Klank Jacob

L’itinéraire d’un « juif polonais » en France

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À Lodz en Pologne.

Seulement, bien que la date de naissance apparaisse sur au moins quatre documents officiels (deux actes de naissance, une fiche de travail et des articles de journaux après enquête de gendarmerie), aucun acte de naissance n’a été retrouvé à Lodz. Pire, aucun adulte susceptible d’être l’un de ses parents n’est enregistré à Lodz. Trois personnes avec un nom de famille identique sont déclarées célibataires.

Autre particularité, sur le site Polskie Towarzystwo Genealogiczne , association de généalogie polonaise qui fait autorité, aucun homme avec ce nom et prénom n’est enregistré dans toute la Pologne avec cette date de naissance !

Sur le site de référence JewishGen , quatorze personnes portent ce nom, sans qu’il y ait correspondance complète. Et, ainsi de suite …

D’autres part, le Cercle de généalogie juive , précise la multitude d’écriture d’un même patronyme et l’imprécision des dates (en Pologne, cohabitent les dates du calendrier julien (calendrier orthodoxe, officiel en Russie et ses protectorats jusqu’en 1918).

Ce qui semblait un élément fiable est peut-être celui le plus variable !

Jacob dépose une demande de carte d’identité à Saint-Chamond, dans l’arrondissement de Saint-Etienne dans le département de La Loire. Il obtient un récépissé. Sa demande est déposée à la fois au commissariat et à la Mairie. Il habite à Saint Chamond dans les baraquements.

Jacob demande un sauf-conduit pour se rendre à Decazeville dans l’Aveyron. L’adresse est illisible.

Jacob a obtenu un sauf-conduit pour se rendre à Moliens dans l’Oise.

Jacob a obtenu un sauf-conduit pour se rendre rue Letord dans le 18ème arrondissement de Paris.

En gare de Sarreguemines, à 6 h 22, à la descente d’un train venant de Sarrebrück, Jacob est arrêté avec deux hommes de nationalité russe.

Ils disent venir de Hambourg. Au commissariat, les hommes se déclarent Steward et disent s’être embarqués au Havre sur un bateau américain.

Rien de suspect n’est constaté sur eux et dans leurs affaires. Ils ont été refoulés en Allemagne. Seulement, on leur confisque leurs papiers, ce qui n’était plus nécessaire depuis novembre 1920.

Jacob entre au services des Acièries de Lorraine et en sort trois jours plus tard. Il est probable que la fiche ne fut actualisée à chaque contrat. Néanmoins, elle signale de nombreux contrats à durée limitée.

L’adresse aposée le signale à Longlaville au 964 rue du Luxembourg, dans les barraquements pour employés des mines. Ce n’est certainement pas son adresse d’arrivée, puisque à sa sortie définitive de ce travail il sera recensé à la même adresse en 1931.

(Attention, le dernier chiffre de l’année est assez illisible, mais ce n’est pas 6)

Jacob est déclaré être dans cette commune à cette date. Il a loué une chambre, ou un appartement, au 41 rue de la Source à Nancy en Meurthe et Moselle. Il est déclaré machiniste. Le nom du (ou des) propiétaires n’est psindique. Dans cette colonne, on reconnaÎt Mont-Saint-Martin en Meurthe et Moselle.

Passeport de Frieda Dick obtenu le 26 mars 1926

Passage de frontière à Delle – France – 2 avril 1926

2ème passage de frontière à Delle – France – 30 octobre 1926

Décembre 1926 : Frieda est enceinte

Frieda habite au 41 rue de la Source à Nancy dès le 29 mai 1927

Sur sa fiche de travail, Jacob est déclaré travailler chez Romagne (Romagné, actuellement entreprise de maçonnerie) à Mont-Saint-Martin jusqu’en janvier 1929.

Jacob rentre à l’Aciérie à Longlaville et il en sort le 10 janvier 1028. Le nom de l’entreprise n’est pas lisible.

André Dick naît à cette date*, déclarée par une cuisinière, Hélène Marie Schoumert.

Frida a donc accouché dans l’actuelle Maison Hospitalière Saint Charles au 56 rue des quatre églises à Nancy. Frieda est déclarée cuisinière, en résidence au 41 rue de la Source à Nancy, mais domiciliée à Boécourt en Suisse.

Le 14 septembre 1927, Frieda le reconnaît.

Le 21 septembre 1927, Jacob le reconnaît à sont pour à Mont- Saint- Martin en Meurthe-et-Moselle. Il est dit qu’il habite rue de la gare à Mont-Sant-Martin.

Jacob est réengagé aux Acieries, même nom que l’entreprise précédente. Il en sortira le 13 juin 1932 licenciée.

Suzanne naît à Longlaville* à 6 h. C’est Jacob qui fait la déclaration à la Mairie de Longlaville. Il est déclaré machiniste et Frieda, sans profession. Ils sont déclarés être domiciliés à Longlaville, sans que l’adresse exact soit mentionnée.

A 17 h*, le petit André décède. L’enfant a échappé à la surveillance de son père, entrain de faire la sièste dans un champ. L’enfant jouait sur les rails et s’est fait écrasé.

