Le Maguet Jean-François (1842-1894) – De Pluméliau à Locminé

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Le 19 mars 1842, naît le premier fils de Guillaume Le Maguet et de Perrine Guyot, Jean-François. Les deux témoins sont laboureurs dont le premier est le père de Guillaume. Jean-François (1842-1894) est le père d’Ulrich-André, le grand-père de mon cousin.

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À 22 ans, Jean-François est cultivateur selon l’acte de mariage de Jean-Louis Le Strat et Marie-Louise Le Maguet, sa sœur, en février 1865, (Pluméliau), Pluméliau-Bieuzy, Morbihan.

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Chapelle Saint-Nicodème, commune de Pluméliau (56).

À 27 ans, il est toujours cultivateur selon l’acte de naissance de Marie-Anne Le Maguet, en février 1870, à Moustoir-Remungol.

À 28 ans, il est toujours cultivateur selon l’acte de décès de Jacques Clèquin, en mars 1870, (Moustoir-Remungol).

À 36 ans, il est encore cultivateur selon l’acte de décès de Georges Le Strat, en avril 1878, (Moustoir-Remungol).

À 44 ans, il est receveur buraliste selon l’acte de décès de Mathurine Cléquin, en janvier 1887, Pontivy.


🗂️Devenir buraliste en 1880

Le receveur buraliste est une personne préposée à un bureau de paiement, de distribution, de recette. C’est un agent subalterne des contributions. J’ai demandé aux archives départementales mon dossier. Je doute d’un retour !

En 1880, la vente du tabac est un monopole d’État en France, gérée par l’administration des Contributions indirectes. Le métier de buraliste-receveur (ou plus communément appelé débitant de tabac à l’époque) n’était pas une activité de commerce libre, mais une fonction publique concédée.

1. Le statut de gérant Concessionnaire – Le buraliste n’était pas propriétaire de son stock de tabac (qui appartenait à l’État), mais un gérant concessionnaire (souvent appelé « titulaire de débit » ou « receveur buraliste ») nommé par l’Administration.

2. Procédure de nomination (décret de 1873) La nomination était strictement réglementée, notamment par un décret important du 28 novembre 1873 (modifié ensuite en 1884).

  • Candidature et classement :la demande devait être adressée au ministre des Finances (via l’administration des Contributions indirectes). Les candidatures étaient classées selon des catégories bien définies pour garantir l’équité et lutter contre l’arbitraire.
  • Profil privilégié : le poste, considéré comme assez rémunérateur, était généralement confié à des personnes jugées méritantes par l’État. Celles-ci incluaient :
    • Anciens militaires (des sous-officiers ou brigadiers à la retraite).
    • Leurs femmes ou veuves.
    • D’anciens fonctionnaires.
    • Des personnes ayant accompli des actes de courage ou de dévouement dans un intérêt public.
  • Conditions de moralité : le candidat devait absolument :
    • Être de nationalité française (ou, du moins, la nationalité était implicite par l’appartenance à l’administration pour les titulaires).
    • Jouir de ses droits civiques.
    • Avoir une bonne moralité et une probité irréprochable (un casier judiciaire vierge était impératif). L’autorité municipale (le maire) attestait de cette bonne moralité, de la situation familiale et des moyens de subsistance du pétitionnaire.

3. Les différences de Rémunération – Il existait deux types de personnes concernées dans la vente : titulaire du débit (le buraliste receveur nommé, qui touchait une redevance fixe de l’État). Le gérant (celui qui exploitait le commerce au quotidien, généralement le titulaire lui-même, qui percevait les bénéfices réels de la vente). En 1880, le poste était une concession de service public et non une simple ouverture de commerce. C’était un moyen pour l’État de récompenser le service rendu à la nation ou de pourvoir aux besoins de familles méritantes.

Il se marie avec Mathurine Cleguin. Leur date de mariage n’est pas encore trouvée.

🗂️Fonder une famille


Voici l’acte de naissance de Mathurine, sa première femme :

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Il se marie avec Mathurine Cleguin. Leur date de mariage n’est pas encore trouvée. Ils auront deux enfants.


Jean-François Mathurin Le Maguet, fils de Jean-François
Il naît le 10 mai 1874.

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En octobre 1907, il réside à Locminé, 56117, Morbihan, et devient préposé d’octroi. Celui-ci était le receveur assermenté. En 1907, le préposé d’octroi était l’agent en uniforme posté à la porte de la ville pour percevoir les taxes municipales sur les produits entrants,

🗂️Le préposé d’octroi était l’employé assermenté chargé de :

  • Contrôler les charrettes, les voitures et les personnes traversant les barrières d’octroi (les limites physiques de la taxation de la ville).
  • Évaluer les marchandises et percevoir la taxe correspondante selon le tarif municipal en vigueur.
  • Lutter contre la fraude (la contrebande), qui consistait à introduire des marchandises dans la ville sans payer l’impôt.

Ces versements assuraient ainsi une source de revenus essentielle pour le budget de la commune (financement des hospices, des secours à domicile, des infrastructures, etc.). C’est la réforme fiscale de 1948 qui abolit irrévocablement les octrois.

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Fiche matricule

Ce que nous apprend sa fiche matricule : Il est déjà commis de perception. Ses cheveux sont roux et ses yeux sont gris et mesure 1,66 m. Tout d’abord dispensé pour aîné d’orphelins, il est incorporé dans un régiment d’infanterie en 1895 comme soldat seconde classe. Il en sortira avec un certificat de bonne conduite.

Ses deux parents sont décédés lors de son incorporation.


Jean-François Mathurin se marie le 17 mai 1897 à Locminé avec Marie Julienne Mezo, qui se dit aubergiste et semble avoir hérité de ses parents, déclarés cabaretier. (voir son acte de naissance)

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Nizon, Finistère un mariage bas-breton
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Acte de mariage
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Acte de naissance de Marie Julienne Mezo


Joseph-Marie Le Maguet, fils de Jean-François


Il naît le 20 janvier 1878 à Moustoir-Remungol, second garçon de Jean-François et Mathurine

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Acte de naissance de Joseph-Marie
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Extrait de la fiche matricule de Joseph Marie


Ce que nous apprend sa fiche matricule : il est mécanicien. Il est blond aux yeux bleus et mesure 1m 70. Après incorporation, il est réformé pour faiblesse générale et palpitations.

Il se marie le 7 octobre 1907 à Locminé avec Cécile Marie Louise Guillo (née le 25 nov. 1884 Theix, 56251 – décédée le 29 septembre 1923 à Locminé, à l’âge de 38 ans ). Lui était serrurier et elle, commerçante. Joseph et Cécile eurent trois enfants :

– Jean Le Maguet (né le 9 juillet 1908 – Locminé – Décédé le 30 août 1910 – Locminé, à l’âge de 2 ans)

– Cécile Marie Le Maguet (née le 12 juin 1910 – Locminé- Décédée le 17 avril 1941 – Josselin, à l’âge de 30 ans)

– Jean-Marie Antoine Le Maguet (né le 12 mars 1913 – Locminé – Décédé le 15 janvier 1917 – Locminé, à l’âge de 3 ans)

Joseph-Marie est décédé le 15 septembre 1918 – Locminé, à l’âge de 40 ans.

Mathurine décède le 4 janvier 1887 à Pontivy. Jean-François se remarie avec Marie-Julienne Jouan née le 24 novembre 1952 à Mur-de-Bretagne.

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Chapelle Saint-Nicodème de Pluméliau (Morbihan, France), maison accolée au presbytère.

