactylo, le nom de son employeur est illisible. Marion est employée à « Bourse publicité ». Leur vie commune devait être récente.

Refus de séjour au titre de renouvellement tardif de carte d’identité et non paiement des indemnités encourues.

Demande de refoulement. Après démarches de la Ligue des Droits de l’Homme auprès du Ministre de l’Intérieur autorise en date du 00 mars dernier à résider en France jusqu’au 31 mai 1933.

Annulation de la demande de refoulement par production d’un certificat de travail visé favorablement par le Service de Main-d’œuvre étrangère.

Carte d’identité avec la profession de secrétaire traducteur « chez M. Le Perrin, Député de la Nièvre, pour un salaire de 1000 francs mensuels ». Source la Sureté national.

Sauf-conduit, aller et retour, d’une durée de 3 mois, obtenu pour l’Italie.

Golgotha de Julien Duvivier

Un article de L’intransigeant du 11 janvier signale que Lionel Salem est pressenti pour jouer dans le film Jésus de Nazareth en deux versions (italienne et française). Film qui ne sera pas réalisé.

Recensement *: Même domicile – Son prénom, toujours Lionel, avec la bonne année de naissance. Maria Lacour, née en 1904 en Saône-et-Loire, vit avec lui, comme « amie ». Elle est chef de service commercial. Au recensement de 1931, Maria habite au 30 rue de la Croix de Nivert Paris 15ème Quartier Grenelle. Elle travaille comme comptable aux Galeries Lafayettes. Elle est dénommée « amie » des sœurs Pauvert qui vivent avec elle;

Il y a Joséphine née le 06 avril 1887* à Nantes, infirmière ex-modiste, et Clémence née le 29 mai 1888* à Nantes, alors couturière chez Weil à Paris.

Au recensement de 1906, à Nantes, Anna Marie Victorine Brisseau épouse Pauvert, née en 1851, vit avec sa famille au 39 rue du Bel-Air, à Nantes, avec ses enfants Germaine, Marie, Josephe (dite Joséphine), toutes deux modistes, Clémence, tailleuse, et Joseph, né en 1892, tapissier.

Maria a eu un fils de « père confidentiel », Pierre, né entre 1930 et 1932, sans autre précision. Pierre est décédé entre 2005 et 2007. Il n’a ni le nom Salem ni celui de Latour. Le « mariage » de Maria est toujours dit confidentiel.

Thérèse Martin de Maurice de Canonge

L’enfer des anges de Christian-Jacques où il joue le Rouquin.

Lois portant statut des juifs

Publication au Journal Officiel de la liste des dignitaires et des officiers de la Franc-Maçonnerie au Journal officiel. Léon est membre de la Grande Loge de France (loge Thebah).

Domicile au 23 rue Jansen dans le 19ème. Il se dit traducteur.

Port obligatoire de l’étoile jaune en France

Le convoi 38 l’emmène à Auschwitz où il sera gazé à son arrivée.

Décembre 1988

Reconnu par Arrêté portant mention « Mort en déportation » au Journal Officiel

Mémorial de la Shoah

Mur des noms à Paris, Dalle n°94 – Colonne n°32- rangée 1

Légende

XXXXXXXXX : Film avec Léon comme acteur.

XXXXXXXXX : Recensement officiel

XXXXXXXXX : Informations provenant des différents dossiers retrouvés aux Archives nationales.

  • Acte d’état civil

Source

Archives nationales – Pierrefite

  • Sûreté générale – Police Nationale
  • Surveillance des étrangers

Cercle de Généalogie juive

Généanet

Filae

Famille de Salonique

FILIATION

Alliance Israélite Française

Depuis peu les archives de Salonique confisquées par l’Allemagne Nazie puis récupérés par la Russie ont été rendues à la ville. De nombreux documents sont donc accessibles. Du coup, l’importance de l’Alliance Israélite Universelle apparaît prépondérante pour le rayonnement de la culture francophone.

Fondée à Paris en 1860 par des juifs riches qui veulent éduquer les populations juives en Orient, elle s’implante à Thessalonique au début du XXè siècle pour ouvrir son premier établissement français en 1860.

Du Maroc à la Turquie, de la Palestine à la Bulgarie, des générations de jeunes garçons, et pour la première fois de jeunes filles, acquièrent un savoir qui leur permet de sortir de leur condition de dominés en terre d’islam. France archives

Son siège parisien se trouve au 27 avenue de Ségur à Paris et sa bibliothèque est accessible au 6 bis rue Michel-Ange dans le 16è à Paris.

