Que représentait une dot de 1 800 francs en 1888 ?

Dans les archives familiales, certains détails révèlent bien plus qu’il n’y paraît. En 1888, une de mes ancêtres, vivant à Pontivy dans le Morbihan, apportait une dot de 1 800 francs lors de son mariage. Que signifiait cette somme à l’époque ? Était-ce beaucoup ? Suffisant ? Que permettait-elle réellement ?

Une dot modeste, mais solide pour une famille bretonne

À la fin du XIXe siècle, Pontivy était une ville administrative et commerciale entourée d’un monde profondément rural, fait de petites exploitations agricoles et d’artisanat local. Dans ce contexte, 1 800 francs représentaient une somme sérieuse mais modeste, probablement le fruit de plusieurs années d’économies.

C’était l’équivalent d’un an de salaire d’un ouvrier qualifié, ou plusieurs mois de revenu pour un petit artisan ou fonctionnaire. Ce n’était pas une grande fortune, mais ce n’était pas négligeable non plus.

Ce que cette somme permettait à Pontivy en 1888

Dans le Morbihan de l’époque, on pouvait acheter :

  • Plusieurs hectares de terre agricole (jusqu’à 5 selon la qualité du sol).
  • Une ou deux vaches laitières, essentielles dans une économie paysanne.
  • Le mobilier complet d’un foyer (lit, table, vaisselle, armoire).
  • Un trousseau de linge et vêtements pour la mariée.
  • Éventuellement, un petit fonds de commerce ou de matériel artisanal, si le couple exerçait un métier manuel.

À Pontivy, chef-lieu de sous-préfecture, cette dot aurait donc suffi à lancer modestement un couple dans la vie active — que ce soit en milieu rural ou dans un petit atelier ou commerce urbain.

Une dot à la mesure d’un foyer modeste

Une dot de cette taille indique que la famille n’était ni riche ni indigente : plutôt issue de la petite paysannerie, de l’artisanat ou du petit commerce local. Elle montre une volonté claire de donner à la mariée les moyens d’une installation stable, sans faste, mais avec une base solide.

C’est bien différent des dots bourgeoises (souvent de 10 000 francs et plus) qui servaient à asseoir un statut social. Ici, il s’agissait avant tout de pragmatisme : donner un coup de pouce au jeune ménage pour s’installer et vivre dignement.

Source

Le contrat de mariage entre Jean-François LE MAGUET et Marie-Hélène JOUAN est établi le 15
février 1888 devant notaire.

🧭 En généalogie, chaque dot raconte une stratégie familiale

Les mentions de dot dans les actes de mariage ou notariés sont bien plus que des chiffres : ce sont des reflets économiques et sociaux précieux. Dans un lieu comme Pontivy en 1888, cela permet de comprendre :

  • le niveau de vie de la famille,
  • leur réseau local (rural ou urbain),
  • et les ambitions ou prudences familiales vis-à-vis du mariage.

💡 Conseil généalogique : Si vous trouvez la trace d’une dot dans les registres, cherchez aussi les actes notariés ou inventaires après décès : ils éclairent les possessions réelles et les choix économiques de vos ancêtres.

Famille Le Maguet

FILIATION

Léon Salem, a-t-il vraiment étudié à l’Alliance Israélite Universelle ?

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Léon Salem, né le 17 avril 1883 à Salonique, alors dans l’Empire ottoman, est le point de départ de cette recherche. Fils de Jacob et Nehama Esther, il a mené une vie marquée par les bouleversements du XXe siècle, qui l’ont finalement conduit de Salonique à Paris. Bien qu’il ait exercé la profession de «commissaire en marchandises», il est plus largement connu sous son nom de scène, Lionel Salem, une identité qu’il a adoptée pour sa carrière d’acteur en France à partir des années 1920. Son parcours s’est achevé lors de la Shoah, avec sa déportation et son décès à Auschwitz le 3 octobre 1942. Son nom figure sur le Mur des Noms du Mémorial de la Shoah à Paris, ce qui ancre sa biographie personnelle dans un contexte historique de grande importance.

Le fait qu’il ait fait carrière en France en tant qu’acteur et qu’il ait travaillé dans le commerce international suggère un parcours éducatif qui a valorisé l’enseignement de type occidental et la maîtrise de la langue française. Une telle éducation aurait été cruciale pour sa transition réussie d’une ville portuaire ottomane en Macédoine à un centre culturel européen. Sa biographie souligne un lien profond entre son histoire personnelle et les forces géopolitiques et culturelles de son temps.

Alliance Israélite Universelle (AIU)

L’Alliance Israélite Universelle a été fondée en 1860 et est rapidement devenue une force majeure pour la modernisation et la promotion de la culture juive en Méditerranée et dans les Balkans. Les historiens reconnaissent que son réseau d’écoles, qui s’est considérablement développé entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, a servi de vecteur d’émancipation et d’intégration culturelle pour les communautés juives de la diaspora, y compris celle de Salonique.

Le français était la langue d’enseignement, et les écoles de l’AIU sont devenues des bastions de l’influence française. Le parcours de vie de Léon Salem — sa maîtrise du français, sa carrière en France et son rôle en tant qu’acteur — s’accorde logiquement avec le profil d’un ancien élève de l’AIU. La recherche doit donc être centrée sur la découverte d’un document qui viendrait confirmer cette hypothèse.

La « course à l’éducation » dans l’Empire ottoman

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Comprendre le contexte éducatif de Salonique à la fin du XIXe siècle est essentiel pour cette recherche. Le système des millets de l’Empire ottoman confiait l’éducation à chaque groupe religieux, ce qui a encouragé une forte concurrence entre les institutions. Cette dynamique a donné lieu à une véritable «course à l’éducation» entre les puissances européennes, qui cherchaient à étendre leur influence culturelle et politique via la création d’écoles. Les institutions françaises, italiennes, grecques et bulgares se sont livrées une compétition acharnée pour attirer les étudiants et modeler la prochaine génération.  

Autres institutions françaises et grecques

Le paysage éducatif salonicien offrait d’autres options. Les Frères des Écoles Chrétiennes, une congrégation religieuse française, ont ouvert une école à Salonique en 1888. Cette date est particulièrement pertinente, car Léon aurait eu 5 ans, l’âge parfait pour commencer sa scolarité. Les archives des Frères sont disponibles à leur siège à Rome, ainsi que dans les archives de leur district au Québec. Bien que la probabilité d’y trouver une trace de la scolarité d’un enfant d’une famille juive éminente soit peut-être moindre que dans les archives de l’AIU ou des institutions italiennes, cette piste ne doit pas être écartée. Des écoles grecques existaient également à l’époque, et leurs archives, qui se trouvent notamment à l’Université Aristote de Thessalonique, pourraient contenir des informations pertinentes sur le système éducatif de la ville à l’époque.

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Cercle de Généalogie Juive (CGJ)

Le CGJ, en collaboration et avec l’accord de l’AIU, a entrepris un vaste travail d’indexation de ses archives historiques couvrant la période de 1860 à 1940. Ce partenariat a permis de transformer une vaste collection de documents d’archives en une ressource généalogique et historique précieuse, accessible à tous.

Salem Leon, a-t-il vraiment étudié à l’Alliance Israélite Universelle ?

En janvier 1910, l’école Moïse ALLATINI enregistre un paiement de 0,50 de M. Salem de Constantinople de 0,50 et même un paiement de Nehama Jacob, le grand-père de Léon. Toujours la même année, un document atteste du départ d’un certain Emmanuel Salem, qui semble être entrer au comité de gestion le 22 janvier 1897.

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Aucune liste des élèves présents n’est disponible. Seulement, un faiceau d’indices semble prouver que Léon Salem a nien fait ses études à l’AUI et même à l’école Allatini.

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Cette école de garçons est inaugurée le 26 décembre 1888 et était l’école de l’Alliance Israélite Universelle de Salonique. Elle se trouvait sur la rue de Vardar, et a ensuite été déplacée sur la rue de P. P. Germanos. L’édifice a été endommagé lors du grand incendie de 1917.

Qui était Moïse ALLATINI ?