🧭 En généalogie-Source

💡 Conseil généalogique : les Archives des Contributions Indirectes

Le dossier de nomination, de mutation ou de retraite d’un receveur buraliste se déniche dans les archives de l’administration qui le régissait, soit les Contributions Indirectes (série M- Administration générale- et économie) ou P aux AD 56).

Famille Le Maguet

FILIATION

Le Maguet Guillaume:

Ferme au Faoûet construite en 1815
Ferme au Faoûet construite en 1815

Un ancêtre commun avec mon cousin, notre arrière-arrière-grand-père, Le Maguet Guillaume (1815-1892).

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Acte de naissance

Guillaume est né le dimanche 8 mai 1815 à Pluméliau, canton de Pontivy. Son père, âgé de 27 ans, est cultivateur. Françoise Jegouzo, sa mère, est à peu près du même âge. Un des témoins est le père de Françoise.

Pluméliau est une ancienne commune du Morbihan. En 1806, il y a 3086 habitants. Le régime politique est la Restauration qui rassure les personnes appartenant à la Chouannerie. C’est donc une période calme lorsque Guillaume naît. Il sera l’aîné d’une fratrie de trois garçons.

À la chapelle de La Trinité, située à Bieuzy, fusionnée à Pluméliau depuis 2019, il y a une petite statue en bois (chêne ?) représentant saint Guillaume, datant de la première moitié du 17ᵉ siècle.

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Saint Guillaume à la chapelle de Bieuzy

À noter que ses parents, JP Le Maguet et Françoise Jégouzo, ont érigé une croix sur le chemin de Bodéhan en 1845, qui existe encore.

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Croix de chemin, près de Bodéhan (Pluméliau fusionnée en Pluméliau-Bieuzy en 2019)

🗂️ Frise historique — 1815 → 1892


📌 1815
Contexte : chute de Napoléon Iᵉʳ → début de la Restauration (Louis XVIII)


📌 1830 Révolution de Juillet
• Fin de la Restauration → début de la monarchie de Juillet (Louis-Philippe)


📌 1848 Révolution de février 1848
• Chute de Louis-Philippe
• Proclamation de la Deuxième République


📌 1852 Naissance du Second Empire
• Louis-Napoléon Bonaparte devient Napoléon III
• Retour à un régime très centralisé
• Les maires sont nommés, pas élus → rôle clé des préfets


📌 1859 — 1865Guillaume Le Maguet est maire de Pluméliau

. Nommé par le préfet du Morbihan
• Mandat dans un contexte d’ordre impérial et de contrôle préfectoral
• Pluméliau est alors un village rural important, avec une population très dispersée en hameaux
• Le maire est typiquement un notable local : cultivateur, propriétaire, homme de confiance du régime impérial


📌 1870 Chute du Second Empire → début de la Troisième République
• Guerre franco-prussienne
• Proclamation de la République le 4 septembre


📌 1871-1880 Démarrage de la Troisième République
• Lois républicaines, reprise progressive du pouvoir local par les élus
• Les maires sont enfin élus (loi municipale de 1882)


📌 1880–1890 Modernisation des communes
• École obligatoire (lois Ferry 1881-1882)
• Développement progressif des infrastructures rurales


🏘️Pluméliau

En 1840, les statistiques de Pluméliau font état de 2637 hectares de terres labourables, 325 hectares de bois, 13 de châtaigneraies, 124 de vergers et jardins, 9 hectares d’étangs et 5 de marais et 2867 de landes. Les chiffres évoluent au cours du temps vers davantage de terres cultivées et de pâtures, mais en 1963, il reste encore 1886 hectares de lande … La production est principalement céréalière : seigle, avoine et blé noir, ainsi que du chanvre, sans oublier une forte production cidricole, d’où le nombre de « granges », dénommées « caves », qui abritent le pressoir. Les prairies proches des rivières du Blavet et de l’Evel favorisent l’élevage des bovins dont le produit s’écoule dans les foires. Le cochon est plutôt réservé à l’usage domestique, jusqu’à ce qu’il devienne au 20ᵉ siècle la principale activité de Pluméliau. Le 18ᵉ siècle est représenté par 60 fermes ou maisons (12, 2 %). Site patrimoine.bzh
Il faudrait se déplacer aux archives départementales pour situer l’habitation de la famille.

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Plan cadastral 1829

🗂️Mariage

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À 21 ans, Guillaume se marie avec Perrine Guyot, fille de Cosme Guyot et Jeanne Le Maguet (?)

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1ère partie de l’acte de mariage

Deux laboureurs et un aubergiste sont enregistrés en qualité de témoins. Guillaume est laboureur et Perrine, cultivatrice. Ils habitent au bourg de Pluméliau, quartier ou autre, à Bojulant.

En 1835, le dictionnaire de l’Académie explique : le laboureur est « celui dont l’état est de labourer, de cultiver la terre », alors que le cultivateur « cultive la terre, ou… exploite une terre, un domaine ».

Le laboureur est le plus souvent un paysan qui possède sa parcelle et exploite plusieurs hectares. Il a un cheval ou des bœufs et une charrue qui lui permettent de retourner la terre et d’effectuer tous les travaux de labourage.

Le cultivateur désigne celui qui cultive la terre, d’ordinaire pour le compte d’un propriétaire.

Le terme apparaît dans les actes, vers le milieu du XVIIIᵉ siècle et petit à petit va supplanter celui de laboureur. Site Geneanet. Org

🗂️Enfants

Le 19 mars 1842, naît leur fils Jean-François. Les deux témoins sont laboureurs dont le premier est le père de Guillaume. Jean-François est le père d’Ulrich-André, le grand-père de mon cousin.

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Acte de naissance de Jean-François

À noter, l’élégance de la signature de Guillaume.


Marie-Louise Le Maguet, leur second enfant, naît le 18 mars 1844 à Pluméliau.

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Acte de naissance de Marie- Louise


Seulement cinq ans plus tard, Perrine, la femme de Guillaume, décède le 23 avril 1847 au bourg.

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Acte de décès de Perrine

Guillaume se remariera avec Mathurine Guillouzo le 5 février 1849 toujours à Pluméliau.

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2nd acte de mariage de Guillaume

À la fin de l’acte, les signatures :

De leur couple, naît deux enfants

– Marie-Julitte Le Maguet

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Acte de naissance de Marie-Louise

Elle naît le 20 août 18 toujours à Pluméliau.
– Yves Marie Le Maguet naît le 9 avril 1855, mon arrière-grand-père.

🏘️ Pluméliau en 1859 : comment devient-on maire ?

En 1859, Pluméliau est une commune rurale du Morbihan (environ 3 500 habitants à l’époque si on inclut les hameaux, mais administrativement elle est considérée comme commune rurale).

✔️ 1. Les habitants élisent le conseil municipal

  • Électeurs : seuls les hommes payant l’impôt.
  • Le vote est rare, surveillé, et très contrôlé par l’administration impériale.

✔️ 2. Le maire n’est pas élu

Dans une commune comme Pluméliau en 1859 :
👉 Le préfet du Morbihan choisit le maire parmi les conseillers municipaux.
👉 Le ministre de l’Intérieur valide cette nomination.

Le conseil municipal n’a pas son mot à dire dans l’élection du maire.

✔️ 3. Quel type de personne devient maire ?

Pour Pluméliau, comme dans la majorité des villages ruraux du Morbihan à cette époque, le maire est généralement :

  • un propriétaire foncier ou un agriculteur notable,
  • quelqu’un d’instruit (sait tenir les registres),
  • un homme politiquement modéré et loyal au régime impérial,
  • parfois un ancien militaire ou un notable local.