Salonique

La première école de garçons est créée en 1873 et celle des filles en 1875.

L’élite de la ville est éduquée dans ces écoles. Les hommes les fréquentent au début, lorsque les femmes continuent à parler la langue judéo-espagnole (qui s’écrit avec des lettres hébraïques), mais de plus en plus de filles fréquentent les écoles primaires.

Beaucoup de livres et de journaux s’écrivent avec des lettres latines. La langue française devient la langue du commerce.

On abandonne les prénoms hébraïques pour les prénoms occidentaux. De nombreuses familles de la communauté entretiennent des liens étroits avec l’Alliance Israélite Universelle.

Lien avec la famille Salem.

Un certain Emmanuel Salem s’occupe de créer le comptoir de Salonique.

Je ne sais absolument pas s’il faut le rapprocher de la famille qui nous occupe. En tout cas, on retrouve cet Emmanuel dans le document suivant sur les membres actifs

On retrouve aussi dans les archives un certain Daniel S, avocat, qui a beaucoup milité pour rechercher des donateurs. Dans les listes, j’ai retrouvé une donation d’un certain Jacok Aster Salem qui pourrait être le père de Léon.

Ces structures permettent le développement de la langue française, comme le démontre le niveau possédait par Léon Salem.

Histoire des juifs de Salonique

France archives

Bulletin des anciens élèves

Famille S

FILIATION

Carte Identité d’étranger

Le décret de 1917 institue un papier indispensable à tous étrangers en France, la CI étranger. Celle-ci leur sert de sauf-conduit. Elle est gratuite et comporte deux couleurs selon l’affectation du travail, de couleur verte pour l’industrie et jaune marron pour l’agriculture.

Tout étranger de plus de quinze ans et séjournant plus de quinze jours en France, a l’obligation de posséder cette carte, délivrée par les préfets, et de la faire viser à chaque changement de résidence. Archives départementales du Pas-de-Calais

À partir de 1920, elle est de couleur blanche et comporte la mention agriculture ou industrie. Mais, à partir de 1922, pour désengorger les commissariats et les postes frontières, seul un sauf-conduit est nécessaire. Par contre, la carte d’identité devient payante et est envoyée à la préfecture du lieu d’accueil. Et, l’ouvrier dispose de 8 jours pour la récupérer.

Déclaration de résidence (en exécution de la loi du 8 août 1893) de Sébastien Aniorte dans la commune de Saint-Étienne en 1923 © Archives départementales de la Loire série M, dossier 1084.

En 1924, un nouveau décret modifie les conditions d’obtention de la CI d’étranger. Ce sont les mairies qui dorénavant sont habilitées à les gérer. Les difficultés sont alors nombreuses. Le manque d’interprètes, les problèmes à gérer, etc. font que les demandes sont moins bien remplies, lorsqu’elles le sont.

Les démarches

À son arrivée à la frontière, l’étranger obtient un sauf-conduit pour se rendre à sa destination.

L’étranger a 48 h à partir de son arrivée pour faire une demande de carte d’identité à la mairie de sa destination ou au commissariat. Il faut 4 photos d’identité, justifier de son identité avec son passeport, le contrat de travail et le mandat pour payer le document.

La demande est reportée sur une fiche blanche destinée au dossier central et sur une fiche jaune destinée à la préfecture. Un numéro de carte est affecté et reporté sur cette fiche.

La CI

Son renouvellement doit se faire tous les deux ans, à partir de 1924 avec changement de photo. En attendant le changement qui doit se faire au premier trimestre de la seconde année, le possesseur doit rendre son ancienne carte et reçoit un récépissé.

Sa nouvelle CI comporte un nouveau numéro et est changée à expiration ou si changement de travail.

Sources

Généalanille

Histoire Immigration

Famille K

Famille S

FILIATION

Brève histoire des juifs du Levant

Après la victoire des chrétiens contre le royaume de Grenade, les juifs furent expulsés de l’Espagne en 1492 et du Portugal en 1496. (Décret de l’Alhambra)

Expulsion des juifs de Séville -Tableau de Joaquim Turina Y Areal – XIXè s.

Les Juifs de la péninsule émigrent alors (sauf ceux qui se convertissent, devenant alors des « marranes ») vers l’Italie, les Balkans, les pays d’Afrique du Nord, l’ Empire Ottoman.