Plusieurs journaux relateront l’accident horrible avec la desciption des blessures (L’Est Républicain). Douze heures après l’accident, il décédera à l’hôpital de Mont-Saint-Martin. La déclaration de décès est faite par un économe, certainement des usines de la Chiers, responsable de l’accident. Jacob a 30 ans, Frieda 24 ans.

Prolongation du passeport de Frieda – Paris

(Du 19 octobre 1929 jusqu’au 18 janvier 1930)

16 octobre 1930 naît Honoré André à Paris

Jacob est recensé dans un baraquement des ouvriers à Longlaville au 197.

Recensement 1931 :

Domicile de Frieda – 16 Bd Carnot à Paris,

avec Honoré G. Suzanne et son petit frère

Décès du petit frère de Suzanne – 25 mai 1932

Jacob est licencié de l’entreprise qui l’a engagé précedemment.

Jacob est signalé machiniste à Mont-Saint-Martin

Un article de journal le signale, sans papier, à Esnouveaux dans la haute Marne, employé dans une ferme.

Mariage de Frieda – 26 août 1933 – Paris

Légitimation de Suzanne par le mariage

Plus de trace de Jacob

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Légende

*Acte état civil archivé

Source

Guide de généalogie en Pologne

Polskie Towarzystwo Genealogiczne : Association de généalogie polonaise

Jewish Gen Organisation à but non lucratif fondée en 1987 en tant que ressource électronique internationale pour la généalogie juive.

Cercle de généalogie juive Première association française de généalogie juive.

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5. Jacob, encore, mais pas fin !

Si on considère que Frieda, lors des rares fois où elle racontait son passé, ne mentait pas, alors, il faut considérer que Jacob était certainement juif, comme elle l’affirmait.

En effet, Frieda prétendait avoir eu deux garçons morts et une fille. André est né en 1927 et est mort en 1929. Honoré André était né en 1930 et il est décédé en 1832. Frieda soutenait aussi que Jacob était juif. Pourquoi mentirait-elle sur ce dernier point ?

Alors, il fallait poursuivre cette piste. De nouveau, je fais appel à Philippe Christol, généalogiste professionnel spécialiste de l’immigration polonaise. Et, je lui demande de vérifier dans la communauté juive de Lodz.

La réponse est encore décevante. Aucun Klank n’est enregistré dans la communauté juive de la ville de Lodz.

Conclusion

Seulement, il semble qu’on ait avancé : Certainement, Jacob est né dans la province de Lodz. Il faut continuer à chercher des éléments en France qui pourrait amener des nouveautés.

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4. Alors, Jacob ?

Les recherches n’avancent pas ! Mon intuition est que Jacob n’était pas de religion juive et que son secret se trouve en Pologne.

Alors, je décide d’avoir recours à un généalogiste professionnel, le spécialiste français de la généalogie polonaise. Philippe Christol est l’expert des recherches en Pologne et Tchécoslovaquie et aussi de la présence de ces immigrants en France. Il anime le site Généapologne, une page Facebook du même nom ici. Il a signé plusieurs livres dont le dernier est Migrants et réfugiés de 1789 à 1900. Voici ici le résultat de son travail.

Le contexte

Il y a plusieurs recensements sur Lodz mais le plus intéressant est celui de 1916-1921.

Lodz est une ville-champignon au XIXe siècle, passant de quelques milliers à un million d’habitants et dont la quasi-totalité vient d’ailleurs. 

A Lodz, « Les Polonais sont dès lors majoritaires (51 %) et la population juive plus importante que l’allemande (36 % contre 12 %). » Wikipédia

À la recherche de Jakob

Or cette cote étant en russe, la lisibilité est très difficile, comme le montre le document suivant:

Dans la table décennale des enregistrements, reproduit ci-après:

Aucun acte de naissance n’est retrouvé au nom de Jacob K., ou approchant, à la date donnée de sa naissance ! On ne retrouve rien soit au bon nom, soit au bon prénom, même si on recherche bien avant, et bien après.

De plus, les cartes d’enregistrement de 1916 à 1921 à Lodz, ne révèle aucune famille et aucun homme de ce nom.

Sur aucun fond d’archives, on ne retrouve de Jacob K. !

Jacok (ou Jakob, façon polonaise) étant né en 1899 on peut supposer que sa famille est arrivée dans les décennies 1880/1890. Cette côte n’est pas idéale mais elle peut donner des hypothèses d’origine. La recherche s’est poursuivie sur deux autres recensements celui de 1903-1921 par différentes maisons et celui de 1872-1874 des personnes « de passage ».

Plusieurs fiches comportent des orthographes approchantes :

ou encore

Et le dernier

Aucune fiche qui correspond à son nom et prénom !