Moïse Allatini (1809-1882) était un entrepreneur juif originaire de Salonique. Il est surtout connu pour les raisons suivantes :

  • Industriel prospère : Il a fait fortune dans l’industrie de la minoterie en fondant la société familiale Allatini, qui est devenue la plus grande du genre dans les Balkans au début du 20ème siècle. Il est parfois surnommé le « Rothschild de Salonique » en raison de sa réussite financière et de son influence.
  • Fondateur d’écoles : Il a également joué un rôle clé dans la création de la première école de l’Alliance Israélite Universelle à Salonique, qui a porté son nom.
  • Famille influente : Les descendants de la famille Allatini ont eu une influence notable dans les domaines des affaires, des arts et de la politique en Europe, avec des liens de parenté avec des familles comme les Dassault et les Bloch.

Source

Famille de Salonique

FILIATION

Servon, petit village de la Manche

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Nous sommes passés dans le petit village de Servon dans la Manche en région Normandie un samedi pluvieux sur le chemin de retour vers notre domicile. Ses 263 habitants étaient calfeutrés chez eux. La Mairie était fermée, l’église aussi. Aucun commerce. L’école primaire a dû être transférée depuis longtemps dans le village voisin de Tanis. Donc, juste une exploration des quelques maisons entourant le centre du village.

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Pour rappel, Servon est le village natal d’Honoré Gauchet, mari de Frieda, l’endroit où il est né et d’où il est parti courir le monde son habit de militaire sur le dos.

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Église Saint-Martin

Au centre, domine l’église Saint-Martin, avec son clocher en dôme, construite entre les 14e et 18e siècle, classée au patrimoine historique religieux, avec son calvaire.

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Son chœur charpenté avec ses dix-huit personnages qui représentent la Jérusalem céleste.
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Un des six vitraux de Gabriel Loire, Maître-verrier
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Face à cette église toute simple mais particulièrement bien conservée, la foi d’Honoré semble compréhensible.

Le cimetière et son calvaire

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Inscrit aussi au patrimoine religieux, le calvaire invite le visiteur à découvrir le village.

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Impossible de se promener dans le cimetière, c’était fermé !

Seulement, sur le monument aux morts, deux noms attirent l’attention : Lesenechal et Guérendel. En effet, la mère d’Honoré était née Lesénéchal. Guérendel est le nom de l’arrière-grand-mère d’Honoré.

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Seconde guerre mondiale

« Tôt, dans la matinée du 1er août, le Major General Robert Grow, qui commande la 6th US Armored Division, reçoit la visite du General Patton ; ce dernier lui annonce : « prenez Brest… Pour samedi soir » ; près de trois cents kilomètres à parcourir en cinq jours !« 

Puis, quelques jours plus tard,

« Une centaine d’Allemands sont capturés. La Route Nationale 176 est encombrée d’épaves, pendant quelques jours les habitants de Servon et Tanis, goûtant à la liberté retrouvée, verront passer les blindés américains contournant l’obstacle. »

Sources : Breakout and Pursuit par Martin Blumenson, Combat History of The 6th Armored Division, Combat Command B 6th AD History

La Mairie

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La mairie n’est ouverte que deux matinées par semaine. Sur le côté se trouve l’entrée d’une bibliothèque municipale.

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Les manoirs de Servon

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Vue du cimetière

À côté de l’église se trouve le manoir dit grand manoir, qui comporte une vaste cour carrée encadrée de bâtiments sur trois côtés, un colombier et un puits dans la cour. Résidence du receveur des domaines, actuellement, c’est un gîte de groupe.

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Un autre endroit est labellisé Produits fermiers et accueil à la ferme, c’est l’endroit dit Petit manoir de Servon.

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Un peu plus

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Pour aller plus loin :

Honoré François Martin Gauchet

Carrière militaire d’Honoré

Famille d’Honoré Gauchet

Et encore :

Facebook de Servon

Gîte du Grand Manoir

Le petit Manoir

FAMILLE SUISSE

FILIATION

Mon grand-père, Élie Jean-Pierre

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Carte de combattant

Je n’ai pas connu cet homme que mon père ne portait pas trop dans son cœur, alors qu’il vouait un amour fort et respectueux à sa mère. J’ai toujours entendu parler de lui en mal. Réputé aimant la bouteille, il était aussi décrit comme ressentant la passion du jeu. Responsable de l’endettement de sa famille, il l’avait laissé dans une misère sombre. Qu’en disent les archives ?

La famille d’Élie Jean-Pierre

Élie Jean-Pierre est le fils de Jean-Pierre Agier âgé de 29 ans à sa naissance à Valence, ouvrier tonnelier habitant Maison Blache au 6 rue pétrolerie à Valence et de Marie Victorine Mourier âgée de 26 ans, ménagère.

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Petit, brun, il ne présente aucun signe distinctif, sauf sa petite moustache qu’il porte sur sa carte de combattant. Une dispense est accordée une fois pour charge de famille. Son niveau d’instruction est dit de 3, c’est-à-dire qu’il sait lire, écrire et compter. Pour la Première guerre mondiale, il n’est pas retenu, non plus, au titre que sa jambe gauche est plus courte que la droite ! Question d’âge aussi, il a quarante-quatre ans au début de 14 et est père de quatre enfants de combattant.

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La fratrie de Elie Jean-Pierre

Elie Jean-Pierre était lui-même l’aîné d’une fratrie de neuf enfants.

Jean Pierre-Samuel (1872-1894),

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Rachel-Victorine (1873- mariée à Eugène-Frédéric Courtial, charcutier à Lamastre),

Daniel-Pierre bébé rapidement décédé,

Marie-Victorine bébé décédé à 6 mois,

Daniel-Jean (1875 -) s’est marié à Séphora Blache, en 1910. Il était boulanger à Lamastre avec un niveau dit 3 d’instruction. Passé en conseil de révision, il est aussi dispensé.

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Ils ont eu trois enfants :

  • Une fille Marcelle-Séphora née à Levallois-Perret le 29/02/1912. Elle est décédée en 1991.
  • Une autre fille Léa
  • Un garçon, Jean.

En 1921, il vote à Levallois-Perret

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À son décès en 1948, il ne laisse aucun actif à sa famille.

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Abel-Jean-Jérémie (1878-1947) est devenu cultivateur toujours à Lamastre, marié à Nelie Dejour née et décédée à Lamastre.

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Ils ont eu treize enfants :

  • Jean Rémy né en 1909, était cantonnier à Lamastre. Il s’est marié avec une certaine Yvette et ils ont eu un fils, William.
  • Marie-Louise née en 1911, était bobineuse dévideuse, certainement comme mon père. Elle s’est mariée avec Charles Cros et ils ont eu un fils, Jean-Paul.
  • Martre Séraphie (1913-2005) s’est elle aussi mariée avec un Cros prénommé Paul-Elysée. Ils auront deux enfants dont André, directeur adjoint de poste, décédé en 2023.
  • 3 enfants morts en bas âge
  • Joël André (1919-1981) qui s’est marié à une institutrice, Eline Irma Combe, dont je recherche le dossier. Ils ont eu un fils et deux filles.
  • Fernand, marié sans enfant
  • Élie, marié, a eu 3 enfants
  • Henri marié a eu 7 enfants
  • Nelly Jeanne
  • Jémina mariée aussi

De nombreux cousins en perspective !

Au recensement de 1911, il est déclaré sabotier et habite Chemin de La Plaine à Lamastre à deux rues de mes grands-parents. D’ailleurs les enfants ont dû grandir ensemble. En 1921, il habite Blache d’Urbillac près de Lamastre avec sa famille, qui s’est largement agrandie.

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Filémon-Pierre, bébé décédé rapidement,

Judith-Marie (1880-1954) mariée à un Eugène-Henri Juston, cultivateur, frère d’Eulalie, ils ont eu 3enfants

Marie-Victoire (1882- )

Le mariage d’Elie Jean-Pierre

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Lors de son mariage, le 14 juillet 1901, Élie Jean-Pierre est déclaré marchand de vin. Probablement, qu’il a repris l’affaire de son père, en tant qu’aîné.

Seulement, dès 1905, ma grand-mère demande sa séparation de biens et la liquidation de ses reprises.

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Pourtant encore en 1911, ils habitent à Lamastre, quartier Chalumet.

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Le 18 juillet 1920, Elie Jean-Pierre décède, sans que ce soit sa femme qui fasse la déclaration.

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En 1921, Eulalie habite toujours à Lamastre avec ses sept enfants rue Olivier de Serres.

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Pour aller plus loin :

Élie Daniel, mon père

Un divorce dans les années 50 !