Expulsion des juifs en Europe (1100 – 1600)

Expulsion des juifs de 1100 à 1600

Cette population dispersée mais dotée d’une riche culture espagnole a longtemps conservé sa spécificité culturelle, parlant le judéoespagnol souvent appelé aussi le Ladino. Par contre, les élites à Salonique parlent le français.

Leurs influences furent importantes car toutes les communautés méditerranéennes ont fini par être désignées comme séfarades.

Séfarad est le mot hébraïque pour désigner la péninsule ibérique et l’Espagne en particulier, Ashkenaz correspond à l’Europe chrétienne (l’Europe de l’Est avec le Yiddish) . Les Juifs séfarades sont donc stricto sensu les juifs d’Espagne et du Portugal.

Avec leur diaspora, les Séfarades sont devenus en général multiculturels, mélangeant les influences arabes, berbères, espagnoles, portugaises, grecques ou turques puis françaises.

Au fil du temps, Salonique devient le centre mondial du judaïsme séfarade, au point d’être surnommée la « Jérusalem des Balkans » et la « madre de Israël ».

Salonique du XVI au XVII siècle

Au XVIIIe siècle, Salonique reste le débouché naturel des Balkans : grains, laines, cotons, soies et tabacs de la région transitent par son port, puis vers Constantinople. La ville est un de ses principaux centres d’approvisionnement, mais aussi vers les autres régions de l’Empire ottoman.

Chaque groupe d’exilés y fonde sa congrégation, le kahal. Salonique compte plus de trente de ces communautés, chacune étant regroupée autour d’une synagogue portant le nom de la région d’origine du groupe (par exemple Arago) qu’un conseil de rabbins vient chapeauter par la suite.

Vue générale de Thessalonique en 1831 – Port fermé et trains à l’arrêt le samedi

Salonique, au début du XXe siècle

Salonique est une des plus grandes et des plus modernes villes de l’Empire ottoman. Entre 1840 et 1912, le volume des échanges commerciaux de la ville est multiplié par vingt, ce qui en fait le second port de l’Empire (derrière Constantinople). C’est donc une ville riche où la scolarisation est importante chez les juifs. Les premières loges maçonniques se créent aussi. La ville irradie dans cette partie de la Méditerranée

En 1908, un mouvement de jeunes-turcs naît à Salonique qui désire réformer le vieil Empire ottoman. Pour étouffer leur révolte, le sultan met en place une nouvelle constitution. Une année après, les mouvements contestataires continuent et ils remplacent le sultan par son frère.

La légende raconte qu’un édit fait par le rabbin permet au jeunes turcs de circuler le samedi. Et on assigne à résidence à Salonique le sultan destitué. Le mouvement choisit de conserver la clandestinité. La communauté juive dans son ensemble est en général favorable à l’Empire ottoman. Le nouveau Sultan est venu remercier la ville et il a pris trois enfants, un juif, un grec et un turc, pour leur offrir une « bonne » éducation dans la capitale, Constantinople.

En 1912/ 1913, c’est la première guerre des Balkans. En 1912, les troupes grecques entrent dans la ville, accompagnées de soldats bulgares. En 1913, les Grecs annexent Salonique qui reprend son nom qui lui vient de la Grèce antique,Thessalonique. Des musulmans partent pour l’Asie mineure. Le rôle des juifs décline. Beaucoup émigrent aux États-Unis, en Angleterre, en France, en Italie, à Alexandrie.
Une deuxième guerre balkanique éclate en 1913. Les Bulgares non antisémites sont défaits. En novembre 1912, La ville de Salonique entre officiellement dans la Grèce.

Carte postale de Salonique vers 1917

Catastrophe à Salonique

En 1917, un incendie détruit complètement la ville. Les maisons souvent construites en bois ont toutes brûlé. Des milliers de documents communautaires disparaissent.

Selon la légende locale, l’incendie s’est déclaré durant un après-midi de Shabbat, pendant la Première Guerre mondiale, lorsque le charbon utilisé par un réfugié de guerre qui faisait cuire des aubergines s’est renversé sur le sol. Un vent féroce a alors attisé les flammes, provoquant un embrasement majeur qui a laissé les deux-tiers de la ville en cendres et a réduit à néant les logements de 70 000 habitants, dont 52 000 juifs.