✔️ 4. Rôle très important du préfet

  • Il peut nommer, révoquer, remplacer un maire à tout moment.
  • Il surveille les délibérations du conseil, les budgets et les décisions.

Dans un département très pratiquant et conservateur comme le Morbihan, les préfets recherchent des maires « sûrs », proches de l’Église et de l’ordre impérial.


🗂️ Guillaume est Maire de Pluméliau de 1859 à 1865

✔️Guillaume Le Maguet a 44 ans lorsqu’il commence son mandat de maire.
✔️ Pour consulter les délibérations du conseil municipal pendant son mandat, se rendre en salle de lecture pour découvrir la cote des archives : 3 ES 173/2 – Registres municipaux de Pluméliau.
✔️ Voici un acte d’état civil signé de sa main :

En 1886, la famille habite toujours au Bojulant, un quartier de Pluméliau.

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Guillaume décède le 2 avril 1892, évidemment à Pluméliau.

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Acte de décès de Guillaume

Ce que nous apprend cet acte : les déclarants sont son fils, Jean-François et son gendre, Jean-Louis Le Strat.

🧭 En généalogie, source

Site patrimoine.bzh

Site Geneanet. Org

💡 Conseil généalogique : Si un des ancêtres a eu un mandat de maire, demander aux archives municipales ou départementales, à découvrir les registres de délibérations du conseil municipal.

Famille Le Maguet

FILIATION

Théodore Le Maguet:

Théodore Jean-Marie Le Maguet (dit Théo Le Maguet) fut un chanteur breton qui eut sa renommée à partir des années 50.

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Théo Le Maguet et ses chanteurs en 1973, lors de la kermesse de l’école ND du Sacré-Coeur – Photo JC Bellec.

Selon le blog AR VOUSTOER, Théo découvre dans le grenier familial un accordéon qui va déterminer toute sa carrière. Il reste cinq ans comme commis de ferme à partir de 13 ans. Paris l’accueille à dix-huit comme terrassier. En suivant des cours du soir, il devient secrétaire à la mairie de Levallois-Perret, puis rédacteur. Ses week-ends, il les passe à chanter dans les fêtes organisées par les bretons de Paris.

À quarante-neuf ans, il est repéré par la maison de disques Festival. Treize disques suivront.

Dans les années 60, Théo crée un bagad « Avel-A-Benn » en 1954 à Saint-Denis et il participe aussi au tournage de deux films, dans lesquels il a un petit rôle. Il est ordonné barde par les druides, dans la forêt de Paimpont. Il meurt à 79 ans et est enterré dans le cimetière de Moustoir-Remungol.

Recherche d’ancêtres communs

Mon cousin éloigné m’avait alertée en me signalant que nos familles devaient avoir un lien de parenté.

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À partir de la réception de son acte de naissance, j’ai pu remonter sa généalogie. Et je peux désormais affirmer qu’il n’y a pas de lien direct entre nos deux familles. Ainsi, son arrière-arrière-grand-père s’appelle bien Guillaume Le Maguet, né à Pluméliau, comme le mien. Néanmoins, les dates sont différentes. Son Guillaume Le Maguet est né le 22 janvier 1706. Le mien est né le 7 mai 1815. Un siècle d’écart.

Commune de Pluméliau au XVIIIè siècle

Le point commun reste la commune de Pluméliau dans le Morbihan. Après, son aïeul a installé sa famille à Naizin, à quelques vingt-cinq kilomètres à l’est.

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D’azur à l’épée haute d’argent garnie d’or, accompagnée de sept roses d’or aboutées et ordonnées en cercle et brochant sur la lame.

Pluméliau, juste avant la Révolution, dispose d’une école privée qui reçoit une cinquantaine d’élèves avec deux maîtres. On n’y enseignait qu’à lire et à écrire. La Révolution a eu des difficultés à s’imposer avec une population et des prêtres réfractaires. Après la Révolution, le nombre d’habitants est sensiblement le même qu’aujourd’hui. En 2016, 3 624 étaient recensés.

Les deux familles ont dû se croiser et même certainement devenir cousines à la mode de Bretagne.

Sources

Blog AR VOUSTOER

🧭 En généalogie, chaque personne compte !

💡 Conseil généalogique : Prendre le temps de faire l’arbre généalogique des différents protagonistes.

Famille Le Maguet

FILIATION

Que représentait une dot de 1 800 francs en 1888 ?

Dans les archives familiales, certains détails révèlent bien plus qu’il n’y paraît. En 1888, une de mes ancêtres, vivant à Pontivy dans le Morbihan, apportait une dot de 1 800 francs lors de son mariage. Que signifiait cette somme à l’époque ? Était-ce beaucoup ? Suffisant ? Que permettait-elle réellement ?

Une dot modeste, mais solide pour une famille bretonne

À la fin du XIXe siècle, Pontivy était une ville administrative et commerciale entourée d’un monde profondément rural, fait de petites exploitations agricoles et d’artisanat local. Dans ce contexte, 1 800 francs représentaient une somme sérieuse mais modeste, probablement le fruit de plusieurs années d’économies.

C’était l’équivalent d’un an de salaire d’un ouvrier qualifié, ou plusieurs mois de revenu pour un petit artisan ou fonctionnaire. Ce n’était pas une grande fortune, mais ce n’était pas négligeable non plus.

Ce que cette somme permettait à Pontivy en 1888

Dans le Morbihan de l’époque, on pouvait acheter :

  • Plusieurs hectares de terre agricole (jusqu’à 5 selon la qualité du sol).
  • Une ou deux vaches laitières, essentielles dans une économie paysanne.
  • Le mobilier complet d’un foyer (lit, table, vaisselle, armoire).
  • Un trousseau de linge et vêtements pour la mariée.
  • Éventuellement, un petit fonds de commerce ou de matériel artisanal, si le couple exerçait un métier manuel.

À Pontivy, chef-lieu de sous-préfecture, cette dot aurait donc suffi à lancer modestement un couple dans la vie active — que ce soit en milieu rural ou dans un petit atelier ou commerce urbain.

Une dot à la mesure d’un foyer modeste

Une dot de cette taille indique que la famille n’était ni riche ni indigente : plutôt issue de la petite paysannerie, de l’artisanat ou du petit commerce local. Elle montre une volonté claire de donner à la mariée les moyens d’une installation stable, sans faste, mais avec une base solide.

C’est bien différent des dots bourgeoises (souvent de 10 000 francs et plus) qui servaient à asseoir un statut social. Ici, il s’agissait avant tout de pragmatisme : donner un coup de pouce au jeune ménage pour s’installer et vivre dignement.

Source

Le contrat de mariage entre Jean-François LE MAGUET et Marie-Hélène JOUAN est établi le 15
février 1888 devant notaire.

🧭 En généalogie, chaque dot raconte une stratégie familiale

Les mentions de dot dans les actes de mariage ou notariés sont bien plus que des chiffres : ce sont des reflets économiques et sociaux précieux. Dans un lieu comme Pontivy en 1888, cela permet de comprendre :

  • le niveau de vie de la famille,
  • leur réseau local (rural ou urbain),
  • et les ambitions ou prudences familiales vis-à-vis du mariage.

💡 Conseil généalogique : Si vous trouvez la trace d’une dot dans les registres, cherchez aussi les actes notariés ou inventaires après décès : ils éclairent les possessions réelles et les choix économiques de vos ancêtres.

Famille Le Maguet

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Léon Salem, a-t-il vraiment étudié à l’Alliance Israélite Universelle ?