À la recherche de ses parents

Dans les recensements vers 1880, il y en a 4 occurrences. C’est la correspondante de Philippe Christol, traductrice professionnelle russe-polonais-français résidant à Varsovie, qui a finalement effectué un gros travail de déchiffrage, présenté ci-dessous:

  • Au numéro 7, Klank Heinrich ou Henrik, âgé de 35 ans, est déclaré vivant seul et citoyen prussien, arrivé de Prusse le 23 avril 1874. Son passeport est émis en Prusse dont le district est administré par Warendorf (Ville allemande située en Rhénanie-du-Nord-Westphalie) le 17 février 1874 au numéro 75 pour une durée d’un an. Le permis de séjour n° 494est accordé pour un an à partir du 23 avril 1874, les mentions complémentaires sont illisibles.
  • Au numéro 51, Klank Franciszek est âgé de 16 ans, vivant seul. Il est venu de Prusse le 4/16 mai 1872 du district de Wittenberg (ville de Saxe-Anhalt, patrie de Martin Luther) et son passeport porte le numéro 39 et est valable un an. Son permis de séjour n°1409 est émis le 4 mars 1872
  • Au numéro 51, Klank Rozalia, âgée de 57 ans et sa profession est déclarée être au service de sa famille. Son passeport est prussien mais l’origine du district est illisible. Son passeport lui a été attribué en 1871 et son permis de séjour pour un an.
  • Klank Wilheim est déclaré vivant seul, âgé de 22 ans et de profession mécanicien, originaire de la Principauté de Reuss- Greiz (un des vingt-cinq États de l’Empire allemand ayant existé jusqu’en 1918). Son passeport a été fait le 10 janvier 1973 et son permis de séjour pour un an en 1973.

Pour conclure …

Jakob n’est pas de religion juive. Aucune inscription n’a été retrouvée sur les sites de référence jewishgen.org ni celui du Cercle de généalogie juive.

100% des paroisses catholiques ont été relevées avec revérification des paroisses protestantes, mais Jakob ne figure pas dans les index.

Très probablement il est né « région de Lodz » (difficile d’y croire) ou pire, ses parents y ayant migré (c’était une ville champignon) il peut y avoir grandi mais être né ailleurs, auquel cas cet ailleurs peut être n’importe où. …

4 Klank figurent dans un recensement des années 1870 à Lodz à l’époque sous domination russe (« royaume de Pologne/Pays de la Vistule »). Par contre, ces 4 personnages viennent de Prusse, c’est à dire d’Allemagne, donc on peut y voir une indication sur l’origine. S’il s’agit des régions de Prusse récupérées par la Pologne après 1920/1945 cela devrait figurer sur Geneteka ce qui n’est pas le cas:

Nous ne sommes pas plus avancés. Jakob continue d’être une énigme ! D’où vient-il avant 1920 ? Qui sont ses parents ? Où est-il après 1932 ?

Il faut continuer à chercher en France des documents soit aux archives départementales ou aux archives municipales en fonction de lieux divers.

Se peut-il qu’après la saisie de sa demande de CI, il ait circulé sans papiers ?

Le refoulement frappe les étrangers en situation administrative irrégulière, qu’ils aient pénétré en France clandestinement et n’aient pas régularisé leur position ou qu’ils exercent un emploi salarié sans posséder de contrat d’embauchage dûment visé ni de carte d’identité de « travailleur ». La carte d’identité vaut permis de séjour ; en cas de refus de la délivrer ou en cas de retrait, l’immigré doit quitter le territoire, théoriquement dans les huit jours, en fait dans un laps de temps plus long, car les autorités lui accordent des délais. Il part avec sa famille puisqu’aucun de ses membres n’est en règle. Le nombre de Polonais refoulés, un peu supérieur à celui des expulsés, ne s’accroît cependant pas en 1927 par rapport aux années antérieures. Tenant compte des protestations récentes, la loi de finances du 26 mars 1927 a réduit la taxe perçue pour l’obtention de la carte d’identité à 20 F pour les « travailleurs » et à 100 F pour les autres étrangers. La police ne trouve que peu de salariés en infraction à cet égard.

Polonais méconnus

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3. Vraiment, mais qui est Jacob ?

Les recherches en France ne semblant plus donner de précisions, il faut aller chercher les informations en Pologne. En écrivant à l’Ambassade de Paris, ils m’indiquent que les archives de Lodz sont en ligne.

Et ils m’indiquent aussi Geneteka, un site de généalogie comme le Geneanet en France qui possède à la fois un espace Facebook et un site ici.

Seulement, la base de recherche ne trouve aucun Klank naît à Lodz en 1899.

Les archives de Lodz restent complexes à déchiffrer.

Même si on trouve de l’aide dans les différents forums, le déchiffrement du polonais, en plus ancien, est impossible !

Même en faisant appel à des groupes Facebook et des généalogistes amateurs, je n’avance pas !

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Présence polonaise – Nord et Est – France

Lors de ma visite aux Archives Nationales, je me suis penchée sur le fond de la Sureté nationale qui renseignait sur la communauté polonais dans ces deux régions.

Le canton de Briey est situé dans le département de Meurthe-et-Moselle, plus au sud que celui de Longwy- Longlaville. Ici, il s’agit de surveiller activement un journal polonais pourtant tiré à très peu d’exemplaires.

Il s’agissait aussi de surveiller si la propagande communiste n’augmentait pas.

Évidemment, les polonais qui se déclarent communistes, font l’objet d’une surveillance renforcée et même ils sont ici nommément identifiés.