Extrait de Times of Israël

Trente-deux synagogues, 10 bibliothèques rabbiniques, huit écoles juives, les archives communales et de nombreuses entreprises et organisations caritatives juives, ainsi que des clubs communautaires, ont été détruits.

La tenue des registres d’état civil par la Communauté Juive a continué après l’incorporation de Salonique à la Grèce en novembre 1912 et cela jusqu’en 1982, année de la reconnaissance du mariage civil par la Grèce.

Souvent le frère aîné d’une famille de Salonique partait en occident pour établir un pont et si ça marchait bien, les autres jeunes de la famille suivaient.

Au cours de la seconde guerre mondiale, les nazis ont anéantis plus de 90 % de la population juive de la ville.

La ville s’est toujours appelée Thessalonique pour célébrer la victoire de Théssalie.

Famille S

FILIATION

Je vous présente Léon S.

« Quand dans ma famille, on disait espagnols, cela voulait dire judéo-espagnols. » Alain de Tolédo, spécialiste de Salonique

« (…) ils disent descendre de juifs séfarades qui ont fui l’Inquisition espagnole (…) » A l’ombre de l’histoire des autres – Camille Lefebvre

Cette photo était dans les archives de Robert et Suzanne. Véronique l’a retrouvée, là, prête à être regardée et admirée.

Aux questions des enfants, on répond comme pour s’excuser : « Tu le sauras quand tu seras plus grand », ou encore : « Je te dirai peut-être cela un jour… » C’est pourquoi le chemin des secrets, comme celui de l’enfer, est pavé de bonnes intentions… Pourtant les secrets que les parents gardent, soi-disant pour protéger leurs enfants, créent à ces derniers des difficultés bien plus graves que celles contre lesquelles on voulait les protéger !

Serge Tisseron – Les secrets de famille

Ici quelques éléments de sa vie qui ne sont pas dans sa fiche Wikipédia

Léon S. est né à Salonique le 17 avril 1883.

(Pour référence, en 1881, Mustafa Kémal- le futur Atatürk- est né à Salonique).

Son père s’appelait Jacob Ascer S. et il était né en 1850 toujours à Salonique et meurt en 1918, toujours dans la même ville.

Sa mère s’appelait Nathana ou Nahama Esther. Elle est née en 1856 à Salonique, aussi.

Une femme juive

Les archives des migrants établies dans le cadre du recensement ottoman de 1905 se trouve maintenant au Musée Juif de Salonique, uniquement disponible en consultation sur place. Donc, impossible de retrouver les ascendants de cette famille sans un voyage à Thessalonique ! De plus, les archives de la ville ont été pillées par les nazis. Les russes les ont volés. Depuis peu, certaines archives ont été restituées à la ville et deviennent au fil du temps en accès libre.

On retrouve dans les cercles de généalogie de nombreux Salem. C’est une grande famille qui a de nombreuses ramifications à Salonique. Un chirurgien dentiste, un avocat et de nombreux autres parfaitement inconnus. En france aussi, de nombreux Salem ont choisi de vivre, mais aussi en Angleterre en Amérique latine, aux États Unis, etc. Sans connaître les ascendants directs des parents de Léon, difficile de trouver des précisions.

Émigration

Tout d’abord, Léon S. choisit d’émigrer en Angleterre. Il a 24 ans. Il arrive en France le 24 décembre 1911 ou 1912. Il vient de Manchester et est déclaré représentant de commerce principalement en parfumerie.

Pour expliquer cette émigration: plusieurs pistes : Est-ce que la famille avait vu baisser son influence à Salonique ? Ou était-il missionné par sa famille pour agrandir l’entreprise familiale. Nous ne le saurons pas. Pour l’instant, rien ne permet d’identifier les raisons de son émigration.

La France

Sa carte d’étranger porte le numéro 995379 et a été délivré à Paris le 1er octobre 1918. Sa femme est encore en demande de CI le 6 juin 1917. Sa profession est commissaire en marchandise et gagne à peu près 24 000 francs /mois. Voir le document ci-dessous.

En 1918, Léon S. demande l’autorisation de quitter la France pour un séjour à Manchester afin de retrouver sa famille. En tant qu’étranger, il en fait la demande officielle au Ministère de l’Intérieur qui diligente une enquête de moralité auprès de la Préfecture de Police de Paris. Les extraits suivants viennent du dossier retrouvé sur le site Cercle de Généalogie Juive.