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Léon Salem, né le 17 avril 1883 à Salonique, alors dans l’Empire ottoman, est le point de départ de cette recherche. Fils de Jacob et Nehama Esther, il a mené une vie marquée par les bouleversements du XXe siècle, qui l’ont finalement conduit de Salonique à Paris. Bien qu’il ait exercé la profession de «commissaire en marchandises», il est plus largement connu sous son nom de scène, Lionel Salem, une identité qu’il a adoptée pour sa carrière d’acteur en France à partir des années 1920. Son parcours s’est achevé lors de la Shoah, avec sa déportation et son décès à Auschwitz le 3 octobre 1942. Son nom figure sur le Mur des Noms du Mémorial de la Shoah à Paris, ce qui ancre sa biographie personnelle dans un contexte historique de grande importance.

Le fait qu’il ait fait carrière en France en tant qu’acteur et qu’il ait travaillé dans le commerce international suggère un parcours éducatif qui a valorisé l’enseignement de type occidental et la maîtrise de la langue française. Une telle éducation aurait été cruciale pour sa transition réussie d’une ville portuaire ottomane en Macédoine à un centre culturel européen. Sa biographie souligne un lien profond entre son histoire personnelle et les forces géopolitiques et culturelles de son temps.

Alliance Israélite Universelle (AIU)

L’Alliance Israélite Universelle a été fondée en 1860 et est rapidement devenue une force majeure pour la modernisation et la promotion de la culture juive en Méditerranée et dans les Balkans. Les historiens reconnaissent que son réseau d’écoles, qui s’est considérablement développé entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, a servi de vecteur d’émancipation et d’intégration culturelle pour les communautés juives de la diaspora, y compris celle de Salonique.

Le français était la langue d’enseignement, et les écoles de l’AIU sont devenues des bastions de l’influence française. Le parcours de vie de Léon Salem — sa maîtrise du français, sa carrière en France et son rôle en tant qu’acteur — s’accorde logiquement avec le profil d’un ancien élève de l’AIU. La recherche doit donc être centrée sur la découverte d’un document qui viendrait confirmer cette hypothèse.

La « course à l’éducation » dans l’Empire ottoman

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Comprendre le contexte éducatif de Salonique à la fin du XIXe siècle est essentiel pour cette recherche. Le système des millets de l’Empire ottoman confiait l’éducation à chaque groupe religieux, ce qui a encouragé une forte concurrence entre les institutions. Cette dynamique a donné lieu à une véritable «course à l’éducation» entre les puissances européennes, qui cherchaient à étendre leur influence culturelle et politique via la création d’écoles. Les institutions françaises, italiennes, grecques et bulgares se sont livrées une compétition acharnée pour attirer les étudiants et modeler la prochaine génération.  

Autres institutions françaises et grecques

Le paysage éducatif salonicien offrait d’autres options. Les Frères des Écoles Chrétiennes, une congrégation religieuse française, ont ouvert une école à Salonique en 1888. Cette date est particulièrement pertinente, car Léon aurait eu 5 ans, l’âge parfait pour commencer sa scolarité. Les archives des Frères sont disponibles à leur siège à Rome, ainsi que dans les archives de leur district au Québec. Bien que la probabilité d’y trouver une trace de la scolarité d’un enfant d’une famille juive éminente soit peut-être moindre que dans les archives de l’AIU ou des institutions italiennes, cette piste ne doit pas être écartée. Des écoles grecques existaient également à l’époque, et leurs archives, qui se trouvent notamment à l’Université Aristote de Thessalonique, pourraient contenir des informations pertinentes sur le système éducatif de la ville à l’époque.

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Cercle de Généalogie Juive (CGJ)

Le CGJ, en collaboration et avec l’accord de l’AIU, a entrepris un vaste travail d’indexation de ses archives historiques couvrant la période de 1860 à 1940. Ce partenariat a permis de transformer une vaste collection de documents d’archives en une ressource généalogique et historique précieuse, accessible à tous.

Salem Leon, a-t-il vraiment étudié à l’Alliance Israélite Universelle ?

En janvier 1910, l’école Moïse ALLATINI enregistre un paiement de 0,50 de M. Salem de Constantinople de 0,50 et même un paiement de Nehama Jacob, le grand-père de Léon. Toujours la même année, un document atteste du départ d’un certain Emmanuel Salem, qui semble être entrer au comité de gestion le 22 janvier 1897.

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Aucune liste des élèves présents n’est disponible. Seulement, un faiceau d’indices semble prouver que Léon Salem a nien fait ses études à l’AUI et même à l’école Allatini.

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Cette école de garçons est inaugurée le 26 décembre 1888 et était l’école de l’Alliance Israélite Universelle de Salonique. Elle se trouvait sur la rue de Vardar, et a ensuite été déplacée sur la rue de P. P. Germanos. L’édifice a été endommagé lors du grand incendie de 1917.

Qui était Moïse ALLATINI ?

Moïse Allatini (1809-1882) était un entrepreneur juif originaire de Salonique. Il est surtout connu pour les raisons suivantes :

  • Industriel prospère : Il a fait fortune dans l’industrie de la minoterie en fondant la société familiale Allatini, qui est devenue la plus grande du genre dans les Balkans au début du 20ème siècle. Il est parfois surnommé le « Rothschild de Salonique » en raison de sa réussite financière et de son influence.
  • Fondateur d’écoles : Il a également joué un rôle clé dans la création de la première école de l’Alliance Israélite Universelle à Salonique, qui a porté son nom.
  • Famille influente : Les descendants de la famille Allatini ont eu une influence notable dans les domaines des affaires, des arts et de la politique en Europe, avec des liens de parenté avec des familles comme les Dassault et les Bloch.

Source

Famille de Salonique

FILIATION

Servon, petit village de la Manche

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Nous sommes passés dans le petit village de Servon dans la Manche en région Normandie un samedi pluvieux sur le chemin de retour vers notre domicile. Ses 263 habitants étaient calfeutrés chez eux. La mairie était fermée, l’église aussi. Aucun commerce. L’école primaire a dû être transférée depuis longtemps dans le village voisin de Tanis. Ainsi, juste une exploration des quelques maisons entourant le centre du village.

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Pour rappel, Servon est le village natal d’Honoré Gauchet, mari de Frieda, l’endroit où il est né et d’où il est parti courir le monde son habit de militaire sur le dos.

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Église Saint-Martin

Au centre, domine l’église Saint-Martin, avec son clocher en dôme, construite entre les 14e et 18e siècle, classée au patrimoine historique religieux, avec son calvaire.

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Son chœur charpenté avec ses dix-huit personnages qui représentent la Jérusalem céleste.
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Un des six vitraux de Gabriel Loire, Maître-verrier
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Face à cette église toute simple mais particulièrement bien conservée, la foi d’Honoré semble compréhensible.

Le cimetière et son calvaire

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Inscrit aussi au patrimoine religieux, le calvaire invite le visiteur à découvrir le village.

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Impossible de se promener dans le cimetière, c’était fermé !

Seulement, sur le monument aux morts, deux noms attirent l’attention : Lesenechal et Guérendel. En effet, la mère d’Honoré était née Lesénéchal. Guérendel est le nom de l’arrière-grand-mère d’Honoré.

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Seconde Guerre mondiale

« Tôt, dans la matinée du 1ᵉʳ août, le Major General Robert Grow, qui commande la 6th US Armored Division, reçoit la visite du général Patton ; ce dernier lui annonce : « Prenez Brest… Pour samedi soir » ; près de trois cents kilomètres à parcourir en cinq jours !« 

Puis, quelques jours plus tard,

« Une centaine d’Allemands sont capturés. La route Nationale 176 est encombrée d’épaves, Pendant quelques jours les habitants de Servon et Tanis, goûtant à la liberté retrouvée, verront passer les blindés américains contournant l’obstacle.« 

Sources : Breakout and Pursuit par Martin Blumenson, Combat History of The 6th Armored Division, Combat Command B 6th AD History

La Mairie

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La mairie n’est ouverte que deux matinées par semaine. Sur le côté se trouve l’entrée d’une bibliothèque municipale.