L’expulsion des polonais

Ils sont venus en masse à partir de la signature de la Convention entre la France et la Pologne en 1919 (Voir Immigration économique polonaise). Mais deux points vont infléchir ce mouvement:

  • En mai 1926, le maréchal Piƚsudski revient au pouvoir, inaugurant l’ère de la « Sanacja » ( « l’assainissement moral »). Au nombre des réformes à accomplir, figure le resserrement des liens entre la mère-patrie et ses fils à l’étranger : lente mutation destinée à s’accélérer après 1930, elle s’ébauche aussitôt.

« Simultanément, les Polonais de France affrontent une première crise économique. Eux qui aspirent à retourner dans leur pays lorsqu’ils pourront y trouver à coup sûr un travail salarié ou lorsque leurs économies leur permettront de s’établir à leur compte, redoutent d’y être contraints sans cela. Or, pendant la crise de 1926-1927, ils essuient reproches et menaces de rapatriement. Les immigrés s’accrochent, comme un moindre mal, à un pays qui semble ne plus vouloir d’eux. Tout le drame de la décennie suivante se trouve en puissance dans l’atmosphère malsaine de 1927″.

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L’effort d’après-guerre ayant été fourni, la France songe à l’expulsion la main d’œuvre étrangère dont elle a moins besoin. le mouvement intensifiera jusqu’aux années 1932/1933, lorsque les conséquences de la crise économique deviendront importantes.

« Le salaire conventionnel du mineur qualifié passe ainsi de 39,51 F (niveau atteint en novembre 1926) à 36,91 F dans le Nord et le Pas-de-Calais. Pour la France entière, le salaire moyen de l’ensemble du personnel, fond et jour, tombe de 32,88 F à 31,08 F, soit une diminution de 1,80 F.A la fin de 1927, il ne sera plus que de 30,69 F.« 

Polonais méconnus

Pourtant, la convention prévoyait les mêmes droits aux ouvriers polonais que ceux donnés aux français (chômage, aide, etc). Mais, certaines municipalités refusent d’appliquer la loi. De plus, la barrière de la langue n’aide pas.

Le décret du 28 décembre 1926 précise que, pour avoir droit aux subventions du fond de chômage, il faut fournir un certificat portant la mention : « congédié pour manque de travail » ; des employeurs négligent de le remettre aux salariés qu’ils renvoient et les Polonais, comme bien d’autres immigrés qui ignorent la langue française et les usages administratifs, n’en mesurent pas l’importance ou bien n’osent pas le réclamer. Ajoutons à cela la mobilité particulière des étrangers récemment arrivés en France. Tous ne possèdent pas l’ancienneté de six mois de résidence dans la commune lorsqu’ils perdent leur emploi.

Polonais méconnus

Pourtant la Lorraine reste un territoire presque protégé comme le centre de la France.

A l’inverse, en Lorraine du fer, la population polonaise enfle, et singulièrement la population adulte masculine. En Meurthe-et-Moselle de janvier 1926 à juin 1927, les Polonais connaissent un accroissement de 43 % (de 12 723 à 18 177) et les hommes âgés de plus de quinze ans, de 58 % (7 176 à 11 318)33. Les Polonais passent ainsi de 13 % à 19 % des étrangers du département, toujours derrière les Italiens. Néanmoins l’écart se resserre entre eux car l’effectif italien se tasse. Il s’opère une redistribution. Les établissements miniers du plateau de Briey renvoient des Italiens et prennent à leur place des Polonais, moins exigeants, pour des tâches difficiles et mal payées. Les nouveaux arrivés sont des hommes seuls, déjà en France et sans emploi. Certains viennent du Pas-de-Calais : la crise favorise de façon temporaire un déplacement géographique inverse de celui observé antérieurement. En 1925, les Italiens représentaient 51 % des mineurs de fer du département et les Polonais, 12 % ; en 1927, respectivement 36 % et 30 %.

Polonais méconnu

La défense des ouvriers polonais

Les cellules communistes assurent le soutien d’ouvriers polonais, car le climat politique de l’époque encourageait plus tôt l’embauche d’ouvriers français.

La surveillance s’intensifie aussi dans le canton de Longwy, proche de Longlaville. Cette association au seul but de continuer à faire vivre la culture du pays d’origine fait pourtant l’objet d’une surveillance.

Certains polonais, plus conservateurs, préfèrent rester en lien avec l’administration d’origine et s’organiser avec cet appui pour augmenter leurs droits.

Le journal polonais Narodowiec fondé en 1909 consacre en avril 1929 un article sur l’assistance médicale nécessaire aux ouvriers mineurs. Il est reproduit ci -dessous :

Antisémitisme

La période était propice à la surveillance de groupes religieux « sensibles ». La Sureté a dilégenté une enquête concernant l’embauche d’ouvriers de confession juive. Voici son résultat :

Xénophobie

L’étranger reste étrange. Et les ouvriers polonais ne font pas exception. Le ton de cette note le témoigne.

Pour conclure,

Une note optimiste, ce tract qui invite tous, hommes et femmes, français ou non, à participer à un bal.

