Ça m’avait déjà pris beaucoup de temps vers 1996. J’avais commencé les différents arbres de mes enfants, interrogé les souvenirs.

Ma tante (Geneviève) m’avait donné d’excellents repères sur sa famille. Nous avions fait aussi un voyage de mémoire à Cheminon, à Sermaizes, et même rencontré une cousine qui conservait l’urne de son mari décédé sur son buffet, M. s’en rappelle encore !
Des trous dans la raquette !
Mamie (Suzanne K. puis G. épouse J.) nous avait parlé d’un certain Jacques son frère, parait-il, et qu’elle avait été déposée dans un endroit pendant un an ou à l’âge d’un an…elle avait tenté des recherches à l’Assistance publique, mais on lui avait dit qu’il n’y avait rien la concernant. J’avoue qu’à l’époque je ne l’avais pas cru…
Elle avait expliqué qu’elle avait découvert que Honoré G. n’était pas son père à 18 ans, lors de son mariage et que son père était un juif polonais nommé Klein.
Plus avant, il y avait longtemps, A. devait avoir 3 ou 4 ans, Grand-Mémère (Frida D.épouse G.) m’avait parlé d’une horrible histoire : elle aurait perdu un fils dans un accident de train avec son compagnon qui s’était endormi et l’enfant qui avait échappé à sa vigilance. Il était mort. Et, elle avait ajouté, Jean-Yves me fait pensé à lui, un « brigand »!
La jeune mère que j’étais n’avait pas pu entendre cette horrible histoire. Surtout qu’à l’époque, Mamie répétait à qui voulait l’entendre qu’elle ne garderait jamais le bébé d’autres, car elle avait trop peur qu’il lui arrive quelque chose….
Lorsque nous ne pouvons entendre, on n’entend rien ! La vérité était pourtant là, évidente, dans les propos de Grand-Mémère et de Mamie, mais c’est une autre histoire …
Mais, aucun mot n’est venu apaisé la souffrance pour la mettre à distance d’un côté ou de l’autre. L’abîme est là, béant, à jamais insondable. Pourtant, revenir aux sources peut quelque fois reconstruire pour qu’enfin, cela ne fasse plus peur de s’en parler. Mais là encore c’est une autre histoire !
Puis, j’ai laissé mes porte-vues de côté, mes arbres reconstitués et j’ai tout oublié pendant de nombreuses années.
Lors de la Pandémie

Avec les différents confinements, les jours s’allongeaient imperturbablement. Le temps, je n’en manquais plus. L’archive s’était ouverte à Internet. Mon ordi fut ma porte sur le passé.
J’ai repris mes porte-vues. Je me suis inscrite sur différents sites, de nombreux groupes Facebook. Et j’ai remonté le temps ! Passé des heures sur les visionneuses des archives départementales en ligne. Annoter. Corriger. Reprendre. Effacer. Repartir. Trouver…
Le XIXè est difficile à traverser mais lorsque la famille est restée à peu près au même endroit, cela devient de plus en plus aisé.
Pour le XVIIIè siècle, alors là on s’étonne. Très vite en s’matchant avec d’autres arbres des différents sites abonnés, ça va très vite. Et on arrive à 1600 (soit au début du XVIIè siècle) sans s’en rendre compte !
Mais que vais-je faire de tous ces noms, ces professions, ces dates qui s’accumulent sur nos différents arbres. Actuellement 1631 noms trouvés. Des alertes pour les ascendances manquantes sont toujours en service. D’autres recoupements à faire. Des noms à ajouter, cela ne finit jamais. Poursuivre car il y a des branches vierges, certes, mais où s’arrêter !
Alors avec M. on a décidé de remonter au XVIè siècle, si c’était possible, uniquement sur les branches qui portent le nom :
- Nicolas Juton né le 2 janvier 1570 à Couffé en Loire-Atlantique. Il s’est marié le 13 novembre 1606 toujours à Couffé avec Juliette Chéreau née aussi à Couffé le 1er mars 1571. Il est décédé le 27 octobre 1639, toujours à Couffé. Voir AD Loire Atlantique . Mais déjà s’annonce son père, Jean, et sa mère Catherine née Hachon, trouvés par psylvette2 sur Généanet…
- Jean Le Maguet né vers 1584 et marié à Juliette Robigo. Lui est décédé le 16 septembre 1634 à Moustoir-Remungol dans le Morbihan et Juliette, le 14 octobre 1929 dans la même commune. Mais déjà s’annonce son père trouvé par H. Offedo sur Généanet. AD du Morbihan
- Pierre Agier est né vers 1655 et décédé vers 1707 à Saint Agrève en Ardèche. Il s’est marié avec Claudine Chapuis qui est décédée le 8 mai 1698 toujours à Saint Agrève. Là, c’est plus difficile car ma famille était protestante et qu’à la faveur des différents édits, beaucoup de manques !
- Robert J est né en 1924. Pas d’ascendance, côté paternel.
- Suzanne née K, puis G. est née en 1929. Pas d’ascendance, côté paternel.
- Frida Dick, mère de Suzanne est née en 1905 en Suisse. Pas d’ascendance paternelle et maternelle ou du moins trop floue !
Ce sont les vides qui attirent
Alors, je me suis passionnée pour les pères de Robert et Suzanne.
Du côté de Robert, Liliane, sa grande cousine, née six mois avant lui, en juillet 1924, était encore vivante et alerte. Il s’agissait de lui poser des questions pour avoir des réponses. Et, elle les a donnés.

Léon S. était le père de Robert. Comme d’habitude, tout le monde le savait mais personne n’en parlait de peur de blesser ou d’attrister. Plus tard, on comprendra l’expression Juif espagnol que la rumeur familiale avait gardé. Voir Brève histoire des juifs du Levant
Du côté de Suzanne, rapidement, je me suis heurtée à mes limites. Les articles de journaux ont révélé la véracité des propos de Grand-Mémère. Cet accident a eu lieu en septembre 1929, quatre mois après la naissance de Suzanne. Mais, là encore voir Frida amoureuse