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Les manoirs de Servon

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Vue du cimetière

À côté de l’église se trouve le manoir dit Grand Manoir, qui comporte une vaste cour carrée encadrée de bâtiments sur trois côtés, un colombier et un puits dans la cour. Résidence du receveur des domaines, actuellement, c’est un gîte de groupe.

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Un autre endroit est labellisé Produits fermiers et accueil à la ferme, c’est l’endroit dit Petit manoir de Servon.

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Un peu plus

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Pour aller plus loin :

Honoré François Martin Gauchet

Carrière militaire d’Honoré

Famille d’Honoré Gauchet

Et encore :

Facebook de Servon

Gîte du Grand Manoir

Le Petit Manoir

FAMILLE SUISSE

FILIATION

Mon grand-père, Élie Jean-Pierre

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Carte de combattant

Je n’ai pas connu cet homme que mon père ne portait pas trop dans son cœur, alors qu’il vouait un amour fort et respectueux à sa mère. J’ai toujours entendu parler de lui en mal. Réputé aimant la bouteille, il était aussi décrit comme ressentant la passion du jeu. Responsable de l’endettement de sa famille, il l’avait laissé dans une misère sombre. Qu’en disent les archives ?

La famille d’Élie Jean-Pierre

Élie Jean-Pierre est le fils de Jean-Pierre Agier âgé de 29 ans à sa naissance à Valence, ouvrier tonnelier habitant Maison Blache au 6 rue pétrolerie à Valence et de Marie Victorine Mourier âgée de 26 ans, ménagère.

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Petit, brun, il ne présente aucun signe distinctif, sauf sa petite moustache qu’il porte sur sa carte de combattant. Une dispense est accordée une fois pour charge de famille. Son niveau d’instruction est dit de 3, c’est-à-dire qu’il sait lire, écrire et compter. Pour la Première guerre mondiale, il n’est pas retenu, non plus, au titre que sa jambe gauche est plus courte que la droite ! Question d’âge aussi, il a quarante-quatre ans au début de 14 et est père de quatre enfants de combattant.

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La fratrie de Elie Jean-Pierre

Elie Jean-Pierre était lui-même l’aîné d’une fratrie de neuf enfants.

Jean Pierre-Samuel (1872-1894),

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Rachel-Victorine (1873- mariée à Eugène-Frédéric Courtial, charcutier à Lamastre),

Daniel-Pierre bébé rapidement décédé,

Marie-Victorine bébé décédé à 6 mois,

Daniel-Jean (1875 -) s’est marié à Séphora Blache, en 1910. Il était boulanger à Lamastre avec un niveau dit 3 d’instruction. Passé en conseil de révision, il est aussi dispensé.

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Ils ont eu trois enfants :

  • Une fille Marcelle-Séphora née à Levallois-Perret le 29/02/1912. Elle est décédée en 1991.
  • Une autre fille Léa
  • Un garçon, Jean.

En 1921, il vote à Levallois-Perret

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À son décès en 1948, il ne laisse aucun actif à sa famille.

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Abel-Jean-Jérémie (1878-1947) est devenu cultivateur toujours à Lamastre, marié à Nelie Dejour née et décédée à Lamastre.

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Ils ont eu treize enfants :

  • Jean Rémy né en 1909, était cantonnier à Lamastre. Il s’est marié avec une certaine Yvette et ils ont eu un fils, William.
  • Marie-Louise née en 1911, était bobineuse dévideuse, certainement comme mon père. Elle s’est mariée avec Charles Cros et ils ont eu un fils, Jean-Paul.
  • Martre Séraphie (1913-2005) s’est elle aussi mariée avec un Cros prénommé Paul-Elysée. Ils auront deux enfants dont André, directeur adjoint de poste, décédé en 2023.
  • 3 enfants morts en bas âge
  • Joël André (1919-1981) qui s’est marié à une institutrice, Eline Irma Combe, dont je recherche le dossier. Ils ont eu un fils et deux filles.
  • Fernand, marié sans enfant
  • Élie, marié, a eu 3 enfants
  • Henri marié a eu 7 enfants
  • Nelly Jeanne
  • Jémina mariée aussi

De nombreux cousins en perspective !

Au recensement de 1911, il est déclaré sabotier et habite Chemin de La Plaine à Lamastre à deux rues de mes grands-parents. D’ailleurs les enfants ont dû grandir ensemble. En 1921, il habite Blache d’Urbillac près de Lamastre avec sa famille, qui s’est largement agrandie.

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Filémon-Pierre, bébé décédé rapidement,

Judith-Marie (1880-1954) mariée à un Eugène-Henri Juston, cultivateur, frère d’Eulalie, ils ont eu 3enfants

Marie-Victoire (1882- )

Le mariage d’Elie Jean-Pierre

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Lors de son mariage, le 14 juillet 1901, Élie Jean-Pierre est déclaré marchand de vin. Probablement, qu’il a repris l’affaire de son père, en tant qu’aîné.

Seulement, dès 1905, ma grand-mère demande sa séparation de biens et la liquidation de ses reprises.

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Pourtant encore en 1911, ils habitent à Lamastre, quartier Chalumet.

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Le 18 juillet 1920, Elie Jean-Pierre décède, sans que ce soit sa femme qui fasse la déclaration.

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En 1921, Eulalie habite toujours à Lamastre avec ses sept enfants rue Olivier de Serres.

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Pour aller plus loin :

Élie Daniel, mon père

Un divorce dans les années 50 !

Grand-mère Eulalie Élisa

Famille ardéchoise

FILIATION

Guillaume Le Maguet

Notre ancêtre commun, arrière-arrière-grand-père

G uillaume est né le dimanche 8 mai 1815 à Plumeliau, canton de Pontivy. Son père, âgé de 27 ans, est cultivateur. Françoise Jegouzo, sa mère, est à peu près du même âge. Un des témoins est le père de Françoise.

Pluméliau est une ancienne commune du Morbihan; En 1806, il y a 3086 habitants. Le régime politique est la Restauration qui rassure les personnes appartenant à la Chouannerie. C’est donc une période calme lorsque Guillaume naît. Il sera l’aîné d’une fratrie de trois garçons.

À la chapelle de La Trinité, située à Bieuzy, fusionnée à Pluméliau depuis 2019, il y a une petite statue en bois (chêne?) représentant Saint-Guillaume, datant de la première moitié du 17è siècle.

À noter que ses parents, JP Le Maguet et Françoise Jégouzo, ont érigé une croix sur le chemin de Bodéhan en 1845, qui existe encore.