Tous enchaînent la danse de l’oubli. Des corps radieux dans des cordages de misère. Leur dimanche ne sera qu’une poignée d’heures, une petite suée de gaité sous les aisselles et sur le front.

Et ils dansaient le dimanche – Paola Pigani

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2. Mais qui est Jacob ?

Après de longues recherches, la trajectoire de Jacob en France est connue du 28 février 1921 jusqu’au 23 décembre 1932.

Du coup, on connaît son visage, sa signature. Il est bien le père de deux enfants, André et Suzanne. Il était machiniste et manœuvre.

Les recherches élargies en France se déclinent plutôt par celles qui restent infructueuses …

Fonds de Moscou

Important fonds d’archives saisies par les nazis à Paris en 1940, puis par l’armée de Staline lors de la capitulation allemande, il est restitué à la France lors de la Chute du Mur de Berlin.

Ce fichier recense de 1900 à 1940 la surveillance des militants politiques, l’application des peines d’expulsion ou d’interdiction du territoire faisant suite à des condamnations judiciaires, les interventions de la Sureté dans la demande de cartes identités étrangers pour élaborer les titres de séjour, les demandes de passeport aussi bien pour les Français que les étrangers et la police des jeux.

Autant dire qu’une personne recensée dans ce fichier, certes on apprend beaucoup, mais ce n’est pas forcément de bon augure…

Les archives nationales mettent en ligne un fichier nominatif. À charge si un nom y est recensé de se déplacer à Pierrefitte pour demander la consultation du dossier.

Jacob n’y a pas de dossier.

Le cercle de généalogie juive

Première association française de généalogie juive, le site recense dans ses différentes bases de nombreux dossiers qui en font un incontournable mondial pour cette religion.

Jacob n’y est pas recensé.

Les victimes de la Shoah

Yad Vashem, avec ses partenaires, a recueilli et enregistré les noms et les détails biographiques de millions de victimes des persécutions systématiques antijuifs menées pendant la Shoah.

Un certain nombre de Klank y sont recensés mais pas Jacob.

Le ghetto de Lodz en Pologne

Lodz est la deuxième ville de Pologne et un pôle industriel majeur. Un ghetto y est établi le 30 avril 1940. Après celui de Varsovie, c’est le plus grand ghetto des territoires sous occupation allemande, c’est aussi celui qui est le plus isolé de ses environs et des autres ghettos.

En janvier 1942, ont lieu les premières déportations depuis Lodz vers un site d’extermination où les Juifs sont assassinés dans des camions à gaz.

Ancestry a fait un recensement avec une recherche nominative. Jacob n’est pas décédé au ghetto.

Naturalisation française

La loi du 10 août 1927 facilite le droit d’accès à la nationalité française en diminuant à trois ans le temps minimum de résidence.

De 1927 à 1938, le nombre des naturalisations s’élève à 38 000 par an en moyenne, jusqu’à atteindre 81 000 en 1938. Évidemment, après, cela sera autre chose…

Chaque demande fait l’objet d’un dépôt d’un dossier avec :

  • État civil des demandeurs, date et lieu de mariage (pour les couples)
  • Les enfants majeurs et mineurs des demandeurs
  • Les pères et mères des postulants
  • Les frères et sœurs des demandeurs avec bien d’autres renseignements.

Si le dossier fait l’objet d’une ouverture à naturalisation, l’information est promulguée dans le Journal Officiel. Il suffit alors de chercher dans Gallica le nom de la personne.

Un dénommé Klank Alexandre a fait l’objet d’une naturalisation.

Aucun lien de Jacob avec lui, son ascendance et sa descendance.

Décès en France

Décès en France est un registre des personnes décédées en France depuis 1970.

Jacob n’y est pas recensé.

Origine du nom de famille

Le site Généanet recense la présence d’individus selon le nom de famille.

Klank est un nom qu’on retrouve beaucoup en Allemagne et aux Pays-bas.

Immigration aux États-Unis

On retrouve facilement la liste des émigrés aux États-Unis.

Un certain nombre de Klank ont fait le voyage.

Arrivée de Wilhem Klank, allemand, à NY 1937.

Notre Jacob n’y est pas recensé.

Les groupes Facebook

J’ai interrogé des groupes Facebook auxquels je suis abonnée.

Rien, aucun retour constructif

Les forums

Idem sur les divers forums. Google a archivé les demandes d’aide. Des petites aides mais, en fait assez peu de choses !

En conclusion

Difficile de recenser le nombre de démarches faites demeurées infructueuses. Nous restons avec ce mystère : Qui est Jacob ?

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1. Jacob K.

De cet immigré, Jacob ou Jakob, je n’ai pu, pour l’instant, que reconstituer douze années de sa vie en France. Plus qu’un géniteur, puisque Suzanne l’a connu comme père pendant cinq mois et sa mère a partagé sa vie durant au moins quatre ans, je me heurte à l’invisibilité de l’immigration.