Éléments du rapport d’enquête 1918

Vécu dans la capitale

A son arrivée à Paris, en 1912, Léon S. vit seul au 80 rue de Rambuteau jusqu’en 1914.

Le couple habite au 120 rue de Turenne pendant 18 mois puis s’est installé au 55 rue des Petites Écuries que Léon semble avoir garder après son divorce.

Son loyer au 55 rue des Petites Écuries est de 1500 francs ce qui équivaut à 3476 euros aujourd’hui. On peut imaginer que sa femme a retrouvé sa famille à Manchester. Les recherches en Angleterre ne sont pas faciles. Donc, pour l’instant aucune suite concernant sa première femme, Mathilde Louise Bodart, née le 18 janvier 1892 à Liège en Belgique.
Est-ce que l’habitation de Léon S lui servait de local commercial.
Rien ne le sous-entend. Mais, pour son commerce, il avait besoin d’entrepôt (s).
Son revenu annuel de 2400 anciens francs équivaudrait à 58 668 euros soit plus de 4800 euros par mois. Voir Calculateur

L’activité de négoce est une entreprise familiale. Le guide SAM recense les activités de toute la famille S.

A noter que le guide SAM était une sorte d' »annuaire pour l’expansion économique française pour le Levant ».

Un exemple : Lévy S

Juste en dessous de Léon S, est inscrit un certain Lévy S. commerçant lui aussi.
Il a fait l’objet d’une enquête de la Sureté aussi et son dossier est archivé au Cercle de Généalogie Juive.

Son dossier de surveillance en 1917 du Ministère de l’Intérieur démontre des activités commerciales de Rio de Janeiro à Paris en passant par Salonique et New-York.

Ici, l’enquêteur montre sa complète ignorance …car Lévy Salem était bien devenu portugais. Mais le doute et même la suspicion vont continuer à s’exprimer …pour conclure ainsi l’enquête :

Et, voici l’ultime décision :

Il y a deux dossiers réalisés sur Lévy Salem. Celui de 1918 produira entre autres en annexe les papiers certifiés de sa naturalisation et même il écrira au Ministre (reproduit dans le dossier) puis invoquera sa santé… Mais, rien ne changera la décision de 1917. Lévy S ne pourra plus faire son négoce à l’international, puisqu’il ne peut plus sortir de France. S’il avait de la famille dans ces différents endroits, il est condamné à ne plus les voir.

Pour rappel

Avec l’entrée en guerre en 1914, les processus de surveillance s’intensifient. Les mouvements de la population sont étroitement surveillés par peur de « l’espion ». Le 2 août, un décret, destiné en premier lieu aux ressortissants des pays ennemis, mais qui va rapidement se généraliser, impose de nouvelles mesures d’identification en prescrivant à tous les étrangers séjournant en France de se faire connaître des autorités.
Le décret du 2 avril 1917 instaure la création d’une carte d’identité pour les étrangers sous l’égide d’un service central de la carte d’identité des étrangers, installé auprès de la direction de la Sûreté générale du ministère de l’Intérieur. Tout étranger de plus de quinze ans et séjournant plus de quinze jours en France a l’obligation de posséder cette carte, délivrée par les préfets, et de la faire viser à chaque changement de résidence.
Cette nouvelle mesure, qui concerne un peu plus d’un million et demi de personnes définies comme « étrangères », montre la volonté des autorités politiques de contrôler leur présence et leurs déplacements sur le territoire et de réguler le marché du travail. Les cartes, par un système de couleurs, distinguent les différents secteurs d’activité, industrie, agriculture ou artisanat. En 1924, la création de la Société générale d’immigration généralise l’enregistrement des travailleurs immigrés.

Extrait de Archives départementales du Pas de Calais

Léon S sollicite de nouveau le ministère en 1919

Cette lettre prouve son degré d’instruction. Je ne pense pas qu’il ait recopié un texte élaboré par un autre. Il y a une habitude à écrire dans cette graphie. Il parle et écrit parfaitement le français. Il a donc reçu une instruction de qualité. L’Alliance Israélite Française avait implanté des écoles à Salonique depuis la fin du XIXè s. Voir l’article AIU

Léon S. joint aussi le faire-part. A noter qu’à chaque fois, leur retour en France est soumis à leur bonne conduite sur place. Il a 35 ans à la mort de son père.