En 1840, les statistiques de Pluméliau font état de 2637 hectares de terres labourables, 325 hectares de bois, 13 de châtaigneraies, 124 de vergers et jardins, 9 hectares d´étangs et 5 de marais et 2867 de landes. Les chiffres évoluent au cours du temps vers davantage de terres cultivées et de pâtures, mais en 1963, il reste encore 1886 hectares de lande … La production est principalement céréalière, seigle, avoine et blé noir, ainsi que du chanvre, sans oublier une forte production cidricole, d’où le nombre de « granges », dénommées « caves » qui abritent le pressoir. Les prairies proches des rivières du Blavet et de l’Evel favorisent l´élevage des bovins dont le produit s´écoule dans les foires. Le cochon est plutôt réservé à l´usage domestique, jusqu´à ce qu´il devienne au 20e siècle la principale activité de Pluméliau. Le 18e siècle est représenté par 60 fermes ou maisons (12, 2 %). Site patrimoine.bzh

Les « secrets » de Frieda

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Nous étions venus voir Frieda dans son deux-pièces du 16ᵉ arrondissement qui me rappelait étrangement l’appartement où nous avions vécu avec mes parents. Au moment de prendre le café, me semble-t-il, Frieda, que j’appelais comme tout le monde Grand-Mémère, me confia qu’elle avait eu un fils

La fin de l’été s’annonçait à Herserange. Seulement, il faisait encore bien chaud, ce 5 septembre 1929. Fatiguée par les tétées de la nuit, Frieda avait préféré rester chez eux, au frais. Lui, Jacob, était parti avec André, son petit bout de deux ans. On venait de fêter son anniversaire. Ça devenait agréable maintenant qu’il parlait bien. Mieux que ses deux parents réunis, de ça, Jacob en était fier ! Curieux de tout, André en était même fatigant ! Il n’était plus tout seul depuis que sa petite sœur, Suzanne, les avait rejoints, il y a quatre mois. Elle, elle portait son nom. C’était une Klank ! Pour André, ça n’avait pas été possible, car il l’avait reconnu après Frieda. Difficile de s’y retrouver dans les méandres d’une administration qu’on ne connaît pas. Heureusement, il pouvait compter sur la communauté polonaise, nombreuse dans la région. En tout cas, père et fils profitaient de la douceur de cette fin d’après-midi.

Au milieu de leur promenade, ils se sont allongés et rapidement assoupis. André a-t-il échappé à la vigilance de son père ? Avait-il un sommeil trop profond, vu le vin du repas ou la fatigue des jours passés ? Impossible de savoir ! Seulement, la culpabilité des parents est palpable. Elle de lui avoir confié, malgré tout, l’enfant. Lui, d’être responsable de sa mort.

Toujours est-il que l’enfant descend le champ et s’approche des rails, en contrebas…

Le machiniste dira qu’il n’a pu l’éviter.

Plus de cinquante ans plus tard, dans cet appartement parisien, son premier petit-fils, allait du fauteuil à la cuisine. Je me rappelle l’avoir regardé, mon enfant, figée. J’étais tétanisée. Qu’ai-je pu dire à Frida ? Peut-être un « comment avez-vous fait ». Aucune réponse n’était attendue et je n’ai plus osé lui en reparler.

Seulement, ce moment-là, je ne l’ai jamais oublié. Il m’obsède encore. Je songe souvent à Frieda, Grand Mémère pour les autres. Je souhaite qu’elle m’aide à donner vie à ses jeunes années...

Ce jeune couple a réussi à construire une famille loin de leurs propres attaches familiales.
Lui, Jacob, a tout quitté, il y a neuf ans, en 1920, peut-être un peu plus, pour se réinventer dans un pays qu’il ne connaissait pas. Était-ce le manque de travail, était-ce autre chose qu’il l’avait conduit à partir ? Qu’importe. Satisfait du chemin parcouru et des efforts fournis, il contemplait sa famille, heureux, le sentiment que le bonheur existait à cet instant précis. Pourquoi n’avoir pas envisagé le mariage ? Certes, ils étaient un couple installé, mais ça ne pouvait assurer l’avenir. Était-il déjà marié, pas divorcé ? Ou alors, s’agissait-il d’autres choses ! Une histoire de religion…

Elle, Frieda était partie peut-être avec lui de Suisse, ou avant de le connaître. En tout cas, sa tête était remplie de rêves et d’envies. Elle avait vingt et un an ! Il lui était permis de faire ce qu’elle voulait, enfin, loin des responsabilités. Elle avait envoyé promener sa sœur, ses frères et puis sa mère, aussi, jurant qu’elle ne reviendrait plus !

Par conséquent, au village, sa réputation avait été faite : une fille pas trop convenable ! La liberté des femmes était inacceptable ! Mais, aujourd’hui, elle était femme et deux enfants l’occupaient. Tellement heureuse ! Elle s’en fichait un peu de ne pas être mariée même si elle le lui demandait quelquefois. Alors, lui, il promettait !
Les promesses sont faites pour jamais être tenues !

Suzanne savait, au plus profond d’elle-même, ce qui s’était passé lorsqu’elle avait quatre mois. Elle avait vu son univers s’écrouler, sans explication. Comment expliquer à un bébé ce qui se passe ? Pourtant, si elle avait su, elle aurait pu, plus tard, essayer de comprendre. Car, Suzanne n’a plus senti la présence de son père, plus entendu sa voix, son accent particulier, ses mots étranges, murmurés à son oreille, l’odeur de son corps, mélange de fumée et de cambouis. Rien du jour au lendemain, ou si peu !
Les bras rassurants de sa mère sont aussi oubliés.

La froideur l’a envahi, d’un coup. Placée dans une pouponnière, Suzanne a dû vivre un moment de dépression. De plus, aucun homme n’est venu séparer ce lien tellement particulier qui unissait Suzanne à sa mère. Amour et haine mêlés, attraction, répulsion, ces deux femmes n’ont eu de cesse de se déchirer, ne pouvant plus se dire leur amour réciproque.

Ni le mari de sa mère ni son propre mari n’ont expliqué à Suzanne qu’elle n’était pas responsable et que la souffrance de sa mère avait créé le rejet. Aucun homme, ni même aucune femme, ne les a réunis pour expliquer à l’une ce que ressentait l’autre, et vice-versa.

Elles se sont murées dans leurs premiers ressentis, intransigeantes, blessantes mais continuellement en souffrance, toutes les deux.

Difficile pour Robert de parler des relations parentales ! Honoré a cru qu’en la considérant comme sa fille, son immense amour suffirait à combler la froideur de sa femme. Seulement, on ne remplace pas le manque sans un minimum de mots.

Ce rejet, Suzanne en souffrira toute sa vie, sans pouvoir le comprendre. Elle ne pouvait réentendre l’indicible phrase, inacceptable pour un enfant, qui n’a cessé de la faire souffrir : « J’aurais préféré que ce soit toi qui meures plutôt qu’André ! »

Cette phrase exprimait le traumatisme vécu par une mère. Ses mots n’étaient pas à prendre aux pieds de la lettre. Seulement, comment faire lorsqu’aucun tiers ne vient dénouer les tensions. Alors, la souffrance se cristallise de part et d’autre, cadenassant à jamais leurs sentiments affectueux réciproques !

Est-ce que le chemin fut long de Longlaville à Paris ? Aucune idée ! En tout cas, elle débarque dans le quartier Bel-Air du 12ᵉ arrondissement. Ketty, l’amie de son village suisse qu’elle a retrouvé par hasard à Paris, habitait-elle tout près ? Ce prénom, diminutif de Catherine, vient du grec et signifie « pur ».

En tout cas, Frieda devient domestique et commence à découvrir l’univers parisien, ses immeubles haussmanniens et le chic des appartements cossus. Elle travaille son accent et apprend les bonnes manières. De fille de ferme à serveuse, elle sait qu’elle peut rapidement apprendre. Alors, bien sûr, elle devrait s’en sortir chez les bourgeois. Et, l’avenir prouvera combien elle avait raison !

Frieda n’a probablement pas trouvé cette nouvelle très agréable, quatre mois après la mort de son aîné. Seulement, difficile d’imaginer cette jeune femme occupée à trouver stabilité, être capable de courir les bals du samedi soir, d’avoir une aventure d’un soir et, surtout, de garder l’enfant ! Car, les faiseuses d’anges étaient connues dans son milieu, même pour une nouvelle Parisienne. Et, Honoré Gauchet, vu sa droiture, n’aurait pas mis un mois à reconnaître l’enfant s’il avait été le père !