Grand-mère Eulalie Élisa

Famille ardéchoise

FILIATION

Guillaume Le Maguet

Notre ancêtre commun, arrière-arrière-grand-père

G uillaume est né le dimanche 8 mai 1815 à Plumeliau, canton de Pontivy. Son père, âgé de 27 ans, est cultivateur. Françoise Jegouzo, sa mère, est à peu près du même âge. Un des témoins est le père de Françoise.

Pluméliau est une ancienne commune du Morbihan; En 1806, il y a 3086 habitants. Le régime politique est la Restauration qui rassure les personnes appartenant à la Chouannerie. C’est donc une période calme lorsque Guillaume naît. Il sera l’aîné d’une fratrie de trois garçons.

À la chapelle de La Trinité, située à Bieuzy, fusionnée à Pluméliau depuis 2019, il y a une petite statue en bois (chêne?) représentant Saint-Guillaume, datant de la première moitié du 17è siècle.

À noter que ses parents, JP Le Maguet et Françoise Jégouzo, ont érigé une croix sur le chemin de Bodéhan en 1845, qui existe encore.

En 1840, les statistiques de Pluméliau font état de 2637 hectares de terres labourables, 325 hectares de bois, 13 de châtaigneraies, 124 de vergers et jardins, 9 hectares d´étangs et 5 de marais et 2867 de landes. Les chiffres évoluent au cours du temps vers davantage de terres cultivées et de pâtures, mais en 1963, il reste encore 1886 hectares de lande … La production est principalement céréalière, seigle, avoine et blé noir, ainsi que du chanvre, sans oublier une forte production cidricole, d’où le nombre de « granges », dénommées « caves » qui abritent le pressoir. Les prairies proches des rivières du Blavet et de l’Evel favorisent l´élevage des bovins dont le produit s´écoule dans les foires. Le cochon est plutôt réservé à l´usage domestique, jusqu´à ce qu´il devienne au 20e siècle la principale activité de Pluméliau. Le 18e siècle est représenté par 60 fermes ou maisons (12, 2 %). Site patrimoine.bzh

Les « secrets » de Frieda

genalogiefamille - Famille Suisse -

Nous étions venus voir Frieda dans son deux-pièces du 16ème arrondissement qui me rappelait étrangement l’appartement où nous avions vécu avec mes parents. Au moment de prendre le café, me semble-t-il, Frieda, que j’appelais comme tout le monde Grand-Mémère, me confia qu’elle avait eu un fils.

La fin de l’été s’annonçait à Herserange. Seulement, il faisait encore bien chaud, ce 5 septembre 1929. Fatiguée par les tétées de la nuit, Frieda avait préféré rester chez eux, au frais. Lui, Jacob, était parti avec André, son petit bout de deux ans. On venait de fêter son anniversaire. Ça devenait agréable maintenant qu’il parlait bien. Mieux que ses deux parents réunis, de ça, Jacob en était fier ! Curieux de tout, André en était même fatigant ! Il n’était plus tout seul depuis que sa petite sœur, Suzanne, les avait rejoints, il y a quatre mois. Elle, elle portait son nom. C’était une Klank ! Pour André, ça n’avait pas été possible, car il l’avait reconnu après Frieda. Difficile de s’y retrouver dans les méandres d’une administration qu’on ne connaît pas. Heureusement, il pouvait compter sur la communauté polonaise, nombreuse dans la région. En tout cas, père et fils profitaient de la douceur de cette fin d’après-midi.

Au milieu de leur promenade, ils se sont allongés et rapidement assoupis. André a-t-il échappé à la vigilance de son père ? Avait-il un sommeil trop profond, vu le vin du repas ou la fatigue des jours passés ? Impossible de savoir ! Seulement, la culpabilité des parents est palpable. Elle de lui avoir confié, malgré tout, l’enfant. Lui, d’être responsable de sa mort.

Toujours est-il que l’enfant descend le champ et s’approche des rails, en contrebas…

Le machiniste dira qu’il n’a pu l’éviter.

Plus de cinquante ans plus tard, dans cet appartement parisien, son premier petit-fils, allait du fauteuil à la cuisine. Je me rappelle l’avoir regardé, mon enfant, figée. J’étais tétanisée. Qu’ai-je pu dire à Frida ? Peut-être un  » comment avez-vous fait ». Aucune réponse n’était attendue et je n’ai plus osé lui en reparler.

Seulement, ce moment-là, je ne l’ai jamais oublié. Il m’obsède encore. Je songe souvent à Frieda, Grand Mémère pour les autres. Je souhaite qu’elle m’aide à donner vie à ses jeunes années...

Ce jeune couple a réussi à construire une famille loin de leurs propres attaches familiales.
Lui, Jacob, a tout quitté, il y a neuf ans, en 1920, peut-être un peu plus, pour se réinventer dans un pays qu’il ne connaissait pas. Était-ce le manque de travail, était-ce autre chose qu’il l’avait poussé à partir ? Qu’importe. Satisfait du chemin parcouru et des efforts fournis, il contemplait sa famille, heureux, le sentiment que le bonheur existait à cet instant précis. Pourquoi n’avoir pas envisagé le mariage ? Certes, ils étaient un couple installé, mais ça ne pouvait assurer l’avenir. Était-il déjà marié, pas divorcé ? Ou alors, s’agissait-il d’autres choses ! Une histoire de religion…

Elle, Frieda était partie peut-être avec lui de Suisse, ou avant de le connaître. En tout cas, sa tête était remplie de rêves et d’envies. Elle avait vingt et un an ! Il lui était permis de faire ce qu’elle voulait, enfin, loin des responsabilités. Elle avait envoyé promener sa sœur, ses frères et puis sa mère, aussi, jurant qu’elle ne reviendrait plus !

Par conséquent, au village, sa réputation avait été faite : une fille pas trop convenable ! La liberté des femmes était inacceptable ! Mais, aujourd’hui, elle était femme et deux enfants l’occupaient. Tellement heureuse ! Elle s’en fichait un peu de ne pas être mariée même si elle le lui demandait quelquefois. Alors, lui, il promettait !
Les promesses sont faites pour jamais n’être tenues !

Suzanne savait, au plus profond d’elle-même, ce qui s’était passé lorsqu’elle avait quatre mois. Elle avait vu son univers s’écrouler, sans explication. Comment expliquer à un bébé ce qui se passe ? Pourtant, si elle avait su, elle aurait pu, plus tard, essayer de comprendre. Car, Suzanne n’a plus senti la présence de son père, plus entendu sa voix, son accent particulier, ses mots étranges, murmurés à son oreille, l’odeur de son corps, mélange de fumée et de cambouis. Rien du jour au lendemain, ou si peu !
Les bras rassurants de sa mère sont aussi oubliés.

La froideur l’a envahi, d’un coup. Placée dans une pouponnière, Suzanne a dû vivre un moment de dépression. De plus, aucun homme n’est venu séparer ce lien tellement particulier qui unissait Suzanne à sa mère. Amour et haine mêlés, attraction, répulsion, ces deux femmes n’ont eu de cesse de se déchirer, ne pouvant plus se dire leur amour réciproque.

Ni le mari de sa mère ni son propre mari n’ont expliqué à Suzanne qu’elle n’était pas responsable et que la souffrance de sa mère avait créé le rejet. Aucun homme, ni même aucune femme, ne les a réunis pour expliquer à l’une ce que ressentait l’autre, et vice-versa.

Elles se sont murées dans leurs premiers ressentis, intransigeantes, blessantes mais continuellement en souffrance, toutes les deux.

Difficile pour Robert de parler des relations parentales ! Honoré a cru qu’en la considérant comme sa fille, son immense amour suffirait à combler la froideur de sa femme. Seulement, on ne remplace pas le manque sans un minimum de mots.

Ce rejet, Suzanne en souffrira toute sa vie, sans pouvoir le comprendre. Elle ne pouvait réentendre l’indicible phrase, inacceptable pour un enfant, qui n’a cessé de la faire souffrir « j’aurais préféré que ce soit toi qui meures plutôt qu’André ! »

Cette phrase exprimait le traumatisme vécu par une mère. Ses mots n’étaient pas à prendre aux pieds de la lettre. Seulement, comment faire lorsqu’aucun tiers ne vient dénouer les tensions. Alors, la souffrance se cristallise de part et d’autre, cadenassant à jamais leurs sentiments affectueux réciproques !

Est-ce que le chemin fut long de Longlaville à Paris ? Aucune idée ! En tout cas, elle débarque dans le quartier Bel-Air du 12ème arrondissement. Ketty, l’amie de son village suisse qu’elle a retrouvé par hasard à Paris, habitait-elle tout près ? Ce prénom, diminutif de Catherine, vient du grec et signifie « pur ».