Et, pourtant, les papiers obligatoires que tous étrangers doivent se munir pour travailler en France, devraient permettre de retrouver plus que ce que mes recherches ont récolté. À moins, que comme des milliers d’immigrés, Jacob ait échappé au système…Mais c’est une autre histoire. Voir CI étranger

Retrouver l’accident de son fils

A la faveur d’une recherche sur le site Geneanet tout à fait aléatoire, j’ai retrouvé un article de l’Est républicain relatant l’accident. Cela donnait une réalité à la rumeur familiale. Voir Frida amoureuse

L’accident a été relayé par plusieurs journaux tant l’atrocité était ressentie dans la communauté. Pour la première fois, l’existence de cet homme était prouvé.

Après la recherche des actes de naissance de André et Suzanne allait donner une autre forme de réalité à cet homme dont la famille ne savait rien, puisque le couple s’était séparé certainement peu après.

Son arrivée en France

En France, sa demande de carte d’identité a été déposée le 28 juin 1920 à Saint Chamond dans la Loire. C’est la première date connue.

On lui a pris sa demande de CI en gare de Sarreguemines au matin du 24 février 1921 à la descente du train venant de Sarrebruck. On peut imaginer qu’il devait changer de train et rejoindre Saint-Chamond dans la Loire.

Les deux russes qui voyagent avec lui ont aussi leurs papiers confisqués.

KARMAZIN a fait sa demande de CI le 25 janvier 1919 à Paris. Il réside au 88 avenue Gambetta. Il devait embarquer au Havre au mois de mai 1920 sur un bateau américain. Nationalité russe.

STARKANG a fait sa demande de CI à Paris le 25 / ? /1919. résidant à Courbevoie au 88 avenue Gambetta . Nationalité russe.

Les questions sont nombreuses : Pourquoi voyageaient-ils ensemble ? Est-ce que Sarreguemines était un changement pour eux: Klank pour Saint-Chamond et les deux autres pour Paris. On n’en sait rien !

La gare de Sarrebruck était signalée ouvrir sur l’ensemble du réseau ferré allemand. Et, celle de Sarreguemines était une gare frontalière qui permet d’accéder à tous le réseau d’Alsace et de Lorraine, qui va jusqu’à Bâle en Suisse.

Seulement, l’administration n’avait pas le droit de prendre leurs papiers. La réponse de la Sureté arrivera plus tard.

Des recherches faites sur ses deux acolytes voyage n’ont rien donné. Rien non plus dans la base Régie du Cercle de la Généalogie Juive.

Alors que nous apprend sa demande de CI

Jacob habite dans les baraquements à Saint-Chamond. Le cantonnement de la Varizelle et ses baraquements édifiés durant la première guerre mondiale pour accueillir la main-d’œuvre coloniale sont utilisés par les Forges et Aciéries de la Marine pour loger ouvriers français et étrangers.

Saint-Chamond se situe à quelques kilomètres de Saint-Étienne. Après la guerre de 14, le Ministère des armées a demandé à des immigrés des colonies de venir compléter son effectif dans l’usine de la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine, dont l’activité principale est l’armement. Il est probable qu’à la faveur de la signature de la convention entre la France et la Pologne en 1919, Cf. Immigration polonaise, la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine a profité aussi de cette main-d’œuvre. Car, à la demande des états-majors, l’usine développe dès 1916 le char Saint-Chamond, deuxième char d’assaut français.

Les recensements s’effectuent tous les 5 ans, soit pour la période concernée 1921 et 1926. Dans les recensements de Saint-Chamond ainsi que ceux d’Izieu, commune proche qui abrite aussi des ouvriers de cette entreprise, rien n’est retrouvé au nom de Jacob.

Aux archives de Saint-Chamond, n’ont rien donné les recherches dans les fonds de police locale et de police générale et notamment dans un cahier de l’arrivée et des départs des étrangers de 1916/1928. Les cantonnements notés sur le document correspondent aux cantonnements de la Varizelle, qui étaient des logements pour les ouvriers de la Compagnie des Forges et aciéries de la Marine et d’Homécourt.

Les archives départementales de la Loire ont uniquement une liste du personnel de la Compagnie des Forges pour la période 1883-1917. L’Académie François Bourdon, qui conserve d’autres archives de la Compagnie, n’a rien trouvé concernant Jacob. Les Archives Nationales du travail à Roubaix n’ont rien concernant l’entreprise.

Aucun dossier d’étranger est conservé au nom de Jacob à Saint-Chamond, y compris aux archives départementales.

Les voyages de Jacob ne nous en apprennent pas beaucoup plus.

Il part de Decazeville en Aveyron. Au XIXè siècle, la présence d’un gisement de houille permet le développement de la ville. Mais son adresse est illisible. Il y a bien le tampon du Ministère du travail avec le service des étrangers. Des recherches effectuées dans les départements suivants n’ont rien donné : Aveyron (ainsi que le Tarn qui a une base conséquente de dossiers d’étrangers).

Il se rend le 11 septembre 1920 à Moliens en Oise. Les Archives départementales de l’Oise n’ont rien trouvé.

Et l’adresse de Paris n’évoque rien.

La piste de la demande de CI étrangers s’éteint sans en révéler davantage

Sa fiche de travail

Ce papier fut le second document officiel qui j’ai trouvé le concernant. Mittal-Arcelor a repris tous les documents concernant les anciennes mines de Meurthe et Moselle. Seulement, la signature d’un accord de confidentialité m’oblige à ne pas en publier l’intégralité.