Il est plus probable que Frieda est retrouvée Jacob, certainement peu de temps après leur séparation.

Mais, une nouvelle grossesse lui donnait la possibilité d’effacer la terreur des mois précédents. Faire comme si, cela n’avait jamais existé.

Frieda prend les choses en main. Il lui faut un mari, un vrai, respectable, responsable, et notamment fiable financièrement. Finies les angoisses des journées sans travail, les fins de mois sans argent. Il lui faut un rentier qui ne soit pas trop dans ses pattes, tant pis s’il ne lui plaît pas autant que Jacob.

Suffit les bêtises !

Alors, peut-être avec Ketty, elle élabore un stratagème à suivre à la lettre. Avant que son ventre ne la trahisse, elle doit embobiner un homme qui coche toutes ses attentes. Elle a vingt-cinq ans, sa jeunesse est son atout et elle sait parler aux hommes ! Trois ans de vie amoureuse lui ont appris bien des choses pour satisfaire un homme !

Aidée certainement par Ketty, la « pure« , Frieda devient assidue à l’église. Chaque dimanche, elle se fait remarquer par son assiduité mais également sa foi aussi intense que démonstrative. Est-ce l’église de Notre-Dame de Saint-Mandé où elle va ? Qu’importe. C’est une course contre la montre pour trouver un mari pour elle et un père pour son enfant !

Honoré Gauchet est l’heureux élu ! Il approche de la quarantaine, un peu petit, trop trapu, déjà ventru. Lui, ce n’est pas le prince charmant !

Est-ce que Suzanne s’est rendu compte des efforts qu’avait consentis sa mère, en tant que femme, pour passer de Jacob à Honoré ? Non, car on imagine mal ses parents amants !

Seulement, Honoré était droit, respectueux, attentif et surtout sa rente de l’armée lui assurait une assise confortable qu’il voulait bien partager avec femme et enfant puisque depuis deux ans, il était démobilisé. Pour Frieda, ce fut, certainement, plus le père qu’elle n’avait jamais eu qu’un amant. D’ailleurs, après celui-ci, elle n’aura pas d’autres enfants !

Lorsqu’Honoré André naît le 16 octobre 1930 à vingt et une heures à l’hôpital Trousseau, Frieda n’a plus qu’à convaincre Honoré de le reconnaître. Il le fera un mois plus tard.

Il y a un an et un mois, la disparition d’André a provoqué un bouleversement dans sa vie. Frieda a su rebondir. Elle reprend sa fille, encouragée par Honoré.

Ce nouvel enfant porte en second prénom celui de l’enfant mort. La seule photo qu’on ait de lui le présente chétif avec ses oreilles décollées, sa frimousse triste. Le poids de l’enfant mort semble lourd à porter. D’ailleurs, il décédera avant sa seconde année !

Quand est-ce que Frieda a réalisé qu’Honoré André ne remplacerait pas André, que ses efforts étaient vains ? On dit qu’il faut lâcher la main des mourants pour qu’il trouve la paix. À quel moment, Frieda a lâché la main d’Honoré André ?

Il est aisé de comprendre l’état psychique de Frieda après ce nouveau décès. Le rayonnement de Suzanne papillonnant du haut de ses trois ans, devait lui être insupportable ! Et, pourtant, Frieda a élevé Suzanne avec suffisamment d’amour pour qu’elle puisse à son tour être mère, plusieurs fois !

Frieda a certainement perdu beaucoup de sa légèreté, de sa joie de vivre, apprenant à cacher sa fragilité derrière son ton bravache, affirmant, trop fort, trop haut, qu »après moi les mouches« , cachant son amour derrière son argent, incapable de laisser parler son cœur sans craindre qu’il ne se fende !

Elle a emporté avec elle, dans la tombe, le ressentiment de n’avoir jamais reçu la reconnaissance des sacrifices qu’elle avait consentis.

Sa fille ne lui a jamais offert, ce qu’elle attendait depuis si longtemps, une conversation de femme à femme. Que celle qui avait eu cinq garçons lui dise combien cela avait dû être dur de ne pas en voir grandir ! Qu’elle la remerciait de lui avoir apporté la sécurité en oubliant sa vie de femme ! Qu’elle lui parle de l’homme qu’elle avait à la fois tant aimé et tant haï ! Qu’elle comprenait et lui pardonnait de n’avoir pas su l’aimer, elle, comme elle le souhaitait !

La vie n’est pas une fiction. Mais, ici, c’est possible !

Frieda aurait enfin pu, dans les bras de sa fille, pleurer les deux garçons qu’elle avait perdus. Elle lui aurait dit que lorsqu’elle regardait son visage, elle reconnaissait des expressions de Jacob, ce qui lui suscitait des sentiments d’amour et de haine mêlés, qu’elle ne pouvait contenir ! Elle se serait excusée de l’avoir si mal aimée. Elle lui aurait aussi raconté son village en Suisse. Elle lui aurait dit que son deuxième petit-fils ressemblait à Honoré André. Sa fille lui aurait alors dit qu’elle avait compris pourquoi elle avait voulu élever un de ses enfants.

Tant d’autres choses, encore !

Peut-être alors sa sœur, Marthe, serait venue à son enterrement, permettant aux familles, enfin, de se retrouver !

Le secret de Frieda est de l’indicible : la honte de n’avoir su protéger son enfant. Et, à la jeune mère que j’étais, devant cet arrière-petit-fils, elle me mettait en garde : Faites attention, ma petite fille, à votre premier fils .

Sur la tête de mon enfant venait percuter l’histoire dramatique d’André. Évidemment, je n’ai eu de cesse de faire attention à cette filiation dramatique pour qu’elle ne se reproduise pas.

Mais, le secret de Frieda fut encore entretenu par son mari. Honoré n’a pas levé la honte de sa femme. Il n’a pas révélé le secret à Suzanne.

Il aurait pût dire à Suzanne : « Ta mère a vécu quelque chose de très dramatique qui entraîne tout son ressenti envers toi. Ne t’inquiète pas je suis là, je vais tout faire pour vous réconcilier« . Pour Suzanne, deuxième génération, le secret était innommable.

Seulement la répétition avec Honoré André a renforcé la honte de Frieda à être incapable d’élever un garçon au-delà de ses deux ans. Et, elle a obligé davantage à faire silence autour de cette deuxième mort dramatique, car la culpabilité était certainement trop importante de n’avoir pas su protéger aussi son deuxième fils.

Lorsque mon second fils est né, la mère que j’étais a pris de l’assurance et a sûrement été moins touchée par le secret de filiation. En tout cas, pas de la même manière.

Néanmoins, j’ai attendu que mes enfants aient dépassé tous les deux, les deux ans, fatidiques, en 1996, pour faire une première salve de recherche généalogique sur cette branche.

Mais, cette histoire de famille révèle un autre secret que deux adultes ont ensemble mis en œuvre. Celui de ne pas révéler à Suzanne qu’Honoré n’était pas son père. De quelle honte, ont-ils voulu se cacher et la protéger ?

Je n’ai pas encore confirmation de ce que Frieda disait à propos de cet homme. Cependant mon conjoint lui rappelait fortement cet homme. Elle disait que « c’était un chenapan, comme le père de mes garçons« .

Pour la troisième génération, celle des enfants de Suzanne, le secret était devenu impensable. Mais, il se révèle, disent les psychogénéalogistes, dans le corps physique ou psychique d’un membre de cette génération. Les non-dits cachés sont ressortis par des symptômes soit physiques ou psychiques. Ils forment ainsi des images fantasmagoriques, toujours selon les spécialistes.