En tout cas, Frieda devient domestique et commence à découvrir l’univers Parisien, ses immeubles haussmanniens et le chic des appartements cossus. Elle travaille son accent et apprend les bonnes manières. De fille de ferme à serveuse, elle sait qu’elle peut apprendre rapidement. Alors, pas de souci, elle devrait s’en sortir chez les bourgeois. Et, l’avenir prouvera combien elle avait raison !

Frieda n’a probablement pas trouvé cette nouvelle très agréable, quatre mois après la mort de son aîné. Seulement, difficile d’imaginer cette jeune femme occupée à trouver stabilité, être capable de courir les bals du samedi soirs, d’avoir une aventure d’un soir et, surtout, de garder l’enfant ! Car, les faiseuses d’ange étaient connues dans son milieu, même pour une nouvelle parisienne. Et, Honoré Gauchet, vu sa droiture, n’aurait pas mis un mois à reconnaître l’enfant s’il avait été le père !

Il est plus probable que Frieda est retrouvée Jacob, certainement peu de temps après leur séparation.

Mais, une nouvelle grossesse lui donnait la possibilité d’effacer la terreur des mois précédents. Faire comme si, cela n’avait jamais existé.

Frieda prend les choses en mains. Il lui faut un mari, un vrai, respectable, responsable, et surtout fiable financièrement. Finies les angoisses des journées sans travail, les fins de mois sans argent. Il lui faut un rentier qui ne soit pas trop dans ses pattes, tant pis s’il ne lui plaît pas autant que Jacob.

Suffit les bêtises !

Alors, peut-être avec Ketty, elle élabore un stratagème à suivre à la lettre. Avant que son ventre ne la trahisse, il faut qu’elle embobine un homme qui coche toutes ses attentes. Elle a vingt-cinq ans, sa jeunesse est son atout et elle sait parler aux hommes ! Trois ans de vie amoureuse lui ont appris bien des choses pour satisfaire un homme !

Aidée certainement par Ketty, la »pur », Frieda devient assidue à l’église. Chaque dimanche, elle se fait remarquer par son assiduité mais aussi sa foi aussi intense que démonstrative. Est-ce l’église de Notre-Dame de Saint-Mandé où elle va ? Qu’importe. C’est une course contre la montre pour trouver un mari pour elle et un père pour son enfant !

Honoré Gauchet est l’heureux élu ! Il approche de la quarantaine, un peu petit, trop trapu, déjà ventru. Lui, ce n’est pas le prince charmant !

Est-ce que Suzanne s’est rendu compte des efforts qu’avait consentis sa mère, en tant que femme, pour passer de Jacob à Honoré ? Non, car on imagine mal ses parents amants !

Seulement, Honoré était droit, respectueux, attentif et surtout sa rente de l’armée lui assurait une assise confortable qu’il voulait bien partager avec femme et enfant puisque depuis deux ans, il était démobilisé. Pour Frieda, ce fut, certainement, plus le père qu’elle n’avait jamais eu qu’un amant. D’ailleurs, après celui-ci, elle n’aura pas d’autres enfants !

Lorsqu’Honoré André naît le 16 octobre 1930 à vingt et une heures à l’hôpital Trousseau, Frieda n’a plus qu’à convaincre Honoré de le reconnaître. Il le fera un mois plus tard.

Il y a un an et un mois, la disparition d’André a provoqué un bouleversement dans sa vie. Frieda a su rebondir. Elle reprend sa fille, encouragée par Honoré.

Ce nouvel enfant porte en second prénom celui de l’enfant mort. La seule photo qu’on ait de lui le présente chétif avec ses oreilles décollées, sa frimousse triste. Le poids de l’enfant mort semble lourd à porter. D’ailleurs, il décédera avant sa seconde année !

Quand est-ce que Frieda a réalisé qu’Honoré André ne remplacerait pas André, que ses efforts étaient vains ? On dit qu’il faut lâcher la main des mourants pour qu’il trouve la paix. À quel moment, Frieda a lâché la main d’Honoré André ?

Il est aisé de comprendre l’état psychique de Frieda après ce nouveau décès. Le rayonnement de Suzanne papillonnant du haut de ses trois ans, devait lui être insupportable ! Et, pourtant, Frieda a élevé Suzanne avec suffisamment d’amour pour qu’elle puisse à son tour être mère, plusieurs fois !

Frieda a certainement perdu beaucoup de sa légèreté, de sa joie de vivre, apprenant à cacher sa fragilité derrière son ton bravache, affirmant, trop fort, trop haut, qu »après moi les mouches« , cachant son amour derrière son argent, incapable de laisser parler son cœur sans craindre qu’il ne se fende !

Elle a emporté avec elle, dans la tombe, le ressentiment de n’avoir jamais reçu la reconnaissance des sacrifices qu’elle avait consentis.

Sa fille ne lui a jamais offert, ce qu’elle attendait depuis si longtemps, une conversation de femme à femme. Que celle qui avait eu cinq garçons lui dise combien cela avait dû être dur de ne pas en voir grandir ! Qu’elle la remerciait de lui avoir apporté la sécurité en oubliant sa vie de femme ! Qu’elle lui parle de l’homme qu’elle avait à la fois tant aimé et tant haï ! Qu’elle comprenait et lui pardonnait de n’avoir pas su l’aimer, elle, comme elle le souhaitait !

La vie n’est pas une fiction. Mais, ici, c’est possible !

Frieda aurait pu enfin, dans les bras de sa fille, pleurer les deux garçons qu’elle avait perdus. Elle lui aurait dit que lorsqu’elle regardait son visage, elle reconnaissait des expressions de Jacob, ce qui lui suscitait des sentiments d’amour et de haine mêlés, qu’elle ne pouvait contenir ! Elle se serait excusée de l’avoir si mal aimée. Elle lui aurait aussi raconté son village en Suisse. Elle lui aurait dit que son deuxième petit-fils ressemblait à Honoré André. Sa fille lui aurait alors dit qu’elle avait compris pourquoi elle avait voulu élever un de ses enfants.

Tant d’autres choses, encore !

Peut-être alors sa sœur, Marthe, serait venue à son enterrement, permettant aux familles, enfin, de se retrouver !

Le secret de Frieda est de l’indicible : la honte de n’avoir su protéger son enfant. Et, à la jeune mère que j’étais, devant cet arrière-petit-fils, elle me mettait en garde : Faites attention, ma petite fille, à votre premier fils !

Sur la tête de mon enfant venait percuter l’histoire dramatique d’André. Évidemment, je n’ai eu de cesse de faire attention à cette filiation dramatique pour qu’elle ne se reproduise pas.

Mais, le secret de Frieda fut encore entretenu par son mari. Honoré n’a pas levé la honte de sa femme. Il n’a pas révélé le secret à Suzanne.

Il aurait pût dire à Suzanne : ta mère a vécu quelque chose de très dramatique qui entraîne tout son ressenti envers toi. Ne t’inquiète pas je suis là, je vais tout faire pour vous réconcilier ». Pour Suzanne, deuxième génération, le secret était innommable.

Seulement la répétition avec Honoré André a renforcé la honte de Frieda à être incapable d’élever un garçon au-delà de ses deux ans. Et, elle a obligé davantage à faire silence autour de cette deuxième mort dramatique, car la culpabilité était certainement trop importante de n’avoir pas su protéger aussi son deuxième fils.

Lorsque mon second fils est né, la mère que j’étais a pris de l’assurance et a certainement été moins touchée par le secret de filiation. En tout cas, pas de la même manière !

Néanmoins, j’ai attendu que mes enfants aient dépassé tous les deux, les deux ans, fatidiques, en 1996, pour faire une première salve de recherche généalogique sur cette branche.

Mais, cette histoire de famille révèle un autre secret que deux adultes ont ensemble mis en œuvre. Celui de ne pas révéler à Suzanne qu’Honoré n’était pas son père. De quelle honte, ont-ils voulu se cacher et la protéger ?

Je n’ai pas encore confirmation de ce que Frieda disait à propos de cet homme. Sauf que mon conjoint lui rappelait fortement cet homme. Elle disait que « C’était un chenapan, comme le père de mes garçons ».