Il est rentré dans l’entreprise vers 1922. Au départ, il habitait à Mont-Saint-Martin puis au 964 rue du Luxembourg à Longlaville en Meurthe et Moselle.

Au 964 rue du Luxembourg, actuellement, il n’existe plus rien. Nous ne pouvons savoir à quelle période il a habité à cette adresse.

Longlaville est déclarée ville aux trois frontières. Mont- Saint-Martin est situé en face sur la colline. Les Usines de Chiers sont installées dans la vallée entre les deux avec une ligne de chemin de fer qui traverse.

Jacob semble faire de petits contrats de peu de temps, pourtant est notée l’évolution concernant sa paternité. Et, même il est exclu du 16 juin 1925 au 1er mars 1926 pour insultes et menaces du site de Mont-Saint-Martin. Il est déclaré habiter Nancy au 41 rue de la Source avec Frida à partir de juin 1926 jusqu’en mai 1927. André naît en août 1927.

Jacob rentre de nouveau aux aciéries le19 août 1927 au service des mêmes établissements et il en sort le 10 janvier 1928. Il reste un an sans travailler avec eux. Puis, il rentre de nouveau le 24 janvier 1929 et en sort par un licenciement le 13 juin 1932. Pour rappel, Suzanne naît le 18 avril 1929 et a dû être conçue vers août 1928. Mais, André meurt début septembre 1929.

Le recensement de 1931 le déclare habitant à Longlaville dans des baraquements avec d’autres ouvriers.

Donc, le 13 juin 1932, Jacob est licencié des aciéries, ce qui correspond à la crise économique qui sévit en France. Nombreux immigrés seront rapatriés dans leur pays d’origine, surtout les célibataires.

Mais le 23 décembre 1932 …

Esnouveaux est une commune de Haute-Marne, près de Chaumont. Pour l’instant aucun retour des archives du petit bourg. Les archives départementales ont déclaré ne rien avoir trouvé concernant Jacob.

Pour rappel, Frida et Honoré se marient six mois plus tard, après avoir légitimé Suzanne quelques jours plus tôt.

Des recherches toujours en cours

Les archives départementales de la Meuse, de la Marne, de la Moselle n’ont rien concernant Jacob.

Les bourgs de Longlaville, Mont-Saint-Martin, Longwy n’ont rien. Ceux d’Herserange et Saulnes n’ont pas répondu.

Les cimetières de Longlaville et Mont-Saint-Martin ne comportent pas la tombe de Jacob, ni celle d’André. Hersérange et Saulnes n’ont pas répondu.

Conclusion

Malgré encore des zones d’ombre, la trajectoire de Jacob est connue du 28 juin 1920 jusqu’au 23 décembre 1932. À suivre donc

Sources

Geneanet

Google Maps

Mémoires d’immigrés à Saint-Chamond

Famille K

FILIATION

Carte Identité d’étranger

Le décret de 1917 institue un papier indispensable à tous étrangers en France, la CI étranger. Celle-ci leur sert de sauf-conduit. Elle est gratuite et comporte deux couleurs selon l’affectation du travail, de couleur verte pour l’industrie et jaune marron pour l’agriculture.

Tout étranger de plus de quinze ans et séjournant plus de quinze jours en France, a l’obligation de posséder cette carte, délivrée par les préfets, et de la faire viser à chaque changement de résidence. Archives départementales du Pas-de-Calais

À partir de 1920, elle est de couleur blanche et comporte la mention agriculture ou industrie. Mais, à partir de 1922, pour désengorger les commissariats et les postes frontières, seul un sauf-conduit est nécessaire. Par contre, la carte d’identité devient payante et est envoyée à la préfecture du lieu d’accueil. Et, l’ouvrier dispose de 8 jours pour la récupérer.

Déclaration de résidence (en exécution de la loi du 8 août 1893) de Sébastien Aniorte dans la commune de Saint-Étienne en 1923 © Archives départementales de la Loire série M, dossier 1084.

En 1924, un nouveau décret modifie les conditions d’obtention de la CI d’étranger. Ce sont les mairies qui dorénavant sont habilitées à les gérer. Les difficultés sont alors nombreuses. Le manque d’interprètes, les problèmes à gérer, etc. font que les demandes sont moins bien remplies, lorsqu’elles le sont.

Les démarches

À son arrivée à la frontière, l’étranger obtient un sauf-conduit pour se rendre à sa destination.

L’étranger a 48 h à partir de son arrivée pour faire une demande de carte d’identité à la mairie de sa destination ou au commissariat. Il faut 4 photos d’identité, justifier de son identité avec son passeport, le contrat de travail et le mandat pour payer le document.

La demande est reportée sur une fiche blanche destinée au dossier central et sur une fiche jaune destinée à la préfecture. Un numéro de carte est affecté et reporté sur cette fiche.

La CI

Son renouvellement doit se faire tous les deux ans, à partir de 1924 avec changement de photo. En attendant le changement qui doit se faire au premier trimestre de la seconde année, le possesseur doit rendre son ancienne carte et reçoit un récépissé.