Trois fantômes rôdaient autour de Suzanne, ceux de ses deux frères mais également celui de son père géniteur. Mais, la confirmation des secrets de famille peut libérer les chaînes qui entravent.

Peut-être…

Légende

*Actes d’état civil archivés.

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FAMILLE SUISSE

FILIATION.

Faire-part

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Plan de la ville de Salonique-1917

La famille est souvent fascinante. Elle peut avoir pour terrain de jeux, le monde entier comme celle-ci avec l’exil qu’elle porte en bandoulière. Mais, elle sait se retrouver autour d’événements marquants de la vie.

À partir d’un faire-part, j’ai essayé de remonter la famille de Léon Salem. En effet, en 1919, Léon Salem demande à la Sureté nationale de pouvoir quitter le territoire français pour gérer les affaires familiales après le décès de son père à Salonique. Il veut y rester un mois.

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Le voyage

Difficile d’imaginer que le voyage fut simple, en pleine première guerre mondiale ! Bien sûr, c’était la dernière année puisqu’on peut supposer que Léon a voyagé au cours du premier trimestre 1919.

Pendant la Première Guerre mondiale, Thessalonique était un important centre stratégique. Pendant une grande partie de la guerre, la ville fut utilisée comme base militaire par les Alliés, notamment par les forces françaises, britanniques, italiennes et serbes.

Néanmoins, il semble difficile d’envisager qu’il ait pu rallier Théssalonique uniquement par le train. Il existait probablement des restrictions de déplacement et des contrôles plus stricts aux frontières. Les voyages entre les pays étaient probablement soumis à des autorisations spéciales, et les civils devaient, peut-être, obtenir des permis pour traverser certaines zones.

Il est plus probable qu’il ait pris des trains reliant Paris à des ports maritimes, suivis d’une traversée maritime jusqu’à Thessalonique. Évidemment, Marseille est la ville auquel on se réfère, avec son quartier du Panier qui abritait de nombreux juifs sépharades, port d’entrée des exils méditerranéens. Seulement la traversée de Marseille à Thessalonique a probablement impliqué une combinaison de moyens de transport, tels que des trains et des navires. En définitive, un voyage qui a pu durer, peut-être, toute une semaine, au mieux.

Faire-part

En même temps que sa demande à la Sureté nationale, il produit la copie du faire-part familial, traduite. Le fait que Léon n’ait pas pu assister à l’enterrement ouvre de nouvelles pistes de recherche généalogique, d’après le faire-part.

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La veuve

Esther a 62 ans* lorsque son mari, Jacob, décède à 73 ans. Elle habite à l’angle du numéro 3 de la rue Philopomenos du 66 rue du Roi Georges. Aucun moyen de situer cette habitation sur une carte actuelle. La ville a été détruite lors de la Seconde guerre mondiale.

Ester décède le 14 décembre 1930. Elle habitait alors au 10 rue de Saulnier à Paris 9. Son fils Léon dit Lionel habite alors au 55 rue des Petites Ecuries – Paris 10 ème – Quartier Porte de Saint-Denis.

Pour les enfants Victoria et Salomon, on en reparle plus loin !

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Couple juif de Salonique à la fin du XIXè siècle

Mr et Mme Acher Jacob Salem et leurs enfants

Acher est le premier fils de la famille, frère de Léon, né à Salonique. Il a 48 ans au décès de son père. Il s’est marié à 23 ans avec Fortunée Levi (ou levy). Elle avait alors 20 ans et, elle aussi, est née à Salonique.

Apparemment, ils ont quatre enfants : Jacques, l’aîné, âgé de 24 ans, certainement marié avec Corine Roditi, Esther, âgée de 23 ans, Mickaël, âgé de 14 ans et Adolphe Albert, âgé de 10 ans.

Acher décède en 1947 à Lancaster, en Pennsylvanie, aux Etats-Unis, à l’âge de 77 ans. Sa femme est décédée, avant lui, en 1936, à Manchester, dans le New Hamphire, aussi à l’âge de 63ans.

Mr et Mme David Jacob Salem et leurs enfants de Beyrouth

Pour l’instant, je n’ai pu établir le lien de parenté avec la famille de Léon. Néanmoins, les éléments généalogiques ne manquent pas.

Au journal Officiel du 2 mai 1938, il est naturalisé français, commerçant né le 3 février 1877 à Salonique. Avec sa femme Bina Cardova, née le 15 juin 1888 à Yanboli en Bulgarie. Ils ont deux filles : Guéola née le 4 juin 1919 à Jaffa en Palestine et Esther née le 10 mai 1922 au Caire en Egypte. Ils demeurent à Saint-Maur-des-Fossés. Néanmoins, ses enfants n’étaient pas encore nées à l’enterrement du père de Léon.

Dans les Archives Commerciales de la France, on apprend dans le numéro du 19 novembre 1934 que David Jacob et sa femme ont vendu leur fonds de commerce de Mercerie – Nouveautés. Ils habitent à Alfortville.

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David Jacob aura deux autres fils qui décéderont aussi rapidement.

Mr et Mme Elie Jacob Salem et leurs enfants de Manchester

Mr et Mme Léon Jacob Salem et leurs enfants

Ici, est-ce Léon Mais il n’a pas d’enfant ! Erreur de traduction, peut-être ?

Mme Veuve Ricoula de Abram Sabetay (ou Sabelay) et ses enfants de Paris

C’est la sœur aînée de Léon. Mais son genre ne lui permet pas d’être citée devant ses frères ! Elle a 60 ans à la mort de son père. Elle aussi est née à Salonique et apparemment elle vit à Paris. Elle décède à Auschwitz- Birkenau vers 1941, soit avant son frère !

Pour l’instant rien de plus.

Mme Fakima de Moïse Dassa

C’est la petite sœur de Léon. Rien de plus pour l’instant

Mr et Mme Samuel Frances et leurs enfants

C’est la famille de la troisième sœur de Léon. Seulement, elle se situe dans l’ordre de la fratrie des filles au milieu. Est-ce parce qu’elle n’est pas veuve qu’elle n’est pas citée avant ?

Elle s’appelle Flor, est née à Salonique et a 38 ans à la mort de son père. Elle s’est mariée avec Samuel Frances et a eu 5 enfants. L’aîné Sam est décédé en 1976 à Manchester en Angleterre.

Rien de plus pour l’instant.

La famille Salem

Jacob, le père de Léon, avait un frère, Haïm, né 10 ans avant lui. Il est décédé en 1904 à Salonique. Il s’était marié et avait une fille Victoria, certainement recueille par la famille de Léon, comme l’une de leur fille. (Cf plus haut)

Le père de Jacob, grand-père de Léon, Asher, né en 1820 à Salonique avait peut-être d’autres frères, les grands-oncles de Léon. Pour l’instant, rien de plus.

La famille Mallah

Cette famille est celle de la sœur de Jacob, Estra, tante de Léon, née 10 ans après son frère. Elle se marie avec un bijoutier, Jacob Mallah. Ils passeront toute leur vie Salonique. Elle mourra en 1935, avant l’arrivée des nazis en 1941. Ils ont eu sept enfants. Des recherches sont en cours. Deux fils, Léon et Mario, sont décédés à Auschwich- Birkenau.

La famille Levy

Certainement, celle de Fortunée, la belle famille du frère de Léon.

La famille Nahama

ou Nehama, celle d’Esther la veuve

La famille Confortes

Rien de plus pour l’instant.

Légende

  • Acte d’état civil

Source

Archives nationales – Pierrefite

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