Pour la troisième génération, celle des enfants de Suzanne, le secret était devenu impensable. Mais, il se révèle, disent les psychogénéalogistes, dans le corps physique ou psychique d’un membre de cette génération. Les non-dits cachés sont ressortis par des symptômes soit physiques ou psychiques. Ils forment ainsi des images fantasmagoriques, toujours selon les spécialistes.

Trois fantômes rôdaient autour de Suzanne, ceux de ses deux frères mais aussi celui de son père géniteur. Mais, la confirmation des secrets de famille peut libérer les chaînes qui entravent.

Peut-être…

Légende

*Actes d’état civil archivés.

généalogiefamille - Famille Suisse

FAMILLE SUISSE

FILIATION

Faire-part

genealogiefamille.com - Famille SALONIQUE -
Plan de la ville de Salonique-1917

La famille est souvent fascinante. Elle peut avoir pour terrain de jeux, le monde entier comme celle-ci avec l’exil qu’elle porte en bandoulière. Mais, elle sait se retrouver autour d’événements marquants de la vie.

À partir d’un faire-part, j’ai essayé de remonter la famille de Léon Salem. En effet, en 1919, Léon Salem demande à la Sureté nationale de pouvoir quitter le territoire français pour gérer les affaires familiales après le décès de son père à Salonique. Il veut y rester un mois.

genealogiefamille.com - Famille SALONIQUE -

Le voyage

Difficile d’imaginer que le voyage fut simple, en pleine première guerre mondiale ! Bien sûr, c’était la dernière année puisqu’on peut supposer que Léon a voyagé au cours du premier trimestre 1919.

Pendant la Première Guerre mondiale, Thessalonique était un important centre stratégique. Pendant une grande partie de la guerre, la ville fut utilisée comme base militaire par les Alliés, notamment par les forces françaises, britanniques, italiennes et serbes.

Néanmoins, il semble difficile d’envisager qu’il ait pu rallier Théssalonique uniquement par le train. Il existait probablement des restrictions de déplacement et des contrôles plus stricts aux frontières. Les voyages entre les pays étaient probablement soumis à des autorisations spéciales, et les civils devaient, peut-être, obtenir des permis pour traverser certaines zones.

Il est plus probable qu’il ait pris des trains reliant Paris à des ports maritimes, suivis d’une traversée maritime jusqu’à Thessalonique. Évidemment, Marseille est la ville auquel on se réfère, avec son quartier du Panier qui abritait de nombreux juifs sépharades, port d’entrée des exils méditerranéens. Seulement la traversée de Marseille à Thessalonique a probablement impliqué une combinaison de moyens de transport, tels que des trains et des navires. En définitive, un voyage qui a pu durer, peut-être, toute une semaine, au mieux.

Faire-part

En même temps que sa demande à la Sureté nationale, il produit la copie du faire-part familial, traduite. Le fait que Léon n’ait pas pu assister à l’enterrement ouvre de nouvelles pistes de recherche généalogique, d’après le faire-part.

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La veuve

Esther a 62 ans* lorsque son mari, Jacob, décède à 73 ans. Elle habite à l’angle du numéro 3 de la rue Philopomenos du 66 rue du Roi Georges. Aucun moyen de situer cette habitation sur une carte actuelle. La ville a été détruite lors de la Seconde guerre mondiale.

Ester décède le 14 décembre 1930. Elle habitait alors au 10 rue de Saulnier à Paris 9. Son fils Léon dit Lionel habite alors au 55 rue des Petites Ecuries – Paris 10 ème – Quartier Porte de Saint-Denis.

Pour les enfants Victoria et Salomon, on en reparle plus loin !

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Couple juif de Salonique à la fin du XIXè siècle

Mr et Mme Acher Jacob Salem et leurs enfants

Acher est le premier fils de la famille, frère de Léon, né à Salonique. Il a 48 ans au décès de son père. Il s’est marié à 23 ans avec Fortunée Levi (ou levy). Elle avait alors 20 ans et, elle aussi, est née à Salonique.

Apparemment, ils ont quatre enfants : Jacques, l’aîné, âgé de 24 ans, certainement marié avec Corine Roditi, Esther, âgée de 23 ans, Mickaël, âgé de 14 ans et Adolphe Albert, âgé de 10 ans.

Acher décède en 1947 à Lancaster, en Pennsylvanie, aux Etats-Unis, à l’âge de 77 ans. Sa femme est décédée, avant lui, en 1936, à Manchester, dans le New Hamphire, aussi à l’âge de 63ans.

Mr et Mme David Jacob Salem et leurs enfants de Beyrouth

Pour l’instant, je n’ai pu établir le lien de parenté avec la famille de Léon. Néanmoins, les éléments généalogiques ne manquent pas.

Au journal Officiel du 2 mai 1938, il est naturalisé français, commerçant né le 3 février 1877 à Salonique. Avec sa femme Bina Cardova, née le 15 juin 1888 à Yanboli en Bulgarie. Ils ont deux filles : Guéola née le 4 juin 1919 à Jaffa en Palestine et Esther née le 10 mai 1922 au Caire en Egypte. Ils demeurent à Saint-Maur-des-Fossés. Néanmoins, ses enfants n’étaient pas encore nées à l’enterrement du père de Léon.

Dans les Archives Commerciales de la France, on apprend dans le numéro du 19 novembre 1934 que David Jacob et sa femme ont vendu leur fonds de commerce de Mercerie – Nouveautés. Ils habitent à Alfortville.

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David Jacob aura deux autres fils qui décéderont aussi rapidement.

Mr et Mme Elie Jacob Salem et leurs enfants de Manchester

Mr et Mme Léon Jacob Salem et leurs enfants

Ici, est-ce Léon Mais il n’a pas d’enfant ! Erreur de traduction, peut-être ?

Mme Veuve Ricoula de Abram Sabetay (ou Sabelay) et ses enfants de Paris

C’est la sœur aînée de Léon. Mais son genre ne lui permet pas d’être citée devant ses frères ! Elle a 60 ans à la mort de son père. Elle aussi est née à Salonique et apparemment elle vit à Paris. Elle décède à Auschwitz- Birkenau vers 1941, soit avant son frère !

Pour l’instant rien de plus.

Mme Fakima de Moïse Dassa

C’est la petite sœur de Léon. Rien de plus pour l’instant

Mr et Mme Samuel Frances et leurs enfants

C’est la famille de la troisième sœur de Léon. Seulement, elle se situe dans l’ordre de la fratrie des filles au milieu. Est-ce parce qu’elle n’est pas veuve qu’elle n’est pas citée avant ?

Elle s’appelle Flor, est née à Salonique et a 38 ans à la mort de son père. Elle s’est mariée avec Samuel Frances et a eu 5 enfants. L’aîné Sam est décédé en 1976 à Manchester en Angleterre.

Rien de plus pour l’instant.

La famille Salem

Jacob, le père de Léon, avait un frère, Haïm, né 10 ans avant lui. Il est décédé en 1904 à Salonique. Il s’était marié et avait une fille Victoria, certainement recueille par la famille de Léon, comme l’une de leur fille. (Cf plus haut)

Le père de Jacob, grand-père de Léon, Asher, né en 1820 à Salonique avait peut-être d’autres frères, les grands-oncles de Léon. Pour l’instant, rien de plus.

La famille Mallah

Cette famille est celle de la sœur de Jacob, Estra, tante de Léon, née 10 ans après son frère. Elle se marie avec un bijoutier, Jacob Mallah. Ils passeront toute leur vie Salonique. Elle mourra en 1935, avant l’arrivée des nazis en 1941. Ils ont eu sept enfants. Des recherches sont en cours. Deux fils, Léon et Mario, sont décédés à Auschwich- Birkenau.

La famille Levy

Certainement, celle de Fortunée, la belle famille du frère de Léon.

La famille Nahama

ou Nehama, celle d’Esther la veuve

La famille Confortes

Rien de plus pour l’instant.

Légende

  • Acte d’état civil

Source

Archives nationales – Pierrefite

  • Sûreté générale – Police Nationale
  • Surveillance des étrangers

Cercle de Généalogie juive

Généanet

Filae

Famille de Salonique

FILIATION

Elie Daniel, mon père

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Il me fallait fouiller les archives pour en apprendre davantage sur cet homme que je n’avais côtoyé que six ans, à un âge où il était difficile de saisir sa personnalité. Je devais éviter les portraits idylliques dressés par ma mère et l’image beaucoup plus sombre de mon demi-frère pour lui donner une réelle existence à travers les faits, alors qu’il n’est plus là pour me raconter son histoire.

genealogiefamille.com Elie Daniel mon père
Page du carnet rouge que mon père conservait précieusement avec des adresses d’un côté et des commentaires de l’autre. Je sais d’où me vient ma passion pour la généalogie !