Sa nouvelle CI comporte un nouveau numéro et est changée à expiration ou si changement de travail.

Sources

Généalanille

Histoire Immigration

Famille K

Famille S

FILIATION

Immigration économique polonaise

Dans l’histoire de l’actuelle Pologne, il y a eu trois vagues vers la France. Pas question ici de remonter au XVIIIè siècle où les liens ont été étroits. Cf, Place Stanislas à Nancy. Ici, sera évoquée l’immigration économique qui a poussé nombreux habitants de l’actuelle Pologne à s’exiler.

A partir de 1870, la première vague ouvrira des routes vers l’Allemagne, les État-Unis, le Brésil et plus tard vers la France. Devant le nombre de migrants qui s’installent à Chicago, dite deuxième ville polonaise après Varsovie, les frontières se ferment. Par exemple, Marie Curie est arrivée à Paris à la fin du XIXe siècle fuyant la russification de l’actuel territoire de Pologne.

Les conditions économiques obligent beaucoup de jeunes gens à voyager dans l’empire prussien à la recherche de travail rémunéré. certains donnent leur force de travail dans la Ruhr dans le secteur minier. On les appellent les Wesphaliens. Ils seront appréciés plus tard en France pour leur savoir-faire.

La première guerre mondiale laisse exsangue l’agriculture française et les premiers immigrés débarquent pour reconstruire tout ce pan économique. Mais, l’industrie a aussi besoin de bras…

D’un pays à l’autre

Le 3 septembre 1919, est signée à Varsovie une convention d’immigration entre la France et le tout jeune État polonais, né des décombres des empires et notamment de la Prusse et de la Russie. Elle prévoit le recrutement massif de travailleurs polonais, notamment dans les régions industrielles minières.

L’année suivante (3 juillet 1921), le projet de loi « portant approbation de la convention relative à l’assistance et à la prévoyance sociales conclue entre la France et La Pologne » est adopté par la Chambre qui établit directement des bureaux de recrutement en Pologne.

Ici, certificat de résidence de Pologne que le demandeur complétait par un extrait dcasier judiciaire.

Au départ, dans le Nord et l’Est de la France, cette Immigration est prise en charge par le ministère des Régions libérées. En 1921, le ministère passe la main au Comité des houillères de France.

La convention permet à l’industrie de « faire son marché » et d’organiser l’essor de sa productivité.

Au départ de Pologne

La Société Générale d’Immigration organisait le recrutement directement en Pologne dans des bureaux spéciaux, chargés de « trier » les demandeurs. Le prêtre de la paroisse délivrait un certificat de moralité. Une visite médicale permettait d’évaluer leur état de santé.

De plus, la France veillait à la Le centre le plus important était celui de Myslowise. Un contrat de 4 pages est remis à chaque postulant, traduit dans les deux langues.

Le trajet

En général, le trajet se fait en train sur deux ou trois jours.

Différents trajets d’immigration

A partir de 1923, la SGI ouvre l’autre trajet, en bateau vers Le havre et Dunkerque.

Toul, le plus grand centre d’accueil d’étrangers

Le centre dit de Toul est une zone sanitaire de transit pour des milliers de Polonais. En fait, les migrants arrivaient en gare de Toul et devaient rallier des baraquements de l’armée réquisitionnée pour leur accueil.

En 1931, on estime la population polonaise en France à 500 000 individus, hommes, femmes et enfants pour une population active de plus de 250 000 personnes, parmi eux presque tous connaissent une période de transit dans le dépôt de Toul. Par ailleurs, les archives du centre ont brûlé en 1939. Il ne reste donc rien, à part les documents privés.

De la gare, où des trains entiers déversaient les foules, uniquement des hommes au début, il fallait faire plusieurs kilomètres à pied pour rejoindre les baraquements. Alors, commençaient les vérification d’usage (Sureté générale, Hygiène et santé et évaluation de la possible main d’œuvre) qui pouvait durer trois jours. Après par convoi, les migrants étaient évacués vers les régions de France où ils étaient affectés.

Alors, chaque arrivant dispose d’un numéro et d’une affectation.

Ici sont photographiées la catégorie T de l’immigration, celles des bonnes de ferme.

La fermeture des mines allemandes va obliger les ouvriers à émigrer vers la France. Il leur sera fourni un sauf-conduit spécial.

Expulsion dès 1930/1932

Seulement, la crise économique mondiale, commencée aux États-Unis en 1929, commence a arriver en France dès le début des années 30.Le travail se raréfie. Les premiers qui seront renvoyés seront les hommes célibataires. Comme on a organisé leur venue, on organisera leur départ. Suivront après les couples et même les familles. Ceux qui sont restés, sont souvent ceux qui ont réussis à fonder une famille en France.

Tout était prétexte à expulsion: une dénonciation, une accusation sans fondement, une délation, etc. Le Front Polpulaire mettra fin à ces retours forcés.

6 130 000 expulsés selon les autorités françaises

Sources

Polonia

France Pologne généalogie

Exposition Polonia au Musée de l’Immigration du 2 mars au 28 août 2011

Famille K

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