Dans celui-ci, on apprend le nom de son père et l’adresse de la famille. Ce sont des éléments qui peuvent avoir leur utilité dans des recherches futures, mais que je peux les utiliser pour l’instant. Le centre ville de Thessalonique est encore peu Googolisée.

Léon S. obtient son autorisation :

Léon S, de nouveau libre

Léon S divorce le 1er janvier 1922 (?). Sa procédure est bien enregistrée au Tribunal de la Seine. Il est probable que sa femme rejoigne sa famille en Angleterre, à Manchester, précisément où sa famille a émigré depuis la Belgique.

Robert nait en décembre 1924. Il a donc été conçu en avril de la même année. Cette année-là, Léon S. a 41 ans et se voit déjà grand acteur. D’ailleurs, il se fait appeler Lionel. Car, cette année-là, il joue dans deux films :

Il jouait un marinier dans La fille de l’eau de Jean Renoir et le secrétaire de théâtre dans l’heureuse mort de Serge Nadejdine. Il commence à, enfin, accéder à son rêve. Il est probable qu’il en avait envie depuis longtemps. Ou autre possibilité, à la faveur de rencontres, on lui a trouvé « une belle gueule » et on l’encourage à entrer dans le circuit. Sauf qu’il gagnait très bien sa vie et qu’il n’avait plus vingt ans! Non, je penche pour un rêve de jeunesse auquel il peut enfin croire le mettre en pratique. Il est probable aussi, comme la femme de Van Gogh, n’a pas du tout apprécié ce virage utopique. Le divorce n’a fait qu’officialiser leur désaccord.

Où se sont-ils rencontrés ? Est-ce en Angleterre, lorsque Berthe y travaillait ? Ou est-ce à Paris ? En tout cas, elle couturière de qualité et lui négociant en tissus, bonneterie et autres fanfreluches, leur rencontre semble possible. Mais, là, pour l’instant, nous ne pouvons en savoir plus. Je dois encore retrouver où vivait Berthe à Paris. Mais où chercher ? Car le recensement de 1926 pourrait nous aider …

Pour revenir à la photo, rien nous renseigne (aucun signe à l’arrière) sur l’époque où elle a été prise mais aussi sur le moment où Léon l’a donné à Berthe. Car, rien ne dit que la photo fut donnée à la naissance de Robert…

Liliane a raconté que Berthe avait rencontré Léon une nouvelle fois après la naissance de Robert. Quand ? Nous ne le saurons jamais ! Berthe, âgée à la naissance de son fils de 26 ans, lui demandait de reconnaître l’enfant. Léon avait refusé. Certes pour un acteur commençant une carrière prometteuse, la présence d’un enfant pouvait l’encombrer. A postériori, Léon, par son attitude, a sauvé Robert !

Entre son divorce et son premier film, deux ans où il a abandonné son négoce et commençait à fréquenter les lieux de cultures parisiens, etc… pour arriver en 1926 à sa consécration :

D’autres articles souligneront sa percée dans le monde du cinéma. Et sa fiche d’acteur est à consulter ici

Les jours sombres arrivent…

18 films plus tard dans des petits rôles, et 2 annoncés, la loi du 3 octobre 1940 « portant statut des Juifs » vient interrompre sa carrière. A 57 ans, il n’a plus le droit de travailler.

Franc-Maçon, membre de la Grande loge de France, il apparaît dans la liste des dignitaires publiée en août 1941 au Journal officiel par la présidence du Conseil du Maréchal Pétain. Il habite au no 23 rue Jansen et se déclare traducteur.

JO du 19 août 1941

Le 4 octobre 1940, la loi sur « les ressortissants étrangers de race juive » entre en vigueur. Peut-être a-t-il cherché à s’enfuir, à émigrer ailleurs. Ou, alors, il a cru que l’innommable ne se produirait pas….

En Octobre 1941, la création de la Police aux questions juives (PQJ) est créé dans les 2 zones. Même en Zone dite libre, l’étau se resserre.

Sur le site du mémorial de la Shoah :

3828 septembre 1942Camp de DrancyAuschwitz90418733 meurent dans les chambres à gaz dès leur arrivée. Dans ce convoi on trouve Michel Sima, la mère de Gérard Lebovici, Lionel Salem, Milo Adoner (17 ans)4 et 7 autres membres de sa famille mais aussi 609 Juifs roumains arrêtés lors de la rafle du 24 septembre 1942.

Léon S. décède le 3 octobre 1942 à Auschwitz à l’âge de 59 ans.

Famille S

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