Ses prénoms

Premier garçon d’une famille qui comptait déjà trois filles et qui totalisera neuf enfants, Elie Daniel est né le 13 septembre 1907 à Lamastre en Ardèche.

Son premier prénom fait référence à son père Elie Jean-Pierre. Chez les protestants, à l’inverse des catholiques, on constate un recours beaucoup plus marqué aux prénoms de l’Ancien Testament. Seulement, la majorité des Huguenots optent comme les catholiques pour des prénoms issus du Nouveau testament. Ce triple prénom Elie Jean-Pierre témoigne de ce souci double.

Pour son deuxième prénom, il y a deux possibilités : soit il vient de son oncle Daniel Agier, témoin au mariage de ses parents, soit de son oncle du côté de sa mère, Daniel Elysee Juston qui a fait sa carrière dans l’ancienne SNCF. 

En fait, ce double choix est assez conventionnel, il s’agit en somme de relier l’enfant avec ses ancêtres proches.

Seulement, mon père se faisait appeler Marcel. D’ailleurs sur sa tombe, Élie est oublié au profit de ce prénom dont je ne sais d’où il vient.

Peut-être, s’agit-il ainsi d’exprimer une blessure familiale. (voir Grand-mère Eulalie Elisa) En 1905, un article dans le journal de Tournon témoigne qu’Eulalie, ma grand-mère, n’est plus redevable des dettes de son mari.

Le grand-père de mon père était tonnelier, marchand de vin. Sa famille était cultivateur à Desaignes, le village d’origine de la famille Agier. Élie Jean-Pierre a repris le commerce familial et devient négociant en vins. Seulement, la rumeur familiale le décrivait buveur et joueur invétéré, responsable d’avoir mis sa famille dans la misère !

En 1901, Élie Jean-Pierre a 31 ans lorsqu’il épouse Eulalie Elisa, plus jeune de 9 ans. Quatre ans plus tard, elle se déclare, avec l’assistance juridique, ne plus rembourser les dettes de son mari. Pourtant, leur dernière enfant naît en 1917. Élie Jean-Pierre est déclaré alors jardinier et Eulalie Elisa, couturière.

La famille a certainement vécu de grosses difficultés financières. Il est donc plausible que mon père rejette son prénom et en choisisse un autre.

Sa jeunesse

Pourtant, cette explication n’est pas bonne. En effet, en 1911, le recensement trouve la famille habitant le quartier Chalamet à Lamastre. Mon père est appelé Marcel, alors qu’il n’a que quatre ans.

genealogiefamille.com - Recensement 1911 -

Lamastre n’est encore en réalité qu’un gros village dont pratiquement tous les habitants, commerçants, artisans, ou maraîchers vivent essentiellement des marchés et disposent de deux pièces seulement pour se loger. Blog Lamastre

Dix ans plus tard, la famille a une autre allure et habite un autre endroit dans Lamastre. Tous les enfants sont nés, mais le mari est absent. D’ailleurs, je n’ai toujours pas trouvé la date de son décès !

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En 1931, mon père a 24 ans et il habite encore avec sa mère. Les sœurs aînées se sont mariées et il reste comme en charge de sa famille. Apparemment, les jeunes travaillent comme tisseurs. Et, mon père a repris le prénom Marcel !

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Le 22 novembre 1921, les Etablissements Gaston Verdier de Meaux absorbent l’usine de la Vivaraise en liquidation judiciaire. Rapidement agrandie, elle comptera bientôt 30 à 40 ouvriers bonnetiers fort bien rémunérés et 120 à 140 ouvrières. L’usine fabrique alors des bas de soie ou de rayonne de très haute qualité (Bas Guy, bas Dior). Blog Lamastre – Histoire d’une ville

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La décennie 30 et la fin de la seconde guerre mondiale

Toute cette partie a fait l’objet d’un article sous le titre Un divorce.

De bonnetier à Annemasse en 1934 lors de son mariage, mon père devient ajusteur à Dassault Aviation à Argenteuil en 1946. Je suis toujours à la recherche de son dossier de travail auprès de l’usine d’Argenteuil.

Dès 1938, sa fiche d’électeur prouve que mon père est déjà à Boulogne. Je ne sais ce qui a motivé ce déménagement. En tout cas, il est toujours bonnetier.

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La période de la guerre reste assez peu renseignée. Son frère Paul, de trois ans son cadet, est fait prisonnier en octobre 1940. Était-il communiste ?

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Communiste déclaré, la rumeur familiale dit qu’il aurait échappé au STO de 43 à 44 en se cachant.

Où ? Comment ? Avec l’aide de qui ?

Les recensements de 1931 et de 1936 ne trouvent pas le jeune couple à Annemasse. Sont-ils déjà à Boulogne Billancourt. Est-il venu tout seul ? Odette est-elle restée auprès de ses parents en Haute-Savoie. Les recherches seraient trop longues de chercher à l’aveugle dans les registres de Boulogne. En tout cas, personne au 181 avenue du Général Gallièni comme en 1938.

La durée de ce mariage m’est apparue toujours comme très longue ! Presque vingt ans ! En y réfléchissant, je pense que dès l’arrestation de son frère, mon père a compris que cela pouvait grandement être difficile pour lui. Et, il s’est caché, certainement seul, attendant des jours meilleurs.

Le retour du Service Historique des Armées de ses états de services dans les F.F.I. apporte quelques précisions.

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Son service militaire est fait dans l’Artillerie dès mai 1929 pendant un an au R.A.M de Nice. Il fait deux semaines d’exercices en 1936. Puis, il est de nouveau mobilisé le 26 août 1939.

Déclaré résistant en 1942, il appartient au groupe Suresnes Puteaux sous un commandant dont le nom est illisible. Dans les F.F.I, il a le grade de sergent et a participé à la Bataille de Neuilly, puis à l’occupation d’usines et au campement militaire d’Issy-Les-Moulinaux. C’est en 1946 qu’il est « démobilisé ». Lorsqu’en 1951, le service des armées lui renverra un dossier à remplir pour percevoir une indemnité, mon père sera tellement absorbé par son divorce qu’il oubliera de renvoyer a temps son dossier de prise en charge.

La fin des années 40 jusqu’à son remariage

On le retrouve avec sa femme habitant au 92 route de la Reine à Boulogne Billancourt, dans le même appartement où j’ai vécu.

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genealogiefamille.com - Elie Daniel mon père -

Sur le même pallier, habite le frère de ma mère, sa femme et sa fille. Mon oncle, Hyacinthe, travaille chez Renault. Ils semblent bien complices sur cette photo que je suppose prise sur la route de la Reine. Mon père est l’aîné de vingt de plus qu’Hyacinthe, mais tous deux ont les mêmes engagements politiques. À cette époque, ma mère (22 ans) commence sa vie professionnelle comme monitrice dans une institution des religieuses des Filles de La Sagesse en Vendée. Ma tante Genneviève est déjà entrée au Noviciat, et devient religieuse en février 1947.

Le divorce de mon père devient effectif en 1953. Néanmoins, il envoie son fils chez sa sœur Hélène à Vernoux-en-Vivarais en Ardèche où Bernard grandit tout en chaleur et espièglerie.

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Ma mère avait l’habitude de venir garder les enfants de son frère lorsqu’ils sortaient ou étaient invités. Lorsqu’un jour, mon oncle a réuni ses enfants pour leur annoncer le mariage de ma mère, les enfants savaient que c’était avec le voisin de palier. Mon oncle en a beaucoup voulu à mon père de ne pas l’avoir mis dans la confidence !

Une page se tourne …

Mon père était conscient qu’il lui fallait refonder une famille pour pouvoir reprendre son fils avec lui. Bernard n’avait certainement pas compris qu’il pourrait débarquer, à Boulogne, chez son père marié avec une nouvelle femme à l’âge de 9 ans. Ses copains de l’école, ses cousines si gentilles, son petit village, il a dû le quitter, certainement du jour au lendemain. « Ce fut dur » a toujours dit ma mère, mais elle était contente d’y être arrivée, à apprivoiser ce grand garçon.

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Le 19 mars 1955 *

Il est temps qu’ils se marient car j’étais déjà présente, même si invisible sur la photo !

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Le jour de mon baptême

Puis, viennent ma naissance et même mon baptême. La vie défile simplement.

Puis, viennent ma naissance et même mon baptême. La vie défile simplement.

Les années noires

Puis, viennent ma naissance et même mon baptême. La vie défile simplement.

Et puis, le matin « du 14 novembre 1958, dans la cour de l’usine Avions Marcel Dassault à Argenteuil, à 7 h 50 à 10 mètres de l’entrée, je fus renversé par une automobile (403 Peugeot) propriétaire Monsieur T conduisant lui-même avec une personne à son bord. En exécutant une marche arrière, je fus projeté à terre (côté face) la jambe droite était engagée par la roue droite arrière. Il marque un temps d’arrêt, j’ai voulu crier mais il a repris sa marche arrière et la voiture me passe sur le côté gauche.

Monsieur B. A. fut le premier camarade auprès de moi. Avec d’autres camarades, ils m’ont transporté à la conciergerie de l’usine où une ambulance arrive et me transporta à l’hôpital d’Argenteuil où je fus admis à 8 h 30. »

C’est la première page du cahier de mon père qui décrit jour après jour, heure après heure, son accident, ses séjours à l’hôpital, ses démarches, ses soins, ses inquiétudes et sa greffe à la jambe, qui ont duré deux ans !

https://genealogiefamille.com/2024/02/25/un-divorce/

À quel moment, mon père est entré en dépression ? Certainement, au moment où tout fut fini au niveau des soins physiques. Devenu invalide à 80%, mon père n’a plus jamais travaillé. Cette diminution a complètement altéré son humeur devenant paranoïaque. Puis, petit à petit, tout est revenu plus normal !

Au cours de vacances

Nos premières vacances furent pour l’Ardèche, bien que je n’en conserve aucun souvenir. Seulement, un accident de voiture à Tassin-La-Demi-Lune nous a obligés à coucher à l’hôtel, attendre la réparation. Un imprévu dont je me souviens parfaitement !

De nouveau avec La Dauphine, la famille est arrivée au Guillevinec. Mes parents avaient loué un petit deux-pièces au-dessus d’un bar, dans le centre. Il faisait beau, nous étions au mois d’août.

Élie Daniel est décédé le 9 août 1962* au Guilevinec.

Il y a peu de temps, j’ai accepté d’y revenir, retrouvant l’endroit précis, même s’il n’y avait plus de café!

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Pour aller plus loin

Grand-mère Eulalie Élisa

Un divorce

Sources

Blog Lamastre – Histoire d’une ville

Légende

*signifie que les actes d’état civil sont disponibles

Aide à la recherche généalogique

Archives départementales de l’Ardèche

Service Historique des Armées – Archives militaires de Vincennes

Famille Ardéchoise

FILIATION

Famille d’Honoré Gauchet

genealogiefamille- Familledhonore-

En rapportant des faits, des lieux, des présences de témoins, etc., la généalogie tisse des liens qui viennent justifier ce que le présent a gardé du passé. Seulement, quelque fois, elle se heurte à l’histoire familiale en proposant une vision plus floue et différente de l’ancien rapporté. L’histoire de la famille d’Honoré peut en être une illustration. Mais, la véritable histoire du divorce de mon père peut aussi le démontrer.

Les Parents

Honoré Aubert et Victoire Marie-Louise Lesénéchal sont cultivateurs domestiques à Céaux. Honoré Aubert a été baptisé deux jours après sa naissance à l’église Saint-Sulpice à Macey dans la Manche, soit le 20 mai 1864*. Victoire est née le 11 février 1866*. Honoré et Victoire se sont mariés en 1890 à Servon toujours dans La Manche.

Céaux est une commune, située dans la baie du Mont Saint-Michel, à côté de Servon et compte en 1891, 505 habitants (aujourd’hui, un peu plus que 400).

Honoré, l’aîné

Honoré François Aubert naît le 10 novembre 1891 au village Les Parchets faisant partie de la commune de Servon. Aujourd’hui, deux, trois bâtiments d’une ferme isolée !

genealogiefamille-FamilledHonore -
Les Parchets sont le petit hameau à gauche de Servon

Il est certain qu’Honoré, très vite, n’a pas eu envie de continuer le métier de ses parents. La ferme ne l’intéresse pas, il s’engage certainement à Cherbourg. Et dès 1915, soit à l’âge de 26 ans, il est déjà caporal.

Marie Victoire Pauline

La première fille du couple est née le 8 décembre 1892* toujours aux Parchets. La famille la surnomme La bijoutière, sans avoir retrouvé des éléments concernant l’explication de cette appellation !

Sur son acte de naissance, il est noté qu’elle s’est mariée avec Albert Gauchet le 7 avril 1915. Mais il s’agit d’une erreur de report de l’état civil. Car, Albert Gauchet est retrouvé au recensement de 1911 à Montreuil sur Seine, actuellement en Seine-Saint-Denis, noté Gaucher, au 128 rue de Paris. Seulement, il est noté vivant avec Victoire née en 1866 (?) avec trois enfants : Emile né en 1894, Gabriel en 1901 et André en 1904. Albert était noté charretier chez Morel à Montreuil. Marie Victoire ne peut être mère à 2 ans !

Toujours sur son acte de naissance, est noté son mariage avec Jean-Baptiste Picot le 26 mai 1919 à Avranches. L’acte de mariage est en attente de réception.

Comment une fille de cultivateur domestique peut-elle devenir bijoutière ? Son mari, Jean-Baptiste est le dernier enfant du couple Jean Edouard Auguste et Estelle Marie Sophie Lebrun. Il est né le 16 mars 1886* à Mondrepuis.

À la réception de leur acte de mariage*, 26 mai 1919, je constate que Jean-Baptiste est bien horloger Bijoutier à Nanterre au 4 Place Martroy. Il a 33 ans. Sa première témoin, qui est la tante paternelle, assiste au mariage. Elle se prénomme Justine et réside à Dieppe. Elle est veuve d’un certain « Hoyers » (le nom est difficile à lire) et a 77 ans à ce moment-là. Le frère de Jean-Baptiste, René, est son second témoin et se déclare employé de commerce âgé de 35 ans domicilié à Lyon.

Par contre, Marie Victoire, bijoutière, est déclarée vivante au 4 rue du lot d’Etain à Avranches. Les deux parents Gauchet sont déclarés cultivateurs à Céaux. Par contre, la grand-mère est déjà veuve. Leurs témoins sont un quincaillier et un cultivateur.

Un contrat de mariage a été déposé chez Maître Barillet, notaire à Avranches. Les recherches se poursuivent 🙂

Le père de Jean-Baptiste est déclaré contremaître dans les filatures.

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Jean Édouard Picot

Un généalogiste amateur déclare dans son arbre à la fiche de jean Edouard : « Edouard Picot, lorsqu’il arriva dans le Nord, fut d’abord contremaître dans une filature. Il reprit par la suite des filatures à Roubaix, Fourmies (où eurent lieu les tristes évènements de 1891) et à Anor. Le ministre Eugène Motte, maire de Roubaix, le propulsa au poste de directeur général du groupe Motte. C’est avec le groupe Motte qu’il partit en Russie pour implanter des filatures. Édouard est décédé en 1916, à l’âge de 62 ans et a été inhumé à Fourmies. C’est le fils aîné, Gaston Léon Edouard, qui semble avoir repris les affaires du père. Il se dit négociant en laine, représentant et rentier. Des recherches succinctes ne permettent pas de justifier ces aspects. Elles se poursuivent !

On ne sait exactement quand leur mère est décédée. Mais, aux décès des parents, les enfants ont dû se partager un sacré héritage, qui a permis à chacun de continuer à faire partie de la grande bourgeoisie. Alors, on comprend pourquoi Marie Victoire Pauline était surnommée la bijoutière. Au propre ou au figuré, ses bijoux ne devaient pas être factices !

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Gaston Picot – Négociant en laine, Représentant, Rentier

Marie Victoire Pauline est décédée à Avranches le 9 février 1972. Elle n’a pas eu d’enfant. On ne connaît pas la date du décès de son mari.

Victorine Agathe Honorine Eugénie

La dernière sœur d’Honoré est née le 5 février 1895 à Servon. On connaît peu de choses de sa jeunesse. Elle s’est mariée avec Rimbert François Eugène Auguste, le 17 septembre 1924 à Savigné-l’évèque dans la Sarthe. François sera témoin au mariage d’Honoré et Frida en août 1933.

genealogiefamille- Familledhonore-
Fiche militaire de Rimbert François Eugéne Auguste

Né le 8 novembre 1896* à Lotif dans la Manche, François Eugéne Auguste est devenu Maréchal mécanicien pendant les quatre ans de la première guerre mondiale. Seulement, blessé à plusieurs reprises avec des suites importantes, comme plusieurs trépanations dues à des éclats de bombe d’avion, il a gardé un « caractère irritable et excentrique ».

De plus, il a une invalidité de 100 %. Néanmoins, dès 1930, il est devenu fonctionnaire des contributions indirectes en sa qualité de Receveur buraliste à Granville. En 1947, il habite Granville sur la Place du Maréchal Foch. En novembre 1933, il reçoit enfin la décoration de Chevalier de la Légion d’honneur. En 1947, après une enquête qui le qualifie de « bonne conduite et moralité », il est promu à l’ordre des officiers de La Légion d’honneur.

genealogiefamille- Familledhonore-
Lettre signée de Rimbert François Eugéne Auguste

L’histoire familiale raconte que le couple comptait deux enfants, dont l’un, Roger, était un des jeunes amoureux de Suzanne. Seulement, il y a aucune trace dans les différents sites généalogiques. Alors, il faut revenir aux archives !

Au recensement de 1931, François et Victorine habitent à Almenêches dans l’Orne au 31 sur la place du Marché. Il est déjà receveur buraliste et sa femme est dite « débutante » et ils n’ont pas d’enfant. En 1936, ils n’y sont plus !

On les retrouve en 1947 à Granville à la Place du Maréchal Foch. Et, pour l’instant, je n’ai pas encore trouvé d’enfants au couple !

Source

IGN – Remonter le temps

Base de données Léonore pour les médaillés de la Légion d’honneur

Pour aller plus loin

Carrière militaire d’Honoré

Légende

*signifie que les actes d’état civil sont disponibles

Famille D

FILIATION

Un divorce dans les années 50 !

genealogiefamille.com - Famille Agier
Mon père et Odette

L’histoire familiale avait gardé du couple que former mon père, Elie avec Odette Maréchal, ce qu’évidemment, il en avait rapporté. « Sa femme était incapable de s’occuper de son enfant. Aussi, elle ne devait pas en avoir la garde ! »

genealogiefamille- Un divorce -
En date du 18 septembre 1935

Seulement, l’image d’un père, trop auréolée d’une mort précoce, est endommagée par la lecture des papiers de son divorce. C’est peut-être, en plus du temps, une des raisons pour trouver beaucoup de personnes retraitées en généalogie amateur. Car, accepter de remettre en question les certitudes, héritées des discours de nos parents, plus ou moins éloignés, est une des règles à suivre en généalogie. Il n’y a que l’épreuve des faits rapportés par les archives qui attestent l’histoire. Les souvenirs familiaux permettent de jeter les bases de l’exploration que les archives vont confirmer, infirmer ou juste légèrement décaler.

Le mariage

Né le 13 septembre 1907* à Lamastre, Elie Daniel se marie avec Odette Maréchal le 9 juin 1934 à Annemasse dans le département de Haute-Savoie. Il est domicilié route de Bonneville et se déclare bonnetier. Ni le recensement de 1931 et celui de 1936 ne les trouvent à cette adresse.

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Grenoble 21 juin 1936

La fiche d’électeur de mon père note son domicile, pour les élections de 1938, au 181 rue du Général Galliéni à Boulogne-Billancourt. Ni au recensement de 1936 et celui de 1946 ne les identifie à cette adresse. Par contre, mon père est toujours bonnetier !

Odette Yvonne est née le 27 février 1915 à Nangy, au sud-est d’Annemasse. Son père et sa mère travaillent dans la ferme familiale tenue par son grand-père.

Bernard nait le 15 février 1947 à Paris 15ème. La réception prochaine de son acte de naissance devrait préciser l’adresse des parents.

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Bernard

Le divorce

La conciliation en date du 7 septembre 1951 détermine qu’à la demande d’Elie, Odette est obligée de quitter le domicile « pour faire cesser le trouble » et que la garde est confiée à mon père.

Mon père demande le divorce le 26 septembre 1951. Bernard a 4 ans.

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Bernard – 1er mai 1952

Lors du jugement, il habite déjà au 92 route de Reine à Boulogne Billancourt dans les Hauts-de-Seine. Odette réside à l’hôtel Lutétia, 177rue de Silly, elle aussi, à Boulogne Billancourt.

Puisqu’il demandait le divorce, mon père devait par deux témoins attester ses dires. Charge à Odette de les affaiblir ou de prouver le (les) mensonge (s) pour défendre son point de vue. Élie Daniel reprochait à sa femme de ne pas aimer son enfant et ne pas s’en occuper.

Un premier témoin a déclaré qu’ »Odette embrassait très rarement son enfant et qu’elle ne l’a pas fait lorsque son mari a emmené l’enfant dans l’Ardèche ». Le premier argument a fait souffrir Bernard. Il n’a cessé d’essayer d’inverser l’avis de son père, mais, en vain. Car, à chaque fois, il découvrait que celui qui l’avait privé de la présence de sa mère, avait raison !

Un autre témoin a témoigné avoir observé « Madame Agier en train d’embrasser un certain Jean et de lui faire une scène lorsque celui-ci (le témoin) lui a reproché son comportement ». Alors, là, on tombe dans le sordide ! Franchement, si ce point est un mensonge, on comprend la colère de la dame ! Mais, c’est vrai qu’en 1951, l’adultère était une justification extrêmement valable pour séparer un enfant de sa mère !

L’attitude d’Odette est difficilement compréhensible. Non seulement, elle ne dément pas mais n’apporte aucune justification qui pourrait prouver que mon père exagère, ment, etc… Dans le dossier du divorce, elle est muette et ne s’est même pas présentée au jugement. La honte ? La certitude de ne pouvoir rien en dire ? L’emprise que pouvait exercer son mari sur elle en l’empêchant de s’exprimer ? Que des suppositions !

Un juge avait été nommé. Mais il ne s’engage pas de manière claire et laisse au tribunal le soin de trouver une solution convenable. Il semble qu’à plusieurs reprises, le contact fut établi avec Odette, sauf qu’elle ne s’est pas fait assister. Alors, devant son absence ou son manque de représentation, le tribunal ne peut que juger en faveur de Monsieur Agier dont on souligne que les faits sont comme « une attitude injurieuse pour lui  » !

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Noël 1950

Le grain de sable…

Seulement dans le jugement du 23 février 1953*rendu par défaut, j’apprends l’identité du second témoin. Et, là, celui-ci est certes le « beau-frère » de mon père, habitant dans le même immeuble, mais c’est surtout un marlou, une personne dont ma mère m’a toujours mise en garde. De plus, bien plus tard, et des années après, j’apprendrais que mon père s’était battu avec lui, lui donnant ainsi une « bonne correction ». Du moins, peut-être l’envie de ne plus recommencer. Mais, de quoi ?

Évidemment, ce témoignage n’est absolument par recevable. Le fameux témoin n’est pas garant d’une certaine moralité et, contre de l’argent, a pu complètement l’inventer. Car les mots « fut tellement choqué de l’attitude de cette dernière et lui en fit le reproche » ne correspondent pas du tout à l’attitude générale de la personne.

De plus, et souligné par mon père, il n’y aura pas d’appel possible !

En conclusion

Il aurait été facile à Odette de prouver le faux témoignage. Pourquoi ne l’a-t-elle pas fait ? Qu’a-t-elle raconté à Bernard, lorsqu’il fut en âge de choisir d’aller la voir quand il voulait ?

Odette ne s’est jamais remariée. Peut-être a-t-elle versé globalement une pension alimentaire à mon père. En tout cas, un autre papier atteste d’une somme d ‘argent. Elle n’a pas eu d’autres enfants. Elle s’est consacrée à sa carrière et devint une collaboratrice appréciée. Et, Bernard s’est toujours senti orphelin de cet amour, malgré toute l’attention de ma mère !

Évidemment, la stature du père est écornée. Seulement, arrivée à mon âge, on a appris depuis longtemps que les faits ne sont ni noirs ni blancs et que chacun a sa part de lumière et d’ombre. Mon père ne faisait pas exception…

Mon père et Bernard

Légende

*signifie que les actes d’état civil sont disponibles

Famille ardéchoise

FILIATION